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drins, le dogme de la création, et développe les conséquences de ce dogme par rapport à l'origine et à la fin de l'homme. L'autre est dirigé contre les deux principes des manichéens. Le premier de ces deux écrits a été plusieurs fois publié d'abord par Tarinus : Zachariœ scholaalici Ammonius, scu de mundi opificio contra j'hilosophos, r/rœcecl lat.,una curn Origcnispliilocalia, in-4, Paris, 1618 et 1624; ensuite par Barthius, avec le Théophraste d'Énée de Gaza, in-4, Leipzig, 1655; enfin par M. Boissonnade, avec le même ouvrage d'Ënée de Gaza, in-8, Paris, 1836. — Le traité contre les manichéens se trouve dans le recueil de Canisius : Antiquœ kcliones, t. I, in-4, Ingolstad,, 1601.
ZANARDI, en latin Zanardus (Michel), de l'ordre des Dominicains, naquit à Orgnano, près de Bergame, en 1570; étudia, à Bologne, la philosophie et la théologie; enseigna, successivement, la théologie dans plusieurs villes d'Italie, et mourut à Milan en 1641 ou 1642. 11 a laissé plusieurs ouvrages de philosophie, où l'on trouve un interprète fidèle et intelligent de la doctrine de saint Thomas : De physica et rnetaphysica : nuœsliones et dubia in oclo libros Aristotelis de physica auscultalione, 3 vol. in-4, Venise, 1615- 1617; — des Commentaires sur la première partie de la Somme de saint Thomas, ib., in-f°, 1620; — Dispulaliones de triplici universo cœlesti, elcmentari et mixto, etc., in-4, ib. 1629. Ce dernier ouvrage est le plus important. On peut consulter sur Zanardi, Echard, Scriptores ordinis prœdicat., et Morhof, Pohjhistor..., t II liv. I, ch. xiv. ;
ZÉNODOTE. 11 a existé dans l'antiquité deux philosophes de ce nom, mais l'un et l'autre sans importance : un philosophe stoïcien, disciple de Diogène de Séleucie, et un philosophe néo-platonicien. disciple et successeur d'Isidore, dans 1 école d'Alexandrie.
ZENON d'Ëléë naquit à Ëlée dans la Grande- Grèce, selon toute probabilité, dans la lxviic olympiade, ou vers 490 avant Jésus-Christ. Nous savons, en effet, par Platon (Pannénide), qu'il était arrivé à Athènes, avec Parménide, son maître, à l'âge de quarante ans, et que Socrate, encore très-jeune, les entendit tous les deux exposer leur doctrine. Or, Socrate, qui avait reçu le jour dans la lxxc olympiade ou en l'an 470 avant notre ère, ne pouvait pas avoir moins de vingt ans en prenant part à un entretien sur la métaphysique. Zenon avait donc quarante ans vers l'an 450, et était né par conséquent vers 490. Cette date s'accorde avec le témoignage de Biogène Laërce, de Suidas et d'Eusèbe, qui nous le montrent florissant dans la lxxviij*, lai.xxixe et la lxxx8 olympiade. Doué de tous les avantages de la nature et de la fortune, beau, riche, d'une haute naissance, Zenon s'attacha à Parménide, dont il était aimé comme un fils, et se consacra à la défense de son système, sans trahir ses devoirs de citoyen. « Il était à la lois, dit Diogène Laërce, très-vaillant en philosophie et en politique : réyove 8s àvr.p fEvvatÔTaTo; xcc! èv çtX'oàoçîqf xcù |v TtoXttetq;. » En effet, d'après l'historien que' nous venons de citer et dont le récit est confirmé par Plutarque, Zenon serait mort victime de son patriotisme. Voulant rendre à la liberté son malheureux pays, tombé, a la suite de l'anarchie, au pouvoir-d'un petit tyran appelé Néàrque ou Dioaémon, il fut trahi par la fortune dans sa généreuse entreprise, et tomba au pouvoir de son ennemi. Sommé de déponcer ses complices, il nomma tous les amis du tyran, puis le tyran lui même, et lui lança au visage sa langue qu'il s'était coupée avec les dcnts- ' ' l,r ;i l'on un le signal de son supplice, qui provoqua à son tour un soulèvement popu-
laire. Selon les uns, il fut lapidé, selon les autrès, pile dans un mortier; ce qui fait dire au poète Hermippe : « C'est ton corps qu'on a brisé mais non toi. » Zenon ne quitta jamais sa petite ville, que pour se rendre quelquefois à Athènes ou par l'éclat de sa parole il attirait à son enseignement l'élite de la jeunesse, et, s'il faut en croire Plutarque, Périclès lui-même. Il faisait payer ses leçons, et môme assez cher, puisqu'il reçut cent mines de Callias et de Pythodorc ■ mais cet usage était universellement répandu jusqu'à Socrate.
