‹ Dictionnaire des sciences philosophiques (volume 4)Chapitre 83 sur 91 · SANCHEZ · texte numérisé non relu

SANCHEZ

mais ft comprit que l'étude des modèles valait mieux que toutes les règles , et il se mit à apprendre par cœur les harangues de Démosthène. II composa lui-même des discours , fort admirés de son temps , mais qui ne sont pas arrivés jusqu'à nous. Ayant quitté plus tard l'éloquence et le droit pour la philosophie , il se rendit à Alexandrie pour y suivre sa nouvelle vocation. D'Alexandrie , où il ne rencontra point de maître digne de lui, il alla à Athènes , où il entendit Proclus. Enfin, il quitta Athènes avec Isidore, déserteur comme lui de l'école platonicienne , et retourna à Alexandrie où il adopta la vie et les maximes de l'école cynique, renonçant aux plaisirs et aux simples commodités de la vie, abandonnant sa fortune, se faisant respecter par l'austérité de ses mœurs et redouter par ses sarcasmes. Son enseignement philosophique n'a pas laissé plus de trace que ses compositions littéraires. — On peut consulter sur Salluste le Cynique, Photius, Coi. 242 et Suidas, art, Salluste et Athénodore.

SANCHEZ (François) , Sànctius en latin. H naquit à Bracara, d'autres disent à Toy , sur les frontières du Portugal, de parents juifs, à ce que prétend Guy-Patin (Patiniana, in-12, Paris, 1703). Il fit ses premières études à Bordeaux,- où son père, forcé de s'exiler, l'amena dans son enfance 5 puis il visita plusieurs universités italiennes, et s'arrêta particulièrement à Rome. Ayant choisi pour profession l'exercice de la médecine , il vint , en 1573 , se faire immatriculer à la Faculté de Montpellier. Cette date authentique nous montre que Guy-Patin se trompe en plaçant sa naissance en 1562, ou, ce qui revient au même, en ne lui comptant que 70 ans à l'époque de sa mort, en 1632; car il n'est guère possible de supposer qu'un enfant de 11 ans ait déjà fait tant de voyages , fréquenté tant d'universités, et soit admis à suivre des cours de médecine. Arrivé au grade de docteur, Sanchez alla s'établir à Toulouse , où il professa pendant vingt-cinq ans la philosophie, et pendant onze ans la médecine , avec un rare succès. Il mourut , comme nous venons de le dire , en 1632.

C'est à tort , ou au moins avec beaucoup de légèreté , qu'on acompte Sanchez parmi les philosophes sceptiques, sur le seul titre de son principal ouvrage de philosophie : Tractatus de multum nobili et prima universali scientia guodnihil scitur ( in-4°, Lyon, 1581 ; in-8°, Francf., 1628; in-12, Rotterdam, 1649) ; — Traité de la science très-noble et vraiment universelle , à savoir ; qu'on ne sait rien. Dans ce même écrit où l'on a vu un monument du scepticisme, et qui a valu à Sanchez une place à côté de Montaigne et de Charron , on remarque ces mots (édit. Rotterdam, p. 181): «Mon dessein est de fonder, autant que cela dépend de moi, une science solide et facile, purgée de ces chimères et de ces fictions sans fondement qu'on rassemble dans le but , non de nous instruire , mais de nous montrer l'esprit de l'auteur. Décidé à porter mon examen sur le fond des choses , je me propose , autant que le permet la faiblesse humaine, de rechercher dans un autre livre si Ton sait quelque chose et comment on le sait, quelle est la méthode de la science.... » Intérim nos adres examinandas accingentes, an aliquid sciatur et quo modo , libello alio proponemus, quœ methodum sciendi, quantum fragilitas humana patitur, exponemus. Le

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