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à la logique, qu'il a voulu compléter et expliquer d'après les principes de son maître. Voici la liste de ses ouvrages : Du premier principe de la philosophie morale, 2 vol. in-8, Leipzig et Halle, 1788-1790- — Esquisse d'une logique générale pure, d'après les principes de Haut, 2 vol. in-8, Berlin, 1791, 1796 et 1806; — Essai d'une exposilio>i claire des vérités les plus importantes de la nouvelle philosophie, in-8. ib., 1793 et 1798: une troisième édition du même ouvrage parut en 1803, augmentée d'une Exposition de la Critique du jugement,\i une quatrième en 1824, avec une biographie de l'auteur par Flettner, et un aperçu général sur la littérature de la philosophie de Kant; — Extraits des prolégomènes deKant, in-8, ib., 1796; — Logique à Vusage des écoles, in-8, ib., 1797, et Leipzig, 1814; — Examen de la mélac.ritique de Herder, 2 vol. in-8, Berlin, 1799-1800; — Exposition claire de la psijchologie expérimentale, in-8, Hambourg, 1806 ; il en a été publié une deuxième édition à Berlin en 1814 sous ce titre : Abrégé de la psychologie expérimentale. Il a publié aussi, de concert avec Fischer, une Nouvelle bibliothèque philosophique, et, séparément, des récits de voyages, et divers écrits sur les mathématiques. X.
KILWARDEBY (Robert), scolastique anglais^ florissait vers l'année 1260. Après avoir achevé ses études à l'université d'Oxford, il vint à Paris et y fut reçu maître es arts; mais bientôt il quitta le siècle et l'école pour se faire admettre chez Jes frères de l'ordre de Saint- Dominique. En 1272, nous le trouvons archevêque de Cantorbéry; en 1277. appelé à Rome par Nicolas III, il va prendre place dans le sacré collège comme cardinal évêque de Porto; enfin il meurt à Viterbe vers l'année 1280. Tous les ouvrages de Robert Kilwardeby sont demeurés manuscrits. Oudin lui attribue : Tractatus de or lu scientiarum, manuscrit conservé, dit-il, à la bibliothèque Bodléienne. Il y a un ouvrage d'Avicenne qui porte ce titre, mais le traité d'Avicenne et celui de Kilwardeby sont différents. Divers manuscrits de l'ancienne Sorbonne, de Bruges et du collège Merton, à Oxford, nous ont conservé, sous le nom de Robert Kilwardeby, un ouvrage non moins considérable qui a pour titre : de Divisione philosophiœ. Oudin met encore au compte de Kilwardeby divers commentaires, sur YOrganon, les Topiques et sur les Sentences de P. Lombard, dont les manuscrits appartenaient, de son temps, aux bibliothèques des universités de Cambridge et d'Oxford. La Bibliothèque nationale a quelques copies des mêmes commentaires. Enfin, la bibliothèque publique de Cambridge possédait : Kilwardeby in magno : libri viginli quatuor pertinentes adlogicam et philosophiam. Quoique nous n'ayons pas eu l'occasion d'apprécier la valeur de ces divers écrits, nous n'avons pas cru devoir omettre, dans ce recueil, le nom d'un docteur à peu près inconnu qui peut avoir acquis, du moins par le nombre de ses ouvrages, des titres sérieux à l'estime des philosophes. B. H.