Zenon n'a rien ajouté au système de Parim 'nide ; il s'est borné à le défendre contre l'école ionienne, à en être le champion ; et c'est à ce titre qu'Aristote le considère comme l'inventeur de la dialectique. C'est pour la même raison sans doute, qu'il est le premier philosophe de 1 école d'Elee qui ait écrit en prose; car la discussion, la polémique est incompatible avec la poésie. Diogène Laërce assure qu'il a beaucoup écrit; mais il ne nomme pas ses ouvrages. Suidas leur donne les titres suivants, qui s'accordent assez bien avec le rôle et le caractère de Zenon ;
-~v; «"'»•• ^ ^o /junuaupiies naturalistes, probablement les ioniens (ripéç toù; <p0.oaôsovç 7T£pi çOffswç)-. Mais, si ces livres ont véritablement existé, il n'en est rien arrivé jusqu'à nous. Tout ce que nous savons, c'est que Zenon soit dans ses écrits, soit dans ses discussions orales, employait la forme du dialogue, et procédait par demandes et par réponses. Nous pouvons cependant nous faire une idée générale de sa manière, par l'analyse que Platon, dans l'introduction du Parménide, nous a laissée d'un de ses livres. Cette composition était partagée en plusieurs sections ou chapitres (Àôyobc), et chacun de ces chapitres en plusieurs propositions ou hypothèses. C'étaient les propositions mêmes de ses adversaires que Zenon commençait à admettre par hypothèse, et dont il pressait ensuite les conséquences pour les faire tomber dans l'absurde. Tel est, en effet, le caractère propre de la dialectique, qu'il ne faut pas confondre avec la logique.
Toute l'argumentation de Zenon est dirigée contre le mouvement; car, le mouvement supprime, il emporte nécessairement avec lui la gène ration et la mort, l'accroissement et la diminution, lé changement, en un mot tous les phénomènes de la nature et la nature elle-même Le mouvement, en effet, c'est la vie générale de la nature, la première condition de son existence Suis lui, Dieu ne peut concevoir la pluralité des êtres, puisque la division, qui donne naissance a la pluralité, n'est qu'une forme du mouvement Mais à quelle condition peut-on supprimer le mouvement? A la condition de supprimer le temps et l'espace, dans lesquels notre raison place tous les changements. On supprime le temps et l'espace lorsqu'on en retranche la notion d'unité, ou quand, au lieu de les concevoir comme des touts continus, on les réduit à des points et à des moments isolés, dont chacun sa divise a l'infini. Cette dissolution du temps et de 1 espace, conséquence extrême du système ionien voila l'hypothèse sur laquelle reposent les arguments de Zenon, tels qu'Aristote nous les a conserves dans sa Physique (liv. VI, ch. ix), et qui pourraient bien être tirés du livre de Zenon intitule les Controverses. Us sont au nomLic de quatre.
