‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymes, ouvrage qui a obtenu de l'Institut le prix de linguistique en 1853 et en 1858 (volume 2)Chapitre 136 sur 426 · FÉN · texte numérisé non relu

FÉN

raSMIËHE PARTIE

D'autre part, le scaas étynwlogiqw. de nw n'étant pas altéré comioe celui de twagsy par une terzaiDaiâoa signifi^atÎTa ^ et d'aiUeurs la r£«« étant étroite de sa nature , une ligae mathénaaiti- <|ue , pour ain»! dire , «e xaot s'applique pluitôt aux ÛTièrea et aux ruisseaux, au lieu que rwag^ s'emploie de préféreace en parUat de la mer. « Tcii3 les rois des AjEDorrhéens qui habitaient la rive oeoid^Ltale du Jourdain, et tous les rois cananéens qui possédaient les rkaget de la grande mer (Méditerranée) , ayant appris que le Seigneur ayait aéchjè le Jourdain , eurent le cœur dissous. » Volt.

COQUILLE, COQUILLAGE. BnTelop|>e dure et ealcaire des mollusques testacés, teû que les limaçons et les moules.

hsicoquilh est simple; le coquillage, ajustement travaillé , a une forme plus rariée. Montaigne aime à voir Scipion « nonchalamment et pué • riLement baguenaudant à amasser et choisir des coquilles. » « Ce que boias voyons de piua ingénieux parmi les animaux sont lee réservoirs des fourmis , les coquillages des limaçoas , ete. » Boss, CoquUkLgâ est un terme pittoresque.

' Des coquilles se considèrent par rapport à leur nombre; ^te» se comptent. «30 crois voir un en- £int sur le rivage > amassant des toqimlles , juS'* qu'à ce qu'accablé de leur multitude y il finisse per tout jeter. » J. J. Des e^quillt^ee soat toutes sortes de eoquiikSy des coquilles de toute grandeur, de toute couleur et de toute ferme. « Lee sauvages se parent déplumes et de coqmllages.u J. J. g Une couche de gUâse paraenée de coquil" loges formait le lit des ruisseaux. > lo.

LANGUE, LANGAGE. Système de signas à l'aide desquels on exprime ses pensées et ses sentiments.

Le langage est plus compréhensifque la langtke: tl y a le langage des yeux , celui des gestes ou le langage par sflp;Qes; le lôngOige se sert de tout pour exprimer les pensées. La Icaigue est le kmgage oral , elle n'emploie que la parole. « Le langage , dit Condillac , d*accord avec Beauzée sur ce point, est l'art de communiquer ses pensées; le langage des sons articulés se nomme langue. » Le langage comprend , pour ainsi dire , toutes sortes de langxies.

Toutefois , dans une acception dérivée , ce mot , è la différence de celui de langue , se prend pour une espèce ou manière de parler^ de se servir de la langue : votre langage me déplaît ; voilà un singulier langage. « Les Bedas ne parlent pas la langue de Geylan, et leur langage n'a aucun rapport avec toutes les langues des Indes. » BuFF. « Ducerceau a mêlé à la kmgue épurée de son siècle le langage marotique, qui énerve la poésie par sa malheureuse facilité. » Volt. C'est qu'alors, bien qu'à base purement nominale , langage se rapporte ^ celui qui parle , à l'ouvrier qui se sert de la langue et à la forme qu'il' donne au discours. C'est une nuance que nous avons déjà trouvée aux mots herbage , lailoge . pâturage et coquillage , quoique leur base ne soit pas non plus verbale , excepté celle de pâturage.

De cette seconde différence en découle une troisième : comme le corps ^ la langue est quelque

chose de constitué, de reconnu, qui a une fbrms fixe ; au lieu que le langagCy comme la corporation , est quelque chose q«i aspire à âitre ce qui est marqué par le radical» c'esi-à-dire ici une sorte, une façon ou une mamère de langue. « Je coiamyence à m'apercevoir que le lang/ogs du pays (de Valence) est un langage mêlé d'espagnol et d'italien , deux la/ngues que j'ente&ds assez bien. » Bac.

BANPB, SLiNSMUfiB. La Jwuie et le haudagt servent à envelopper certaiaes partiee du corps et à les contenir dans un certain état.

La hande est simple , le katiéage compliqué et fait avec art; en telle sorte que la ban4e entre dans la composition du baniage. Bande appartient à la langue coBunune ; bandage est plutôt un terme de Taift chirurgical.

