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eid>u», in4, 1798; de Fortititdine animi, m-4, 1800. Les écrits suivants ont été publiés en allemand : Introduction à la théorie de Pâme, in-8, Stuttgcirt, 1786; de» Sources de nos représentations, 'mS, ib., 1786,- Principes de la métaphysique suivis <tun appimdice sur la critiqxte de la Raison pure, in-8, ib., 1786; Plan tfune métaphysique systématique, in-8. 1787 ; £'«sat «ur ia nature de la raison spéculative pour servir à Vexamen du système de Kant, in-8, Francfortsur-le-Hein, 1787; Èelaircissemenls sur queues points importants de la philosophie et de la morale chrétienne,airi, Tubingen, 1790; Recherches philosophiques sur le commerce de l'homme avec des esprits d'un ordre supérieur, in-8, Stuttgart, 1791 ; Exposition complète du fondement de notre croyance à l'immortalité, in-8, Franofort-sur-le-Mein, 1826. Ce dernier ouvrage n'est que le développement d'une dissertation d'abord publiée en latin : Disquisitio ommum tam pro tmmortalitate quam pro mortalilate animi argumentorum. in-4, 'Tubingue, 1792. Nous ne parlons pas de divers petits écrits étrangers & la philosophie.
ABERCROMBIE (JoHif), médecin et philosophe, né à Edimbourg en 1781. Son père était ministre de la religion anglicane, et sa première éducation lui inspira une piété solide dont il ne se départit jamais. Reça docteur en médecine en 1803, ei bientét membre du collège de chirurgie, il se fit une grande réputation en
Shysiologie. Ses travaux Turent d'abord bornés des mémoires insérés dans le journal de médecine et de chirurgie d'Edimbourg ; mais ses études le conduisirent à des recherches qui intéressent à la fois l'organisation et les acultes intellectuelles. la philosophie dominante alors en Ecosse, c'est-à-dire celle de Reid et de Dngald-Stewart, trouva en lui un adepte convaincu, et il s'efforça de la mettre en harmonie avec la science de l'organisation ^ il devint à proprement parler le physiologiste de l'école. Ses deux ouvrages principaux sont : 1* Recherches concernant les pouvoirs intellectuels et l'investigation de la vérité, Edimbourg, 1830. Ce livre, qui est un simple résumé de psychologie, eut un grand succès et plus de dix éditions successives. 2* Philosophie des sentiments moraux, Edimbourg, 1832. C'est la suite et le complément du premier ouvrage. On peut encore trouver quelques observations intéressantes dans son traité intitulé: Recherches pathologiques et pratioues sur les maladies au cerveau et delà moelle épinière, Edimbourg, 1828. traduit en français par Gendrin, Paris, 1835. il a laissé en outre un çrand nombre d'opuscules et d'essais sur des sujets de théologie. U mourut subitement en 1844. Ses ouvrages ne justifient pas du reste la grande renommée dont il a joui pour un temps dans son pays. On y trouve quelques idées justes sur les rapports du physique et du moral: et des écrivains anglais et français, entre autres M. Taine, lui ont emprunté plus d'une observation. Mais sa doctrine philosophique manque de profondeur et d'originalité ; il se traîne sur les traces des maîtres écossais, et cherche seulement à confirmer leurs opinions en montrant que leur théorie de l'esprit humain est d'accord avec la physiologie. • Ses ouvrages, dit un historien anglais, nous rappellent Reid sans sa profondeur. Stewart sans son savoir, et Brown sans son $^riie.'l\ ne R^^ralt paa, du reste, avoir ambitionné le titre de philosophe ; et comme beaucoup d écrivains de son pays, il n'a employé la science que comme un moyen Donr uropager des idées morales et surtout des woyancM religieuses. U laut cependant lui sa-
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voir gré d'avoir tenté de réunir et d'éclaircir l'une par l'antre la science de l'&me, et celle des corps, sans subordonner la première à la seconde. Hais il a été tellement dépassé depuis dans cette voie^ en Angleterre et en France, qu'on ne peat tirer grand profit de ces essais où la physiologie est contestaîble, et la psychologie anperficielle. E. G.