KINDERVATER (Charles-Victor), né en 1758 à Neuenheiligen en Thuringe, mort à Eisenach en 1806, après avoir exercé successivement des fonctions ecclésiastiques et administratives, a laissé plusieurs ouvrages de philosophie, écrits pour la plupart sous l'influence du kantisme. Ces ouvrages ne se faisant remarquer par aucune originalité, nous nous contenterons d'en citer les titres : An homo qui animum neget esse immorlalem animo possit esse tranquillo, in-4, Leipzig, 1785;ce même écrit a été publié en allemand en 1797; — Adumbratio quœstionis An
Pyrrhonis doclrina omnis (ollalur virlus ? in-4, Leipzig, 1789; — Dialogues sceptiques sur les avantages qu'on peut retirer des maux et des contrariétés de celle vie, in-8, ib., 1788. Il a publié aussi plusieurs traductions allemandes accompagnées de notes et d'observations critiques : celle du Natura Deorum de Cicéron,
ouvrage anglais intitulé Histoire des effets des différentes religions sur la moralité et le bonheur du genre humain, in-8, ib.. 1793. X.
KING (William) naquit à Antrim en 1650. En 1687 on le trouve pourvu de plusieurs emplois importants dans l'Église protestante d'Irlande, et mêlé avec beaucoup d'ardeur aux disputes religieuses qui agitaient à cette époque le royaume uni. L'Église anglicane le comptait parmi ses plus habiles et plus savants défenseurs. Ayant pris parti pour le prince d'Orange contre Jacques II, il eut beaucoup à souffrir pour la cause qu'il soutenait; il fut enfermé deux fois au château de Dublin, poursuivi dans les journaux, insulté dans les rues et jusqu'au pied des autels. Mais, après la bataille de Boyne et la fuite de Jacques II en France, ses revers se changèrent en prospérité : il fut d'abord nommé évêque de Londonderry, puis archevêque de Dublin, et enfin lord-juge d'Irlande. Il mourut en 1729.
King fit sa fortune par ses écrits politiques et religieux; mais ce qui lui valut la célébrité et doit lui assurer une place dans l'histoire de la philosophie de son temps; c'est son livre sur l'Origine du mal [de Origine mali, in-4, Dublin, 1702; in-8, Londres; traduit en anglais par Edmond Law, 2 vol. in-8, Londres, 1732 et 1739)- Ce livre fut à peine publié qu'il en parut des extraits dans différents journaux, entre autres dans les Nouvelles de la république des lettres (mai et juin 1703). Bayle en fit la critique dans le tome second de sa Réponse aux question? d'un provincial ; et Leibniz, contre lequel il esV dirigé en grande partie, lui opposa ses Remarques (publiées par Desmaizeaux dans le Recueil de diverses pièces sur la philosophie, etc., 3 vol. in-12, Amst., 1720), où tout en se défendant luimême et en attaquant quelquefois, il rend pleine justice au talent et à l'éloquence du prélat irlandais.
L'ouvrage de King peut se résumer tout entier dans l'idée qu'il se fait de la liberté, et dans la manière dont il cherche à concilier cette idée avec le principe de l'optimisme. Dans son opinion il n'y a pas d'autre liberté que celle qu'on appelait dans l'école la liberté d'équilibre ou d'indifférence, c'est-à-dire le pouvoir d'agir sans motif, sans but, sans raison préexistante. Chacune des autres facultés dont nous avons connaissance a un objet déterminé, auquel elle se lie d'une manière invariable, et dans la possession duquel elle trouve sa perfection. La liberté, au contraire, a son objet et sa perfection en ellemême ; c'est son caractère le plus essentiel de se suffire entièrement ; et non-seulement elle se suffit, mais elle commande, en quelque sorte, à ii nature des choses : car c'est elle qui les rend bonnes ou mauvaises, selon qu'elle les choisit ou les rejette. Il dépend d'elle, pour la même raison, d'augmenter les jouissances et d'affaiblir les privations que nous éprouvons; par conséquent, elle est à la fois la première source de l'activité, de la moralité et du bonheur.
