‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymes, ouvrage qui a obtenu de l'Institut le prix de linguistique en 1853 et en 1858 (volume 2)Chapitre 128 sur 426 · TERMINAISON ION · texte numérisé non relu

TERMINAISON ION

Réforme^ ré formation. Acte, action. Salut , salutation. Taxe y Uixation. Don, donation. Indice, indication. Émoi , émotion. Progrès , progression. Concept, conception. Conteste, contestation. Corps , corporation. Fabrique , fabrication.

Les substantifs français terminés en Hon , «ion, ssion , sont tous traduits de mots latins qui leur correspondent toujours exactement pour la forme , et presque toujours exactement pour le sens. Ainsi action vient d*aetio , réformation de reformatio , salutationdesalutatio , progression de progressio, aspersion d!aspersio. Or les désinences latines tio, sio, ssio, terminent les substantifs dont la base est un supin en tum , sum ou ssum; en sorte que reformatio dérive de reformatum, aspersio d*aspersum, progressio de progressum. De là vient que, dans Tune ou l'autre langue, les substantifs de cette espèce désignent Taction de faire ce qui est exprimé par le verbe correspondant. Et cette seule remarque suffit pour faire découvrir les différences qui peuvent exister entre les noms français terminés en tion ,'sion ou ssion . et leurs synonymes dont la désinence est ou n'est pas significative. Nous ne les supposons ici en rapport qu'avec des synonymes à terminaisons indifl'érentes.

Les substantifs en ûm ont un sens fort analogue

SYNONYMES QUI ONT LE*HÊME RADICAL

i celoi des substantifs en ment , c'est-à-dire qu'ils marquent comme eux la manifestation actuelle de ridée exprimée par le radical et un certain rapport à l'agent et à son opération. En d'autres termes , ils sont essentiellement actifs et subjectifs : subjectifs , en ce ssns qu'ils appellent l'attention sur le sujet qui agit et sur son mode d'action. Il n'en est pas de même de leurs synonymes à terminaison indifférente : ceux-ci se distinguent par un caractère manifeste de passivité et d'objectivité : ils expriment l'effet produit par l'action , la nature de cet effet , et non sa manifestation présente. Cette différence renferme à eUe seule toutes celles qui peuvent se trouver entre les synonymes dont il s'agit ici. La règle est donc susceptible de développements; mais comme ces développements seraient, à notre sens, divers suivant les divers synonymes, il convient de laisser cette règle dans toute sa généralité et de passer immédiatement à l'application.

RÉFORME, RÉFORXATION. L'idée commune à ces deux mots est celle d'un rétablissement dans l'ancienne forme ou dans une meilleure forme.

< La réformation , dit Beauzée , est l'opération qui procure ce rétablissement; la réforme en est le résultat ou le rétablissement même. »

C'est aussi la distinction qu'établit Girard. « La réforrnatûm, dit- il, est l'action de réformer; la réforme en est l'effet. Dans le temps de la réformotion , on travaille à mettre en règle , et l'on cherche les moyens de remédier aux ab'us ; dans le temps de la réforme , on est réglé et les abus sont corrigés. Il arrive quelquefois que la réforme d'une chose dure moins que le temps qu'on a mis à sa réformation. »

La réforme est un étal, la réformation est un événement qui ie prépare : on vit dans la réforme; la réformation a ébranlé la puissance pontificale.

La réforme est une chose , une cbose bonne ou mauvaise, à désirer ou inopportune; on l'accueille ou on la repousse. Une réforme salutaire (d'Ag.). « On vit les courtisans de Denys courir au-devant de la réforme, proscrire le luxe de leurs tables. » Baath. La ré formation est un fait , la réalisation de la réforme. Travailler à la réformation des mœurs (Bourd.), à la réformation du genre humain (Barth.), de Vastronomie (RoLL.), à une œuvre de ré formation (Boss.); plein de zèle pour la réformation des abus (FéN.) ; au temps de la réformation (Volt.); les siècles qui ont suivi la réjformation (Boss.).

