‹ Dictionnaire des sciences philosophiques (volume 5)Chapitre 81 sur 156 · DOGM · texte numérisé non relu

DOGM

«omplète, il fant encore qu'elle soit distincte; tranchée on opposée ; expressions synonymes.

En troisième lieu, elle doit être immédiate, c'est-à-dire porter d'abord sur les parties principales, solvant une loi de l'esprit humain, qui, dans l'analyse, s'attache premièrement aux objets saillants, et n'arrive que peu à peu an détail. La fidélité i cette condition est l'unique moyen de saisir les rapports vrais des choses, «t ae ne pas supposer entre elles des différences fictives ; autrement on est bien près d'imiter un géographe à gui il prendrait fantaisie de partager les Européens en autant de groupes qu'il y a de villes en Europe, sans tenir compte de la division supérieure des royaumes.

Une dernière règle qui n'a pas toujours été suivie, et qui cependant n'a pas moins d'importance que les précédentes, c'est que les divisions doivent être resserrées dans de justes bornes. Pour peu qu'on les pousse trop loin, comme les scolastiqnes en avaient la funeste habitude^ elles fatiguent l'intelligence, et l'accablent au lieu de la soulager. On a obscurci l'objet dans l'espérance de l'éclaircir, et il finit par échapper au regard et se perdre dans une poussière confuse. SimiU eonfuso est quidquid in puloerem sectum esl, a dit Sénèque.

Considérée aans les ouvrages de l'esprit, la division pourrait donner lieu à beaucoup d'autres remarques ; mais nous n'avons à l'envisager ici que sous le point de vue philosophique.

On peut consulter: Aristote, Analyl. Post., lib. 11, c. im;— Logique de Port-Royal, liv. II.

DivnnTÉ, voy. Sied.

DOCËnsME, voy. GNosTiasMB.

HOByrELL (Henri), né à Dublin en 1641,

Professeur d'histoire à l'Université d'Oxford, de 688 à 1691, et mort à Sbottesbrooke, en 1711, s'est principalement rendu célèbre par ses écrits Ibéologiques et ses savants travaux sur plusieurs points d archéologie et de philologie j mais il appartient aussi , quoique d'une manière indirecte, à l'histoire de la philosophie, par la discussion qu'il souleva entre CoUins et Clarke sur l'immortalité de l'&me et sa nature immatérielle. Déjàj en ISI^, dans une lettre qu'il publia sur la manière d'étudier la théologie, il avait soutenu que l'âme est naturellement sujette à la mort, mais qu'elle devient immortelle par un esprit d'immortalité que Dieu y ajoute en ceux qui vivent dans son alliance. Ce paradoxe, soit qu'il n'eût pas été compris, soit qu'il ne fut pas a sa place, étant longtemps reste inaperçu, Dodwell entreprit de le développer, d'abord dans im écrit sur le mariage, publie en 1704, et deux ans plus tardj dans un discours sous forme de lettre (Eptilolary discourais dont il nous suffira de traduire le titre, d'une longueur peu ordinaire, pour en faire connaître l'esprit et le contenu : JMteows épi*lolair», où l'on prouve par les Écriture» et les premiers Pires que Vame est un principe naturellement mortel, mais que la volonté de Dieu, afin de le punir ou de le récompenser, a rendu actuellement immortel en vertu de son union avec l'esprit divin communiqué dans le baptême, et où l'on fait voir que, depuis les apôtres, personne, à l'exception des évoques, n'a le pouvoir de donner le divin

X't immortalisant, in-8, Londres, 1706. Une proposition dut soulever contre Dodwell un grand nombre d'adversaires, tant parmi les théologiens que parmi les philosophes. C'est ce qui arriva. Samuel Clarke, encore jeune alors, mais déjà en possession d'un nom très-respectc, fut un des premiers qui entrèrent en lice. U jiu- J>lia pendant la mime année une lettre ou il

réfute, avec beaucoup d'érudition et de logique, tons les arguments employés dans le Discours épislolaire {A lelter to M. Dodwell, etc., in-8, Londres, 1706). Cette lettre en provoqua une autre dans un sens contraire de la part de Collins (A letler to the leamed M. H. Dodtoell, eontening some remarks on a pretended démonstration of the immateriality, etc., in-8, Londres, 1707). Dès lors, la discussion cessa d'être théologique, pour rentrer entièrement dans le domaine ae la philosophie. Dodwell en disparut, laissant en présence l'un de l'autre son adversaire et son défenseur.

Dodwell s'est acquis des titres plus réels à notre reconnaissance, en publiant quelques dissertations sur divers points très-obscurs de l'histoire de la philosophie: Appendice concernant l'histoire ptiénicienne de Sanchonialhon, en anglais, in-8, Londres, 1791 : — Apologie des œuvres philosophiques de Cieéron, servant de préface a la traduction anglaise du d!e Finibus, publiée par Parker, in-8, *., 1702; — Exercitationes duœ : prima de cetate Phalaridis ; secundo de cetate Pythagorce philosophi, in-8, ib., 1699-1704; — de Dicœarcho ejusque fragmentis, dans le Recueil des anciens géographes {Geographias veteris scriplores), publié par Hudson, 4 vol. in-8, t6., 1698-1712.

DOOICATISME. Avant tonte discussion sur la nature des choses que nous désirons connaître, il y a la question de savoir si la connais-

question

manières : les uns veulent que la vérité se dérobe éternellement à nos recherches, qu'il n'y ait pour nous aucun moyen de la discerner de l'erreur, et que nous soyons condamnés à un doute universel et irrémédiable. Ce sentiment a reçn le nom de scepticisme. Les autres pensent que la vérité n'est pas refusée à l'homme, qu'il lui est donné, au contraire, de la puiser à sa source la plus élevée et la plus pure, mais à la condition qu'il renonce à lui-même et à l'usage de sa raison, naturellement trompeuse ; qu'il s'abandonne à une certaine inspiration ou intuition supérieure à la raison ; qu'il se laisse entraîner et absorber par ce mouvement intérieur, au point de perdre le sentiment de son existence et de s'anéantir en Dieu. Cette opinion, qui suppose la précédente et s'appuie en partie sur elle, a été appelée le mysticisme. D'autres, enfin, sont pleins de confiance dans nos facultés intellectuelles, et croient qu'elles nous découvrent la vérité quand nous savons nous en servir, c'està-dire quand nous les soumettons à certaines règles d'ordre, de méthode, de circonspectioUj

âui résultent de leur nature mémo. Cette foi ans la raison humaine pour tontes les choses dont la raison, dont les facultés humaines, en général, nous suggèrent l'idée, voilà ce qui constitue le dogrnatitme. Pascal a très-bien caractérisé les partisans du dogmatisme, qu'il appelle les dogmatistes, et ceux du scepticisme, également connus sous le nom de pyrrhoniens, quand il dit que les uns ont voulu ravir à l'homme toute connaissance de la vérité, et que les autres tâchent de la lui assurer. C'est d'après cela qu'il met chacun dans la nécessité de choisir entre les uns et les autres. « Il faut que chacun prenne parti et se range nécessairement ou au dogmatisme ou au pyrrbonisme: car qui penserait demeurer neutre serait pyrrhonien par excellence ; cette neutralité est 1 essence du pyrrbonisme : qui n'est pas contre eux est évidemment pour eux. • Cependant, comme il ne choisit pas luimême et qu'il déclare les deux opinions éga-

Page 1