1 M « Le mouvement est impossible, parce que ce qui est en mouvement doit traverser le milieu avant d'arriver au but (ce qui ne peut ;
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avoir lieu là où il n'y a pas de continuité et où chaque point se divise à l'infini). »
2° « Le mouvement n'existe pas; car ce qui court le plus vite ne peut jamais atteindre ce qui court le plus lentement. En effet, il faudrait que celui qui poursuit lut déjà arrivé au point d'où l'autre part (ce qui ne peut pas être avec la divisibilité infinie et la discontinuité de l'espace, qui met toujours un infiniment petit entre les deux coureurs). » C'est cet argument qu'on a appelé V Achille ; car il suppose qu'Achille aux pieds légers ne peut jamais atteindre la lourde tortue.
3° « Le mouvement est identique au non-mouvement (au repos). En effet, tout mouvement a lieu dans un espace qui lui est égal, c'est-à-dire où il a lieu au moment où il existe ; donc, comme on est toujours là où l'on est, la flèche est toujours en repos quand elle est en mouvement (car elle n'est jamais où elle n'est point). »
4° « Le mouvement conduit à l'absurde. Supposez deux corps égaux entre eux, mus dans un espace donné et dans une direction opposée et avec la même vitesse; supposez que l'un part de l'extrémité de l'espace donné, l'autre du milieu (comme l'un n'aura parcouru que la moitié de l'espace quand l'autre l'aura parcouru entièrement, le même espace sera parcouru par deux corps égaux et d'égale vitesse dans un temps inégal), il en résulte qu'une moitié du temps paraît égale au double. »
Outre ces quatre arguments principaux, il y en avait d'autres également rapportés par Aristote ; par exemple celui-ci : tout mouvement est changement ; or, changer, c'est n'être ni ce qu'on était, ni ce qu'on sera; donc ce qui change n'est pas, ou le changement, par conséquent le mouvement, n'a lieu dans rien.
C'est, dit-on, en entendant ces objections contre le mouvement, que Diogène le Cynique, pour toute réponse, se mit à marcher. Mais cette réponse n'en est pas une ; car Zenon s'adressait à un système qui, niant toute unité et ne reconnaissant que des choses multiples et divisibles, était forcé de nier aussi la continuité de l'espace et du temps. Zenon élevait aussi contre l'espace une objection directe, également tirée de l'idée de pluralité. « L'espace, disait-il, est le lieu des corps ; mais dans quel espace est l'espace luimême? » Il fallait répondre : dans un autre espace, et celui-ci dans un autre encore, et toujours ainsi jusqu'à l'infini. La conclusion était que la pluralité est impossible et qu'il n'y a que l'unité.
C'est cette dialectique, et son habileté à mettre ses adversaires en contradiction avec eux-mêmes, qui ont fait passer Zenon, aux yeux de quelquesuns , pour le premier représentant du scepticisme; mais Zenon sceptique ne serait pas le disciple de Parménide. Platon ne dirait pas que ses écrits étaient une défense de la doctrine de son maître. Quant à la physique que lui attribue Diogène Laërce (liv. IX, § 30), elle est la même que celle de Parménide, et repose sur le même principe, sur l'opinion ou les apparences contradictoires des sens. Elle nous montre les contraires, le chaud et le froid, le sec et l'humide, comme les principes de toutes choses.
On pourra consulter sur Zenon d'Élée la plupart des écrivains que nous avons indiqués pour Xénophane. Nous y ajouterons Stœudlin, Histoire et esprit du scepticisme, t. I", p. 200, in-8, Leipzig, 1804 (allem.); — Tiedemann, Utrum scepticus fucrit an dogmaticus Zeno Elcalcs (ISova bibliotheca philolog. et crit., V, i, 2e cahier) ; — Loehse, Dissertatio de argumehlis quibus Zeno Eleates nullum esse motum dcmonslravit, in-8, Halle, 1794.