La liberté ainsi comprise appartient nécessairement à Dieu : car la volonté divine crée les qualités des choses, comme les choses elles-
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mêmes; en d'autres termes, il n'y a rien de bon ni de mauvais en soi, qui ait pu déterminer a priori le choix du Créateur ; mais c'est ce choix lui-même qui a fait naître la différence du bien et du mal; penser autrement c'est, d'après King, refuser à Dieu la liberté. Toutefois cette indifférence de la volonté divine n'existe que par rapport à ses déterminations premières. Il n'en est plus de même de ses déterminations ultérieures. Ainsi Dieu, en principe, n'a suivi que son libre arbitre en créant l'homme ; mais une fois l'homme créé, il n'a rien voulu de contraire à la nature humaine ; il a été conséquent avec lui-même. Dieu a donc sous les yeux toute la suite des choses qui se lient avec son choix : il les veut toutes d'une seule et même volonté; et comme il est d'une bonté infinie, il veut le bien partout, dans l'ensemble comme dans les détails de son œuvre. Aussi, quelques parties de l'univers ne pourraient-elles être mieux, que d'autres ne fussent plus mal, et qu'il n'en résultât un système moins parfait. C'est ainsi que l'idée de l'optimisme vient s'ajouter à celle de la liberté d'indifférence.
L'homme est libre de cette même liberté que l'on vient de nous montrer comme un attribut essentiel de Dieu. Les motifs qui paraissent agir sur nous sont le résultat et non la cause de nos déterminations; loin de faire notre volonté, ils sont en quelque sorte faits par elles, et toute la force que nous leur attribuons est dans le choix même dont ils sont l'objet.
Cette doctrine n'est pas nouvelle ; elle a été soutenue au moyen âge par Duns-Scot contre saint Thomas d'Aquin; elle a été reprise au xvne siècle par Descartes, qui faisait dépendre de la volonté divine les vérités les plus absolues de la raison; mais nulle part elle n'a été développée avec autant de force et d'étendue que dans le livre sur l'Origine du mal.
Voy. les Remarques sur le livre de W. King, à la suite des Essais de Théodicée de Leibniz.
KINKER (Jean), né en 1764 àNieuwen-Amstel, près d'Amsterdam, poète, philosophe, et un des meilleurs écrivains de la Hollande, mérite une mention par son excellent résumé de la philosophie de Kant : Essai d'une exposition succincte de la Critique de la raison pure de Kant, traduit du hollandais par J. Le Fr. (Lefèvre), in-8, Amst., 1801. Après avoir rendu hommage au traducteur de cet écrit, voL'i en quels termes Destutt de Tracy s'exprime sur l'auteur : « Son ouvrage est fait avec une méthode qui montre bien tout l'enchaînement des idées ; et il exprime les opinions du philosophe dont il expose le système avec une précision et une netteté qui ne laissent place à aucune incertitude, et qui font voir avec assurance que là où il se rencontre quelque obscurité, elle est dans les idées elles-mêmes, et non dans la manière dont elles sont présentées. » [De la Métaphysique de Kant, ou Observations sur un ouvrage intitulé: Essai d'une exposition, etc., dans les Mémoires de l'Institut national, Sciences morales et politiques, t. IV.) Kinker a publié aussi des lettres sur le droit naturel (Uriveen over het nalurrechl). 11 applique au droit naturel les principes de Kant. X.
