‹ Dictionnaire des sciences occultesChapitre 90 sur 222 · RHO · texte numérisé non relu

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ses dents claquaient l’une contre l'autre S C’était affreux ! Sa mère et ses amis eurent en vain recours à ces paroles encourageantes et consolatrices que trouvent dans leur cœur tous ceux qui vous aiment, rien n’y fit : il était comme un homme condamné au dernier supplice. !! était sombre, immobile, il tressaillait toutes les fois qu’il entendait sonner les heures. SI prêtait une oreille attentive comme s’il eût entendu quelqu’un venir. Ses amis le voyant dans ce triste abattement voulurent au moins abréger et tromper ses souffrances. Ms eurent soin qu’on avançât d’une demi -heure toutes les montres, tontes les pendules: on prévint même le watchman qui crie les heures. La nuit avançait ; lord Litlleton, sur son lit, demanda à son valet de chambre: — Quelle heure est-il ?

« — Minuit, votre seigneurie, dit le valet de chambre. — Tu me trompes, John, dit le lord. Voyons la pendule.

« La pendule disait minuit ! — Et ma montre ? La montre du lord disait minuit 1 On criait dans la rue : minuit l Alors il se leva, il se sentit marcher, il se sentit vivre; il venait, il allait, il était léger, il était brave, il était le jeune et beau Litlleton d’autrefois ; il avait faim, il avait soif, il avait sommeil...»

« Ici notre narrateur s’arrête pour reprendre haleine. Quand il eut repris haleine, ’l but un verre de vin de Champagne. Quand 1 eut bu, il prit un fruit sur une assiette, et il allait manger ce fruit, quand nous lui criâmes tous : — Et lord Litlleton ? lord Litlleton?— LordLiületon 1 nousdit l’Anglais, il se porte aussi bien que vous et moi, messieurs; l’heure a passé sans emporter sa seigneurie ; à l’heure qu’il est, il mange, il boit, il dort, il monte à cheval. »

« On trouva généralement que cette histoire de lord Litlleton n’avait pas le sens commun et je suis de l’avis général. »

RHAPSODQMANCIE , divination qui se faisait en ouvrant au hasard les ouvrages d’un poëte, et prenant l’endroit sur lequel on tombait pour une prédiction de ce qu'on voulait savoir. C’était ordinairement Homère et Virgile que l’on choisissait. D’autres fois on écrivait des sentences ou des vers détachés du poëte ; on les remuait dans une urne ; la sentence ou le vers qu’on en lirait déclarait le sort. On jetait encore des dés sur une planche où des vers étaient écrits, et ceux sur lesquels s’arrêtaient les dés passaient pour contenir la prédiction. Chez les modernes, on ouvrait le livre avec une épingle, et on interprétait le vers que l’épingle marquait.

RHOMBUS, insirumentmagique des Grecs, espèce de toupie dont on se servait dans les sortilèges. On l’entourait de lanières tressées, à l’aide desquelles on la faisait pirouetter. Les magiciens prétendaient que le mouvement de celle toupie avait la vertu de

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donner aux hommes tes passions et les mouvements qu’ils voulaient leur inspirer; quand on 1 avait fait tourner dans un sens, si l’on voulait corriger l’effet qu’elle avait produit et lui en donner un contraire, le magicien ia reprenait et lui faisait décrire un cercle opposé à celui qu elle avait déjà parcouru. Les amants malheureux la faisaient tourner en adressant à Némésis des imprécations < entre l’objet de leur amour, dont ils étaient dédaignés.

RHOTOMAGQ, magicien fameux au théâtre des ombres chinoises. M. Bcrbiguier en fait sérieusement une espèce de démon, qui serait le grand maître des sorciers (1;.

