‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymes, ouvrage qui a obtenu de l'Institut le prix de linguistique en 1853 et en 1858 (volume 2)Chapitre 106 sur 426 · PRÉFIXES IN ET DE · texte numérisé non relu

PRÉFIXES IN ET DE

Irraisonnable, déraisonnable. Improuver, désapprouver.

IRRAISONRABLE, DÉBAISONNABLE. Sans rai son.

In nie la raison d'une manière complète , absolue; il marque absence de raison, à langueur, si bien que l'être irraisonnable en est totalement dépourvu. « Tous les philosophes ont distingué en l'homme deux parties, l'une raisonnable qu'ils appellent vovç, mens; l'autre qu'ils appellent sensitive et irraisonnable. » Boss. « J. C. naît dans une crèche , pour se montrer la pâture même des animaux irraisonnables. 9 lo. Lafontaine, parlant de notre ressemblance aux bêtes, dit : « Nous sommes l'abrégé de ce qu'il y a de bon et de mauvais dans les créatures irraisonnables. »

D^ exprime déchet, perte partielle, suspension momentanée de raison par suite d'un écart ,. d'un dérèglement de celui qui en est doué et qui en mésuse. « Un homme ne serait pas moins déraisonnable , s'il me voulait obliger de croire quelque événement , par cette seule raison que cela n'est pas impossible. > P. R.c Le pasteur est pour son troupeau ; et il n'est personne d'assez d^ratsonnable pour prétendre que le troupeau soit pour le pasteur. 9 Roll. a Rien n'est plus déraisonnable que de vouloir que tous les sentiments aient Aie expression également marquée. » Lah. Déraison ne signifie pas , à la lettre , manque de raison , mais extravagance , faute contre la raison.

Les animaux toute leur vie , les enfants avant un certain âge , tous les hommes pendant le sommeil, et les imbéciles tout le temps de leur maladie, sont irraisonnables; l'homme est d^ratsonnable toutes les fois que , dans sa conduite , il agit contrairement à la raison , il use mal de sa raison.

IMPROUYER , DÉSAPPROUVER. Ne pas approuver , trouver mauvais , sans pourtant aller jusqu'à réprouver , c'est-à-dire jusqu'à rejeter avec aversion et à proscrire comme détestable.

Improuver est plus près de réprouver. On improuve une mauvaise action; on désapprouve quelque chose die peu sensé. Jmprourer est agressif, c'est être contre, blâmer; désapprouver n'est que restrictif, c'est retrancher de l'approbation , lui faire perdre quelque chose : on désapprouve en jugeant qu'une chose n'est pas bonne , conve nable.

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nBMiaRJS>9Ani£.:

Hais une autre -diffèceose cozitkte en oe que désapprouiMT est déeisif , oav«rt , jexplicite , a un air de seoteBae qui manque 'i.impTOWûer. Celui quidésappvoiwe , liuge, <proDonee, décdareJiauteraent, soLennellemeat qu'une chose n'Mt pas bonne. i/mprotMper,>6^est.troiMrer à redire, nwis plutôt iatérieurement , iindirectemeBt. Celui qui improwee eondamne «lanS'Son.oeMir.

«c CUton est l'arbitre dee bons- morceaux, et il n-'ast guère permis d'aToir<du goût .pour ce qu'il d^aapprout». » La«r. « Quand je tUsaipprome l!usage du vin, je ne condamne .pas de même <es iMoissens.qul égayait la raison. -v Kovtbsq. c La majeure et plus saine partie du .^UTernefeent a désapprouvé assez hautemf^nt ce coup fourré. » /. J. — « Des ' représentations de quelques membres de la bpurgeoisie suffisaient pour marquer qu'elle improuvait la procédure. » Id. a La bourgeoisie a le droit de faire des représentations c^ns ' tûutesiles QcoasieAs-oiioUe im^fo^vw Jka-c«il4uite des magistrats. » Id. « Le libertinage n'est, plus un bon air dès qi;» votre «onduite V.jifnnffr.omc» »

Ce caoactène de déif^ppr^w^^ lui vÎQntvO^ ^^ ce que /de lest ia jMirtiçûledétefniiaatiye par exceUôiioe, ou de.oe que le verbe composé lat^n approbore, en cela di^rent du simple probare, sigaifiouon seulement approuver , m«.is aussi témoigner son «ssantiment par.4^ dén^oçk^toatious.

