PREFIXES PRÉ ET COS
Précis j concis.
PJUBClfi , OOIfCIS. Ces deux termes expriment deaqualités du discours égalemeat opposées À la longueur , à la verbosité.
Précis, de prdjcidere , couper devant, de manière eu empêcher d'avancer indéfiniment, se dit des mots limités, déterminés, qui rendent l'idée exactement, avec netteté, sans ambages ni circonlocutions. ConsiSy de concidercy couper tout autour avec soin , de manière que la chose soit réduite à elle-même , contractée et comme rendue compacte , qualifie le style opposé au style étendu ou déveloi^é. «
Là différenoe est bien, sensible. La. précision concerne le choix des mots et tend à produire la clarté, a La précision et la justesse du langage dép^ent de la propriété des termes qu'on emploie. »• Yauv. La^ concision regarde rexposition de la pensée et a pour objet de lui donner plus
de fbrce en la concentrant. asronenchaTne<étroi« tement ses pensées, si on le& serre*, le style devient ÎBTJûe , nerveux et concis, » BapF.— On est précis , afin de se faire comprendre , et par conséquent c'est une qualité essentielle, un devoir de tout écrivain dans tous les genres; on est conçu , afin d'èlre énergique , de faire une forte impression, et par conséquent c^est t(ne qualité spéciale , une variété de style.— C*est aux mots ou auxtermes seub que convient Tépithëte ûë pfétisr : ils sont précis^ propres, clairs, inteilîâ;it)les , formels; on ne dit point des mots concis. C-est' seulement au style qu'est applicaMe l'épitbète de concis: Il est concis, vif, sûttè, pressé, fort, ferme, énergique, vigoureux, nerveux, rapide; si on dit aussi un st^le pr^dt^ , c'est qu'on 7 considère, non son peu d'étendue , mais l'exacte détermination dë^ motà qu'on y emploie.
Ce qui n'est pas précis est vâgue, indistinct, indéterminé , chargé d'accessoires qui détournent l'esprit de Tob^t essentiel et Tempèthenf devoir celui-ci exactement, rigoureusemenf, ni plus ni moins. Ce qui n'est pas concis est développé longuement, étendu, présenté soos divers points de vue. Un ordre précis est un ordre formel , net , donné en termes non équivoques ; un ordre concis est un ordte bref, donné en peu db paroles.
Je réponds en trois mots ; et, quoique très-conc».
Mon dîscoorr sûrement sera clair et frÂfû. Dtsr.
Avec trop de précision , on dévient technique et sec , d'une clarté mathématique ; avec tro[j de concision^ on devient énigmatlque et obsdur. a Dan« le discours mis par d'Àlembert à là tête de VEncyclopédie la précision est sans sécheresse. % Lah. « La concision outrée de Perse le rend obscur. » ID.— La pr^cmon est ennemie de l'obscurité, mais elle peut se trouver avec l'abondance: la concision est ennemie de l'abondance, mais trop souvent elle se trouve avec l'obscurité.
Tous les bons écrivaitis sont précis; ils emploient toujours le mot propre , et ne vous font point tourner sans cesse autour de leur idée, sans vouft y arrêter fixement. Montesquieu , Tacite et Salluste sont des modèles parfaits de concision; leurs phrases sont serrées, nerveuses, pleines de sens et réduites au moins d« mots possible.
La précision refranche les expressions approchantes , quasi-équivalentes ; elle n'en a pas besoin , elle a trouvé le mot qui rend parfaitement toute la pensée : la concision retranche les développements qui donnent au style quelque chose de traînant et de lAche, en même temps qu'ils énervent la pensée. Voulez- vous être prém Payez des idées claires «t^ distinctes , et' connaissez bien la valeur des mots que vous employez. Youlezvotts' être c&ncifPreir^chet les omcmetrta stfpef* flus , les détails inutiles , n'exprimez le sujet que sous une face , mais d'une manière énergique et qui dise beaucoup 'On peu de mots.
Enfin , pour résumer, il appartient à la logique de recommander la précision , surtout en matière de sciences; car c'est au besoin logique de la pensée que correspond cette qualité : il appartient à la rhétorique d'enseigner aux littérateurs les moyens d'être concis et les genres dans les-
IM
quels il conTient la plus de l'èlre; oar.c*est un besoin accidentel, et concernant une impression panicalière- à produire , que la ùMcisùm cbit satisCaùre.
FRtFIXE ANTÉ.
PRÊraas AifTÉ KT PïïSi
AntéeédefUy précédent.
Entre la particule anU et la précédente , comme elle originairement Istine, il y a< le même rapport qu'entre ranf^rtoriC^ et la priorité. L'une est plus reiatÎTfrau temps, et répond bien à notce mot ocanl; T autre regiarde plut&t Tespace, le rang , Tordre , ainsi que le fcançaisdevont. Àntértorit^ de tsmps serait un pléonasme; mais on dit bien priorité de temps, comme on diipnonf^, et non pas antériorité^ de raison et de nature (F£!i.). Ainsi, en latin^ antecedcre signifie aller quelque part avant on autne, eipr3ec$dere y marcher deran^, à îa, tête. Mais ces deux particules échao^nt. ensuite leurs significations, de telle sorte que la première s^emploie relativement au. rang , témoin le mot antépénultième , tout comme Il seconde se trouve parfois' commencer des mots qui ont rapport à la durée , tels q;ie prévoir et pn9£entir. En latin même il nous parait bien diflicite de distinguer anCecelZere et prxcêllere , onteponere et prasponere, antefèrre et prscfçrre, auteire et praeire, etc.
