‹ Dictionnaire des sciences philosophiques (volume 2)Chapitre 63 sur 439 · BOUI · texte numérisé non relu

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de la première division ontologique; mais comme objets de la sensation et de la connaissance, ils sont regardés comme étant internes, et, par conséquent, ils sont classés dans la seconde division ontologique.

2° La catégorie de la cognilion, consistant dans l'intelligence, ou la pensée (tchitta), qui est identique avec la personnalité {âtma, soimême) et avec la connaissance (vîdjnâna). C'est la connaissance des sensations, ou le cours continu de la cognition et du sentiment. Il n'y a pas d'autre agent, d'être à part, ou distinct, qui agisse et qui jouisse; il n'y a pas, non plus, une âme éternelle, mais une pure succession de pensées, accompagnée d"une conscience individuelle qui réside dans le corps.

3° La catégorie des impressions, comprenant ie plaisir, la peine ou l'absence âe l'un et de l'autre, et les autres sentiments excités dans l'esprit par les objets agréables ou désagréables.

4° La catégorie des connaissances admises, comprenant la connaissance provenant des noms, ou mois du langage, comme bœuf, cheval, etc., ou d'indications particulières, de signes figuratifs^ comme une maison indiquée par un pavillon, un homme par son bâton.

5° La catégorie des actions^ comprenant les passions, comme le désir, la haine, la crainte, la joie, le chagrin, etc., en même temps que l'illusion, la vertu, le vice et toute autre modification de la pensée ou de l'imagination. Tous les sentiments sont momentanés.

Le cours apparent, mais non réel, des événements, ou la succession mondaine, externe et interne, ou physique et morale, est décrite comme étant un enchaînement de causes et d'effets qui opèrent dans un cercle continu.

La cause prochaine et la cause occasionnelle concomitante sont distinguées l'une de l'autre.

L'école bouddhique, ainsi que la plupart de celles qui ont une origine indienne, propose, comme le grand objet auquel l'homme doit aspirer, Y obtention d'un état de bonheur final, d'où le retour aux conditions de ce monde est impossible.

L'obtention de cette félicité finale parfaite s'exprime par le terme général ày émancipation, de délivrance, d'affranchissement {moukti ou mokcha). Le terme que les bouddhistes affectionnent plus particulièrement, mais qui n'est pas employé exclusivement par cette école , est le mot nirwâna (calme profond). La notion qui est attachée à ce terme, dans son acception philosophique, est celle de apathie parfaite. C'est une condition de bonheur tranquille et sans mélange, ou d'extase mentale, regardée comme le suprême bonheur. Cet état de l'homme accompli après la mort, n'est point, comme dans l'école des Védantins indiens, la réunion finale avec Y Ame suprême, obtenue par une discontinualion de l'individualité; ce n'est pas, non plus, une annihilation, comme on l'a prétendu, c'est un repos absolu, une cessation de tout mouvement, une négation de tous modes d'être et de sentir.

L'accusation d'athéisme ne pouvait manquer d'atteindre un pareil système de philosophie. Aussi, trouve-t-on déjà cette accusation dans certaines recensions du Ramâyâna. le plus ancien poéme épique de l'Inde, ou il est dit :

ime apparaît un voleur, ainsi est apparu Bouddha; sache que c'est de lui que ['athéisme est venu. »

Le mot que nous traduisons par athéisme {ride* tikam) signifie littéralement la doctrine du non- Are. Il est composé de na, négation, et de asti (est) ; o'esl donc plutôt la né././h.m de l':tre, que la négation de la Divinité. Cependant, comme

les bouddhistes n'admettent pas, en dehors des quatre éléments, d'Être suprême qui aurait créé le monde, on ne peut disconvenir qu'ils ne soient alliées dans le sens habituel du mot.

L'esquisse précédente de la philosophie bouddhique, d'après l'exposition de Colebrooke, représente principalement l'ancienne doctrine. Cette doctrine paraît s'êlre modifiée sur plusieurs points dans les temps modernes, ainsi que le font connaître les Mémoires que M. Hodgson, résident anglais du Népal, a publiés sur le bouddhisme (Voy. ATouv. Journal Asiat., t. VI, p. 81), après avoir recueilli leur contenu de la bouche même de plusieurs savants bouddhistes. Selon cette dernière autorité, le bouddhisme se divise en quatre principales sectes, ou systèmes distincts d'opinions sur l origine du monde, la nature de la cause première, la nature et la destinée de l'âme. Les sectateurs du premier système, nommés Swâbhâvihas, nient l'existence de Yimmatérialité. Ils affirment que la matière est la substance unique, et ils lui donnent deux modes : Yaction ou Yactivité, et le repos ou Yinertie (en sanscrit pravritti et nirvrilti). La révolution, ou la succession de ces deux états, est éternelle, et embrasse la naissance et la destruction de la nature, ou des formes corporelles palpables. Ils affirment que l'homme peut accroître ses facultés à l'infini jusqu'à la parfaite identification de sa nature avec celle qui existe dans l'état de repos.

Les sectateurs du second système, nommés Aiswarikas, ou théistes, ^reconnaissent l'essence immatérielle, c'est un Être suprême, infini et immatériel, que quelques-uns d'entre eux considèrent comme la cause unique de toutes choses, tandis que d'autres lui associent un principe matériel égal et coéternel. Quoique tous ceux qui professent ce second système admettent Yimmatérialité et un Dieu suprême, ils nient sa providence et son autorité sur les êtres.

Les sectateurs du troisième système, les Karmikas, ceux qui croient aux effets des œuvres [karma), aux actions morales;

Et les sectateurs du quatrième système, les Yâtnikas (deyalna; effort), ceux qui croient aux effets des austérités physiques dans une vue morale, ont modifié le " quiétisme absolu des premiers systèmes, et donnent plus à l'empire des bonnes actions et de la conscience morale en reconnaissant la libre volonté de l'homme.

Quant à la destinée de l'âme, tous admettent la métempsycose et l'absorption finale. Mais en quoi l'âme est-elle absorbée? C'est là un grand sujet de controverse parmi les bouddhistes. On ne pourra connaître d'une manière un peu complète l'ensemble de la philosophie bouddhique, que lorsque les principaux monuments de cette philosophie auront été mis à la portée de l'investigation européenne; mais ce que l'on en connaît déjà peut suffire pour en avoir une idée. M. E. Burnouf, auquel la science indo-arienne devait déjà tant, a publié également l'un des principaux traités bouddhiques venus du Népal: le Lotus de la bonne loi, in-4, Paris, 1852; et Y Introduction au bouddhisme indien, in-4, Paris, 1852. Voy. Bar th. Saint-Hilaire, le Bouddha et sa religion, Paris, in-8; le Lalila-Vistou ra, traduit par Pli. -Ed. Fou eaux, Paris. 1848; the Life or legend of Gaudama the Budha of the Uurmese, by ltev. P. Bigander, Rangoon, 1866; a Manual of Budhism, by R. Spcnce Hardy, Londmi, 18.'>:i; Histoire du bouddha Sakya-Mouni) par Mme Mary Sumnier, in-18, Paris, 1874. G. P.

bouillet (Marie-Nicolas), philosophe français; né en 1798 à Paris, entra en 1 81 G à l'École

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