PREMIÈRE PARTIE
Plus ponr votre inlérèl qiM pour jbou aUègêOMe. Et Camille, dans Horuce^ à Sabine qui loi apprend que le combat est différé :
Et tout Valtégemeni qa'il en faat eapéraTt
C'est de pleorer pins tajnd ceux qu'il (àudra pleurer.
Allégeance est vieux; on en trouve quelques rares exemples dans Ifalber^, Corneille, Molière et Lafontaine. Il a pourtani une nuance spéciale par rapport à (MégevMfU^ tout comme ré$o^ nonce i l'égard de résonnement: on dit la rée&nnonce de Tair (I>ESC.),ôt le résonnement d'une voûte (ÀCÀn.) '
Mlégement n'a jamais cessé d'être usité en prose conmie en vers, quoiqu'il se dise assez peu. < Quand nous sommes dans l'affliction à cause de la mort de quelque personne pour qui nous avons de Tafiection , il est indubitable qu'il £aut recourir directement à la source , et remonter jusqu'à l'origine , pour trouver un solide oUégement, » Pasc. oc Ce poids est resté jusqu'à ce jour saos aUigement sur ma conscience.» J. J.
TERMINAISONS ÀSC^ M lOJf.
OhserùQfMe^ ohterwxion. Yacancegy mcoHms.
Apparence, appariHon. Adhérence y ttdhésion. Cohérence^ cohéeion. Dégénérescence , déginération, Prédomincmce , prédominatiûn. Séance , session.
Ces terminaisons donnent toutes deux l'idée d'une action ou d'un état signifié par le verbe radical; avec cette différence que la première ayant évidemment le plus grand rapport avec le participe présent, tient comme lui de l'adjectif ainsi que du verbe, et, par conséquent, exprime une action plus prolongée, un état plus permanent, plus absolu , ou bien même le résultat de l'action marquée par ton.
OBSERVANCE, OBSERVATION. L'idée d'observer quelque chose de prescrit , une loi ou une règle , est commune à ces deux mots. Mais ils ne sont synonymes que quand ils se disent également en matière religieuse. Dans tout autre cas, on ne se sert que du mot observcUion.
ObservaHtm signifie proprement l'action d'observer, un fait particulier. « Le généreux Êléazar demeura ferme dans Vohservation de la loi, malgré les ordres du tyran et la sévérité de ses me naces. » Bouan. Observance désigne l'action habi tuelle d'observer, la pratique. « Notre repos est dans Vchservance exacte de la loi de Dieu.» Boss. — Polyeucte devant l'autel de Jupiter se refuse à V observation du culte païen. « Pline « Elien et d'autres auteurs n'ont pas craint de donner aux éléphants une religion naturelle et Vobseroance d'un culte. » Boff. — Vcbservatiùn est d'un honmie qui observe, qui fait l'action d'observer; et une action est toujours quelque chose de passager. Vobservance est d'un homme qui est observant, qui a la qualité d'être observant; et la possession d'une qualité suppose toujours de la durée.
D'autre part, observation est un mot subjectif, qui fait penser à la personne qui agit. « La réforme se vanle d'une obsercation étroite de l'Évangile. » Boss. c L'Eglise d'Auvergne a mérité
ces éloges par VobeervaHôn plus régulière ées anciennes loi&. » Mass. Obsenanu est objectif eH ne se rapporte qu'à la chose observée , à û régla. «Dans un .monastère Dieu est glorifié par Vobservemce exacte de la règle. » Bourd.
Bien plus, observance signifie quelquefob ia règle elle-même. « Dieu dicta à Moîse les oèsefvanees de ia religion. » Boas. « Pythagore prescrit des observances impraticables. » BAJtta.
VACANCES, VACATIONS. Ces deux noms pluriels marquent le temps auquel cessent les exercices pubUcs.
Mais l'un se dit de la cessation des études dans les écoles et dans les collèges , l'autre de la cessation des séances des gens de justice. Cette différence est fondée en raison : les éoolieTs ne foat rien dans le temps où cessent leurs études, ils sont en vacances , o'est-^-dire dans un état de repos absolu ; les gens de justice s'occiq^ent de leurs affaires pendant qu'ils cessent de s'occuper des affaires publiques, c'est-à-dire durant les vacations^ ou temps de repos relatif que la loi leur accorde. Tacances exprime donc d'une manière plus absolue et plus constante l'idée sigmifiée par le verbe radical , vocore, avoir du loisir; il n'a aucun rapport à l'action.