ANTÉGÈnE^T, fiRÉGÈDE^n. Adjectifs qualificatifs d'une cbose relaUvement à ime autre qui \ieat après.
Leur différence ne saerait: être déduite avec quelque certitude de celle qui^ doit sa trouver en ialin entre ante et ptrae; car ces prépositions ont entre elles la plus grande ressemblance et nous désespérons de les. distinguer sûrement. Mais quant aux mots français antécédent eX. précédent , nnu&arons un autre, moyen de les. séparet et d'en empêcher la.coniu5ion.Anttf est très-rai^ dans notre langue en comparaison de pré', il a. en français un air de science qui fait que les mots qu'il commence nfappartiennent pas au langage commun ^ tels sent les mots amtédilwoien'eXQxaépéniiltième^j les seuls arec antécédent qui aient la particuls iniùale aaté, U en est de mâme d'antécédent par ra^por^ à pree<fiien^ : il appariîâ[it eiclusivement au lan^ge didactique , savoic à. la. logique sur* tout et d'abord, ensuite L la. théologie et à la juofipaidence; c'est untecme d!école. » Voyons ce-qui se passe en nous, sans nons offusquer l'esprit d'aucun terme de rècOle.ni.d'4iucttii principe antécédeni*..» Yolx^ « On peut remonter de chacune de oeft psoposUioas iud'autoea. propositions. antéêédenteê qui. leur sont, identiques. » Bosbv. c La prâdesCinatioB est une<p{édilection.dd Dieu antécédente à tout mérite, s Vin. « Dieu a-t-il £ât ie mo«d* lifavsmmit^ pa» par. choir, an» aucune raison antécééitentB ? »< y\nrt. « L'amour du pcapleesthL loi immuable et universdle des souverains, loi antétéd^nte à tout' contrat. » Sën. Prétéàmt , au contraire , est un- mot de tous les stylos noua n'avons pas. he3ûimd^ea.citex. desr exemples.
Fris substantivement, ces deur mots désignent des (aits passés qu'on invoque à propos de foits actuels; mais ils ont encore dans cette acception et sous cette Ibrme leurs nuances caractéristiques. Antécédent s'est dit d'abord en logique où il a signifié les prémisses ou le principe d'un raisonnement , ce qui sert A amener la conclusion, c Voilà une conclusion bien neuve ; admettons-la toutefois, pourvu q]XB.Yantécédeni soit prouvA » J. 1. c Pour, montrer l'Absurdité de Vantéeédettt, j'ai dit que cette conséquence absurde en devait suivre. » Dbsc. Ensuite et en. conséquence anté*cèdent a exprimé généralement des faits qui éclairent sur le fait actuel , qui le prouvent ou le détruisent : les juges consultent les antécédents d'un prévenu. Mais précédent ^ déjï bien distinct en ce qu'il n'est usité que dans le langagi^ des assemblées politiques , où antécédent ne se dit point , Test encore en ce que le précédent ne se considère que comme ayant eu Heu; cfn le constate et on le rappelle pliitfil qu'on ne l'Interprète et qu'on ne le discute. Un député qui veut faire cesser ou commencer ou continuer lés débats sur certaines matières et dans certaines circonstances cite ^n précédent , c'eatrà-dire. un. exemple antérieuc.
PRÉFIXE SOUS,, SVB.
Le^er, toulevet^ Porter', tuypôi'tèf. Piner^ ewppffwri
Sous , préposition et particule initiale française , dérive delà préposition et particule initiale latine <tih,. conservée en français comme préfiixe seulement dans plusieurs mots composés, tels que xubjuguer, «u&stanoe. Toutes, deux tirent leur origine du grec Ono. Dans lès mots qp'elles commencentv, leur forme est ou n'est pas altérée : elle ne rest'pas.dans souf traire et mln'og.er ; mais elle l'est dons soumettre, dans supposer, ^/lisant, tiMcéder , «u^gérer, sujet- Comme particules initiale» et composantes, elles marquent primltivemest infériorité d'une, chose pac rapport à une autre A laquelle elle sert de base : Exemples , «ous*coupe ,.siitetance,.iuj9t , soutenir , subir; ou bien l'action.de mettre ou de faire quelque chose au-dessous d'un objet., ainsi que le font voir soumettce ,. ««lijugtter ,.souscrirer «ubstituer , subordonner.,, suèmerger^ ou bien simplement le fait d'agir par-dessous, comme «uppurer, soulever, ou d/agic en dessous.^ ^^ ^iiain , secrètement , comme sulwtner ,. «mpç(m ,. au^ygérer , soustraire. Quelquefois c'est, nn^ iniérioraté d'ordre ou de temps» qu'elles signifient : subalterne, sous-ordre , sou»-pséfet, subdélégué^ subséquent, succéder; et c'est quelquefois un degré peu élevé dans la quantité, la qualité ou l'action, auquel cas elles sont minoratives : subdiviser ,. sourire.
JLBV«EB, SOULEVER. Changer k position dé bas eKbaut;
Lever est le radical nu, le terme simple , ordinaire , étranger à toutaccessoire. Soulever^ comme expression composée, .indique, plus d'effort et de résistanoe,. c'est^A^dire qpelque chose de plus lourd. D'ailleurs, on- sotdève ce qu'on Ike pardessous. Vous kvef lé couvercle d'un vase, et la