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leurs oppresseurs. En dévouant leur tyran aux génies infernaux, ils le maudissent dans scs ancêtres, dans son âme et dans ses enfants ; car tel est le formulaire de leurs imprécations; ils se rendent dans le champ qu ils veulent vouer à l’anathème, et chacun jette sur le même coin de terre la pierre de réprobation. Les passants ne manquant pas dans la suite d’y joindre leur suffrage, il s’élève bientôt dans le lieu voué à la malédiction un las de pierres assez semblable aux monceaux de cailloux qu’on rencontre sur le bord de nos grandes routes; cequidu reste nettoie le champ (1). »

PIGEONS. C’est une opinion accréditée dans le peuple que le pigeon n’a point de fiel. Cependant Ar istote et de nos jours l’anatomie ont prouvé qu’il en avait un, sans compter que la Gente de cet oiseau contient un sel inllammable qui ne peut exister sans le fiel. On conte que le crâne d’un homme cachédans un colombier y attire tous les pigeons des environs.

PS.!, nom que les Siamois donnent aux lieux où les âmes des coupables sont punies; elles y doivent renaître avant de revenir en ce monde.

PILAPiENS, peuples qui habitent une presqu’île sur les bords de la mer Glaciale, et qui boivent, mangent et conversent familièrement avec les ombres. On allait autrefois les consulter. Leloyer rapporte que quand un étranger voulait savoir des nouvc* les de son pays, il s’adressait à un Pilapion, qui tombait aussitôt en extase et invoquait le diable, lequel lui révélait les choses cachées.

PILATE ( Mont), montagne de Suisse, au sommet de laquelle est un lac ou étang célèbre dans les légendes. On disait que Pilate s’y était jeté, que les diables y paraissaient souvent, que Pilate, en robe de juge, s’y faisait voir tous les ans une fois, et que celui qui avait le malheur d’avoir cette vision mourait dans l’année. De plus, il passait pour certain que, quand on lançait quelque chose dans ce lac, celte imprudence excitait des tempêtes terribles qui causaient de grands ravages dans le pays, en sorte que, même au xvie siècle, on ne pouvait monter sur celle montagne, ni aller voir ce lac, sans une permission expresse du magistrat de Lucerne, et il était défendu, sous de fortes peines, <l’y rien jeter. La même tradition se rattache au lac de Pilate, voisin de Vienne en Dauphiné.

P1LLAL-KARRAS, exorcistes ou devins du Malabar, aux conjurations desquels les pêcheurs de perles ont recours , pour se mettre à l’abri des attaques du requin, lorsqu’ils plongent dans la mer. Ces conjurateurs se tiennent sur la côte, marmottent continuellement des prières et font mille contorsions bizarres.

PINET. Pic de la Mirandole parle d’un sorti) M. Mangeart, Souvenirs de la Morée, 1830.

(2) Leloyer, Hist. des speclres ou apparilions des esprits, liv. m, p. 213.

(5) Delancre, Tableau de l’inconstance des démons, etc.,

cier nommé Pinet, lequel eut commerce trente ans avec le démon Fiorina (2).

PIPi (Marie), sorcière qui sert d’échanson au sabbat; elle verse à boire dans le repas, non-seulement au roi de l’enfer, mais encore à ses officiers et à ses disciples, qui sont les sorciers et magiciens (3).

PIQUEUR. A Marsanne, village du Dauphine, près de Montélimarl, on entend toutes les nuits, vers les onze heures un bruit singulier que les gens du pays appellent le piqueur : il semble, en effet, que l’on donne plusieurs coups sous terre (4). M. Berbiguier, dans son tome 111 fies Farfadets, nous apprend qu’en Î821 fes piqueurs qui piquaient les femmes dans les rues de Paris n’étaient ni des filous, ni des méchants, mais des farfadets ou démons. « J’étais plus savant, ditil, que le vulgaire, qui ignore que les farfadets ne font le mal que par plaisir. »

P1R1P1R1S, talismans rn usage chez certains Indiens du Pérou. Ils sont composés de diverses plantes; ils doivent faire réussir la chasse, assurer les moissons, amener île la pluie, provoquerdes inondations, et défaire des armées ennemies.

P1SON. Après la mort de Germanicus, le bruit courut qu’il avait élé empoisonné par les maléficesdePison. On fondaities soupçons sur les indices suivants : on trouva dans la demeure de Germanicus des ossements de morts, des charmes et des imprécations contre les parois des murs, le nom de Germanicus gravé sur des lames de plomb, des cendres souillées de sang, et plusieurs autres malélices par lesquels on croit que les hommes sont dévoués aux dieux infernaux (5).

P1STOLE VOLANTE. Quoique les sorciers de profession aient toujours vécu dans la misère, onprétendaitqu’ilsavaienlcent moyens d’éviler l’indigence et le besoin. On cite entre autres la pistole volante, qui, lorsqu’elle était enchantée par certains charmes et paroles magiques, revenait toujours dans la poche de celui qui l’employait, au grand profit des magiciens qui achetaient, et au grand détriment des bonnes gens qui vendaient ainsi en pure perte. Voy. Agrippa , Faust, Pasétès, etc.

