‹ Dictionnaire des sciences occultesChapitre 91 sur 222 · ROD · texte numérisé non relu

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niaque Marie Clauzette donnait au mailrc des sabbats.

ROBERT LE DIABLE, frère aîné de Richard sans Peur. On dit qu’il avait pour père un démon. Ce fut un effroyable bandit. Après les excès les plus horribles, il se convertit, Gt une longué pénitence et mourut ermite. On croit en Normandie que son spectre errant doit expier jusqu’au jugement dernier. Voyez, dans les Légendes de l’histoire de France, do J. Collin de Plaucy, la chronique de Robert le Diable.

ROBERT, sorcier de l’Artois, qui fut condamné, en 1331, au bannissement et à la confiscation de ses biens. Il avait formé le dessein d’envoûter le roi, la reine et le duc de Normandie. 11 avait montré à un prêtre une petite figure de cire mystérieusement enveloppée dans un éerin. Cette figure représentait Jean, duc de Normandie, iils du roi (2).

ROBERT , roi de France. Ce monarque avait épousé Berthe, sa cousine issue de germain. Le pape Grégoire V examina l’affaire dans un concile. Suivant la discipline du temps, le mariage fut déclaré incestueux, et le concile décréta que les époux seraient tenus de se séparer et de faire pénitence. Le roi Robert, refusant de se soumettre, fut excommunié et son royaume mis en interdit. Un jour qu’il était allé faire sa prière à la porte d’une église, on lui présenta un petit monstre qui avait le cou et le dessus de la tête d’un canard. — Voyez, lui dit-on, les effels de votre désobéissance : la reine Berthe vient d’accoucher de cet enfant. Le roi, à ce spectacle, répudia Berthe, et l’excommunication fut levée. C’est à cause de cet incident que la reine Berthe, femme de Robert, fut représentée dans ses statues avec un pied d’oie.

ROBIN HOOD, ou Robin des Bois, lutin.

Voy. Diable.

RODERIK ou RODRIGUE. Roderik, dernier roi des Goths en Espagne, se rendit fameux par ses crimes et ses débauches, au commencement du vni* siècle; mais il y eut une fin. Il était devenu épris de la fille du comte Julien, l’un des grands seigneurs de l’Espagne; il la déshonora et la renvoya ensuite de sa cour. Le comte Julien, qui était alors en ambassade chez les Maures d’Afrique, n’eut pas plutôt appris sa honte et le malheur de sa fille, qu’il forma la résolution de se venger. Il fit venir sa famille en Afrique, demanda aux Maures leur appui, et promit de leur liyrer toute l’Espagne. Cette proposition fut avidement reçue. Une armée partit sous la conduite du prince Mousa et de Julien lui-même. Ils débarquèrent en Espagne et s’emparèrent de quelques villes avant que Roderik fût instruit de leur approche. 11 y avait auprès de Tolède une vieille tour déserte, que l’on appelait la Tour enchantée. Personne n’avait ose y pénétrer , parce

sari.t, quatuor distincts capilibus ; aucun e Jacobo RicUo, in-12, C.oloniæ Agrippiuæ, 1507.

(2) ftl. Garnie!, Ilia!, de la magie en France, n S7.

qu’elle était fermée de plusieurs porîes de fer. Mais on disait qu'elle renfermait d’immenses trésors. Roder. k, ayant besoin d’argent pour lever une armée contre les Maures, se décida à visiter cette tour, malgré les avis de tous ses conseillers. Après en avoir parcouru plusieurs pièces , il fit enfoncer une grande porte de fer battu, que mille verrous, dit-on, fermaient intérieurement. 11 entra dans une galerie où il ne trouva qu’un étendard de plusieurs couleurs, sur lequel on lisait ces mots : Lorsqu'on ouvrira celle tour , les barbares s'empareront de l'Espagne... Aboulkacim-Tarista-Ben-Tarik , historien arabe, ajoute que, malgré son effroi, Roderick, ayant fait faire certains flambeaux que l’air de la cave ne pouvait éteindre, poursuivit sa recherche, suivi de beaucoup de personnes. A peine eut-il fait quelques pas, qu’il se trouva dans une belle salle enrichie de sculpture, au milieu de laquelle on voyait une statue de bronze qui représentait le Temps, sur un piédestal de trois coudées de haut. Elle tenait de ia main droite une masse d’armes, avec laquelle elle frappait la terre à certains moments réglés. Les coups, retentissant dans la cave, faisaient un bruit épouvantable. Roderik, loin de s’effrayer, s’approcha du fantôme, l’assura qu’il ne venait faire aucun désordre dans le lieu de sa demeure, et lui promit d’en sortir dès qu’il aurait vu les merveilles qui l’entouraient : alors la statue cessa de battre la terre. Encourageant les siens par son exemple, le roi fit une visite exacte de cette salle, à l'entrée de laquelle on voyait une cave ronde, d’où sortait un jet d’eau qui faisait un sourd murmure. 11 se rapprocha ensuite de la statue du Temps, sur l’estomac de laquelle était écrit en arabe : Je fais mon devoir; et sur le dos : .4 mon secours 1 A gauche, on lisait ces mots sur la muraille : Malheureux prince, ton mauvais destin t’a amené ici; et ceux-ci «à droite : Tu seras détrôné par des nations étrangères , et tes sujets, aussi bien que toi, seront châtiés. Roderik, ayant contenté sa curiosité, se relira. Dès qu’il eut tourné le dos , la statue recommença ses coups. Le prince sortit, fit refermer les portes et marcha à la rencontre des ennemis. La bataille se livra un dimanche, au pied de la Sierra- Mnréna (1). Elle dura huit jours. L’armée espagnole fut taillée en pièces, et Roderik disparut du milieu des siens, sans qu’on sût jamais ce qu’il était devenu. On pensa qu’il avait été emporté par le diable, puisqu’il fut impossible de découvrir son corps après le combat, et qu’on ne retrouva que son cheval, scs vêtements et sa couronne au bord d’une petite rivière. Ce qui confirme encore cette opinion dans l’esprit du peuple espagnol, c’est que, le lendemain de la bataille, trois anachorètes, qui vivaient dans la pénitence à quelques lieues de Tolède, eurent