PH£FiX£3 Ji^ ET EX.

Ineitâr, sx^iUr. Jnaurii<m, esfcwrwm.

INCITER , EXCITER. Disposer quelqu'un à faire quelque chose en le stimulant , en l'échauffant.

Inciter f incitare , citare , ciere in , mouvoir vers. Exciter , excitare , citare , ciere ex , faire sortir de son état , émouvoir , remuer. Inciter a essentiellement rapport au but; aussi dit-on toujours inciter à y et jamais , d'une manière absolue , inciter simplement , comme on dit exciter : il n'a pas besoin qu'on V excite. De son côté , excUer a essentiellement rapport à la force ou à l'énergie provocante et provoquée; on dit exciter l'arcjfur (Boss,) , le zèle (Agad J.

/ftcifer, c'est donc donner l'idée d'un but et y pousser doucement, en dedans, en secret, faire qu'on y incline; exciter, c'est réveiller, pousser fortement et avec vivacité.

IncOer marque bien aussi l'impulsion, mais faiblement; son idée propre est l'indication du bat. a C'est par le plaisir et la douleur que Dieu pousse et incite les animaux aux uns qu'il s'est proposées, p Boss. « La soleni^itéde cette église, et je ne sais quel mouvement de mon coaur m'incite à parler du nom de Jésus.» iD.a Incité par le plaisir que j'avais senti, je cueillis un second et un troisième fruit. » Bufp.

Exciter peut bien aussi marquer le but , mais ce n'esC pas toujours ni aussi expressément; son idée propre est la force de la stimulation. « Les sens excitent l'âme , ils la réveillent , ils l'avertissent de certains effets. » Boss. « Ce sera un motif pressant qui me réveillera, qui m'excitera , qui m'encouragera à tout entreprendre. .» Bourd.

On a beeoîu ^'ûmtati^.^ûVLTi^xmfir di». faire, -et d'«xattolton pour avoir la force» de faiœ.

INCfJil6iON,£XCIIB8ION. Course d'hoiBmeaoa d'animaux de If ur pays en un autre.

L'un vient de ^ currw^ , courir dans , aor oa vers; l'autre de es «urrwe, courir hors de. On dit laira uae> incurtion dans, lé PélopooAèse (Coud.), .en.6icUe(yoi.f.),fiur Bénévent (Coud.), et Caire une exairsion hors de son pays : «.Hes travaux nâ permettront cette «ycurnon hiQi^ de ma douce retraite. » Volj.

Pour it^urgion l'idée eaeactéiristiqiiie tst caUe du but, du lieu oi^ l'on se porte; pour econmon c'est celle du point de départ , du lieu que Ton quitte. Un pays est exposé aux inclusions ou à l'abri des inci/trsions. La garnison d'une ville doit faire de rares et de courtes excursions , de peur de surprise. Des peuples nomades qui n'ont pas de séjour fiie ne peuvent faire que des incursifitu.

Toutes les fois qu'ona.pnésent à l'esprit le lieu d'où le mouvement part, on doit se servir du met «rctif^Von. Des peuples , des liommes , des oiseaux (BaiF.) isédeataiies» ou qui trouvent chez eui tout ce qui est néetessaire Jt leurs besoins , ne font pas û'exonTMiwf, 4.u contraire , irvcursion sera le mot propre , si l'attentiouM porte néoessairemeiit sur loiieu où le mouvement aboutit. Dans l'antiquité, lies peuples barbares, attirés en certains pays par:l'App&t du butin, y fiaàfiaieat de» incursions.

Exoa/monttsXlewBOiéi oee d^ux-moCa qui se prenne dans le sens de digression , parce qu'il est le seul qui marque un «apport au lieu d'où on s'éloigne.

On dira dans un sens ajaalogue , la oon&aîssance de tels monuments, de telles plantes est due aux ineiirsions des eavants dans tels paya; et , ce botaniste ne ae borne pas à étudier les fleurs du lieu qu'il habite , il fait de fréquentes excursions.

C'est ainsi que irruption signifie l'action de se précipiter dans ou sur ; et i^ptioo , ceUe de sortir de , de s'élancer hors de.

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