ABICHT (Jean-Henri), né en n62àVolkstedt, professeur de philosophie à Erlangen, mort a Wilna en 1804, embrassa d'abord le système de Kast et les idées de Reinhold. Plus tara il vonlnt se trayer lui-même une route indépendante, et entreprit de donner une direction nouvelle a la philosophie; mais cette tentative eut peu de succès : il ne parvint guère qu'à former une nomenclature aride, incapable de déguiser l'absence de conceptions originales. Il composa un grand nombre d ouvrages dont il sulSt de mentionner les principaux : Essai d'une recherche critique sur la volonUj in-8, Francfort, 1788 ; fssat d'une métaphyatqxie du plaisir, in-8, Leipzig, 1789 ; Nouveau système de morale, in-8, ib., 1790 ; Philosophie de la connaiss'ince, in-8, Bayreuth, 1791 ; tfouveau syslhne de droit naturel tiré de la nature humaine, in-8, ib., 1792; Lettres critigxus sur la possibilité <f un« véritable science de la morale, de la théologie, du droit naturel, «te., in-8, Nuremberg, 1793 ,- Syalème de la philosoi^ie élémentaire, in-8, Erlangen, 1795; la Logique perfectionnée, ou Science de la vérité, in-8, Fiirth, 1602: Anthropologie psychologique, Erlangen, 1801; Encyclopédie de la philosophie, Franclort, in-8, 1804.
ABSOLU (de absolvere, accomplir ou délivrer). Ce qui ne suppose rien au-dessus de soi; ce qui, dans la pensée comme dans la réalité, ne dépend d'aucune autre chose et porte en soi-même sa raison d'être. L'absolu, tel qu'il faut l'entendre en philosophie, est donc le contraire du relatif et du conditionnel. Cependant, c'est par le dernier terme de cette antithèse que nous nous élevons à la conception du premier; car, si nous n'avions aucune idée des conditions imposées à toute existence contingente et finie, si, avant tout, nous n'avions pas conscience de notre propre dépendance, nous ne songerions pas à une condition suprême, à une première raison des choses, en un mot, à l'absoiu. Toutes les questions dont s'occupe la philosophie sont des questions relatives a l'absolu et nous représentent les divers points de vue sous lesquels cette idée peut être conçue. En effet, voulons-nous savoir d'abord si l'idée do l'absolu existe dans notre esprit et si elle est réellement distincte des autres éléments de
qui entre la raison et les autres facultés. De l'idée
Fassons-nous à la vérité absolue, cherchons-nous accord de la vérité et de la raison, nous aurons devant nous le problème sur lequel repose toute la logique. On sait que la morale doit nous taire connaître l'absolu dans le bien, ou la règle souveraine de nos actions ; la métaphysique, l'absolu dans l'être, ou la condition suprême de toute existence ; enfin, sans la manifestation de l'absolu dans la forme, nous n'aurions aucune idée arrêtée sur le beau, et la philosophie des beauxarts serait impossible. Hais aucun de ces divers aspects sous lesquels notre intelligence bornée est obligée de se représenter successivement l'ab- Kjln ne lo renferme tout entier et ne peut en être 1 expression dernière; il faut donc qu'ils soient tous réunis, ou plutAt confondus, dans une existence unique, source suprême de la vérité et de la pensée, être souverain, type étemel du bien et
du beau. Alors seulement nous connaîtrons l'absolu, non plus comme une abstraction, mais dans sa realité sublime ; nous aurons l'idée de Dieu, sur laijnelle reposent toutes les recherches de la théodicée. De la résulte évidemment que le sojet qui nous occupe ne saurait être considéré comme une question a part; car, pour le développer sous toutes ses laces, il ne faudrait rien moins que tout un système ou toute la science philosophique. II n'est pas pins possible d'exposer ici les diverses opinions auxquelles il a donné lieu, ces opinions nétant pas autre chose, dans leur succession chronologique, que l'histoire entière <ie la philosophie. Voy. pajrticulièrementlesarticles Pjunopb, rIison, iDÈt.
ABSTINENCE (de absiineo, iméfo\uu, se tenir éloigné). EUle consiste à s'imposer volontairement, dans un but moral ou religieux, la privation de certaines choses dont la nature, principalement la nature physique, nous fait un besoin. L'absti> nence est recommandée également par le stoïcisme et par le christianisme, mais dans un but et d'après des principes tout différents. L'abstinence stoïcienne, comprise dans le précepte d'Epictète : ^Avéxou xal aicévou : « Supporte et abstiens-toi, » tendait à rendre l'&me indépendante de la nature et à lui donner l'entière possession d'elle-même. Elle exaltait outre mesure le sentiment de la grandeur et de l'individualité humaine L'abstinence chrétienne, au contraire, se fonde sur le principe de l'humilité. Elle veut que l'homme expie ici-bas le mal qui est en lui par sa propre faute ou par celle de ses ancêtres, et qu'il s'abdique en quelque sorte lui-même pour renaître ailleurs. Enfin, l'abstinence est le principiil caractère de la morale ascétique qui regarde la vie comme une déchéance, la société comme un séjour dangereux pour l'&me, et la nature comme une ennemie. Voy. Ascétique et Stoïcisme.