RMBADIN ( Jeannette ), jeune personne de dix-huit ans, dont l’histoire a fait du bruit au xvie siècle. Elle était de la paroisse de Jouin de Cernes, aux environs de Bordeaux. Gueulant un dimanche des herbes dans la campagne, elle fut réprimandée par Jean d’Etouppe , prêtre, qui voulut qu’elle publiât sa faute en pleine assemblée, et la conduisit à la paroisse après lui avoir donné ses instructions. Un grand concours arriva; la jeune fille annonça au peuple assemblé qu’elle avait eu grand mal pour avoir travaillé le dimanche ; ce qu’il fallait éviter pour ne pas s’attirer les mêmes maux de la part de Dieu ; ensuite elle eut des extases, se roula par terre, se releva et prononça d’un ton prophétique que Dic-u ne voulait pas que les femmes portassent des manches froncées, ni les hommes des bonnets rouges. L’affaire parvint aux oreilles de l’archevêque de Bordeaux, qui la fit arrêter avec ses complices, reconnut la fraude , et lit avouer à la fille que l’argent que les fidèles lui donnaient pour ses prétendues révélations était partagé entre trois suborneurs qui l’avaient engagée à contrefaire la sainte. Le juge ecclésiastique la condamna à faire amende honorable en l’éylise métropolitaine de Saint- André, la torche au poing , et là demander pardon à Dieu. Celte sentence fut exécutée ; mais elle fut encore renvoyée en la cour, où, par arrêt donné à la tournelle, elle fut condamnée, comme criminelle d’imposture, de séduction, d’impiété, d’abus et de scandale public (1587) . Ses complices furent condamnés à la réclusion perpétuelle , comme convaincus de séductions envers cette malheureuse tille (2). Ce qui fait voir que les fraudes pieuses n’etaienl pas encouragées autrefois, comme le disent les menteurs qui attaquent la religion.

RIBENZAL, spectre dont le peuple en Silène place la demeure au sommet du Risemberg. C’est lui, dans leur idée, qui couvre subitement cette montagne de nuages et qui excite les tempêtes. C’est le même que Rubezahl. Vog. ce mot.

RICHARD SANS PEUR, il fut jadis en Normandie un duc nommé Richard; il était fils du vaillant duc Aubert et de Berthe, sa seconde femme, frère cadet par conséquent de

(1) Les farfadets, t. Ier, p. 27o.

U) Delancre, Tableau de l’inconstance desdôm., etc., liv. vt, p. 410.

Robert le Diable, qui ne régna point; si bien qu'il lui succéda. 11 était si vaillant et si liardi, qu’il fut surnommé Richard sans Peur. Un diable nommé Brudemore s’était vanté de l’effrayer : sachant que Richard allait seul, de nuit, dans un bois, il mena avec lui dix mille huars; et dès qu’ils virent Richard, ils se mirent à crier et à huer, en lui disant de prendre garde à lui. Mais Richard n’en fut nullement épouvanlé; au contraire, il se mit à crier avec eux. Les diables, consternés d’un tel courage et voyant qu’ils faisaient contre lui des efforts inutiles, s'enfuirent avec dépit. Une autre fois, trois grands chevaliers noirs, chassant dans ses terres avec des meutes de chiens, voulurent aussi l’épouvanter. Mais Richard, sans autre arme qu’une épée, courut sur eux et renversa un de ces champions, qui était encore un diable. Un autre jour, Richard passant par une forêt, vit un enfant nouveau-né qui venait de grimper sur un arbre; il y grimpa après lui et l'emporta. Il donna cet enfant à nourrir à la femme de son garde forestier; c’était une Tille; on en prit soin, et on remarqua qu’elle grandit en sept ans plus que les autres enfants en quatorze. Comme elle était belle et que sans cesse il était prié par tous les barons de ses Etats de donner des héritiers àson nom, il se maria avec cette jeune fille qu’il avait fait élever. On célébra les noces à Rouen. Sept ans après ce mariage, l’épouse inconnue de Richard sans Peur mourut tout à coup. Peu de temps avant sa mort, elle avait prié Richard de la faire enterrer dans la forêt; ce qu’il fit, car il l’aimait beaucoup; il la pleura même toute la première nuit, qu’il passa devant la tombe. A minuit, le corps se raidit, la bière s’ouvrit, la morte poussa uu cri qui retentit dans toute la forêt. Il n’en fut pas encore effrayé. La morte sauta ensuite à la gorge du chevalier qui accompagnait Richard et disparut : ce ne fut qu’alors que le prince reconnut que sa femme n’avait été qu’un démon succube. Selon plusieurs savants, c’était le démon Brudemore.

