‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymes, ouvrage qui a obtenu de l'Institut le prix de linguistique en 1853 et en 1858 (volume 2)Chapitre 127 sur 426 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

« Des Oisemeniê infects et desséchés. » Id. c Des concrétions f>ierreuse8 moulées sur des ossements d'animaux. » Buff. « Dirons-nous aux ossements de nos pères : leyez-vous et venez avec nous dans une terre étrangère ? » Volt.

Mais dans leur état primitif et normal, c'està-dire sous l'empire de la vie et remplissant leur destination respective dans le corps de l'animal , les os ne quittent jamais ce nom pour celui d'o<sements. La croissance des os. « Le propre des os est de tenir le corps en état et de lui servir d'appui, a Boss.

ABANDON, ABANDONNEHENT. L'idée de se séparer d'une chose ou d'une personne est commune &,ces deux mots.

Quoique le plus souvent passif et signifiant l'état d'une personne ou d|une chose ahandonnée , abandon se prend quelquefois aussi comme ahanéonnement pour l'action d'abandonner; mais il marque cette action comme moins spontanée, moins volontaire y il est moins relatif au mérite ou au défaut de l'agent. Faire Ydbandon de ses biens à quelqu'un, c'est les lui laisser; lui en faire l'abandonnemerU , c'est lui en faire don de son plein gré , les lui livrer.

Réciproquement, abandonnement s'emploie quelquefois dans le sens passif d'abandon f pour tignifier l'état d'une personne ou d'une chose abandonnée. Alors , suivant Laveaux , s abandon semble désigner un état actuel^ et abandonnement un état habituel et permanent. Un homme qui perd toute sa fortune perd ordinairement ses amis et se trouve dans V abandon; un malheureux dénué de toute espèce de ressources etxjui est abandonné depuis longtemps est dans Vaibandonnement, » Mais nous n'hésitons pas à le déclarer au nom de l'usage et de l'analogie tirée des exemples précédents , c'est précisément le contraire qui est vrai. On languit, on meurt, dans un* extrême abandon {BouRD.), dans un abandon général (Bourd. , Volt.) ou universel (Boss. , Mass.) Mais on est laissé dans un triste (Bourd.), dans un funeste {Id.) , dans un étrange (Boss.) abandofnnemint.

On peut varier les exemples ; au lieu de consulter les synonymistes , on peut s'en rapporter à l'emploi que font des mots nos écrivains les plus justement estimés; on arrivera toujours à trouver dans le sens du mot simple quelque chose d'objectif ou d'absolu qui tient à ce qu'il est purement nominal et à terminaison insignifiante , tandis que le composé , étant verbal et doué d'une désinence signifieative , se montrera, au contraire, subjectif et relatif. Une science a plus ou moins d'cwance sur une autre ; c'est une qualité qu'elle possède : on travaille à son avancemenit ou au fait de son avancement. — Change ne s'emploie dans une acception analogue à celle de changement que dans deux phrases où il est caractérisa tique, gagner ou perdre au change : changement se dit dans le narratif, pour exprimer qu'un fait a ou a eu lieu. — On paye tant pour la décharge , et on opère le déchargement d'un bateau.

Le mot élan détermine, caractérise un genre ou une sorte de mouvement de l'âme dont le mot éianeement dépeint , expose , fait voir la réalisation : l'un est pour l'ordre des idées , l'autre pour

celui des phénomènes. Molière dit des hypo« crites :

Ils veulent acheter crédit et dignités

A prix oe faux clins d'œil et d^étans affectés. Il venait de dire , en racontant la manière dont Tartufe se montra à Orgon :

Il foisait des soupirs , de grands élancements. J. J. Rousseau et Voltaire ont aussi employé le mot élancement dans cette acception toute relative et phénoménale. « Je trouvais en moi un certain élancement de cœur vers une sorte de jouissance inconnue. » J. J. « Dès qu'il existe quelque chose , il est démontré que quelque chose est de toute éternité : cette vérité sublime est devenue triviale; tel a été de nos jours Vélaneement de l'esprit humain malgré les efforts faits pour nous abrutir. » Volt.

Dans le langage du palais, où il s'agit de qualifier des actes plutôt que de raconter des faits ou des actions , on se sert du' mot bris pour exprimer la rupture faite avec violence d'un scellé ou d'une porte fermée; hors de là, brisement convient seul. « Que nous dit cet auteur du brisement des images et des autels? Il croit satisfaire à tout en disant que le prince ne put arrêter ces désordres. > Boss. « Rien n'est plus marqué dans les prophètes que la destruction des temples de Babylone et le brisement de ses idoles, v Id. aCes reflets colorés sont produits par le brisement des rayons de lumière mille fois réfléchis. » Buff.

Le trépas est une chose :

Chercher un beaa trépas (Corn., Rac).

Le trépassement est un événement : « T'as été aa trépassement d'un chat, t'as la vue trouble.» Mol.

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