« On ne doit pas dire vaosÀùms , e^ykXie Beauzée , en parlant des études , parce que ce n'est qu'une suspension accordée au plaisir. Mais on peut dire vacances en parlant des séances des gens de justice, parce que, ce temps étant aban> donné à leur disposition, ils peuvent, à leur gré, l'employer à leurs affaires personnelles ou à leur récréation : dans le premier cas, ils sont en vaeaXions; dans le second, ils sont en va-
Pendant les vacances ^ c'est-à-dire pendant que les tribunaux vaquent , il y a une chambre des Docattonf , c'est-à-dire qui agit et remplit de aoa action ce temps de loisir, s Les vaoanees de li chicane font partir bien des gens.... Je m'en vais courir en Bretagne pendant les vacances^ et^ à mon retour, je m'abandonnerai à toute la chicane.» Se v.~ Mais on ne reste pas ainsi oisif pendant les vacations, c Mettre à profit un temps de vacouUons pour faire un ouvrage. » D'Ag. «Lainoignon passait les vacations à Basville ; il y méditait les discours qu'il devait prononcer à la rentrée du palais. » Roll.
APPARENCE , APPARITION. Ces deux mots qui signifient ce qui se présente aux yeux sous une certaine forme , sont très-peu synonymes , mais très-propres à faire toucher au doigt la différence des deux terminaisons.
Apparence tient de l'adjectif, c'est la qualité de ce qui est apparent; apparition tient plus du verbe , c'est la manifestation subite de ce qui apparaît. L'un est l'aspect continuel d'un objet sous la même f(»me, l'autre est le fait instantané, l'action de se montrer tout à coup.
ADHÉRENCX, ADHÉSION. Union , Jonction d'une chose qui tient à une autre.
oc Ces deux termes, dit Laveauz, s'emploient souvent l'un pour l'autre. Cependant adhérence a plus de rapport à l'état , et adhésion en a davantage à la force qui produit cet état. Vadhérenc£
SYNONYMES QUI ONT LE HfiMB RADICAL.
P.« sabsiste plus <^and las corps sont séparés; |r<nr les séparer, U faut ▼aiccre Yadhéiion. »
Deoz objets adhèrent en Tertv de la force d*adhérion y et lear union qui en résulte est VocUi^- { renée. Les parties d^un toat ont entre elles peu ou beaucoup ^aâhéreaee , et, si <m veut les dii^oindre ^ il faut « une foree assez grande p<^ur surmonter la force à*aiÀésùm qui les tient uni».* Buff.
Au figuré , Vadkérmce est une attache , un lien , quelque chose desonflert, par quoi on est retenu. < Les apdtrrs étaient capables de mouTements in- TOlontaires, et ils leur cédaient quelque those : par exemple, saint Barnabe n'était peut-être pas sans quelque passion et sans trop à*4idhérenoe à son sens , quand il' se sépara de saint Paul au sujet de saint Varc * Boss. Maie VadMâon est un attachement, un acte Tolontaire par lequel on se joint à quelqu'un ou à quelque cho^ e. «Les saints , en témoignage de leur plefne adhétion à la vo- Ion té de leur Dieu, s'écriaient afnen. » In. Dans son adkésifm et sa soumission à l'Église , un chrétien doit se déikire de tonte ùdhérence à son propre sentiment (Boaxn.).— L'adhérence étant inrolontafreet par conséquent aveugle , ce mot se prend d'oidinaire en mauTaise part : adhéreuce i Terreur (Boss.).
COHéÙSNCB, GOHÉSIOn. Liaison de choses qui se touchent mutuallement par tous les points.
La difrérenee de ces mots est absolument la même cpe celVe des deux précédents. La cohérence résulte de la coMston : Tune marque l'état, l'autre la farce. Si les corps perdaient leur cohérence , si Dieu suspendait l'action de la force de cohésion, tout serait réduit en poussière (Buff.).