(1) On voyait encore, il n’y a pas deux siècles, plusieurs milliers de croix plantées en terre, k l'endroit où s’est livrée cette fameuse bataille. Lambertinus, ubi infra.

(21 Sanclii a Corduba historiarum Hispaniæ antiquarum, lib. m, sect. 12

ensemble la vision suivante : Une heure avant le retour de l’aurore, ils aperçurent devant eux une grande lumière et plusieurs démons qui emmenaienl Roderik en le traînant par les pieds. Malgré l’altération de sa figure, il leur fut aisé de le reconnaître à ses cris et aux reproches que lui faisaient les démons. Les trois ermites gardère t le silence de l’effroi à < e spectacle. Tout à coup ils virent descendre du ciel la mère de Roderik, accompagnée d’un vénérable vieillard, qui cria aux démons de s’arrêter. — Que demandez-vous, répondit le plus grand diable de la troupe ? — Nous demandons grâce pour ce malheureux, répliqua la mère. — 11 a commis trop de crimes pour qu’on l’ôte de nos mains, s’écrièrent les démons; et les saints ne peuvent l’avoir en leur compagnie. La mère de Roderik et le vieillard qui l'accompagnait reprenaient la parole, quand la fille du comle Julien parut et dit d’une voix haute : — 11 ne mérite point de pitié; il m’a perdue; il a porté le désespoir dans ma famille et la désolation dans le royaume. Je viens de mourir précipitée du haut d’une tour, et ma mère expire écrasée sous un monceau de pierres. Que ce monstre soit jeté dans l’abîme, et qu’il se souvienne des maux qu’il a faits. — Qu’on le laisse vivre quelque temps encore, reprit la mire de Roderik, il fera pénitence. Alors on entendit dans les airs une voix éclatante qui prononça ces paroles : — Les jours de Roderik sont à leur terme; la mesure est comblée : que la justice éternelle s’accomplisse 1 Et aussitôt ceux qui étaient descendus d’en haut y remonlèrent; la (erre s’entr’onvrit, les démons s’engloutirent avec Roderik, au milieu d’une épaisse fumée, et les trois anachorètes ne trouvèrent plus, dans l’endroit où tout cela venait de se passer, qu’un sot aride et une végétation éteinte. Toute cette vis on n’est rapportée que par un historien aujourd’hui peu connu (2), et bien des gens ne la regarderont que comme une visioq. L’histoire ne parle de Roderik qu’avec blâme, et son nom est resté impur pour la postérité (3J.

RODRIGUEZ (Ignazio). Voy. Inquisition.

ROIS DE L’ENFER. Les rois de l’enfer sont au nombre de sept. On peut les lier depuis irois heures jusqu’à midi, et depuis neuf heures jusqu’au soir (k). Voy. Monarchie INFERNALE.

ROIS DE FRANCE. Il est rapporté dans quelques chroniques que les premiers rois de France portaient une queue comme les singes; qu’ils avaient du poil de sanglier toul le long de l’épine du dos, etc.

ROITELET. Une plume de cet oiseau portée en secret fait gagner à tous les jeux. On le croit au moins dans les villages.

ROLANDE DU VERNOIS. Boguet cite celte femme comme sorcière. Elle fut convaincue,

(3) Nomen ejus in æternum putrescet... (Lambertinus de Crui-Howen,Theatrum regium His|iauiæ,ab aunoîll ad annuin 717.)

(4) Wierus, in Pseudornon. dæmon.

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au xvi‘ siècle, toul à la fois d’être possédée, voleuse et ventriloque , et fut pendue et brûlée.

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