Ou bien encore réforme , étant objectif, signifie les réformés, les protestants, tandis que ré formation , par la raison contraire , se dit de leurs entreprises. < C'est par là que s'accomplira la réformation , jusqu'ici trop faiblement commencée; la réforme fera souffhr tous ces maux à des chrétiens. » Boss.

ACTE , ACTION. Tous deux donnent l'idée d'une force déployée dans la vue d'atteindre certain but.

Mais Vaction est la manifestation de la puislance, et Vacte en est l'effet manifesté. « Par Vaction , dit Roubaud , la puissance se réduit en acte, :^ faction , étant une manifestation , est susceptible de divers degrés : elle est vive, véhé-

mente, impétueuse; on dit, le feu, la cbaleur de l'actton; une action d'éclat. Les acteg ne sont susceptibles que d'être comptés ou caractérisés par leur nature. On dit : un acte , divers actei d'une telle espèce; la répétition des actes d'avarice décèle l'avare ; nous appelons fou celui qui fait plusieurs actes de folie.

Un second caractère , remarqué par les synonymistes Girard et Condillac, consiste dans U subjectivité de Vaction et l'objectivité de Vacte, « Le mot d'action , dit Girard , a plus de rapport à la puissance qui agit, et celui d'acte en a davantage à l'effet produit par cette puissance. » Et Condillac : c Dans le mot action , il semble que l'esprit se borne à considérer l'effet conmie provenant de sa cause ; et dans le mot acte , il semble considérer l'eftet relativement à l'objet auquel il se rapporte. On dira donc : les actions de la volonté , et , au contraire , ce choix est un acte de là volonté. Dans la première phrase , les actions ne sont considérées que dans la volonté : dans la seconde , l'acte est relatif à ce qu'on choisit. » On caractérise Vaction en caractérisant le mode d*agir de l'agent; on dit : une action vertueuse, généreuse, équitable, magnanime. On caractérise Vacte en disant ce qu'il est essentiellement en lui-même ou dans sa nature , un acte de vertu, de générosité, d'équité, de magnanimité. La morale en action rapporte des acttofu vertueuses; les traités de morale déterminent les actes de vertu , de méchanceté , de justice. Une actton généreuse ou d'éclat nous intéresse tout d'^ord en faveur de celui qui l'a faite ; dans un acte de vertu , c'est Vacte lui-même que nous considérons avant tout.

Un troisième caractère consiste en ce que Vaction, bien que le plus souvent subjective, c'està-dire relative à l'agent et à son mode d'agir , ne se dit point des opérations intimes de nos facultés, apparemment parce que ces opérations ne sont point considérées comme des manifestations ou des déploiements visibles de force. « Nos actions sont nos œuvres proprement dites, dit Roubaud ; nos actes ne sont que des opérations de nos facultés. Nous faisons des actes de foi, d'espérance, de charité; ces actes ne sont que des émissions, des déclarations, des aveux de nos sentiments , et non pas des actions. Nous péchons par pensée, par parole, par action. La pensée n'est qu'un acte , et Vaction est une œuvre; l'actton entraine l'acte; Vacte ne nécessite pas Vaction prise dans ce nouveau sens. »

En style judiciaire , acte exprime quelque chose d'objectif, une pièce ou un écrit constatant une convention ; et action , un événement , une poursuite , un procès. — C'est aussi un événement que marque l'actton dramatique , tandis que les actes désignent les parties principales de la pièce considérée en elle-même et comme œuvre littéraire.

SALUT, SALUTATION. Démonstration extérieure par laquelle on témoigne aux personnes de l'intérêt , de la bienveillance , de la considération ou quelque autre sentiment sembUble.

