Humilité. Imitez Jésus et Socrate
Afin d'acquérir Vhabitude de toutes ces vertus , il jugea qu'il valait mieux ne pas diviser son attention en la portant sur toutes a la fois , mais la fixer d'abord sur une seule , et s'y bien affermir avant de passer à une autre. Il conçut la nécessité de faire chaque jour un examen de conscience, suivant l'avis que donne Pylhagorc dans ses Vers dorés. Il faut voir dans les mémoires de Franklin les détails du procédé qu'il employa pour l'exécution de ce plan. Il avait le dessein d'écrire sur chaque vertu un petit commentaire qui en aurait montré les avantages , altisi que les maux attachés au vice opposé : il aurait intitulé ce livre Y Art de la vertu, parce qu'il aurait montré la manière de l'acquérir, ce qui Taurait distingué des simples exhortations au bien , qui ne donnent pas l'indication dos moyens d'y parvenir.
Ce n'est pas ici le lieu de retracer la vie politique de Franklin ; nous dirons seulement que l'enthousiasme extraordinaire qu'il excita en France , quand il vint solliciter en faveur de son pays l'appui du cabinet de Versailles , est un des faits qui caractérisent le mieux l'esprit du temps. Homme du peuple, arrivé par lui seul au plus haut degré de fortune et de gloire, apôtre de la liberté au milieu d'une nation impatiente d'en finir avec l'autorité absolue, fidèle à sa mission et à son origine dans tous les détails de sa vie extérieure, il fut salué comme le précurseur d'un autre Age, comme le symbole vivant des idées nouvelles. D'ailleurs Franklin, par ses qualités personnelles, devait éveiller dans l'esprit français les plus vives sympathies. Ce qui le distinguait surtout, c'était la clarté, la netteté de l'intelligence , l'esprit pratique , le bon sens. Le bon scns^ il le possédait à ce degré où il devient du génie.
FRASSEN. 401
Parmi les œuvres de Franklin , il nous suffit d'indiquer ici ses Mémoires d$ sa vie privée, écrits par lui-m^e et adressés à son fils, traduits en français, in-8*», Paris, 1791 et 179*.; — Vis de Benjamin Franklin écrite par lui^^mème, suivie de ses csuvres morales , politiques et littéraires, etc. , traduite en français , 2 vol. ln-8®, Paris , an VI (1798). On a publié séparément V Eloge de Franklin, par Gondorcet, in^-S^", Paris, 1791. A...D.
FRA8SEN (Claude), un des plus savants défenseurs du parti des scotistes, naquit dans le voisinage de Péronne, en Picardie, Tan 1620. Entré à l'âge de seize ans au couvent des cordeliers de cette ville , il se fit reinarquer de ses Supérieurs qui l'envoyèrent à Paris faire ses cours de philosophie et de théologie. En 1662, il fut reçu docteur et professa efnsuile la philosophie dans le grand couvent de son ordre. En 1682, s'étant rendu à Tolède pour assister h, un chapitre général de Tordre qui devait se réunir en cette ville, il y fut nommé déflniteur général {diffinitor generalis), Louis XIV le distingua et lui confia même quelques négociations difGciles, qui furent terminées à la satisfaction du monarque. 11 mourut à Paris en 1711, dans sa quatre-vingt-onzième année. Le P. Frassen ne s'est pas beaucoup signalé par son originalité; il est resté fidèle, soit en philosophie, soit en théologie, aux opinions scotistes qu'il a exposées et développées, sans les modifier, dans les deux ouvrages suivants : Philosophia academica ex subtilissimis Aristotelis et scolisticis rationibus, et sententiis brevi ac perspicua me-thodo adomata, in-4% Paris, 1657, et 2 vol. in-4% Paris, 1668 ; — Scotus academicus, seu Vnivtrsa doetoHs subtilis theologica dogmata , 4 vol. in-f», Paris, 1672, et 12 vol. in-4% Venise, 17 W. X.
FRIES (Jacques-Frédéric), né à Barby, en 1773, dans la Saxe prussienne, fut élevé à l'école des frères moraves . où il étudia aussi la théologie. Voulant se consacrer aux sciences philosophiques, il suivit les cours de runiversité à Leipzig et à léna. Après avoir passé ensuite quelques années en Suisse comme précepteur, il revint dans celte dernière ville , où il ouvrit un cours de philosophie. Nommé professeur titulaire à Heidelberg, puis rappelé à léna en 1816, il fut révoqué de ses fonctions, pour avoir pris part au mouvement démocratique d'alors. On finit cependant par lui rendre une chaire de physique et de mathématiques.
En philosophie, Fries procède de Kant, et s'en rapprocha beaucoup d'abord; mais il a fini par s'en éloigner notablement , et par incliner de plus en plus vers le système de Jacobi, admettant que les vérités éternelles se révèlent à nous d'une manière immédiate, au moyen de l'intuition et du sentiment. Sa polémique contre Fichte et Schelling a été parfois fort vive; ses attaques contre Reinhold sont plus mesurées.
Les idées de Fries sur les atomes , le mouvement, les forces motrices, la perception extérieure, en un mot sur ce qu'on pourrait appeler avec Kant la métaphysique de la physique, sont à peu de chose près les mêmes que celles de ce grand maître. Doué d'une âme naturellement élevée et plaçant au-dessus de tout les intérêts de la morale, Fries, dans tous ceux de ses échts qui traitent de ce sujets exprime les con-
\yf
2. .St7*f»''f . N** parlez qn** d-? r;** qTii wat ^-ire ulu^ .^r: trp>. K^!trz k-* **'..nvfr*arK.'ns '•iv?i:>-^. :- ^
3. OHr^. iju^ chaqu-:» ch>-<=' tiil -^ Tla-:--^ fi'^?- -^ v<r ■ de v.i î;!f.r.r«>^ nn-^ parli'^ d'^ \0T-» t'-r^*:.'*. .' ^
4. /^■^r'/r'w. K..:::."/ ii r-;>v. ■:•;:■:' •: vx- •u'-?' 1: ^ j . fair*"'. '-t «•\''-.'»iî'^z fi' q»j'^ vf«u^ a'.ir**? r'**ol'.:. ' ' .