‹ Dictionnaire des sciences philosophiques (volume 3)Chapitre 38 sur 101 · TENNEMANN · texte numérisé non relu

TENNEMANN

iur Ventendètnent humain (1793), F^Mat plus célèbre encore de Locke (1795-97), enfin VHistoire cotnparée des systèmes de philosùphie de M. de Gérando (1806-07).

Le titre capital de Tônnemann à restime de la postérité, son Bis* toire de la philosophie, est conna en France , quoique le résuûié de cet écrit ait seul été traduit en français. Les mérites et les défauts qui lui sont propres ont été parfaitement signalés par M. Cousin, dans son Cours de 1828 (leçon xn*'). Ces mérites consistent à se renfermer rig;oureusement dans le domaine naturel de la philosophie , à rat^ lâcher l'histoire de la philosophie étroitement à l'histoire générale de l'esprit humain et de la civilisation, à puiser scrupuleusement les ma* tériaux de ses récits et de ses exposés aux sources originales et authentiques, à ne jamais séparer l'érudition et la critique, à joindre la fidélité à la clarté , la sagacité à la précision et à Tordre , l'étendue et une heureuse abondance à toutes les exigences d'une méthode sévèrt et savante. Les défauts qui déparent ce monument , jusqu'à ce jour unique, ce sont les dé&uts mêmes que l'on doit reprocher à l'école de Kant. Tennemann envisage trop tous les systèmes sous le point de vue de l'idéalisme subjectif, et par conséquent devient plus d'une fois injuste envers les doctrines qui s'appuient sur un fondement contraire.. Il est particulièrement exclusif et intraitable à l'égard des théories mystiques, du néoplatonisme, par exemple. Il va plus loin : il ipapose souvent à ces doctrines un langage et des formules qui ne leur conviennent pas, les formules de la philosophie kantienne , et le langage précis, mais aride et pédantesque, que Kant avait mis à la mode. L'usage, bien que modéré, de cette terminologie rend la lecture de son ouvrage moins agréable que ne l'est la lecture du livre de Tiedemann. Mais, par la valeur interne, il surpasse celui-ci de beaucoup : nonseulement il connaît mieux et pénètre davantage les sources, mais il sait mieux rattacher les époques de la philosophie aux grands événements et à la suite de l'histoire universelle. Par philosophie (t. i«% p. 27), il entend « la science des derniers principes et des lois de la nature et de la liberté ainsi que de leur rapport. » Par histoire de la philosophie (ti^* supra y p. 39), « l'exposition du développement successif de la philosophie, ou bien des efforts que fait la raison pour réaliser l'idée d'une science des derniers principes et des lois de la nature et de la liberté. » Ni Brucker, ni Tiedemann n'avaient conçu l'objet de leurs travaux d'une manière aussi vaste et aussi haute.

Voici, selon Tennemann (ubi supra, p. 35), les divers éléments auxquels l'histoire de cette science sublime doit accorder tour à tour le môme degré d'attention : 1, Développemept de la notion de philosophie ; — 2, Fixation du domaine et des limites de la philosophie ; — !], Division et ordonnance systématiques de ses parties; — 4, Examen de la méthode; — 5, Recherches concernant la possibilité et les conditions de la philosophie comme science; — 6, Discussion du principe de la philosophie ; — 7, Systèmes philosqphiques , ou Essais de lier systématiquement diverses connaissances d'après des principes philosophiques ; — 8, Exposition séparée de différentes parties détachées d'un ensemble philosophique; — 9, Recherches et théories sur des objets particuliers; — 10, Accroissements dus à pertaipes idées, à cer-^

8rî6 TERRASSON.

laiDes propositions^ — 11, Discussions occasionnées par des doctrines déjà répandues et acquises à la science , capables de perfectionner )â philosophie; — 12, Détails importants, propres à fournir desmatérianx nouveaux ou à donner une nouvelle impulsion à la philosophie ; — 13. Par-dessus tout, indication des principes , des points de vue, de l'esprit général, qui ont pu guider les philosophes.

Mais à ce côté intérieur Tennemann conseille de joindre et joint lui-même, dans son grand ouvrage, tout ce qui regarde : 1"* la vie et les destinas des philosophes, leur caractère, etc. ; — 2"" leur langage, la langue où ils écrivaient et pensaient, etc. ; — 3"" la situation politique, rdigieuse et morale des nations et des temps ; — 4<' Tétat général des sciences et de la culture intellectuelle.

Dans la vaste et belle introduction mise en tète du tome i*% il parcourt ainsi toutes les conditions prescrites à Thistoire de la philosophie* C'est un morceau choisi et qui a dû puissamment contribuer aux progr^ que cette étude a faits , depuis cinquante ans , parmi les compatriotes de Tennemann. Quant à la liaison des faits et des systèmes, le professeur de Marbourg suit l'ordre chronologique, en s'efforçant néanmoins de le combiner, autant qu'il y peut prétendre, avec Tordre logique , avec celui du rapport que les doctrines peuvent avoir entre dles, par l'analogie des pensées et l'identité de l'esprit.

A6n de faciliter l'investigation de ceux qtii voudraient consulter Y Histoire même, nous allons indiquer le contenu de chaque volume :

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