Le salut est le signe ordinaire pris pour l'action de saluer ; c'est ui^ démonstration extérieure

PAGMiËRE PARTIE ;

«t isonunune de dirilité, d'amitié, de respect^ iaèle aux penoBn» ^u'oa reacoiitre, qu'on fiSïorde , qu'on vieite. La sahUaiiotL est reklive à i'&geal ifai salse et à son mode d'action; elle ind»|uft la manière «dont l'aetion de saluer est faite ' dans telles circonstaBoes. Un homme ne fait pas la même salutation qri'fun. autre en faisant le même talnt. <x La sahêtation^ dit Roubaud , dont nous emprmitons ici les idées , est le saiut particulier tel qu'on le fait dans telle occasion, surtout avec des marques tvèft-apparantes de respect <ai d'empressement. Vous trouveriez peut-être daxts ies différents §aluU àes diyers peuples des traits particuliers d« caractère. Des stUutations particulières yons tirerez peut-être quelquefois des inductions sur le caractère , l'éducation , les affections présentes des personnes. » C'est afin de marquer aux gens à qui l'on écrit qu'on éprouve pour eux des sentiments tout particuliers de respect ou d'affection, qu'on leur présente, à la fin de ses lettres , ses icdutations respectueuses , affectueuses ou amicales.

Le talvt est tel habituelilement , selon la règle qui le détermine. « Un ambassadeur a la même garde, les mêmes sclImU et les mêmes honiieurs qu'un général d'armée. » S. S. a Le seUiK est réci- . proque entre les paies et les présidents. » In. c Louis XIV était admirable à recevoir différemment les saluts à la tête des lignes, à l'armée et aux <revue6.« Id. La êahitatioit eatitdle de la part d'une personne particulière et dans une occasion particub'ère. <c Ils passèrent kur chemin avec une mkaaiioH froide. • S. S. c il fallut m'avancer hors de ma loge^ et , par une humble êoiuàamn , répondre à cette faveur du pidulic. » Mahm.

B'ailleufs le sàkui est une chose; on le rend ou on le refuse : la salutation est un fait^ un événemesit « A la voâj. de Marie et à sa sakUaliten, lenCant d'£lisabeth tressaillit 4an£ son sein.» Boss. « Les deux reines mirent pied à terre , et, après les salutaÀxons , elles montëvent .toutes deux dans une môme calèche. » S. S.

Enfin les salutt sont moins démonstratifs , consistent moins en actions , en mines et eoDi grimaces. « Mettre toute la morale en simagrées , et ne connaître d'autre humanité que les salutations et les révérences. » J. J. «De tous côtés on m'adresse de petits saluts imperceptibles^ de doux sourires d'amitié. » Mark.

TAXE, TAXAmiON. L'idée commune à ces deux mots est celle de la détermination établie de quelque valeur pécuniaire.

!Baae se prend objectivement pour cette valeur même ou pour le règlement qui la détermine; taxation signifie l'opération de la taae^ et, au pluriel, certains avantages pécuniaires alloués! aux employés qui s'occupent de cette opération. Ces distinctions de Beauzée s'accordent donc bien avec la règle générale.

DON, DONATION. Ce qu'on donne, ce dont on tcansmet la propriété à un autre.

Le don est considéré «n lui-même dans l'objet qui le constitue ; la donation est relative à la fa- ! çon dont on donne; c'est ce qui se dgnne par' acte public, d'une manière expresse, notoire et ' solennelle. Ce qui importe dans le don, c'est la '

chose ; dans la donation , c'est la manière ou le fait : un don est plus ou moins précieux ; la donation est légale ou illégale , conditionnelle , pure et simple, etc. On fait acte de donation.

INDICE , INDICATION. Ce qui indique , ce qui donne à connaître quelque chose et qui est une espèce de signe.

Vindiee est par lui-même et naturellement dans l'objet; Vindication est l'œuvre d'une personne qui fait l'action d'indiquer. Les terrains fournissent des indices , et les minéralogistes qui les ont visités des indications des mines qui s'y trouvent (BuFF.). Un indice trompeur est tel en lui-même qu'il fait croire à ce qui est faux ; une indication trompeuse vient de quelqu'un qui a voulu induire en erreur.^

ÉUOI^ ÉMOTION. Agitation produits dans Vesprit

Vémoi est un sentiment , un état de l'âme ; Vémotion est une passion , un mouvement de l'âme : on est en émoi y et l'on éprouve ou l'on excite une émotion ou des émotions. V émotion est difficile à cacher; c'est par elle que se détermine et se manifeste l'éfmot.

PROGRÈS, PROGRESSION. On dit également.

au figuré , le progrès et la pro^emon de l'esprit humain , pour marquer les pas qu'il fait dans la voie des améliorations et du perfectionnement.

