‹ Dictionnaire des sciences occultesChapitre 84 sur 222 · RAM · texte numérisé non relu

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montait à plus de cent; et on ne compte pas dans ce nombre ceux qu'il avait immolés à Nantes, à Vannes et ailleurs. Sa hideuse folie est d’autant plus constatée, qu’on avéra qu’il était sorti un jour de son château pour aller voler des enfants à Nantes, au lieu de prendre le chemin de Jérusalem, comme il l’avait annoncé. Sur le cri public, le duc Jean V le fit prisonnier; les juges de l’Eglise se disposaient à le juger comme hérétique et comme sorcier; le parlement de Bretagne le décréta de prise de corps comme homicide. H parut donc devant un tribunal composé de laïques et d’ecclésiastiques : il injuria ces derniers et voulut décliner leur juridiction : J’aimerais mieux être pendu par le cou, leur disait-ff, que de vous répondre. Ce qui tenait à la religion donnait d’étranges convulsions à ce maudit. Mais la crainte d’étre appliqué à la torture le fil tout confesser devant l’évéque de Saint-Brieuc et le président Pierre de l’Hôpital. Le président le pressa de dire par quel motif il avait fait périr tant d’innocents, et brûlé ensuite leurs corps ; le maréchal impatienté lui dit: — Ilclas 1 monseigneur, vous vous tourmentez, et moi avec; je vous en ai dit assez pour faire mourir dix mille hommes. Le lendemain, le maréchal en audience publique réitéra ses aveux. 11 fut condamné à être brûlé vif, le 25 octobre 1440. L’arrêt fut exécuté dans le pré de la Madeleine, près de Nantes (1).

RALDE (Marie de la), sorcière qu’on arrêta à l’âge de dix-huit ans, au commencement du dix-septième siècle. Elle avait débuté dans le métier à dix ans, conduite au sabbat pour la première fois par la sorcière Marissane. Après la mort de cette femme, le diable, selon la procédure, la mena luimême à son assemblée, où elle avoua qu’il se tenait en forme de tronc d’arbre. Il semblait être dans une chaire, et avait quelque ombre humaine fort ténébreuse. Cependant elle l’a vu aussi sous la figure d’un homme ordinaire, tantôt rouge, tantôt noir. Il s’approchait souvent des enfants, tenant un fer chaud à la main ; mais elle ignore s’il les marquait. Elle n’avait jamais baisé le diable; mais elle avait vu comment on s’y prenait : le diable présentait sa figure ou son derrière, le tout à sa discrétion et comme il lui plaisait . Elle ajouta qu’elle aimait tellement le sabbat, qu’il lui semblait aller à la noce, « non pas tant par la liberté et licence qu’on y a, mais parce que le diable tenait tellement liés leur cœur et leurs volontés, qu’à peine y laissait-il entrer nul autre désir. » En outre, ies sorcières y entendaient une musique harmonieuse, et le diable leur persuadait que l’enfer n’est qu’une niaiserie, que le feu qui brûle continuellement n’est qu’artificiel. Elle dit encore qu’elle ne croyait pas faire mal d’aller au sabbat , et que même elle avait bien du plaisir à la célébration de la messe qui s’y disait, où le diable se faisait passer pour le vrai Dieu. Cependant elle voyait à

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