ZENON . le fondateur de l'école stoïcienne naquit à Cittium, petite ville de l'île de Cyprès, fondée par des Phéniciens et peuplée par des Grecs. Il serait difficile d'indiquer la date précise de sa naissance ; mais on voit, par quelques détails de sa vie, qu'il passa ses dernières années sous le règne d'Antigone Gonatas, roi de Macédoine, et que sa carrière se prolongea jusque vers la cxxx° olympiade, ou l'an 264 avant Jcsus- Christ. Son père, appelé Unasée ou Déméc, était marchand; et lui-mèinc, dans sa jeunesse, exerça la même profession. Il avait vingt-deux ans lorsque, parti pour Athènes sut un vaisseau i de pourpre, il fit naufrage à l'entrée du Pirée et perdit sa riche cargaison. Dégoûté alors des affaires, qui d'ailleurs convenaient peu à la nature de son esprit, il se donna à la philosophie qu'il aimait déjà; car son père, à la suite d'un voyage en Grèce, lui avait apporté les écrits de l'école socratique. D'après une autre tradition, c'est à Athènes même, en entendant lire le second livre des Mémorables de Xénophon, qu'il conçut pour la philosophie cette passion qui ne, le quitta qu'avec la vie. Il s'attacha d'abord à Cratès, à qui il emprunta la plus grande partie de la morale qu'il enseigna plus tard; mais la grossièreté de mœurs de l'école cynique révolu sa pudeur, et il alla chercher une instruction plus élevée auprès de Stilpon, qui unissait, à un esprit subtil, des habitudes et des principes austères. De Stilpon il passa à Diodore Cronus; le dialecticien le plus renommé de l'école megarique; et c'est à l'influence de ces deux philosophes que l'école stoïcienne doit sans doute le goût prononcé qu'elle montra toujours pour les discussions dialectiques. Enfin ses derniers maîtres furent Xénocrate et Polémon, les successeurs de Platon à la tête de l'Académie, qui lui appri rent à considérer, dans leur ensemble, les diverses parties de la science ; à joindre la physique à la dialectique et à la morale; et à concevoir la nature comme un être vivant, soumis aux lois de l'intelligence.
Après avoir suivi pendant près de vingt an' les différentes écoles, Zenon tenta de les réunir dans une école nouvelle, dont il établit le siège sous le Portique proâ), connu aussi sous le nom de Pccile (la Galerie peinte), et autrefois le lieu des réunions des poètes : de là le nom de stoïciens que prirent peu à peu ses disciples, appelés d'abord zénoniens. Timon le Sillographe lui reprochait d'avoir fait de ce monument l'asile des gens oisifs, pauvres et mal vêtus; mais d'autres témoignages nous apprennent que Zenon évitait la foule, et que, afin de la tenir éloignée, il exigeait souvent une obole de ses auditeurs. Il lu: arrivait même de ne parler que devant deux ou trois personnes. Sa parole était sobre, froide et concise, quelquefois jusqu'à l'obscurité; il n'en fit pas moins une profonde impression sur les esprits, grâce à l'autorité de son caractère et à l'élévation de ses principes. Il comptait parmi ses disciples le roi Antigone Gonatas, qui ne venait pas à Athènes sans aller l'entendre, et qui voulut l'attirer à sa cour. Ptolémée Fhiladelphe chargeait ses ambassadeurs de recueillir ses paroles. 11 resta à la tête de son école pendant cinquantehuit ans, admiré par son austérité et redoute pour sa franchise. Sa tempérance passa en proverbe. Son patriotisme se partagea entre Athènes , qu'il protégea contre le courroux du roi de Macédoine, et sa petite ville natale. On raconte que les Athéniens avaient en lui une telle confiance,, qu'ils lui donnèrent à garder les clefs de leui citadelle; et après sa mort ils rendirent un décret par lequel ils déclarèrent qu'il a bien mérita de ia patrie en excitant la jeunesse à la sagesse