ABSTBACnON (de cAstrahere, tirer de). Du< gald-Stewart, dans ses Esquisses de philosophie morale, définit l'abstraction : < Cette opération intime qui consiste & diviser les composés qui nous sont offerts, afin de simplifier lobjet de notre étude. » L'abstraction n'est donc pas une division réelle que nous accomplissons dans les choses en en séparant les parties, comme cela a lieu dans l'analyse chimique ; c'est une division purement intellectuelle qui ne s'applique qu'aux idées que nous avons des choses et en discerne les éléments.
Dans l'ordre moral, comme dans l'ordre physique, la nature ne nous offre que des composés, des cDoses concrètes, et les premières idées que reçoit notre esprit de ces choses concrètes sont concrètes elles-mêmes, c'est-à-dire nous représentent les objets dans l'état de composition ou ils nous apparaissent Un corps coloré, chaud, odorant, sapide, sonore, etc., affecte à la fois tous mes sens par toutes sortes de propriétés ; si je le considère tel qu'il est avec toutes ces qualités réunies, l'idée que j'en ai est une idée concrète, parce qu'elle représente la somme de propriétés inhérentes au même sujet. Hais je puis aussi, détachant mon attention de l'ensemble de ces qualité^ la concentrer sur une seule, telle que la couleur, ou le volume, ou la forme, et l'idée que je conçois alors de la forme de ce corps est une idée abstraite^ parce qu'elle me représente une des qualités de ce corps, séparée des autres auxquelles elle est unie dans la réalité. C'est ainsi que Laromigttière appelait les organes des sens • des machines & abstraction », parce que l'œil abstrait en effet la couleur, et l'ouïe la sonorité d'un corps de la masse des propriétés qu'il possède, pour nous la faire sentir séparément. De même je puis avoir, d'une part, ridée concrète
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in moi anvistfé en tant que substance, siège de tont nn ensemole de phénomènes, et snjet d'an certain nombre de bcxMéa; mais je puis aussi, d'autre part, éliminant par la pensée tons les attributs et tous les phénomènes du moi, sauf un seul, concentrer mon attention sur celui-ci. ainsi isole de l'ensemble an^el il appartient, et obtenir par ce procédé des idées abstraites, telles que celles de volition, de passion, de désir, de jneement, de conception^ de souvenir. C'est conformément à cette définition que les mathématiciens appellent concret tont nombre que l'on fait suivre de la désignation de l'espèce d'unités que l'on considère : une maison, vingt chevaux, etc., et abstrait tout nombre qui n est suivi d'aucune détermination spéciale des objets énumérés : nn, vingt.
C est i tort qne l'on se sert qnelmiefois de ce terme d'idéeê abttraiu» pour signiner les idées générales. Tonte idée générale, assurément, est abstraite ; car la conception du général ne peut avoir lien qu'à la condition d'éliminer tout ce qui est spécial, individuel, accidentel, variable, c'està-dire à la condition d'abstraire. Hais la réciproque n'est pas vraie, et l'on ne saurait dire que toute idée abstraite soit en même temps idée générale. Quand je iuee que la couleur est une qualité des corps, l'idée de couleur, en cette occasion, est une idée dans laquelle le caractère de généralisation s'allie an caractère d'abstraction. Cette notion est générale: car elle porte sur un objet qui n'est ni la couleur blancJÛ, ni la couleur ronge^ ni aucune autre couleur spécialement, et qni, par conséquent, n'a rien de détermine. Elle est abstraite, parce que l'objet anqnel elle a trait, la couleur, n'est point une chose qui existe réellement par elle-mâme et indépendamment d'un sujet d'inhérence. Il y a dans notre esprit nn grand nombre d'idées, qui, à l'exemple de celle-ci, sont tout à la fois aostraites et générales ; mais il en est aussi qui ne sont qn^bstraites, et dans lesquelles ne se trouve pas le caractère de généralisation; telle est, par exemple, l'idée de la couleur de tel on tel con>s. Une telle notion est abstraite : on en voit la raison*, mais est-elle en même temps générale? Assurément non : car son obj^t n'est pas la couleur euTisasée cTune manière absolue, mais bien la couleur de tel corps individuel et déterminé. La tKulté d'abstraire n'est paa moins naturelle i l'esprit que tontes ses autres puissances. Cependant, il faut reconnaître que son développement est ultérieur à celui ae plnsienrs d'entre elle*. Il précède celui de la généralisation et celai dn raisonnement ; mais il dépend de celni de la perception extérieure et du souvenir. L'expérience ne laisse aucun doute i cet égard. On ne parvient i constater chez l'enfant l'existence de quelques idées abstraites, qu'à partir de l'époque où U {ait usage de la parole. Il existe, en effet, entre l'exercice de l'abstraction et le langage une étroite relation. Ce n'est pas à dire, ainsi qu'on l'a quelquefois avancé, que le langage soit la condition de l'abstraction. La proposition inverse, savoir que l'abstraction est la condition du langage, pourrait être soutenue avec au moins autant de raison. Tont porta à croire qne l'idée abstraite peut, sans le secours du langage, naître et se former dans l'esprit. Que, antérieurement à l'usage de la parole, l'idée abstraite soit extrêmement vague et confuse, c'est ce qu'il faut admettre, et telle elle paraît exister chez l'enfant 9 ni ne peut encore se servir du langage, et chez animai auauel le don dn langage n'a pas été départi. Le langage ne crée point l'idée abstraite, mais il aide puissamment à son développement, i u précision, à sa lucidité ; il la rend tout a la
fois plus claire à l'intelligence et pins fixe au souvenir ; il loi donne un degré <f achèvement qu'elle n eût jamais acquis sans cette efficace assistance; et telle est la puissance de ce service, qu'on est allé quelquefois, par une appréciation exagérée, jnsqu à l'ériger en une vériUble création.
