‹ Dictionnaire des sciences occultesChapitre 83 sur 222 · QU · texte numérisé non relu

QU

coup à faux, elle sc servit du mot mnehar , demain, qui signifie un temps à venir indéfini, bientôt, comme on le peut voir dans le Deutéronome, chap. vi, vers. 20, et dans Josué, chap. iv, vers. 6. Objicere aliyxus posset, ajoute Procope de Gaza, iynorantiam mortis Saulis ; non enim postero die , sed diebus aliquot inter jectis, videtur obiisse. Ai si dicamus, etc. Ainsi la scène a pu se passer naturellement, sans le secours de la magie, par la seule adresse d’une femme qui devait être assez bien instruite dans son métier ( 1 ).

PYTHONS. Les Grecs nommaient ainsi, du nom d’Apollon Pylhien, les esprits qui aidaient à prédire les choses futures, et les personnes qui en étaient possédées. La Vulgale se sert souvent de ce terme pour exprimer les devins, les magiciens, les nécromanciens. La sorcière qui fit apparaître devant Saül l’ombre de Samuel est appelée la Pyihonisse d’Endor. Yoy. l’art, précédent. On dit aussi esprit de Python pour esprit de devin. Les prêtresses de Delphes s’appelaient Pytlionisses ou Pylhées. Python, dans la mylhologie grecque, est un serpent qui naquit du limon de la terre après le déluge. 11 fut tué par Apollon, pour cela surnommé Pythien. .

QUEIRAN (Isaac), sorcier de Nérac, arrêté à Bordeaux où il était domestique, à 1 âge de vingt-cinq ans. Interrogé comment ii avait appris le métier de sorcier, il avoua qu’à l’âge de dix ou douze ans, étant au service d’un habitant de la Bastide d’Armagnac, un jour qu’il allait chercher du feu chez une vieille voisine, elle lui dit dfe se bien garder de renverser deux pots qui étaient devant la cheminée: ils étaient pleins de poison que Satan lui avait ordonné de faire. Cette circonstance ayant piqué sa curiosité, après plusieurs questions, ia vieille lui demanda s’il voulait voir le grand maître des sabbats et son assemblée. Elle le suborna de sorte qu’après l’avoir oint d’une graisse dont il n’a pas vu la couleur ni senti l’odeur, il fut enlevé et porté dans les airs jusqu’au lieu où • se tenait le sabbat. Des hommes et des femmes y criaient et y dansaient ; ce qui l’ayant épouvanté, il s’en retourna. Le lendemain, comme il passait par la métairie de son maître, un grand homme noir se présenta à lui et lui demanda pourquoi il avait quitté l’assemblée où il avait promis à la vieille de rester ? Il s’excusa sur ce qu’il n’y avait là rien à faire pour lui ; et il voulut continuer son chemin. Mais l’homme noir lui déchargea un coup de gaule sur l’épaule, en lui disant : — Demeure, je te baillerai bien chose qui t’y fera venir. Ce coup lui fit mal pendant deux jours, et il s’aperçut que ce grand homme noir l’avait marqué sur le

bras auprès de la main ; la peau en cet endroit paraissait noire et tannée. Un aul;e jour, comme il traversait le pont de la rivière qui est près de la Bastide, le même homme noir lui apparut de nouveau, lui demanda s’il se ressouvenait des coups qu’il lui avait donnés, et s’il voulait le suivre. Il refusa. Le diable aussitôt l’ayant chargé sur son cou, voulut le noyer; mais le pauvre garçon cria si fort, que les gens d’ur. moulin voisin de là étant accourus, le vilain noir fut obligé de fuir. Enfin le diable l’enleva un soir dans une vigne qui appartenait à son maître, et le conduisit, quoi qu’il en eût, au sabbat ; il y dansa et mangea comme les- autres. Un petit démon frappait sur un lambour pendant les danses, jusqu’à ce que le diable, ayant entendu les coqs cbanler, renvoya tout son monde. Interrogé s’il n’avait pas fait quelques maléfices, Queiran répondit qu’il avait maléficié un enfant dans la maison où il avait servi ; qu’il lui avait mis dans la bouche une boulette que le diable lui avait donnée, laquelle avait rendu cet enfant muet pendant trois mois. Après avoir été entendu en la chambre de la Tournelle, où il fut reconnu pour un bandit qui faisait l’ingénu, Queiran fut condamné au supplice le 8 mai 1609 (2).

QUESTION. Voy. Insensibilité.

QUEYS, mauvais génies chez les Chinois.

QUINT1LLIANI3TES. Une femme de la secte des caïniles. nommée Quintille, vint

(1) Chevræsna, tom. Ier, p. 28i.

(2) Delaucre, Tableau de l’inconstance des déni., etc., p. Itb et suiv.

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en Afrique du temps de Tertullien et y pervertit plusieurs personnes. Ou appela quintillianisles les abominables sectateurs qu’elle forma. Il paraît qu’elle ajoutait encore d’horribles pratiques aux infamies des caïnites. Yoy. Caïn.

QU1R1M, pierre merveilleuse qui, suivant les démonographes, placée sur la tête d’un homme durant son sommeil, lui fait dire tout ce qu’il a dans l’esprit. — On l’appelle aussi pierre des traîtres.

