‹ Dictionnaire des sciences philosophiques (volume 2)Chapitre 105 sur 439 · EBER · texte numérisé non relu

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le suivant. : De statu animarum sanctarum ,11,1111 rcsolutœ sunt a corpore. Ce traité, lujourd'hui |"'rdu, ou du moins inédit, avait pour but de combattre l'opinion de Jean XXII sur la béatitude des élus jusqu'au jour du jugement. On a encore de lui un petit écrit, Statutu synodi diœcesanœ aniciensis anni 1320, imprimé dans l'ouvrage du P. Gissey intitulé : Discours historique de la dévotion à N.-D. du Puy en Velay, in-8, Lyon, 1620. Nous indiquerons enfin dans le tome 1er des Œuvres de Launoy, un petit écrit intitulé : Syllabus rationum quibus Durandi causa defenditur. X. B.

DURÉE, voy. Temps.

DUTERTRE, de la Compagnie de Jésus, mort à Paris en 1762, commença par professer les opinions de Malebranche au collège de la Flèche, ou il était régent de philosophie ; mais, ayant été privé de sa chaire, et relégué au collège de Compiègne, il abandonna le cartésianisme, et écrivit même contre la doctrine qu'il avait d'abord contribué à répandre. Cette conversion fut soudaine, sans ménagement, et comme du soir au matin, ainsi que le dit le P. André. « Je ne saurais faire comme le P. Dutertre, qui, en vertu de la sainte obédience, s'est couché le soir malebranchiste et s'est levé le matin bon disciple d'Aristote. » Son ouvrage, qui parut en 1715 (Paris, 3 vol. in-12), est intitulé : Réfutation d'un nouveau système de métaphysique proposé par le P. M..., auteur de la Recherche de la vérité. Il se compose de trois parties, où Malebranche est tour à tour considéré comme disciple de Descartes, comme philosophe original, et comme théologien. Cette réfutation peu profonde, écrite dans un style railleur et tranchait, ne fait guère plus d'honneur au talent du P. Dutertre qu'à son caractère. Le P. Dutertre est l'auteur d'un autre ouvrage contre Boursier, intitulé : le Philosophe extravagant dans le Traité de Vaction de Dieu sur les créatures, Bruxelles, 1716. On trouve quelques détails sur sa vie dans l'Introduction aux Œuvres philosophiques du P. André, par M. Cousin, Paris, 1843, in-12. — M. Damiron a donné une analyse étendue de la Réfutation d'un nouveau système, dans le Compte rendu des séances et travaux de V Académie des sciences morales et politiques, t. VI, p. 291 et suiv. C. J.

DYNAMISME. Deux hypothèses ont servi à peu près de tous temps et servent encore aujourd'hui à concevoir d'une façon générale la nature intime de la matière et ses nombreuses modifications. Suivant l'une, la matière est composée d'atomes ou tout au moins d'une substance homogène, plus ou moins divisible et actuellement divisée: et tous les changements qu'on observe en elle, la diversité des corps et des phénomènes, sont dus aux mouvements différents imprimés à ces parties élémentaires, soit que le mouvement vienne d'un démiurge, soit que l'origine en demeure inconnue. Suivant l'autre, la matière est composée de forces, unies à la substance corporelle, ou même la constituant à elles seules tout entière ; et c'est le jeu de ces forces sous l'empire de certaines lois qui fait la diversité et l'harmonie de la nature. La première hypothèse fait ainsi du monde entier un problème de mécanique j aussi nomme-t-on physique ou philosophie mécanique toute doctrine qui prétend ne se servir que du mouvement des corps élémentaires pour rendre compte des phénomènes de l'univers. La seconde, qui met en œuvre des forces dont le foyer est dans la matière elle- .<:, est dynamique et a reçu le nom de dynaae.

Un grand nombre de systèmes célèbres se rap-

portent à l'une ou à L'autre de ces d< m b thèses. On les trouve déjà toutes deui

it distinctes dans la physique ionii Ainsi Thaïes, Phérécyde, ! D

d'Apollonie, Heraclite et généralement tous ceui qui n'admirent qu'un seul principe éléments eau, air, ou feu, expliquèrent naturellement la diversité des corps et des phénomènes par la vertu intime de cet élément. Tandis qu'Anaximandre et surtout Anaxagore avec ses homéoméries n'ajoutent aux innombrables éléments de la matière que le mouvement pour la formation de l'univers. Mais le type le plus parfait de la philosophie mécanique dans l'antiquité est sans contredit l'atomisme de Leucippe, de Démocrite et d'Épicure. De même, dans les temps modernes, la physique de Descartes est toute mécanique. Au contraire, la philosophie de Leibniz est le plus complet dynamisme, non-seulement en physique , mais en psychologie. Ses monades sont des forces, et la matière n'est composée que de monades ; l'étendue elle-même n'est rien de réel. Les âmes aussi sont des monades ou des forces et non plus seulement comme pour Descartes, des substances pensantes. On peut encore citer comme un remarquable exemple de philosophie dynamique, la théorie de Boscowich. Aujourd'hui les deux hypothèses sont encore en présence et les physiciens modernes se partagent encore en mécaniciens et en dynamistes. Cependant l'hypothèse des atomes est plutôt employée comme un moyen d'exposition, comme un postulat, que donnée comme une opinion définitive ayant une valeur absolue. De même les forces ne sont pour beaucoup de physiciens contempor a in s que des mots ou des hypothèses commodes qui servent à l'explication et à l'étude des phénomènes et réservent le problème de la constitution intime de la matière. Le plus souvent les deux hypothèses s'allient dans les théories et les explications des physiciens et des philosophes : en effet, le dynamisme n'exclut pas la mécanique et la mécanique appelle comme complément le dynamisme : les forces de la matière s'exercent par le moyen du mouvement, et le mouvement exige un moteur que la science va rarement, comme Malebranche, chercher directement hors du monde, en Dieu.

On appelle encore plus particulièrement des noms de mécaniciens ou iatro-mécaniciens et de dynamistes, par opposition aux vitalistes ou aux animistes, les philosophes ou physiologistes qui prétendent que les phénomènes vitaux ne sont que le résultat des lois qui gouvernent le monde inorganique, les expliquent, soit par la seule mécanique, comme Descartes, soit, comme F. Hoffmann, par le jeux des forces inférieures de la nature inorganisée.

Enfin on désigne sous le nom de double dynamisme la doctrine de beaucoup de physiologistes de l'École de Montpellier sur la vie, suivant laquelle la vie résulte d'un principe ou d'une force spéciale, distincte de l'âme, force ou principe de la pensée.

Voy. les articles Vie, Yitalisme et les noms des philosophes cités dans celui-ci. A. L.

E, dans les traités de logique, est le signe par lequel on représente les propositions générales et négatives. Il représente encore dans les propositions complexes et modales l'affirmation du mode et la négation de la proposition. Consultez : Lristote, Premiers Analytiques* et Logique de Port-Royal, 2' partie. — Voy. Proposition,

fISME.

EBERHARD (Jean-Auguste), né en 1738, à Halberstadt, lut d'abord pasteur à Charlottenbourg, près de Berlin, ensuite professeur de phi-

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