‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymes, ouvrage qui a obtenu de l'Institut le prix de linguistique en 1853 et en 1858 (volume 2)Chapitre 118 sur 426 · PREFIXES SUB ET EX · texte numérisé non relu

PREFIXES SUB ET EX

Subsister^ exister.

8UR8I8TER, EXISTER. Avoir l'être, n'être point à néant.

Le premier vient de sub store , se tenir sous , et le second de , ex stare , se tenir hors de. Ce dernier a beaucoup plus d'extension : il s'emploie ' pour affirmer expressément que les choses sont , ' jouissent de la réalité , sont produites , tirées hors ! du néant, mises au jour, font acte de présence, quand leur réalité est ou niée ou ignorée. Subsister, c'est continuer à être ou à exister sous et : malgré les coups , les atteintes , les circonstances i fâcheuses auxquelles la chose a dû résister, n'être ni détruit, ni changé, au point de devenir

PftElQfiRE PAKTIE.:

mécoxmaissable. Cfi verbe a £Umc ponr.acceBsoiras la durée et un obstacle à surmonter, uue cause de destruction à vaiiicf e. « Toutes choses ont :passé , et celle-là a «ubràt^. > Pasc. Le peuple juif suhtiita toujours malgré sa misàre ^asc.), et malgré les entreprises de tant de piîissants rois qui essayèrent de le £aiire périr (In.); il subsûta toujours parmi tant de cbangemeats (Boss.). « L'empire du Fils de rHomme doit stébiiiifr au milieu de la ruine.de tous les autres..» Boss. « Il est nécessaire que l'espèce même des éléphants ait' autrefois eMsté^ tuhtisté a^ multiplié dans le Noid.»BuFr.

Au reste , malgré Taesertion de Giratd, Mister ae s'applique pas :seulemeot aux subi^ccs , .maje k teul ee«doiiit onveut affirmer Tezisteo^e ayec insistance et force. On dit d'un. projet, d'une conception quelconque, qu'ils existent depuis longtem^; il n'y a point éeiomleun^qai.n'exis- Uni dans la nature; ceite coutume existe i depuis plus de cent ans; il existe des taeces de son passage, des preuves de «on crime, etc. Girard s'est encore trompé en n'assignant à subsister pour idée earactéristique que U dtfréa; c'ast k durée relative, inaltérable, la continuité de durée, qu'il fallait dire. Quant à la durée simple r^>^^ la marque également bien. Cet usage a existé de«z cents ana; il e«wt«tt encore sûu&LouifiXIY.

PRÉFIXE srm.

Pretwire , suvpvénarem Passer f swrpetsser.

Sitr^ en latin super ^ eoneenrédai» 4piel«i«eB mots français , super fieie , super fisk , en grec ôiccp , en allemand ttber , préposition et particule initiale exactement contraire à la précédente. Elle exprime supériorité d'une chosaà l'égard d'uneAUtre qui lui sert de base ou commode baae: Exemples n«rpeau, surface, «urnom; ou l'action d'agir sur une chose ou au-dessus d'une chose, eomme dans ciomager , ^rreiller , surmonter , wrvenir ; ou une primauté d'ordre ou de tsmps : surintendant^ aurhunuûn, surnaturel, surlendemain, survirre.— Mais le pTus souvent elle est additive , elle marque quelipie chose de donné ou de fait en. eus, un surplus qui augmente ou complèl£, parfois même rend exceaeif , comme on le voit par les mots ^rarbitre , ^rnuméraire , wrenchérir , surfaire, surajouter, surcharge, surabondant, surexciter , uirtaxe.

PRENDRE , SURPRENDRE. Attraper , être inopinément témoin tienne action faite par quelqu'un.

JPrsndre est sin^plement énoaciatif du fait, et ne se substitue à surprendre que comme le gei^re à l'espèce , quand on ne veut pas user d'une grande précision. Surprendre^ c'est particulièrement prendre sur le fait, 'au moment où on s'y attend le moins. On dica d'un accusé.: il a été pris à voler des fruits; et à une personne à qui un bon mot échappe, quoiqu'elle improuve cette aorte d'amusement: je vous y prends à votre tour. Dans ces exemples , ce qui importe , c'est le £ait plutôt que sa numière. Mais veut-on marquer spécialement que c'est au dépourvu, à l'improviste, que Je coupable a été |>rts et que le témoin est sur- \

venu , en tombant pour ainsi dite du ciel sur le coupable, alors il faudra préférer surprendre: « Je l'ai sttY77rts^ .mettant du rouge. » Acad.

