‹ Dictionnaire des sciences philosophiques (volume 2)Chapitre 414 sur 439 · ZENO · texte numérisé non relu

ZENO

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et à la vertu, dont sa propre vie Un donnait l'exemple, et qu'ils lui décernent une couronne d'or, avec un tombeau dans le Céramique. Selon l'opinion la plus commune, il aurait atteint l'âge de quatre-vingt-dix-huit ans.

On attribue à Zenon un assez grand nombre d'ouvrages, dont voici les noms, selon Diogène Laërce : un traité de la République (no).-.T£ta), dirigé probablement contre la République de Platon; — de la Vie selon la Nature humaine (Ilepi toO xaxà <dO<jiv pîou); — de l'Appétit, ou de la Nature humaine (flspt ôpu.-?):, •?, nepï àvâpomou çO(T£«d:); — des Passions; — du Devoir (flepi toO xa6^-/.o-/Toç); — de la Loi; — de la Science grecque; — de la Vue ; — de V Univers ; — des Signes ; — Opinions de Pythagore ; — Questions générales (Ka6o),txâ); — des Mots; — cinq livres de Problèmes ; — Leçons sur la poésie ; — l'Art (sans doute la Dialectique); — les Solutions et les réfutations morales de Craies. Mais de tous ces écrits, dont la liste même est incomplète, il n'est resté que les titres et quelques fragments ou citations indirectes. On voit que Zenon avait posé toutes les bases de la doctrine stoïcienne, et, comme nous l'avons déjà remarqué plus haut, qu'il en a dessiné toutes les parties : la morale, la dialectique, la physique. Mais dans quelles proportions les a-t-il réunies? dans quelle mesure les a-t-il développées ? Jusqu'à quel point est-il parvenu à les fondre ensemble dans un tout homogène ? C'est ce qu'il est difficile de savoir avec les faibles documents qui nous restent. On lui a attribué, comme cela arrive assez généralement aux fondateurs, les opinions qui appartiennent à l'école tout entière, et qui se sont formées successivement. Il est certain cependant qu'en morale et en politique il se tenait encore très-près de Cratès : car, dans son traité de la République, il repoussait, à la manière des cyniques, les mœurs, les lois, les sciences, les arts, tout en demandant, comme Platon, la communauté des biens. Aussi disait-on que cet ouvrage avait été écrit sur la queue du chien, c'est-à-dire dans le temps où il était encore sous l'influence de son premier maître. Un de ses disciples, Alhénodore, effaça de ses ouvrages, qu'il trouva dans la bibliothèque de Pergame, tous les passages qui ne s'accordaient pas avec les idées plus récentes de l'école. Ces idées s'écartaient donc, sur plus d'un point, de celles du fondateur. Ce qui paraît avoir surtout manqué à Zenon, c'est l'unité, c'est l'esprit de système. De là vient que les anciens, reconnaissant facilement les emprunts qu'il avait faits aux doctrines antérieures, lui reprochaient d'avoir innové dans les mots plutôt que dans les choses : Zeno quoque non lam rcrum inventor fuit, quam novorum verborum (Cicéron, de Finibus bon. et mal.} lib. III, c. n. et lib. IV, c. u). Si, en morale, il s'est inspire surtout de l'école cynique, sur la question de la Providence il ne paraît pas s'être beaucoup éloigné de l'Académie. Une maxime, qui lui est attribuée par Diogène Laërce, ferait supposer que Dieu était pour lui une Providence morale. Comme on lui demandait s'il était possible de cacher à Dieu ses fautes : « Non, répondit-il, on ne peut même lui en cacher la pensée. » Mais à cette idée venait se joindre le principe de la physique d'Heraclite, que tout le monde a pour principe le feu et doit périr par le feu. Le principe «le sa logique est qui toutes nos idées viennent des sens; seulement il reconnaît que la sensation ou la représentation purement passive (çavxaaîa) ne peut se changer en connaissance que par ces trois actesde notre esprit: d'abord ['assentiment, on le jugement; puis la compréhension, et ennn lascicncc.