RABBATS, lutins qui font du vacarme dans les maisons et empêchent les gens de dormir. On les nomme rabbats parce qu’ils portent une bavette à leur cravate, comme les gens qu’on appelle en Hollande consolateurs des malades, et qui ne consolent personne.

RABBINS, docteurs juifs qui furent longtemps soupçonnés d’être magiciens et d’avoir commerce avec les démons (î).

RABDOMANC1E, divination par les bâtons. C’est une des plus anciennes superstitions. Ezéchiel et Osée reprochent aux Juifs de s’y laisser tromper. On dépouillait, d’un côté et dans toute sa longueur, une baguette choisie ; on la jetait en l’air ; si en retombant elle présentait la partie dépouillée, et qu’en la jetant une seconde fois elle prés( n ât le côté revêtu de l’écorce, on en tirait un heureux présage. Si au contraire elle tombait une seconde fois du côté pelé, c’était un augure fâcheux. Cette divination était connue chez les Perses, chez les Tartares et chez les Romains. La baguette divinatoire, qui a fait grand bruit sur la Gn du xvir siècle, tient à la rabdomancie. Voy. Baguette. Bodin dit qu’une sorte de rabdomancie était de son temps en vigueur à Toulouse; qu’on marmottait quelques paroles; qu’on faisait baiser les deux parties d’un certain bâton fendu, et qu’on en prenait deux parei lles qu’on pendait au cou pour guérir la fièvre quarte .

RACHADERS, génies malfaisants des Indiens.

RADCLIFFE (Anne), Anglaise qui publia, il y a quarante ans, des romans pleins de visions, de spectres et de terreurs, comme les Mystères d’Udolphe, etc.

RAGALOMANCIE, divination qui se faisait avec des bassinets, des osselets, de petites balles, des tablettes peintes, et que nul auteur n’a pu bien expliquer (2).

RAGE. Pour être guéri de la rage, des écrivains superstitieux donnent ce conseil : On mangera une pomme ou un morceau de pain dans lequel on enfermera ces mots: Zioni, Kirioni Ezzeza; ou bien on brûlera les poils d’un chien enragé, on en boira la cendre dans du vin, et on guérira (3).

RAG1N1S, espèce de fées chez les Kalmouks. Elles habitent le séjour de la joie, d’où elles s’échappent quelquefois pour venir au secours des malheureux. Mais elles ne sont pas toutes bonnes ; c’est comme chez nous.

(1) Leloyer, Hist. des spectres ou apparit. des esprits, p. 29t.

(2) Delancre, Incrédulité et mécréance du sortilège

RAHOUART, démon que nous ne connaissons pas. Dans la Moralité du mauvais riche et du ladre, imprimée à Rouen, sans date, chez Durzel, et jouée à la fin du quinzième siècle, Satan a pour compagnon le démon Rahouart. C’est dans la hotte de Rahouart qu’ils emportent l’âme du mauvais riche quand il est mort.

RAIZ (Gilles de Laval de), maréchal de France, qui fut exécuté comme convaincu de sorcellerie, d’abominations et surtout d’affreux brigandages , au quinzième siècle.

Après avoir vainement cherché à faire de l’or par les secrets de l’alchimie, cet homme voulut commercer avec le diable. Deux charlatans abusèrent de sa crédulité; l’un se disait médecin du Poitou, l’autre était Italien. Le prétendu médecin lui vola son argent et disparut. Prélati était de Florence; il fut présenté au maréchal comme magicien et habiie chimiste. Il n’était ni l’un ni l’autre, mais adroit fripon : il s’entendait avec Sillé, l’homme d’affaires du maréchal. Prélati fit une évocation; Sillé, habillé en diable, se présenta avec d’horribles gi imaccs. Le maréchal voulait avoir une conversation ; la scène devint embarrassante, car Sillé n’osait parler. Pour gagner du temps, l’Italien imagina de faire signer un pacte au seigneur de Raiz ; parledit pacte, il promettait au diable de lui donner tout ce qu’il lui demanderait, excepté son âme et sa vie. U s’engageait, etil le devait signer de son sang, à faire desencensements et des offrandes en l’honneur du diable; il s’obligeait à lui offrir en sacrifice le cœur, une main, les yeux et le sang d’un enfant. Le jour choisi pour ce contrat, le maréchal se rendit au lieu désigné, marmottant des formules, craignant et espérant de voir le diable. Prélati se fatigua en évocations solennelles; le maréchal, malgré sa bonne volonté, ne vit rien du tout. Il paraîtrait assez, par ce que dit Lobineau, que ce seigneur était devenu fou. Gilles de Raiz s’abandonnait aux plus infâmes débauches; et, pur un déréglement inconcevable, les victimes de ses affreuses passions n’avaient de charmes pour lui que dans le momentqu’elles expiraient. Cet homme effroyable se divertissait aux mouvements convulsifs que donnaient à ces malheureux les approches de la mort, qu’il leur faisait lui-même souffrir de sa propre main. Par les procès-verbaux qui furent dressés et par sa propre confession, le nombre des enfants qu’il fit mourir dans les châteaux de Machecoul et deChanlocé se

pleinement convaincues, p. 273.

(3) Lemuius.

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