Prendre est comme la matière avec laquelle on fait surprendre , mais il y manque la forme. Aussi dit-on bien, prendre au dépourvu ^prendre aurle fait; A la place de prendre dans ces expressions, surprendre fonnerait tautologie, et on neVempbie ainsi que quand on veut parler avecune grande rigueur , en légiste : « .Solon ordonna qu'on .pourrait tuer impunément un adultère, lorsqu'on le surprendrait sur. le fait. » V&r. C'est aussi dans. le .langage précis et bien déterminé de la/juslice qu'xm.dlt surprendre plutôt quQ|»rswJre enlaute .: .On L'a surpris en Jaute, en flagrant délit .(ACAJD.). s'Si Je suis suirprise eniaute,.on punira, aomme à Sparte, non le délit, mais.la maladresse. » J. J.

.La pluie nous ajms en chemin, à deux lieues de la ville, à telle heure; c'est le Dût, vous l'apprenez à quelqu'un : la pluie nous asutpris en chemin ;,nQus<&e l'avions pas prévue, nous étions loin de nous y. attendre. On prend quehju'un aa saut du lit; le jage n'est jamais surpris par les événements. XA, ce qu'il s'agit d'exprimer avant tout , c'est le fait de .s' emparer, de ne, pas laisser sortir , Néchapper ; ici , c'est la manière d'être .pris que sait éviter le sage ,' c'est- A-dire Ai'intproyiste et aai» y être, préparé. «A quelque âge ,.en quelque Atat que lia mort nous prenne , elle nous merprend. > FA». On pf>snd , c'est-A-dtre ou atlaque les ennemis «n flâne; on les jMfprend, o'eat-Àdire qu'on les prend au dépourvu.

PASSEE, 'SURFASSBR. Bxdéder^ien parlant de deux choses ou de deux personnes dont Tune remporte sur l'autre.

lie ODntpoaé; annonce une supérmnté pbaa re marquable , c'est-à-dire plus grande , ou toiat au moins plus pesitive, plus tranchée. Carpoaser, c'est être plue goand dans quelque sens que ce soit, et sans qu'on détermine sous quel rapport. et surpomer , c'est s'Alever au-dessus , dotninter.

Passer, C'est simplement ôtrepius qu'égal. « J'eo- TÎe aux grands le bonheur d'avoir à leur service des geos qui les égalent et qui les pasasnf quelquefois. « lAJBR. Ou Jt)ifin passer se dit dans un sens g^[iéral , vague ou peu rigoureux. « Yoilà qui est admirable 1 Cela passe tout ce qu'on a jamais vu. » Mol. Dans, contentement passe richesse , il y a une sorte de restriction en tsveur de la richesse, qui disparaîtrait, si on mettait turpceser à la place du verbe simple. iSiirpocser marqua une prédominance et une prédominance décidée. « L'unité peut , étant multipliée pkaieurs fois, surponcr quelque nombre que ne sait, s Pasc. « La somme des maux surpasse de bamcoup la somme des biens. « J. J. « Les Perses , éisaii Bélisaire, ne vous «urpossenl point en. courage. •

HOKYSSQ.

Le succès a passé mon attente , dit moins que , le succès a surpassa mon attente. D'un c6té , le sucoès a été au delà de mon attente dans un sens quelconque qui n'est pas spécifié; de Vautre, il a été au-dessus, ce qui marque plus déterminément une supériorité ou une supériorité moins vague et moins indécise, a L'effet de ces

SYNONYMES :QDI ONT ,]>£ .HglIE RADICAL.

{)8ral«s<«a«|MV» les^wp4raoG«. » S. S. « JUe duc de Tâoddme voulut v«air J9uir à.ia cour d'une iituation^si briUaDte et qulxuHMiscftil de^ilola tout ce qa'il avait pu espérer. » Id.

Il ea est de mime ({uand ces deux yerhes signiaeiklipx'aDe diaee«saède les foDcee, riolelU* goDce , les ressources de qaelqu'uo. Poifer.jwrque une diqiroportioa moins gcande ou plus vague. Ce qui patte nos forces va. au delà des l)ornos ds. nota» pouvoir, ae peut ètiie.£ut par .nous; «t ce qui ies surpasse pUao hien AU^essus de nous et Jious accalile.

Le mtas jdes frcloas fi voir Qae#et#rt fde tiAUr des eeUuks}jMirr«fiLeiir savoir.

Lâf.

« Celle vérité est si bante, qu'elle surpasse les forces de ceux à qui ou j>arlé. » P. R. -* < Aperœivoir L'ordre et en ju^er est une.cbose qui passe les sens. » Bo8S. « Les étoiles, ees ^ohes de feu , sont d'uae bauteurqoi surpasse nos conceptions.» Labr» -*- «Ce qui passe U géeisétne aous stirpasse. » Pasc. C'es^é-diTe, ce qui est en dehors des iiniitfls de lagéensétrie ^e trouve placé bien au-dessiis de nous, nous ne pouvons en aucune sorte 1006 élevsr jueqiie4à.

picsfixes sur bt JDÉ.

Surpasser^ dépasser,

SCEPASSER^BÉPASCSa. Avoir quelque cbose de plus «a ua eertaia sens , eieéder.