Vers ce temps, Charlemagne ayant donné un tournoi, Richard se rendit à la cour de ce prince, qui le fit sou chambellan et l’admit au nombre de ses douze pairs, il vit peu après la fille du roi d’Angleterre, en devint épris, et ne put obtenir sa main; mais sa flamme ne s’éteignit point; de sorte qu’il jura de l’avoir pour épouse et il l’enleva. Le roi d’Angleterre vint ravager les terres de Richard pour se faire rendre sa fille; mais le démon Brudemore, qui avait pris Richard en affection , vint à son secours ; les Anglais lurent mis en fuite, et Richard épousa la fille de leur roi. Comme Brudemore avait aidé Richard dans cette guerre, il désira qu’il lui rendît le même service; car lui-même avait guerre conlre Burgil'er, autre démon jaloux de son pouvoir. Quand il eut persuadé Richard, ils se rendirent dans une forêt, où ils virent le roi de l’enfer assis sur une chaise noire, au pied d’un orme large cl spacieux;

il était vêtu de velours noir, avec une figure terrible, au milieu d’un grand nombre d’esprits noirs, les uns armés et les autres sans armes. Le roi de l’enfer ordonna donc à Brudemore d’aller combattre avec Richard, et tous deux partirent. Burgifer se présenta bientôt; le duc le joignit; ils se mesurèrent: leurs lances se rompirent par la force du premier coup, et le feu jaillit de leurs écus; mais enfin Richard fut vainqueur, et le démon Burgifer, abattu par lui, lui cria merci. La paix ne se rétablit qu’à condition que Burgifer rendrait hommage à Brudemore.

Charlemagne manda alors ses barons, ses chevaliers et sa noblesse pour une expédition en la terre sainte; le duc Richard s’y trouva; et ici la chronique populaire que nous suivons n’est pas achevée. Mais le livre des Chroniques et excellents faits des ducs de Normandie, imprimé à Paris en 1535, in-4° gothique, va compléter un peu cette biographie. Mais avant le voyage de Palestine, ce livre présente deux autres petits faits que nous ne pouvons omettre :

«Une fois, comme le duc Richard chevauchait d’un sien châlel à un manoir où demeurait une très-belle dame, le diable l’assaillit ; Richard se combattit à lui et le vainquit. Après cette aventure le diable se déguisa en belle dame bien ornée et richement. Elle s’apparut à lui en un batelet sur un havre de mer où il était alors, il alla dans ce batelet qui fut aussitôt emporté en mer; et le diable l’emmena à l’île de Guernesey, où ses gens le retrouvèrent. Voulant aller au saint Sépulcre rejoindre Charlemagne, le duc Richard se mit en chemin, et tant alla dans son pèlerinage qu’il vint à Constantinople. L’empereur sachant qu’il y avait un des douze pairs de France en sa terre, lui manda qu’il vînt vers lui et lui fit grand honneur pour l’amour du roi Charlemagne : il aida l’empereur dans ses guerres et battit plusieurs soudans. De là il cingla à Saint-Jean d’Acre ; les T urcs étant venus assiéger ce lieu, il les défit et prit leur amiral Baudac. Après cette victoire, il se rendit à Jérusalem pour parfaire son pèlerinage et là fit plusieurs biens en la terre sainte. Les Turcs avaient un géant avec eux, qui avait nom Ajaux,qui avait conquis la cité de Bérithe (1) et en avait été fait seigneur. 11 avait une coutume que, devant qu’il mangeai, tons les jours, il tuait un chrétien. Ceux de Jérusalem, avec le duc Richard et leur compagnie, allèrent courir devant Bérithe; l’armée des chrétiens étant là assemblée, ce géant requit bataille contre un chrétien, par tel traité que s’il était vaincu, les Turcs videraient la cité de Bérithe, et si le chrétien était défait, les chrétiens rendraient et perdraient la ville de Jaffa. Le bon duc Richard requit au patriarche de Jérusalem de faire cette bataille, combattit le géant, le vainquit et lui coupa la tête, et fut ainsi la ville de Bérithe remise en la main des chrétiens. S’en retournant le duc Richard, les vents contraires le mené-