Pi VERT. Nos anciens, dit le Petit- Albert , assurent que le pivert est un souverain remède contre le sortilège de l'aiguillette nouée, si on le mange rôti à jeun avec du sel bénit; c’était un oiseau d’augure. Elius , prêteur romain, rendait la justice sur son tribunal, lorsqu’un pivert vint se reposer sur sa tête. Les augures, consultés sur ce fait, répondirent que tant qu’Elius prendrait soin de l’oiseau, sa famille prospérerait, mais que la république serait malheureuse ; qu’au contraire, lorsque le pivert périrait, la république prospérerait et la famille d’Elius serait à plaindre. Ce dernier, préférant l’intérêt public au sien, tua sur-le-champ l’oiseau en présence du sénat ; et quelque temps après,

tiv. h, p. 143.

(4) Bibliothèque de société, t. II!.

(5) Tacite.

dis sept jeunes guerriers de sa maison furent tués à la bataille de Cannes. Mais cette bataille n’accomplit que la moitié de la prédiction, et démentit l’autre, puisqu’elle fut la plus désastreuse de toutes celles que perdit la république.

PLANETES. Il y a maintenant plus de douze planètes : le Soleil, Mercure, Vénus, la Terre, Mars, Vesla, Junon, Gérés, Pallas, Jupiter, Saturne et Uranus sont obligés de compter dans leurs rangs la planète Leveyrier, qui en attend d’autres. Les anciens n’en connaissaient que sept, en comptant la Lune, qui n’est qu’un satellite de la Terre; ainsi les nouvelles découvertes détruisent tout le système de l’astrologie judiciaire. Les vieilles planètes sont : le Soleil , la Lune, Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne. Chaque planète gouverne un certain nombre d’années (1). Les années où Mercure préside sont bonnes au commerce, etc.; la connaissance de cette partie de l’astrologie judiciaire s’appelle Alfridarie.

PLATON, célèbre philosophe grec, né l’an â30 avant Jésus-Christ. On lui attribue un livre de nécromancie. Il y a vingt-cinq ans qu’on a publié de lui une prophétie contre les francs-maçons ; des doctes l’ont expliquée comme celles de Nostradamus.

PLATS. Divination par les plats. Quinte- Curceditque les prêtres égyptiens mettaient Jupiter Ammon sur une nacelle d’or, d’où pendaient des plats d’argent, parle mouvement desquels ils jugeaient de la volonté du dieu, et répondaient à ceux qui les consultaient.

PLINE. Les Orientaux en font un géomètre prodigieux. Voyez Alexandre le Grand.

PLOGOJO VViTS. (Pierre) , vampire qui répandit la terreur au dernier siècle dans le village de Kisolova en Hongrie, où il était enterré depuis dix semaines. Il apparut la nuit à quelques-uns des habitants du village pendant leur sommeil et leur serra tellement le gosier qu’en vingt-quatre heures ils en moururent. 11 fit périr ainsi neuf personnes, tant vieilles que jeunes , dans l’espace de huit jours. La veuve de Plogojowits déclara elle-même que son mari lui était venu demander ses souliers; ce qui l’effraya tellement qu’elle quitta le village de Kisolova. Ces circonstances déterminèrent les habitants du \illage à tirer de terre le corps de Plogojowits et à le brûler pour se délivrer de scs infestations. Ils trouvèrent que son corps n’exhalait aucune mauvaise odeur; qu’il était entier et comme vivant, à l’exception du nez qui paraissait flétri; que ses cheveux et sa barbe avaient poussé, et qu’à la place de ses ongles, qui étaient tombés, il lui en était venu de nouveaux; que sous la première peau , qui paraissait comme morte et blanchâtre, il en croissait une nouvelle, saine et de couleur naturelle. Ils re-

(1) Les sept vieilles planètes président aussi aux sept jours de la semaine. Jarcbas, Bracbmane, avec lequel Apollonius de Thyanes philosopha secrètement, reçut de lui eu présent sept anneaux portant les noms des sept planètes ; il les mettait a ses doigts les jours où iis régnaient,

marquèrent aussi dans sa bouche du sang tout frais, que le vampire avait certainement sucé aux gens qu’il avait fait mourir. Ou envoya chercher un pieu pointu, qu’on lui enfonça dans la poitrine, d’où il soi lit quantité de sang frais et vermeil, de même que par le nez et par la bouche. Ensuite les paysans mirent le corps sur un bûcher, le réduisirent en cendres (2), et il ne suça plus.

PLUIES MERVEILLEUSES. Le 'peuple met les pluies de crapauds et de grenouilles au nombre des phénomènes de mauvais augure; et il n’y a pas encore longtemps qu’on les attribuait aux maléfices des sorciers. Elles ne sont pourtant pas difficiles à concevoir : les grenouilles et les crapauds déposent leur frai en grande quantité dans les eaux marécageuses. Si ce frai vient à être enlevé avec les vapeurs que la terre exhale, et qu’il reste longtemps exposé aux rayons du soleil, il en naît ces reptiles que nous voyons tomber avec la pluie. Les pluies de feu ne sont autre chose que la succession très-rapide des éclairs et des coups de tonnerre dans un temps orageux. Des savants ont avancé que les pluies de pierres nous venaient de la lune; et cette opinion a grossi la masse énorme des erreurs populaires.