La sensation était repré entée par la main

ouverte; le jugement par les doigts légèrement recourbés; la compréhension par la main entièrement fermée; enfin une main fermée et fortement serrée par l'autre était l'image de la science. C'est positivement à Zenon qu'on attribue l'invention de ces gestes symboliques. Voy., pour l'école qu'il a fondée, le mot Stoïciens. Nous renvoyons au même article pour les ouvrages à consulter, en y ajoutant: H. Foreili, Zeno philosophas leviter aaumbratus, Upsal, 1700, in-8. — L'antiquité nous parle d'un autre philosophe stoïcien, qui portait le nom de Zenon de Tarse. Il était disciple de Chrysippe et lui succéda, à la tète du Portique. D'après Diogène Laërce (liv. VII, * 36) il aurait laissé peu d'ouvrages, mais un grand nombre de disciples. Selon Numenius, cité par Eusèbe (Prœparat. evang., lib. XV, e. xvm). il aurait regardé comme une hypothèse l'opinion stoïcienne que le monde doit finir par un embrasement.

ZENON, philosophe épicurien, dont la patrie nous reste inconnue, fut le plus illustre et le plus habile de sa secte, au temps de Cicéron, qui avait suivi ses leçons à Athènes et qui en parle plusieurs fois avec admiration (de Natura Deorum, lib. I, c. xxi, xxxin, xxxiv; Tuscul. Quœst., lib. III, c. xvn; de Finibus bon. et mal., lib. I, c. v; Epist. ad Allicum, lib. V, ep. xi).

Au témoignage du philosophe romain, Zenon avait dans son enseignement de hautes qualités d'éloquence, mais il y mêlait trop volontiers la rudesse des invectives, et les jardins d'Épicure donnaient quelquefois le spectacle d'étranges scandales. Ses doctrines ne paraissent pas avoir sensiblement différé de celles du maître; la définition qu'il donne du bonheur (Tuscul. Quœst., ubi supra) résume avec une précision remarquable l'esprit même de la théorie épicurienne sur ce sujet. Voilà, du reste, tout ce que l'on savait jusqu'ici de Zenon l'Épicurien. Les papyrus découverts à Herculanum nous ont récemment fourni quelques fragments de ses controverses avec les stoïciens sur la nature des dieux, et nous permettent de signaler les titres de deux de ses ouvrages, dont Philodème avait laissé des extraits; ce sont: 1° les Mœurs et les Vices (probablement des philosophes); 2° les Leçons ou Cours (de philosophie, sans doute : I/o) ai). Consulter, pour plus de détail, les Vvlumina Hcrculanehsia (vol. VI, publié en 1839). On peut espérer qu'il sortira de la même mine quelques documents utiles pour l'histoire de la philosophie. Mais les publications récentes de Gomferz et de Comparetti, d'après les manuscrits d'Herculanum, n'ont fourni sur ce Zenon que des mentions sans importance. — Diogène Laërce cite encore (VII, 35, et X, 25) un philosophe épicurien, homonyme de Zenon et natif de Sidon en Phénicie. disciple d'Apollodore. Tout ce que l'on sait de lui, c'est que ce fut, au jugement de Diogène, un écrivain fécond, remarquable par la clarté de sa pensée et de son style. Au reste, ces deux Zenon pourraient bien n'être qu'un seul et mémo personnage, comme l'ont déjà conjecturé quelques historiens de la philosophie. E. E.

Z1MARA (Marc-Antoine), médecin, philosophe e1 théologien, né vers 1460, à Galatina, près d'Otratlte, mort à Padouc en 1532, après avoir professé dans cette ville la philosophie, et la théologie à Naples. Comme philosophe, il appartient à l'école d'Averroès, dont il expose les doctrines dans un ouvrage intitulé Tabulée <i dilucidationes in dicta Arislolelis et Atierrots recoguita et cxpurgala. etc., 2 vol. in-f°, Venise, 1564. Comme médecin, il a mêlé ensemble l'astrologie judiciaire, la magie, l'alchimie avec les doctrines d'Aristotc et des Arabes. On se fera

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zunz

une idée des aberrations de son esprit par ie titre seul d'un de ses écrits ' Antrv/m magicomedicum, in quo arcanorum magicorum, sigillorum, signaturarum , cl imaginum magicurinn, secundiati Dcinomina et constellaliones astrorum, cum signature planetarum constitutarum ad omnes corporis humani affeetus curandos, thésaurus, l'>-n/il>,li-<.<iiuus, etc., in-8, Francfort. 16'2.">. La seconde partie de ce livre a paru en 1 6*26, ib., in-8. — Un fils de Zimara, Théophile, a publie un commentaire latin sur lé Trait*': de l'âme, d'Aristote, in-83 Venise. 1558.