SmiHLSsmr , cf est s'âieveï au-dessus , et dépasur y a\kr «tt delà eut même plus bas. Un arbre en Mirpasve ua autre; un Tfttêment de dessous dépasse celui de dessus de tant de doigts. Une maison pins élevée que les autres les surpasse; mais une maison avance- t-eUe .plus que les autres sur '/a rue, elle he» dépasse , et, à la place (ie ce mot , surpasser serait d'une impropriété évidente, la queue d'un oiseau dépasse , et non pas sHirpatae , de la moitié de sa longueur Vextrémité des^aîles repliées (Bav^.).

On dit aussi que l&succês dépasse, coaune on dit qa'il surpasse notre attente, pour signifier qu'il la jiosss décidément, incontestablement, positivement. Il la dépasse quand il va pbis loin , et il la svrpasas quand il va au-dessus. J'espérais que ma démaicbe vous engagerait à rester deux jours avec moi;. vous y restez buit jours; le succès a dtffMss^ Bïon attente. Il aurait surpassé mon attente, si au plaisir de vous posséder quelques jours tous ajoutiez un bieolait , un service auquel je ne songeais point. Dépasser indique une exteoNoode ee qu'on attendait, et surpasser , un rurplus , quelque chose de #ur^outé à ce qu'on attendait. Un écrivain voit le succès dépasser son attente , quand son livre , au lieu d'être connu seulement dans sa patrie , comme il y comptait , se#épand par toute l'Europe; et le succès surpasse son attente , quand son livre , au lieu de l'enficUr seulement suivant ses vues, lui fait une gcsade réputation de savoir. « Le succès swfpoêsail notre attente, car ^nous n'avions compté que sur la bague , et nous emportions un (lambeatt , un collier et des peadsnts d'oreilles. »

PB£FI££ OVSiRE.

Passer^ mOre-passer*

Ourre qu'on écrivait autrefois ouftre , vient du latin ultra ^ qui signifie au delà.

PASSER, OUTRE-PASSER. Aller au delà, ne pas se tenir dans les limites , au figuré.

Passer sst le terme générique et se dit de toute action de cette espèce même involontaire , même quand elle est le fait du basard ou de la nature. Ceci passe le vraisemblable , le Jeu , la raillerie , la permission; la dépense pasu la recette. < Le don des enfants passe les droits de la paternité. » J. i. « Gioéron, pour agir efficacement, «fut contraint de passer le pouvoir qui lui avait été remis par la sénat. » In.

Oulre-pos^er est un terme spécifique employé seulement quand il s'agit de transgressions véritables , faites à dessein , surtout en parlant d'ordres ou de pouvoirs dont on a été chargé par délégation. « Quand il s'agit d'une institution divine , les bommes doivent obéir sans raisonner , et n'outre-po^ser jamais le pouvoir que l'institution leur accorde. » Fâir. a Gardez-vous bien de vouloir arracher des permissions de votre médecin , encore plus de les outre-patser jamais en rien. » In.

PRJÈFIXKS OUTRE kt DÉ.

ùutre^passer, dépasser.

OUTRB-PASSER , PÉPASBER'. Aller au delàides ordres qu'on a.reçus, des pouvoirs dont on a été investi.

Celui qui autre-passe est plutôt considéré comme entreprenant , et celui qui dépasse comme délinquant. Le premier ne craint pas de faire quelque chose par delà son ressort et sa sphère d'action généralement plus étendue; le second quitte, laisse en arrière ce qui lui est formellement prescrit. C'est que dé a rapport au point de départ, et indique souvent un défaut, und^lit, un d^aissement , un dérangement.

Peut-être aussi la différence doit-elle être cherchée moins loin. Outre-passer étant Is seul verbe , avec OMtroyer , qui ait outre pour préfixe, semble ne se dire que dans des cas rares et remarquables , quand il s'agit , par exemple , d'un ambassadeur qui ne s'en tient point à ses instructions ; au lieu que dépasser commençant par une particule trèsusitée , est une expression courante et non réservée, pour ces occasions solennelles.

4 . Dépasser en ee sens diffère de passer, cemme outre^passer^ tt m même tiire , o'est-à-dire eo lant que composé, tftis passer el dépasser sont encore syBênjmas an propre dans le sens de devancer, laisser derrière en allant plus vile. Le simple est alors absolu, il arrête Tespril tout entier sur le sujet dont il exprime Tavanlage ; tandis que le composé est relatif, et fait penser aux raincus, à ceux qui Testent en arrière : il y a de la honte A se laisser dépasser par QD plus jeune ^e soi. E&anAle, pmsser msrque plutôt l'habitude, Tordinaire, tl dépasser un ÎbM. «Ce lévrier passe tous les autres à la course. Le courrier qui par- .lit après moi m'eut hienlêt dépassé, » Acao.

Page 1