Ces pluies ne sont ordinairement que les matières volcaniques, les ponces, les sables et les terres brûlées qui ^ont portés par les vents impétueux à une très-grande distance. On a vu les cendres du Vésuve tomber jusque sur les côtes d’Afrique. La quantité de ces matières, la manière dont elles se répandent dans les campagnes, souvent si loin de leur origine, et les désastres qu’elles occasionnent quelquefois, les ont fait mettre au rang des pluies les plus formidables. Mais, de toutes les pluies prodigieuses, la pluie de sang a toujours été la plus eflrayan e aux yeiix du peuple; et cependant elle est chimérique. Il n’y a jamais eu de vraie pluie de sang. Toutes celles qui ont paru rouges ou approchant de cette couleur ont été teintes par des terres, des poussières de minéraux ou d’autres matières emportées par les vents dans l’atmosphère, où elles se sont mêlées avec l’eau qui tombait des nuages. Plus souvent encore, ce phénomène, en apparence si extraordinaire, a été occasionné par une grande quantité de petits papillons qui répandent des gouttes d’un suc rouge sur les endroits où ils passent (3).

PLUTON, roi des enfers, selon les païens, et, selon les démonomanes , archidiable, prince du feu, gouverneur général des pays enflammés, surintendant des travaux forcés du ténébreux empire.

PLUTUS, dieu des richesses. 11 était mis au nombre des dieux infernaux, parce que les richesses se tirent du sein de la teire. Dans les sacrifices en son honneur, les signes ordinairement funestes qu’offraient les eu-

et chacun avait une vertu particulière.

(2) Traité des visions et apparitions, t. II, p. 216.

(3) Voyez 1 Histoire naturelle de l'air et des météores, par l’abbé Richard.

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trailles des victimes devaient toujours s’interpréter en bonne part.

POCEL, roi de l’enfer chez les Prussiens. v; Ils nomment aussi Pocol le chef des hordes d’esprits aériens, et Porquet celui qui garde les forêts. Ce dernier est le Pan des anciens (1). Voy. Picollus et Pucel.

POIRIER (Marguerite) , petite fille de treize ans, qui déposa comme témoin contre Jean Grenier, jeune loup-garou. Elle déclara qu’un jour qu’elle gardait ses moutons dans la prairie, Grenier se jeta sur elle en forme de loup, et l’eût mangée si elle ne se fût défendue avec un bâton, dont elle lui donna un coup sur l’échine. Elle avoua qu’il lui avait dit qu’il se changeait en loup à volonté, qu’il aimait à boire le sang et à manger la chair des petits garçons et des petites filles ; cependant qu’il ne mangeait pas les bras ni les épaules (2).

POISONS. On a souvent attribué à la magie des forfails qui n’étaient dus qu’à la connaissance de l’art des poisons. « Il est certain que, pendant le xvie siècle, dans les années qui le précédèrent et le suivirent, l’empoisonnement était arrivé à une perfection inconnue à la chimie moderne, et que l’histoire a constatée. L’Italie, berceau des sciences modernes, fut à celte époque inventrice et maîtresse de ces secrets, dont plusieurs se perdirent. De là vint cette réputation qui pesa, durant les deux siècles suivants, sur les Italiens. Les romanciers en ont si fort abusé, que partout où ils introduisent des Italiens, ils leur font jouer des rôles d’assassins et d’empoisonneurs. Si l'Italie avait alors l’entreprise des poisons subtils dont parlent quelques historiens, il faudrait seulement reconnaître sa suprématie en toxicologie comme dans toutes les connaissances humaines et dans les arts, où elle précédait l’Europe. Les crimes du temps n’étaient pas les siens, elle servait les passions du siècle comme elle bâtissait d’admirables édifices, commandait les armées, peignait de belles fresques, chantait des romances, aimait les reines, plaisait aux rois, dessinait des fêtes ou des ballets, et dirigeait la politique. À Florence, cet art horrible était à un si haut point, qu’une femme partageant une pêche avec un duc, en se servant d’une lame d’or dont un côté seulement était empoisonné, mangeait la moitié saine et donnait la mort avec l’autre. Une paire de gants parfumés infiltrait par les pores une maladie mortelle. On mettait le poison dans un bouquet de roses naturelles, dont la seule senteur, une fois respirée, donnait la mort. Don Juan d’Autriche fut, dit-on, empoisonné par une paire de bottes (3). »

POLKAN, centaure des Slavons, auquel on attribuait une force et une vitesse extraordinaires. Dans les anciens contes russes, on le dépeint homme depuis la tête jusqu’à la ceinture, et cheval ou chien depuis la ceinture.

POLYCR1TE. Il y avait en Etolie un ci-

(1) Leloyer, Histoire des . spectres, etc., tiv. m, p. 212.

t2) Delaiicte, Tabl. de l'inconstance des démteis, etc.,

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