‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymes, ouvrage qui a obtenu de l'Institut le prix de linguistique en 1853 et en 1858 (volume 2)Chapitre 108 sur 426 · PB£F1X£S IN JET MAL · texte numérisé non relu

PB£F1X£S IN JET MAL

Inhabile , mdlhobtle. Impropre , mdZjTroprè. Indisposé , mal dt^ose'. Impolt y mal poix.

INHABILE , iiiiJiMui.u Qui maBffua dJh^ileté.

Vmkabîie en masque totalement; le inoMitibi^ n'en s. pas beaucoup. £a eflet ta nie , et. wmU ne £ait (pm présenter sous \m mauirais imir, que danoer une idée défavorable.

Inkabik est donc le mat qui coaTient poureKprimer un défaut aheolxi. La yieilleese est Inhabile mx plaisirs dont la jeunesse abuse. (Boil. I«s pédants soot

ImkabiUs à' toQi, fidts de sens coaunna. Hol.

a II yaitrèS'pevL d'bommes entièrement it^hdbUes à toute occupation. i> Lau. Montaigne remarque en lui-même une inkabileté à toute sorte d'aâaire. £d juriaprude&ce, où on parle toi^ours à la rigueur, onine se sari que dTïn^abtie. « Conrad ùit déclaré tabobik à succéder à Fempire. » Gond.

Malhabile, au contraire, désigne un défaut relatlt, T imperfection plutôt que l'absenee 'de Ihabilaé. «Un ministre malhabile veut toujours vous avenir que tous êtes esclaves. » Montesq. « Ils ne sont pas assez ma^hubi^f pour s'engager à aou tenir le désintéressement de ce prétendu amour. » Boss. «Vous êtes bien ma/Jiabtie d'avoir dit, d'avoir lait telle chose.» Acad.

IMPROPRE y ttAL PROPRE. Qui n'est pas propre à, bon pour, convenable.

Un terme impropre eat déplacé là où il se trouve, il dénature le sens ; un termerfiuiifprppre choque moins; seulement il ne convient pas, il ne rend pas bien l'idée. Dans un autne sens on est impropre à ee pour quoi on n'est pas né , et mai propre à ee qu'on fait sans beaucoup de succès. Le beeuf esi impropre à la guerre; quand il est trop jeune ou trop vieux, blessé , malade , il

rest'moi pfppve au labour, c*est^è^ire.(|B'«i ^.

bouremaififaute de force. Les hommes sent de

même tmpropret.et maJiprepMs A certaines dbe-

ses. Un paysan groseter , sans mstruction ,(est tm-

prepfe aux affaires ; ;un artiste , un poète , y sont

•mal propret. Dans le Mitamtnrope , Orente vea;

aavoir d'Alceste si le sonnet qu'il a Cait fost bOB.

^leeste lui répond :

-Measieur, |e suis mmi propte A décider la ohoee.

Veuilles. m/sn dispenser ^

« Jeiae eoDs mal propre à, bien aiéautcr lee.qse

vous souhaitez de moi. »>Mql.

le vouaeeaoodcrai, .quoique mmljnwptt à UéÊtéÊt.

BWT.

«L'homme attentif Ala vérité , a connu ee quiétait propreiOttinai.proprv à sea desseins.» Boss.«On dit qu'un homoae est propre ou maj^profws àla course. » Id.

Montaigne dit d'une manière absolue que , « impropre à faire blem et à iitre mal , il ne cherche qu'à passer; » et, d'une manière relative, que <c les boiteux ^nt mer propres aux exeroioos du ' corps.*

INDISPOSA^ MdL DISPOSÉ. Dana une maufaise disposition de corps ou. d'esprit.

Pour être indiepoté, il faut être malade; il suffit de ne pas se sentir bien, de flotter ontce la santé et la maladie, pour être ma^ di^poeé.

D'autce part, on est tndt&-pos^ contre quelqu'un et aïoi 4ifpos4( pour quelqu'un; en est .fâché, aigri contre celui-là, on ne fera rien pour bii: on n'est pas porté k écouter celuirci , cependant on peut encore faire pour lui quelque chose. On est ^'nd&ipai^ contre la personne dont on a.Aee plaindre, et mal dnpoeé involontairement; à l'égard de celle dont l'air, la tournure ne reviennent pas ou ne préviennent pas en sa faveur.

IMPOLI, MAL POU. Qui laisse A désirer sous le rapport de la politesse.

3u impoli n'a point de politesse; le malpoli a^n a paaasesE, ou n'a qu'une politesse impariaite. « La pUipaxrt des jeunes; gens croient être ua;turels , lorsqu'ils . i^ sont que mal polie ou grospieis. sJLAAOoa.

PRÉFIXES m ET IL.

Jnlmbleyillinble.

INLTSIBLE/ILLISIBLE. Qu'on ne peut lire; deux mots inventés au xviii* siècle , quoiqu'il y ait un exemple A*inlisxble dans Mme de Se vigne.

Inlisible est formé contre l'analogie. Devante, in devient il ; légal, illégal; lettré, illettré; limité, illimité. On doit donc le supprimer ^u y attacher une signification propre. Or, irn écrit peut n'être pas lisible, soit parce que les'caractères en sont mal formés ou indistincts, soit parce que le sens en est mauvais , insupportable. Pourquoi ne pas représenter ces deux vues de l'esprit par deux termes différents ? Et inlisible , irrégulier dans sa forme . produit de l'ignorance , ne convient-il pas pour désigner un défaut grossier, apparent, qui ne demande pour être vu

AmXvL Théâtre-Français, on se n?rmet de eorriger Molière, et, par une fausse délicatesse, l'acleorsubstiUie /vu propre à mal propre.

qu'une opération toute simple , savoir , le défaut d'être indéchiffrable; tandis que illisible servirait à qualifier les écrits qu'on ne saurait lire ,

-tant on y trouve à reprendre?

«Il y a quelques feuilles de mon discours extrêmement barbouillées et presque inlisibles, difficiles même à relier sans rogner de récriture que j'ai quelquefois prolongée éiourdiment sur la marge. » J. J. « Sa main ne forme que des caractères inlisibles, » Yolt. « J'ai perdu les yeux avec

' une malheureuse petite édition de Corneille , en caractère presque irUitible. » Id.

Mais on dira avec Laharpe : un livre ou un drame illisible , c'est-à-dire , comme il l'explique lui-même en un endroit , insupportable à la lecture ; un auteur ridicule , illisible , ennuyeux et absurde ; les fastes de Lemierre sont une illisible rapsodie.

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