Leproçrès est le résultat de cet avancement, de la progression; ]& progression est l'action d'avancer, laquelle amène le progrès : on constate le progrès ou les progrès de l'esprit humain . et on le suit dans sa progression, La malice des hommes alla toujours croissant depuis la création jusqu'au déluge : cette progression ne fut pas un progrès. La progression est de fait ou effective, et se considère quant à la production; le progrès est un résultat , et se considère quant à l'idée : la progression est lente ou rapide ; le progrès est plus ou moins grand , plus ou moins avantageux. < Les glacières des Alpes prennent un accroissement constant : cette progression est prouvée par des forêts de mélèzes qui ont été absorbées par les glaces ; mais les pluies , les vents et les chaleurs, plus actifs dans certaines années, détrui" sent les progrès des années précédentes. » Buff. c La progression du mouvement de déclinaison de l'aimant est plus qu'irrégulière; le pre^frès de ce mouvement en 205 ans a été de 33 degrés 30 minutes. » In.

CONCEPT , CONCEPTION. Idée , noUon , vue de l'esprit.

Le concept est tout objectif et tout passif; il ne reçoit de qualification qu'en raison de son essence , de sa nature : le concept du triangle enferme les idées de trois cêtés et de trois angles. La conception est relative à l'esprit qui conçoit et à la manière dont il conçoit; elle est vive, hardie, originale, plaisante.

CONTESTE, CONTESTATION. Défaut d'accord.

Conteste exprime ce défaut quant à l'idée , et contestation l'exprime quant au fait. Une . chose nous appartient sans conteste (Mol., Beauk.), c'est-à-dire sans contestation possible, incontestablement. Une chose , une proposition , est reçue sans contestation (Mal.), c'est-à-dire sans qu'il

SYNONYMES ^kOI ONT LE MÊME RADICAL.

s^élève^BèclmemeDi «vciumb dispute, d'uQ^ jnanière incoatcstéeu

Un acte est exempt de eotUesU (Bbàuh.), ii'est point sujet à conteste (In.) , est hors de tout conuste (In.); il ne peut dnnner lieu à aucune conte«ta(iott.MaislaaMiles(af ton est effective ; ce n'est point à la simple fOssiJbilité et au droit quelle se rapporte; elie ne se considère pas aTaot, mais pendant; elle désigne une manifiestalion , un fiait : on coQteete actuellement jsur ce i^ -est en conlesiaiion.

CORPS. CORPORATION. Réunion de personnes rivaal d'après des xègifis commuoes.

Corporation n'existe point arec ce sens en latin, et la valeur précise de ce mot est d'autant plus difficile à déterminer qu'il n'y a point de verbe correspondant d*où Ton puisse le Caire venir. La oorporation est, ce semble^ un corps qui se fonne , qui est en tcain de se constituer , qui n*est aeumia qu'à des régies peu oombreuses , ^t dont l'existence est précaire; mais le corps est constitué, reconnu*, Û existe par lui-même. « Les peuplas jon^ unis., et la nation est une; la na tion est le corps , et les peuples sont des espèces de corporations nationales, » Roua. — Voltaire, parieot de rétablissement des templiers st des hospitaliers , distincpie de même société et associaiion: ^ Quand la société générale est bien gou- ▼ecuée. dit-il, on b£ fait ^ère à'atsociations particulières.*

TABRlQlîE, FARRICJWHON. Ces deux mots se disent également en parlant de La manière dont les choses sont fabriquées.

La fabrique exprime k résultat, les qualités inhérentes à ces choses; la fabrication est relative à l'ûpératian de jabaquer et aux procérlés qu'on y emploie. Une étoffe est de bonne fabrique, et hifabrieaêion eu est soignée.

D 'autre part, lorsque fabrique signifie comme fabrication l'action de iabriquer, Jl ne se dit qu'en général, et non pas relativement à un fait particulier qui ait eu lieu. « J'ai reçu du ciel, dit ScapÎD , un génie assez beau pour toutes les fabriques de ces gentillesses d'esprit apipelées fourberies. 9 Mol. ^ La fabrique des esprits animaux se commence .par le cœur. » Boss. Mais Voltaire a dit et dû dire : « La fonte et la fabrication du veau d'or en vingt-quatre heures est un prodige.»

