PRÉFIXE BA
Conter f ra^nter.
GONl'KR, RACONTER. Narrer des faits, lee ref réseftter de vive voix e^ quelquefois par écrit.
SYNONYMES QUI ONT LE MÊME RADICAL
Racine contari , qui dans perconUuri Teut dire s infonner , interroger avec curiosité , et qui yieat sans doute de cunctari , diflerer , s'arrêter ou s'amuser; de sorte que, dans le sens actif, conter signiÛerait informer en arrêtant , en amusant. C'est, en effet, ce qu'exprime le yerbe simple conter qui est de la oonversation et dans le genre familier.
Au dire deRoubaud, lia particule initiale du composé viendrait da grec ^cw , je coule , je roule , je parle. Il n'en est rien assurément. Elle est formée de re et de ad , et c'est pourquoi Kénage èeAt neconter , comme on écrit raccourcir et raccommoder. Dérivation aussi peu contestable pour Toeonter, que pour rapetùseTy rapiécer. H doit donc y avoir dans ratonUr quelque chose qui rappelle la double influencé des préfixes re et ad.
D'abord, raconter marque une seconde action: on ne roeùmtÊ qae cê qui s'est passd; on la rapporte y on le reproduit par la parole. Si on raconte des histoires ou des aventures mensongères, ou les raconte néanmoins comme ayant eu lieu, comme ne recevant dans le récit qu'on en fait qu'une seconde existence. Hais on ne conte pas toujours des choses qui se sont passées : < Dans ces bois de myrtes les amants viennent se conter leurs peines. » Uontbsq. On confe des fkbles , des histoires , c'est-à-dire des inventions ou des fictions qu'on donne pour telles. Et toutes les fois qu'on conte même des choses passées, ce n'est pas en tant qu'elles se sont passée^ qu'on les f&it connaître , mais comme fournissant matièi^ à amusement plut&t qu'à instruction; ce n'est pas avec ce soin , avec cette attention particulière à rester vrai et fidèle , qui sont marqués dans le* second verbe par la particule re. On conte sans gêne , avec abandon et ikcîiité; en racontonl on s'efforce de rendre un compte exact.
c Pèiiandre fit plusieurs questions à Cypsèle pour savoir ce que lui avait ditProclée. Cypsèle, qui avait tout oublié , lui conta seulement le bon traitement qu'il en avait reçu. Périandre le pressa tant, qu'à la fin Cypsèle se ressouvint des dernières paroles que Proclée lui avait dites et en fit le r^ctt à son père. » Pin.
On eomie des histoires; on fueonte tme histoire. Bien conter, c'est conter agréablement; bien raconter , c'est dépeindre exactement ce qui a eu lieu. «13n homme (Lafontaine) parait grossier, lourd, stupide; il ne sait pas parler ni raconter ce qu'il vient de voir; s'il se met à écrire, c'est le modèle des bons contes. » Labb. «Les fiibles de rAxioste amusent, parce qu'il en rit le premier; ce qui rend sa manière de conter si piquante et si originale, mais Homère raconta sérieusement des extravagances. » Lab.
De son côté , ad signifie à , vers , et désigne quB le raconteur s'adresse à quelqu'un; relation qui, sans être étrangère à conter, ne lui convient pas aussi essentiellement. On conte quelquefois pour confer, spontanément, et plutM pour son propre plaisir que pour celui de l'auditeur, qui n'y prend pas grand intérêt. « le n'eus rien de plus pressé que d'aller conter à tout le monde ce qui venait de m'arriver. » J. JT. « Que n'osé-]e raconter au lecteur toutes les petites anecdote âa cet- heu-
I reux âge?... Mais j'en veux une, une seule, pourvu qu'on me la laisse conter le plus longue-
I ment qu'il me sera possible , pour prolonger mon plaisir. » J. J.