ZIMMER (Patrice-Benoît), ne en 17.Y.>. près d'Ellwangen , dans le Wurtemberg, mort en 1820, après avoir été successivement curé de Steinheim, professeur de théologie catholique dans les universités de Dillingen et d'Ingolstadt, recteur de l'université de Landshut, et, en cette qualité, député à la seconde chambre des États de Bavière. Il a appliqué les principes de la philosophie de Schelling (de son premier système) à la théologie et à la philosophie des religions. et a rendu, pour cette raison, son orthodoxie très-suspecte. Voici les titres de ses principaux écrits, tous rédigés en allemand, à l'exception du premier : Fides existent is Dei, sive de oriijine hujus fidei, unde ea derivari possit et debcat, examen criticum, in-8, Dillingen, 1791; — Théorie philosophique de la religion, Impartie ; — Théorie de Vidée de l'absolu, in-8, Landshut, 1805; — Recherches pltilosophiques sur la décadence géiiéralc du genre humain, in-8, il)., 1809; — Recherches sur Vidée et les lois de l'histoire, in-8, Munich, 1817. X.

ZIMMÉRMÂNN (François-Antoine) , né en 1749, à Germersheim, mort en 1790, à Wisloch, près de Heidelberg, après avoir été quelque temps professeur de philosophie dans l'université de cette ville, appartenait à l'école de Leibniz et de Wolf, ou à l'école éclectique d'Allemagne. Il a laissé les ouvrages suivants, dont plusieurs se rapportent à l'histoire de la philosophie : Principium ralionis sufficientis philosophiee examinalum, in-8, Heidelberg, 1780; — de Perfeclionc mundi, in-8, ib., 1780; — de Philosophiez practicœ methodo, in-4, Heidelberg, 1781; — Logica, in-8, ib., 1782; — Dissertatw ex ontologia, cosmologia , psychologia et theologia naturali, in-4, ib., 1783; — Synopsis philosophiee moralis, in-8, ib., 1784; — Epistola de atheismo Evhemeri et Diagorœ, dans le Musée de Brème, t. Ier, p. 4 ; — Vita et doctrina Epicuri, in-4, Heidelberg, 1785; — de Sensu

morali, m 4, ib., 1785; — de Phtlosophxa luirnacula explananda, in-4, ib., 1785: — de l'Utilité qu'on peut tirer de l'histoire delà philosophie, in 'i. ib., 1785. — Un autre écrivain du même nom, Jean-Georges Zimmermann est l'auteur du livre de la Solitude ; mais ce livre intéresse plutôt La littérature que la philosophie. Ses autres ouvrages se rapportent ou à la médecine ou à la politique. Richerand lui a i un article très-étendu de la Biographie universelle.

ZOROASTRE. voy. Perses (doctrine des).

zorzi (François), en latin Georgius, surnommé Pendus, du lieu de sa . naquit

à Venise en 1460. entra de bonne heure dans l'ordre des Franciscains, et mourut en 1540, après avoir passé toute sa vie à i nseigner et à écrire. Son principal ouvrage a pour titre, Francisci Georgii Vencli, mmoritanœ familiœ, de Harmonia mundi totius cantica tria, in-f" Venise, 1525; Paris, 1544 et 1546. C'est une der œuvres les plus désordonnées et les plus con fuses du mysticisme de la renaissance, en partie païen, en parti chrétien. En effet, l'auteur, qui est très-instruit, mais dépourvu de toute critique et de toute méthode, a réuni ensemble les doctrines néo-platoniciennes, néo-pythagoriciennes, rabbi niques, cabalistiques et celles du prétendu Denys l'Aréopagite. sans s'inquiéter de les mettre d'accord. Ses prédilections paraissent être cependant pour le chef de l'école d'Alexandrie, qu'il n'appelle jamais autrement que Plotinus noster. Il exprime le plus profond mépris pour le raisonnement et le syllogisme. La vérité, selon lui, descend d'en haut sur celui qui la cherche avec humilité. Nous avons, pour la percevoir, un sens intérieur ou spirituel complètement distinct de la raison. La vérité, c'est la lumière dont le Verbe divin est le foyer éternel : « celui qui la reçoit se transforme, de clarté en clarté, dans l'image de celui qui est la splendeur du Père et sa véritable image. » L'homme, en même temps qu'il est l'image de Dieu, est l'image de l'univers, un petit monde, un microcosme; et il n'est pas possible qu'il en soit autrement, puisque le monde, à son tour, est l'image de Dieu ; puisque le monde, selon la pensée de Platon, existe d'abord dans la pensée de Dieu. Aussi l'on peut connaître le monde en Dieu et Dieu dans le monde. Malgré la force avec laquelle Zorzi se prononce pour la liberté divine, l'Église a jugé son livre dangereux et l'a mis à l'index. Des éditions nouvelles n'ont été autorisées qu'avec des corrections. X.

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