‹ Dictionnaire des sciences philosophiques (volume 2)Chapitre 377 sur 439 · S Y NE · texte numérisé non relu

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eux, est pins dans les croyances religieuses que dans les idées philosophiques. Au contraire, chez Potamon et Numénius les systèmes philosophiques font les principaux frais de cette monstrueuse alliance. A toutes les époques de transition, de rénovation, de luttes ardentes, soit dans l'histoire de la philosophie, soit dans celle de la religion, soit dans celle des lettres, nous rencontrons le même fait toujours frappé de la même impuissance. Ainsi, à l'époque de la renaissance des lettres en Europe, des esprits passionnés, mais plus curieux que profonds, et qui unissaient un reste de foi à leur amour pour l'antiquité, les Pic de la Mirandole, les Reuchlin, les Mafsile Ficin, les Nicolas de Cusa, les Juste-Lipse, ont essayé de concilier les dogmes du christianisme, les uns avec Platon et la kabbale, les autres avec Platon et les doctrines d'Alexandrie, d'autres avec le système pythagoricien, d'autres avec le stoïcisme. Un peu plus tard, au commencement du xviie siècle, un théologien allemand, du nom de Georges Calixte, fit la tentative de réunir dans un même symbole' de foi, les catholiques et les protestants, et ne réussit qu'à irriter contre lui les deux partis. Ce fut même pour lui et pour ses partisans qu'on inventa, si nous ne nous trompons, le nom de syncrétiste, car nous ne l'avons pas rencontré une seule fois auparavant ; et l'on conçoit qu'on ne soit pas empressé de le revendiquer. Des efforts semblables ont été faits au xvii° siècle pour concilier la métaphysique de Descartes avec celle d'Aristote, et sa physique avec celle de la Genèse. Dans un autre temps et dans un autre ordre d'idées, on a voulu marier ensemble les traditions surannées du moyen âge .sur le droit divin et les privilèges héréditaires de certaines castes avec les idées modernes de liberté, de justice, d'égalité devant la loi. Enfin, devant la lutte qui éclata, il y a quelques années, dans le domaine des lettres, entre les classiques et les romantiques , quelques écrivains ont voulu réunir dans leurs œuvres les deux écoles, en les corrigeant l'une par l'autre. Mais leurs efforts, quoique secondés par le talent, n'ont abouti qu'à des productions équivoques, incapables de satisfaire aucun parti. C'est que le syncrétisme, dans quelque sphère de la pensée qu'il se manifeste, n'est pas un système, ni un principe, mais un simple désir, celui de pacifier l'intelligence et d'apaiser les discordes; il est encore bien éloigné de la science par laquelle ce vœu peut être accompli. Il nous rappelle un peu ce consul romain qui, arrivé en Grèce, appelle devant lui les philosophes des différentes écoles et leur offre généreusement sa médiation pour les mettre d'accord.

SYNDÉRÈSE (<ruv8iaCpe<7iç , de sûv, avec, et Siaipèco, diviser, division ou déchirement intérieur). Ce terme a été employé d'abord dans un *«ns purement théologique, pour désigner l'état ', contrition, de déchirement où se trouve l'âme, ,11,111(1, faisant un retour sur elle-même, elle compare ce qu'elle est à ce qu'elle devrait être; puis il a été pris, chez les docteurs du moyen âge, dans une acception purement philosophique. BTetj pour les auteurs scolastiques, soit saint Bonaventure, soit saint Thomas d'Aquin , soit Gerson, la syndérèse, c'est l'amour pur du bien, ou l'amour du bien absolu, qu'ils placent audessus de la volonté eu de Vappétit rationnel, comme celui-ci est placé au-dessus de Vappétit sensible. Ce sont les trois degrés qu'ils distinguent dans la sensibilité, vis affccliva, confondue avec la volonté, et auxquels correspondent m e, à savoir: les sens.

la rai ntelligence pure, mens, intcllcc-

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SYNÉSIUS est assurément une des physionomies les plus originales que nous fasse connaître l'histoire intellectuelle du iv° et du ve siècle. Né en Afrique, à Cyrcne, élevé au sein du paganisme et initié à tous les secrets de la science grecque, il acheva de se former dans les écoles d'Alexandrie. Il fut un des disciples les plus assidus, les plus fidèles et les plus brillants d'Hypatie.

C'est dans les ouvrages mêmes de Synésius qu'il nous faut chercher des renseignements sur sa vie. A part une indication, ou plutôt une espèce de légende conservée dans le Pralum spirituale, de Jean Moschus, sur la conversion d'Évagrius au christianisme par Synésius, nul autre auteur ancien ne parle de ce philosophe. Parmi les écrits qui nous restent de lui, ses lettres, au nombre de 156, sont un des monuments les plus intéressants des idées, des mœurs et de l'esprit de cette époque. Sept de ces lettres sont adressées à Hypatie, et toutes témoignent d'une admiration qui ne se démentit jamais : « 0 ma mère (lui écrit-il, lettre 16), ma sœur et mon maî- 1,-e, toi qui dans tous ces rôles as été ma bienfaitrice; j'ajouterais un autre titre, si j'en connaissais un qui exprimât mieux mon respect. » Dans une lettre à son frère il l'appelle la sainte philosophe, chérie de la Divinité. Il la consultait sur ses ouvrages, entre autres sur les trois suivants, dont il lui annonce l'envoi dans la lettre 153 : le Dion, où il rend compte de ses études, de sa manière de travailler, et s'étend avec une certaine complaisance sur sa merveilleuse facilité à imiter le style des auteurs les plus divers; le Traité des Songes, qu'il prétend lui avoir été inspiré pendant la nuit, et qui contient des observations tour à tour ingénieuses et triviales sur l'origine et la signification dès rêves ; enfin sur le nombre parfait, c'est-à-dire le nombre trois.

Après avoir reçu les leçons d'Hypatie à Alexandrie, Synésius voulut visiter Athènes, où il espérait trouver encore les traditions de la philosophie dans les écoles de l'Académie et du Lycée; mais il fut bientôt détrompé. Ses lettres attestent un prompt désenchantement. Il écrit à son frère (lettre 135) : « Athènes, jadis la cité domicile des sages, n'est plus célèbre maintenant que par des apprêteurs de miel. Ajoutez à cela ce couple de sages plutarquiens qui, dans les théâtres, rassemblent les jeunes gens, non pas par la renommée de leur éloquence, mais par leurs amphores de l'Hymette. »

Synésius se hâta de revenir à Cyrène, où il se livra à la culture des lettres et de la philosophie. On le raillait de ce qu'il restait simple particulier, tandis que ses proches ambitionnaient les magistratures : « J'aime mieux , disait-il , voir mon âme gardée par une couronne de vertu, que mon corps environné de soldats, puisque l'état des affaires n'admet plus pour administrateur un philosophe. » Cependant, malgré son jeune âge, son mérite attira bientôt sur lui l'attention de ses concitoyens dans une occasion importante. La Cyrénaïque, désolée à la fois par l'invasion des barbares, par les exactions de ses gouverneurs, et aussi par d'autres fléaux, tels que des tremblements de terre et des nuées de sauterelli ss apportées par le vent du midi, qui dévoraient toutes les semences et menaçaient le pays de la famine, crut devoir recourir à l'empereur pour lui demander des secours et la réduction des impôts. A cet effet, une députation fut envoyée à Ai radius, à Constantinople, et Synésius fut choisi pour porter la parole et offrir à l'empereur Vaurum coronarium, espèce de contribution, volontaire dans l'origine, mais i, les

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