Une méthode plus artificielle que vraie, appliquée à la recherche et à la description des pnénomènes de l'esprit humain, a conduit quelques métaphysiciens à fractionner, pour ainsi dire, l'action de la faculté d'abstraire, et à signaler, comme autant de fonctions distinctes, l'aistraction de l'esprit, l'abstraction du langage, l'abstraction des sens, une Itelle division ira rien que de très^rbitraire. Qu'est-ce qu'un terme abstrait, sinon le signe d'une pensiée abstraite, et, par conséquent, le produit d'une abstraction de iW prit? D'autre part, les sens ne sont-ils pas de véritables fonctions intellectuelles, et leurs opérations ne sont-elles pas en réalité des actes de l'esprit? La division proposée n'a rien de légitime, attendu que le second et le troisième terme dont elle se compose rentrent nécessairement dans le premier.
Toute abstraction opérée par l'esprit présoppose quelque donnée concrète, obtenue par l'exercice préalable soit de la perception extérieure, soit du sens intime, soit de la raison. Décomposer cette donnée concrète, et conserver sous les regards de l'intelligence tel ou tel de ses éléments, en éliminant par la pensée toutes les autres, tel est le rôle psychologique de la faculté dite ab-
imagination i straction. Une telle alliance^ quelque favorable qn'elle puisse être \ la poésie, ne saurait qu'être préjudiciable à la science. Elle a, en effet, pour résultat de convertir arbitrairement des phénomènes en êtres, et de prêter une existence réelle et substantielle à de pures modalités. L'ancienne physique et l'ancienne philosophie n'ont point été assez attentives à se giarantir de semblables erreurs. La première en était venue à considérer comme des êtres le froid, le chaud, le sec, l'humide, et autres qualités de la matière. La seconde avait attribué une existence réelle et substantielle i de purs modes de la pensée. Ainsi, pour citer un exemple, la célèbre uiéorie de l'idée représentative, qui régna si longtemps en philosophie, n'avait pas d'autre fondement qu'une erreur de ce genre. L'idée, au lieu d'être prise pour ce gu'elle est réellement, c'est-à-dire pour un état au moi, pour une moaification de I esprit, pour une manière d'être de l'àme, avait été convertie en une sorte d'être réel et substantiel, auquel les uns assignaient pour résidence l'esprit, les autres le cerveau. L'abstraction n'a véritablement de valeur scientifique qu'autant qu'elle sait maintenir à ses produits leurs caractères propres. Autrement, ainsi que l'histoire de la philosophie, soit naturelle, soit morale, en fait foi, au lien d'aboutir à des notions légitimes, elle n'aboutit plus qu'à dos fictions. On peut consulter : Tb. Reid, K* Èa»ai sur les faculU* inteUectuellea de Fhomme. — Dngald-Stewart, Eléments de la philo», de Veaprit humain, ch. iv. X.
ABSURDE ne doit se dire que de ce qui est logiquement contradictoire, par conséquent, de ce qui ne peut trouver aucune place dans l'intelligence (dtoTcov, iXoYOv). En effet, une idée^ un jugement ou un raisonnement qui se contredit est par cela même impossible et n'existe que dans les mots. Ainsi, un triangle de quatre côtés est évidemment nue idée absurde. Mais on n'a pas le droit d'étendre la même qualification à ce qui est