TfiRMDUISûMS JON et ITENT.

Aenonciiittmi ^renoncement. 'Sensation ^'seniiment. IHssension , dissentiment. Ftokitton , ^ffiolement. Bénovafùm , renovméllemt^. Fondation^ fondement. Froefûm, fragment. Seetionj segment. JPnfbmgation , proltngemertt.^épopulaHen , dépeuplement. Prosternation , prostemement. Ré^ pulsion , repoussement. Etc.

II j axala de commun entoe les terminaisons metit et ton, que les substantifs auxquels elles sont jointe, étant comparés avec des synonymes à tonnisaisoDs indifférentes, paraissent également marqués d'activité et de subjectivité, c'est-à-dire oat rapport à une action, à un agent et à son mode d'agir. De sorte que le rdlement , par exemple, est an rdle^ et Vaboiement à l'aboi, comme

la salutation auialut, Vaction à Vade^ Vémotion à l'émoi. Cependant , lorsque les deux terminaisons ment et ion , se trouvant à la fin d'un même radical , servent à composer deux substantifs synonymes , l'une exprime plutdt la réalisation , et l'autre la manifestation de l'idée commune. Quoique , relativement aux substantifs sans terminaisons significatives, ment se distingue aussi par son rapport à l'action , il se trouve posséder ce caractère moins essentiellement que la désinence ion : ou bien il désigne une action moins extérieure , moins visible , moins saillante et moins forte ; ou bien il prend assez volontiers la signification objective et exprime la simple réalité, le résultat , l'effet , l'état, alors que la désinence ion représente l'action seule.

Ce dernier caractère est confirmé par le genre des substantifs en ment : ils sont tous du masculin, et propres par conséquent à exprimer quelque chose de précis, un fait, un résultat, quelque chose de fait, d'arrêté, d'achevé; au lieu qile leurs synonymes en ion , étant tous du féminin , marquent naturellement quelque chose de ph» vague' et de plus indéterminé, c'est-À-dire une actiorf ou une chose qui est en train de se faire.

Cette tendance ou cette aptitude de ment à marquer le passif, l'état, la chose fal*te , est prouvée par la grande analogie de cette désinence avec la désinence ure , dont telle est effectivement la valeur : plusieurs substantifs de même radical deux à deux , et terminés , les uns en ment , les autres en ure y se ressemblent tellement pour le sens (voy. la terminaison ure et les synonymes qui s'y rapportent) , qu'on ne peut les distinguer que par leur plus ou moins de noblesse ; tant il est difficile de rattacher à la terminaison des uns et à celle des autres une nuance d'idée particulière. Et ce rapport entre les deux terminaisons ment et ure n'est pas sans conséquence , il s'en faut bien , sur le sens des substantifs en ment : il leur donne souvent relativement aux substantifs en ion une position analogue à celle des substantifs qui n'ont pas de terminaison significative à l'égard des substantifs qui en ont une , telle que ment , ion , ure , âge , etc.

RENONCIATION, RENONCEMENT. La désappropriation est l'effet de l'un et de l'autre.

Hais l'un marque une action extérieure, et l'autre un acte intérieur, a La renonciation , dit Condillac, se fait aux choses auxquelles on a droit , et le renoncement se fait aux choses pour lesquelles on a de l'attachement, j»

La renonciation est un acte public , solennel , une déclaration de désistement. « Henri II (d'Angleterre) renonça solennellement à tous les droits de la monarchie qu'il avait soutenus contre Becket. Les Anglais condamnent cette renonciation. » Volt. « Il en coûta à. ce malheureux prince (Christiem III) une renonciation expresse aux couronnes de Danemark, de Suède et de Norvège. » Vert. « Quand un Genevois veut quitter tout à iait sa patrie pour aller s'établir en pays étranger.... Il est vrai qu'ordinairement cette renonciation n'est pas solennelle. » J. J. « Ce traité ne devait avoir son entier accomplissement que lorsque les deux rois auraient envoyé à Bruges,

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