« Les Égyptiens enveloppent le corps (mort) avec des bondée faites de &i lin. » Bbff. <t Bac> chus avait une couronne d'or composée de pampres ei ornée de chaînes bandes blanches qui l'environnaient de tous côtés. » Roxx. c Des chaussures anciennes avaient une ou plusieurs semelle? au-dessous du pied , et des bandes qui liaient le pied nu par-desçus. » In. — > a A peine l'enfant est-il sorti du sein de la mère , qu'il est entouré de linges et de bandages de toute espèce.» Buff. « A la Chine , quand une fille a passé l'âge de trois ans, on lui casse le pied^ et on l'enveloppe de plusieurs bandagee jusqu'à ce qu'il ait pris son pli. V In. « Alexandre, ôtant le bondo^ et l'appareil de sa plaie , fit voir sa jan^e sans témoigner Ja grandeur de son mal. » Koll.

TRICOT, nUCaXAGS. Sorte de tissu Cait en mailles.

Tricoi n'y ajoute aucune idée accessoire et ne Cait considérer la chose que par rapport à ses qualités intrinsèques. Tricotage rappelle l'action de tricoter , l'habileté du tricoteur , et les qualités du tissu qui résultent de la main-d'œuvre. Un iricot est de laine ou de colon , et le tricotage en est. lâche ou mal fait. En un mot , le tricoi. diffère du tricotage de même que le tissu de la tissure.

Pareillement, la grille, outre qu'elle est plu5 simple ou moins compliquée que le grillage , ne se rapporte pas comme lui à l'art^ou à l'industrie de l'ouvrier qui l'a faite , mais uniquement à sa destination.

Entre treille eitreillage la diffé(ence est encore plus marquée : la treille est , dans un berceau de ceps de vignes , ce qui est donné ou (burni par la nature , et treilla>ge désigne proprement la partie qui est due à l'art humain , à l'industrie du tret7lageur. « Les beaux treillages bien sculptés 1 » J. J. ff Des treillages façoxmés en corbeilles et en berceaux. 9 M\BK.

CAHOT, CABOTAGE. Espèce de saut que fait une voiture en roulant sur un chwnin pierreux ou mal uni.

Le cahotage est une suite ou une répétitioa de cahots; c'est un mouvement fréquent qui se fait par cahots ou qui est causé par les edhots. Le cahot produit une seule secousse, le cahotage en produit de continuelles : l'un fait verser, l'autre fatigue.

En outre, celui-là est pour l'idée, celui-ci pour le fait : je n'aime pas le cahot des voitures;

SYNONYMES OUI ONT LE KËME RADICAL

le cahatage de cette ToHure m'a brisé. C'est foiii^urs la di&èreiHSe d'aboi 4 àb&iefHera; à'aeUi à

€A(;àfi¥, CAQffifAGS. Babil, grande àbôttdance de paroles imitiles.

Caqvui est absolu, et eoguefa^^ relatif à l'action de caqaeter. Dire qu'on homme n'a que du eaçuef, e'eïl le caractériser en lui-même; dire qu*il n'a que du eaqugtage , c'est faire songer au bruit qii*il ùâi en pariant , à l'effet qu'il produit ^Of les mtfes. On a le caquet bien affilé, on r&bat le caquet de quelqu'un ; et dans ces locutiômeaqveUtge serait impropre , parce qu'il n'exprime rien de constant , d'absolu , parce qu'il est pour le fkit et non pour l'idée. ^ « L'idée d'admettre un tiers dans les secrets eaqueîages de deux femmes ne t'a pas réroltée. » J. J. « Y a- 1-îl de la politesse à étourdir tout le monde d'un tain €(iquet? » In. — « Lorsque les perroquets sent rassasiés, lis font un eaquetage continuel et bruyant. » Bcrrr. « Lînnteus compare le ramage du lagopède à un caquet babillard et à Un rire moqueur. » lo.

Od app^e caquétty an pluriel, des discours fMiiea , des propos malins sur le compte d'autmi; et, dans ce sens, eaquetage est un nom collectif qui équiraut à caquets^ toujours ayec cette différence que les caqxtets se qualifient en eux-mêmes ou par rapport à leur nature , et le eaquetage par rapport au Ikît, au bruit, à la matnifestation , i l'éclat.

lUauiQCVfll , VAllAGOinflAGB. Langage corrompu et inintelligible.