(1) Aujourd’hui Beyrouth.

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rent en la terre d’Alexandrie où il fut pris des Sarrasins et mis en prison. 11 y demeura sept ans et depuis fut délivré en échangé de l’amiral Baudac. Il revint en France en 809, pendant que Charlemagne éprouvait son malheur de Roncevaux. Il vola au secours de Charles, fut blessé grièvement et mourut de ses blessures. Comme il n’avait pas eu d’enfants, non plus que Robert le Diable, ce fut son neveu, Gis de sa sœur et du duc Samson d’Orléans qui recueillit son héritage.» Mais il n’en jouit pas longtemps ; car Rollon le prit. Aussi les chroniques anciennes ne comptent pas ce duc, mettant premier chef du pays le duc Aubert, père de Robert le Diable et de Richard sans Peur ; deuxième chef, Richard sans Peur, et troisième chef ou duc, Roi ou Rollon, appelé aussi Rolf le Marcheur. Voyez Héla.

RICHELIEU. Le maréchal de Richelieu, étant ambassadeur à Vienne, se Gt initier dans la société de quelques nécromanciens, qui lui promirent de lui montrer Belzebuth, le prince des démons. Il donna dans celle chimère. Il y eut une assemblée nocturne, des évocations : en sorte que l’affaire éclata. Un jour que le maréchal disait à Louis XV que les Bourbons avaient peur du diable, le roi lui répondit : — C’est qu’ils ne l’ont pas vu comme vous.

RICKIUS (Jacques), auteur d’une défense des épreuves par l’eau froide. Publié en latin (1) à Cologne, 1597.

R1GOUX. Voy. Bacchus.

RIMMON, démon d’un ordre inférieur, peu considéré là-bas, quoique premier médecin de l’empereur infernal. 11 était adoré à Damas sous le nom de Remmon ou Remnon, qui, selon les uns, est Saturne, et selon les autres, le soleil. On lui attribuait le pouvoir de guérir la lèpre.

RIVIÈRE (Rocn le Baillif, sieur de la), médecin empirique et astrologue, né à Falaise, dans le xvic siècle. 11 devint premier médecin de Henri IV, fut comblé des faveurs de la cour, et mourut le 5 novembre 1G05. On dit que Henri eut la faiblesse de lui faire tirer l’horoscope de son Gis, depuis Louis XIII. Il s’en défendit longtemps ; mais enGn, forcé par le roi, dont sa résistance avait excité la curiosité, il lui prédit que ce jeune prince s’attacherait à ses opinions, et que cependant il s’abandonnerait à celles des autres; qu’il aurait beaucoup à souffrir des huguenots; qu’il ferait de grandes choses et vivrait âge d’homme. Henri IV fut affligé de celte prédiction, dont il aurait pu deviner aussi une partie. La Rivière a passé, de son temps, pour un grand amateur de philosophie naturelle, et curieux des secrets de celle science. On a de lui : Discours sur la signification de la comète apparue en Occident au signe du Sagittaire, le 10 novembre. Rennes, 1577., in-k°, rare.

ROBERT. C’est le nom que la petite démo-

(î ) Defensio compendiosa cerlisque modisastricta probe ut loquiinlur aquæ i'rigidæ qua in examinatione maleficorum judices hodie utuiitur, omnibus seitu perquam ncces-

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