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SYIU
Plutarque, il devint le chef de l'école et de l'association (ay^olyiz xat oiarptë-riç, dit Suidas), par conséquent le maître de Proclus, qu'il dirigea au delà de sa vingt-huitième année, ce qui place la mort du maître après 442. C'était à la fois un philosophe très-savant et un mystique très-crédule. Ses ouvrages, sa méthode, les sources où il puisait, et les textes qu'il expliquait avec ses élèves, prouvent l'un et l'autre. Sept livres de Commentaires sur Homère, quatre sur la Politique de Platon, dix sur l'accord d'Orphée, de Pythagore et de Platon relativement aux Oracles, perdus pour nous, attestent son érudition. Isidore, le mari nominal d'Hypatie, qui ne cessait de scruter les anciens, Plotin surtout, mais aussi Jamblique, ses amis et ses compagnons, disaient que Syrianus était le meilleur d'entre eux. Syrianus, qui n'avait pas vu Jamblique, mort avant l'an 333, n'a pu être qualifié de compagnon de ce philosophe (otiocoô;) que dans un sens très-large; il ne le connaissait que par ses écrits, mais il était son partisan; il, était attaché à ce platonicien qui, tout en expliquant les Dialogues, songeait sans cesse à Pythagore. aux Égyptiens et aux Chaldéens. C'était bien la le fond de ses prédilections et le secret de sa méthode. En effet, continuateur de celle de Plutarque, Syrianus lisait avec ses disciples, en moins de deux ans, tout Aristote. « Puis il passait avec ordre, dit Marinus (Vie de Proclus), de ces petits mystères aux vrais mystères, ceux qui dessillent les yeux et purifient l'âme, à Platon. » De Platon, Syrianus s'élevait aux Orphiques et aux Oracles de la Chaldée, abandonnant quelquefois à ses auditeurs le choix d'un cours sur les uns ou les autres.
De concert avec Plutarque et la fille de ce dernier, qui seule conserva après lui la science des grandes orgies et toute la théurgie, Syrianus fut donc le véritable fondateur de cette portion de l'enseignement mystique qui distingue l'école de Proclus. Ce célèbre philosophe y eut sa part, mais son panégyriste Marinus la fait assez petite par le soin qu'il prend de la faire très-grande. « En effet, quand il pria son maître, nous dit-il, de ne pas laisser inachevé le Commentaire sur les Orphiques, commencé d'après les communications de Syrianus. Proclus lui objecta qu'il en était détourné par une apparition de son vénéré maître, et se borna, malgré toute la ruse et les instances de son élève, à annoter ce que Syrianus avait écrit sur ces matières. » Cela nous prouve que, de l'aveu même de Proclus, c'est dans l'histoire plus approfondie des Origines philosophiques de Plutarque et de son élève Syrianus qu'il faut chercher les Origines philosophiques de Proclus pour ce qui regarde une partie notable de ses doctrines; qu'elles ne se trouvent pas dans ce qu'on appelle communément l'école d'Alexandrie; qu'elles se voient, au contraire, dans cette association (oiarpiêr) ) athénienne qui se rattache à Jamblique et à ^Edésius, l'un et l'autre auteurs de modifications si profondes dans l'enseignement de Porphyre et de Plotin.
Il ne nous reste de Syrianus que des commentaires sur la Rhétorique d'Hermogène et sur trois livres de la Métaphysique d'Aristote, qui ont été traduits en latin par Bagolin, Venise, 1558.
Consultez sur Syrianus les deux ouvrages de MM. E. Vacherot et J. Simon sur l'Histoire de Vècole d'Alexandrie. J. M.
SYRIENS (Philosophie chez les). Nous n'avons point à nous occuper ici du mouvement de philosophie grecque dont la Syrie en deçà de l'Euphrate fut le théâtre sous la domination des Séleucides et sous celle des Romains, ce mouvement appartenant à l'histoire du génie grec. Nous n'avons
pas, non puis, a apprécier le rôle que joue la Syrie dans la formation du dogme chrétien, et dans le développement des sectes gnostiques, bien qu'elle y ait largement déployé son originalité, surtout par l'école de Bardcsane. Nous croyons qu'il faut réserver le nom de philosophie syriaque aux études péripatéticiennes qui fleurirent chez les nestoriens et les jacobites du vie au IXe siècle, et servirent de préparation à la philosophie arabe.
Le péripatétisme s'introduisit dans l'école d'Edesse, vers le milieu du ve siècle, avec le nestorianisme. Jusque-là la littérature des Syriens avait été exclusivement ecclésiastique. Les nestoriens, en s'établissant en Syrie à la suite du concile d'Ephèse, y apportèrent avec eux tout l'ensemble de l'encyclopédie grecque, et par conséquent Aristote, le maître de la logique. On sait, d'ailleurs, que les nestoriens, comme en général toutes les sectes hérétiques qui prenaient leur point de départ dans la philosophie, se montraient fort attachés au Stagirite, et appliquaient hardiment sa logique et sa métaphysique à l'interprétation des dogmes religieux. C'est ce qui explique comment le fondateur du nestorianisme en Syrie, Ibas d'Édesse, si connu par le rôle qu'il joue dans les disputes théologiques du ve siècle, fut en même temps le premier introducteur d'Aristote parmi les Syriens. Ébedjésu lui assigne pour collaborateurs dans ce travail, Cumas et Probus, et, en effet, le Drilish Muséum (n° 14660) possède un long commentaire syriaque de Probus sur le ïlepi épjxrivcîa;. C'est le seul monument qui nous reste de cette première école d'Édesse, qui fut. détruite, en 489, par ordre de l'empereur Zenon.
De ce moment, les études péripatéticiennes deviennent de plus en plus florissantes chez les Syriens. Des ruines de l'école d'Édesse sorteni les écoles plus célèbres encore de Nisibe et de Gandisapor, qui deviennent, pour la Syrie et la Perse, des centres brillants a'études médicales et philosophiques. La Perse, en effet, fut en partie le théâtre de ce nouveau mouvement. Ce pays était tombé depuis longtemps dans la dépendance intellectuelle des Syriens. L'école d'Édesse s'appelait Vccole des Perses, et le syriaque était, avec le grec, la langue savante de l'empire des Sassanides. D'un côté, les philosophes grecs exilés par suite du décret de Justinien; de l'autre, les nestoriens persécutés par les orthodoxes, firent un moment de la cour de Chosroès l'asile de la philosophie grecque expirante. Le roi des rois se décorait du titre de platonicien, et fit, dit-on, traduire en persan les écrits de Platon et d'Aristote. Agathias raconte avec de grands détails les discussions philosophiques que soutint devant Chosroès un Syrien nommé Uranius, attaché à la doctrine d'Aristote. Mais le plus curieux monument de ces études syro-persanes est, sancontredit, un abrégé de logique en syriaque adressé à Chosroès par un certain Paul le Perse. qui se trouve dans un manuscrit du British Muséum (nu 14660). L'ouvrage est précédé d'une longue préface, exprimant une pensée d'éclectisme fort élevée. On croit devoir donner ici le début de ce remarquable morceau : « A l'heureuv Kosrou, roi des rois, le meilleur des hommes. Paul, son esclave, salut. En vous offrant un présent philosophique^ je ne fais que vous offrir un fruit cueilli dans le paradis de vos domaines, de même que l'on offre à Dieu des victimes prises parmi les créatures de Dieu. » La philosophie, en effet, est le meilleur de tous les présents, et c'est bien elle qui a dit en parlant d'elle-même : « Mes fruits valent mieux que l'or et que les pierres précieuses, et mes produits
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