KLEIN (Georges-Michel), né à Alitzheim en 1776, mort en 1820, professeur de philosophie à Wurtzbourg. fut un des disciples les plus distin- (lc M. de Schelling. Il laissa un assez grand nombre d'ouvrages destinés à expliquer, a développer et à populariser la doctrine de son iiiaître. En voici les titres: Mémoires pour servir a l'élude de la philosophie, comme science du grand Tout, avec une cxjiosilion complète e>
claire de ses monuments principaux , in-8, Wurtzbourg, 1806; — la Théorie de l'entendement, in-8, Bamberg, 1810; le même ouvrage refondu sous le titre de Théorie de la contemplation de la pensée, in-8, Bamberg et Wurtzbourg. 1818; — Essai pour établir les bases de la morale comme science, avec une courte introduction à l'élude de la philosophie eu général, in-8, Rudolstadt, 1811; — Exposition de la théorie philosophique de la religion cl de la morale, in-8, Bamberg, 1818 (c'est la suite de l'ouvrage précédent) ; — Essai d'une définition précise de l'idée qu'on doit se faire d'une histoire de la philosophie, dans les Mémoires de Wurtzbourg, année 1802, p. 145 et suiv. Tous ces écrits sont rédigés en allemand. — Il a existé un autre Klein (Ernest- Ferdinand), né en 1743, mort en 1810, qui a essayé d'appliquer la philosophie à la législation et à Ja science du droit. C'est dans ce dessein qu'il a publié les deux écrits suivants : Lettre à Garve sur les devoirs qui emportent avec eux la contrainte et les devoirs de conscience, et sur la différence essentielle de la bienveillance et de la justice, in-8, Berlin et Stettin, 1790 (ail.); — Liberté et propriété, en huit dialogues, où l'on examine les décisions de l'Assemblée nationale de France, in-8, ib., 1790 (ail.). — Enfin nous mentionnerons encore ici un théologien du même nom, Klein (Frédéric-Auguste), néàFriedrichstall, près de Ronnebourg, en 1793, mort en 1823, qui a tenté une conciliation de la foi avec la raison. Il a écrit dans ce but plusieurs ouvrages, mais plus particulièrement celui qui est intitulé Esquisse du religionisme, ou Essai d'un nouveau système de fusion entre le rationalisme et le supernaturalisme, in-8, Leipzig, 1819 (ail.). X.
KXOTZSCH (Jean-Georges-Charles), né en 1763, mort en 1819, professeur de philosophie à Wittemberg, a laissé quelques écrits consacrés à la morale et à l'histoire de cette science : De Nolione fidei moralis, in-4, Wittemb., 1793 ; le même écrit publié en allemand sous ce titre : Exposé succinct de la théorie de la foi morale, ib., 1794, dans le Journal de Schmid, t. III, 3e cahier; — Exposé de la vie et des opinions philosophiques de Sénèque, en tête d'une édition des œuvres de ce philosophe, 2 vol. in-8, Wittemb. et Zerbst, 1799- 1802 (ail.); — Essai d'une anthropologie morale, in-8, Wittemb., 1817. Rien de particulier ne se fait remarquer dans ces différents ouvrages, si ce n'est peut-être cette opinion, que nous n'avons de devoirs à remplir qu'envers les autres; qu'il n'y en a pas qui se rapportent à nous-mêmes. Cependant l'auteur n'a pas eu l'intention de supprimer réellement cette dernière espèce de devoirs, il prétend seulement les faire rentrer dans les premiers. Pour compléter la liste des écrits de Klotzsch, il faut y ajouter celui-ci qui ne touche qu'indirectement à la philosophie : de Lingua germanica rccenliorum philosophiam tractanai studiis haud parum culta, in-4, Wittemb., 1789. X.
KNUTZEN (Martin), philosophe, mathématicien et astronome, naquit à Kœnigsbergle 14 décembre 1713, fut professeur au gymnase de la même ville et premier conservateur de la bibliothèque du château; il mourut au commencement de 1751. Ses ouvrages de philosophie ont été écrits sous l'inspiration de Leibniz et de Wolf. En voici les litres : De Ailcrnilalc m undi im}>ossibili, in-4, Kœnigsberg, 1733 ;— Elcmcnta philosophiœ ralionaîis, melhodo mathematica demonstrata in-8. ib., 1747. Les deux écrits suivants ont été publiés en allemand : Preuve philosophique de lu vérité du christianisme démontre </ /<t manière des sciences malln/miln/ncs. ouvrage qui a eu six éditions de 1739 à 1763, in-8; — A'otwe
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d'une nouvelle mnémonique philosophique, etc., dans la Feuille d'avis (Inlelligenz-blatt) de Kœnigsberg, année 1738. — 11 a existé sous le même nom, dans la dernière moitié du xvne siècle, une espèce d'aventurier qui, après avoir exercé des fonctions ecclésiastiques dans différentes villes d'Allemagne et du Danemark, se mit à prêcher publiquement l'athéisme, et essaya de fonder sur cette base une secte nouvelle. Il cherchait à détruire, avec le principe de toute religion, la famille et la société civile. Une lettre écrite en latin, et publiée à Iéna en 1674, contient tout son système; cette lettre a été reproduite avec une traduction française par Lacroze, dans ses Entretiens su)* divers sujets d'histoire, de littérature, de religion et de critique, in-12, Cologne (Amst.), 1711 et 1733. X.