Le ha/rufoméû est en quelque Sorte «ne langue : on parle baragouin. Baragouinage en désigne l'expression. Toute langue étrangère est un baragouin pour qui ne la connaît pas ; notre propre langue pea< «ferenfr un baragouinage dans la bouche de celui qui , en parlant , confond ou embrouille les mots. Le ixiragouin , c'est le fond , cTest la cbose; le bairagoumage , c'est le fait de sa manifestation : on ne comprend rien au ^kvragouin d'un bomme dont on écoute le baragwginage , ou dont le barogovrntf^tf étourdit , fatigue, impatiente.

fABT, FAETAGfi. Portion d'un tout qui échoit f quelqu'un.

Partage (p<#fem agere) est le résultat de Tac-* tion de partager ; il suppose une distribution : on a et on prend pcnl , et non fartage , à quelque cbose *, mais on a , on reçoit en partage , une chose tond»e en poirtage, La part se considère par rapport à la cbese, et partage par rapport à l'événement qui la fait échoir i tel ou tel.

En parlant d'un objet qui me rerient , je dirai également : toilà une belle part, et roi là un beau partage; la première expression sera relative à l'objet , et la seconde au sort , à l'accident oui me l'assigne exclusivement à tout autre. D'un ft>ut on lait deux, trois, six parff , et chacune devient le partage de quelqu'un.

Part se rapporte davantage, non-seulement à la. chose, mais aussi au tout auquel tenait la p«rf, et partage se rapporte, non-seulement au fait, mais encore à la personne qui reçoit la pairt distnbuée : la témérité est le partage de la jeunesse.

D&BiCLE, DiBÂCLAâE. Ils donnent Tidéed'un embarras dté , surtout «n parlant d'un port qu'euecnmbniient deft bateaux.

Danos éébâete le foit est pfésetité en lui-même : la débâcle permet de se mouvoir librement ; dans débdclage il eet considéré par rapport à l'action : deH règlements prescrivent le débdctage k cérlaines époques, et l'on donne tant aux ouvriers pour cette opération. Le débdeiage a tellement pour caractère l'activité, qu'il est toujours le fait volontaire de l'homme ;. au lieu que la débdék est souvent involontaire , fatale , inattendue : telle est la débâcle d'une rivière couverte de glaCe. -^ La différence revient donc à celle de treilU et de frnliage.

lAftiOtfR , LABOimAGB. TOUS deux donnetfl ridée du remuement de la terre fiait ponr la rendra fertile.

Mais le UAotgr se considèt^ absolument, eh soi , par rapport à la terre seule et Indépendamment de l'action efUect^e de labourer. On doAne & uiie terre un ou deux lahourt; un labou/t est Hgcf , superficiel, profond. < La terre de Lotrador est ainsi nommée, parce que le labour y est ingrat*» VotT. « Souvent les grains de fer se montrent par le làhow à quelques pouces de profondeur.» Borr. « Est-il bien prouvé que vingt-cinq mille hommes vigoureux soient plus utiles avec deux sceaux qu'ils ne le seraient au ktbour? » BbâU*.

tabouftage, au contraire, fait penser k l'action de labourer , à l'opération , à la peine , au salaire de l'ouvrier qui laboure , à la saison où on laboure ; en un mot , à tout ce qui concerne Fart du labourage et sa pratique. L'art , le temps , les instruments du labourage; s'occuper de {aboixrei^e; surveiller, payer le labourage de ses terres. < Le labourage mis en honneur a adouci les peuples fkrouches*. • FÉir. « La promenade se dirigea irers le coteau, d'où nous jouîmes du spectacle du labourage. » tf ARH. a Dans un dialogue qui a pour titre Hiéron , Xénophon montre quel avantage ce serait pour un £tat si le prince était attentif à récompenser ceux qui excelleraient dans le labourage et dans la culture des terres. ».Koll.

COEUR, COURAGE. Disposition de l'âme opposée à la crainte.

Le premier de ces mots sert à caractériser tm sujet en soi , intrhisèquement , et le second à le faire connaître extérieurement, comme ouvrier, par ses actions.

.Cest ainsi que Oirard les distingue: «Le cânif , dit-il , bannit la crainte et la surmonte ; il ne permet pas de reculer et tient ferme dans l'occasion: le courage est impatient d'attaquer; il ne s'embarrasse pas de la difficulté , et entreprend hardiment. Le coeur soutient dans l'action ; le courage fait avancer. »

On a du cceur ou on en manque : on signale son courage , on combat avec courage. « Nos pères croyaient que celui qui ne se venge pas n'a point de cœur; ils ne faisaient pas attention que c'était faire un usage pernicieux du courage que de l'employer à la destruction du genre humain. » Vauv. L'homme de cceur se conduit avec courage , se distingue par des traits de courage.

GEUTRE. OUVRAGE. Ce qui résulte d'un travail.

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