KOEPPEN (Frédéric), ami et disciple de Jacobi, et un des bons écrivains de l'Allemagne, naquit à Lubeck en 1775. Après avoir fait ses premières études dans sa ville natale et sous la direction de son père, il se rendit à l'université d'Iéna pour y suivre les cours de la Faculté de théologie. Il y entendit Reinhold et Fichte, surtout le dernier, qui était alors (en 1793) dans tout l'éclat de sa renommée et de son talent. En 1804, il fut nommé pasteur luthérien à Brème ; en 1807, il fut appelé comme professeur de philosophie à l'université de Landshut; mais cette université ayant été supprimée en 1826, il alla occuper les mêmes fonctions à Erlangen. Koeppen, par ses opinions, se rattache à la fois au platonisme et à la doctrine de Jacobi, qu'il s'efforce de concilier avec la foi chrétienne. Mais on sait qu'il y a deux époques dans la vie philosophique de Jacobi (voy. ce nom) : dans la première, il est entièrement hostile à la raison ; dans la seconde, il se réconcilie avec elle, au point de lui laisser une petite place sous la dépendance et à côté du sentiment. Koeppen a développé surtout le premier de ces deux systèmes, et l'on s'explique avec peine son respect pour la philosophie platonicienne, où cependant la raison et la spéculation jouent un assez grand rôle. Quoi qu'il en soit, le fondement de sa doctrine, c'est l'idée de la liberté. Selon lui. la liberté porte en elle-même sa raison d'être et le principe de ses déterminations : elle est indépendante de tout rapport ; elle est le fond de l'existence, la cause première, l'être proprement dit. Nous la connaissons d'une manière immédiate, par une sorte de révélation expresse, sans pouvoir la démontrer, sans nous rendre compte de sa nature, sans nous expliquer même comment elle est possible. C'est ainsi que Dieu se manifeste à nous : car cette liberté illimitée et absolue, dont nous venons de parler, n'est pas autre chose que lui. Ce qui rend la liberté limitée chez l'homme, c'est le rapport de l'intérieur à l'extérieur, du moi et du non-moi; et comme il nous est impossible de nous concevoir autrement que sous ce rapport, dont les deux termes se supposent et s'appellent mutuellement, il en résulte que toute philosophie est nécessairement dualiste; que rien n'est plus chimérique que de vouloir tout expliquer, de vouloir introduire l'unité dans la science et mettre un terme aux éternelles contradictions de l'esprit humain. A l'exemple de son maître, Koeppen n'est pas moins occupé à renverser les doctrines régnantes, celles de Kant, de Fichte, de Schelling, qu'à exposer ses propres idées. Voici la liste de ses ouvrages, tous publiés en allemand, et dont aucun n'a été traduit : De la Révélation considérée par rapport à la philosophie de Kant et de Fichte, in-8, Gcëtt., 1797, 2« édit. 1802:— Traité sur Vart de vivre, in-8, Hambourg, 1801 : — la Doctrine de Schelling, ou à quoi se réduit la phi-
losophie du néant absolu, avec quelques lettres de Jacobi, in-8, ib., 1803;— Œuvres diverses, in-8, ib., 1806; — du But de la philosophie, in-8, Landshut, 1807 (c'est le discours d'ouverture par lequel l'auteur prit possession de sa chaire); — Esquisse d'un cours de droit naturel, in-8, ib., 1809; —Guide pour la logique et la métaphysique, in-8, ib., 1809; — Exposition de la nature de la philosophie, in-8, Nuremberg, 1810 (comparer cet ouvrage à la Critique qu'en a publiée Frédéric Schal'berger, in-8, ib., 1813); — Philosophie du christianisme, 2 vol. in-8, Leipzig, 1813-1815, 2e édit., '825 (comparer cet ouvrage avec les Discours sur la religion chrétienne, in-8, Lubeck et Leipzig, >802); — Politique d'après les principes de Platon, in-8, Leipzig, 1818; — Théorie, du droit d'après les principes de Platon, in-8, ib., 1819; — Discours d'un nomme franc sur les universités, in-8, Landshut. 1 820 ; — Lettres intimes sur le livre et le monde, 2 vol. in-8, Leipzig, 1 820-1823. Il a aussi publié quelques poésies, in-8, Magdebourg, 1801; et des sermons. X.
KRAUSE (Charles-Christian-Frédéric), fils d'un pasteur protestant, naquit le 6 mai 1781 àEisenberg, petite ville dans le duché d'Altembourg, et mourut le 28 septembre 1832. 11 termina ses études à l'université d'Iéna, où Reinhold exposait à ses élèves la Critique de la raison pure de Kant, dont il s'était fait le défenseur. Son goût pour la philosophie l'engagea à suivre les leçons de Fichte et de Schelling; mais leurs doctrines ne purent le satisfaire. Aussi, dès cette époque, jeta-t-il les fondements de la philosophie qui lui est propre, et dont le caractère distingue son système de tous les systèmes connus jusqu'ici.
Il professa deux ans à Iéna, de 1802 à 1804mais à l'instant où le gouvernement lui offrait le diplôme de professeur ordinaire; il renonça à l'enseignement, pour se livrer aux études de tout genre qu'il regardait comme nécessaires à l'achèvement du plan complet de son système scientifique. Après avoir successivement habité Rudolstadt, Dresde et Berlin, après plusieurs voyage-en Allemagne, en France et en Italie, entrepris dans le but d'étudier principalement les monuments des beaux-arts, il vint, toujours occupé de ses profondes méditations, s'établir en 1824 à Goëttingue. Ce fut là que, malgré l'opposition des professeurs ses collègues, et quelques tracasseries de la part du gouvernement, il eut le plus d'élèves, et d'élèves qui, aujourd'hui encore, travaillent avec ardeur à propager et à développer ses idées. Il sentit cependant, dès 1831, le besoin de la retraite, et alla s'établir à Munich. La mort l'y surprit l'année suivante, à l'instant où il se préparait à publier l'ensemble de ses travaux.
La marche de la philosophie en Allemagne depuis Kant présente un enchaînement et une rigueur que l'on ne retrouve à aucune autre époque de l'histoire de l'intelligence. Les systèmes qui ont développe ou corrigé l'œuvre de Kant se sont tous appuyés sur la même base, et sont nés du même mouvement d'esprit. Kant se rattache moins au Cogilo ergo sum de Descartes qu'au Nisi ipse inlelleclus de Leibniz; car nul avant lui n'a aussi profondément analyse l'entendement. On peut donc considérer l'avènement de la philosophie critique comme le moment où le mot humain s'est replié le plus librement sur luimême; et s'il n'est pas toujours heureusement sorti de cette solitude pour entrer dans le monde des réalités, peut-être en peut-on faire un reproche à Kant; mais on ne saurait s'en prendre a la philosophie nouvelle, dont cet esprit hardi et pénétrant ne faisait que constituer le point de départ. Après lui, Fichte, sentant que l'existence i du non-moi était anéantie par la Critique de la