DÉGÉNÊRSSCBiaS, DÉGBNKRATION. Abâtardissenent.
La dégénération mène i la dégénérescence j elle en est le commeacemeal; c'est un progrès vers l'état marqué par ce dernier mot. Ordinairement momentanée, la d^f^n^rolie» ne s'étend pas à toute la race et n'atteint que quelques individus. — En médadne , on désigne plutôt par dégénératûm que par dégénérescence une altération qui survient dans les solides ou dans les liquides, parce qu'on la considère par rapport à sa cause.
PRÉDOHBUNGE, PRÉDOUINATION. Supériorité qui consiste à se faire La plus remarquer ou sentir.
La prédominanee est la qualité de ce qui est prédominant, et la pf^dominatton est l'action de ce q[ui prédomine : l'un marque l'état, l'autre le fait. On dit que des ol]jets sont en prédominance , et non en fM-tfdomûiatiof».
SéANCB, ftESglOS. Temps employé par une as^ semiilée ou par uae compagnie à l'examen ou à l'expédition de ce qui les occupe.
La différence évidente de ces deux mots contredit U régie générale. La séanée qui devrait, | en vertu de sa terminaison, avoir plus de durée et de permanence, ne désigne, au contraire, qu'une portion du temps dont session désigne la { durée entière. C'est là une de ces nombreuses i anomaliea que le xix* siècle a introduites dans
deux longues harangues dans les deux premières sessions du concile de Lyon. » Volt. « On y décrète (à ce concile) , dans la vingt-quatrième session^ que le lien du mariage est perpétuel depuis Adam. » lo. Bn transportant ce mot à nos corps délibérants , que ne lui a-t-on laissé cette signification restreinte , qui résulte nécessairement de sa terminaison?
Voltaire avait donné l'exemple de la précision à l'égard de ces deux mots. Il avait dit , d'une part : « Les séances du parlement (jusqu'à Philippe le Bel) duraient environ six semaines ou deux mois. » Et, d'un autre côté , dans le drame intitulé 5ocrate, il fkit dire à un juge qui se lève pour terminer la séance du jour : « Oui , oui , nous les pendrons (les géomètres) à la première session. Allons dîner. » A la première sasion veut dire évidemment la première fois que nous nous assemblerons de nouveau pendant quelques heures pour juger.
TERMINAISONS ÀNCE et TÉ.
Impuissanee, impossibûiîé, Kaissamey naHnté.
La terminaison afic« rappelle le verbe et l'adjectif; quand elle ne marque pas une action, mais un état, elle a toujours quelque rapport à un agent. La terminaison té ne rappelle que l'adjectif, et désigne une qualité ou un état dans un objet, sans aucun rapport à un sujet qui agit. Ensuite, quoique ces deux désinences dérivent directement du latin , la première se trouve dans notre langue .plus souvent ajoutée à des radicaux français ou plutôt ayant une forme française, comme croyance , défaillance , dissemblance , prévoyance,
IHPUISSANGB, IMPOSSIBILITÉ. Tous deux expriment une certaine insuffisance de force par rapport à un e&t.
a Vimpuissance^ dit Condillac, est dans la cause qui ne peut produire la chose ; Vimpossibilité est dans la chose qui ne peut être produite. »
Mettre quelqu'un dians Vimpuissance et dans VimpossibiUté de faire ce qu'il veut , c'est l'en empêcher en lui suscitant des difGcultés ; mais ces difficultés sont telles dans le premier cas qu'elles ne lui permettent pas d'agir ou d'agir suffisamment, et telles dans le second qu'elles rendent la chose inexécutable en soi , impossible.
NAISSANCE, NATIVITÉ. Ces deux mots expriment l'instant ou le jour où une créature humaine vient au monde.
Mais l'un, malgré sa terminaison latine , est un mot tout français, tandis que l'autre est traduit directement du latin nativitas. De là leur différence. Naissance est un terme ordinaire et commun qui s'applique indifféremment à toute créature humaine; et nativité, un terme de rituel, consacré par l'Église pour signifier la naissance de Jésus-Christ ou de quelque saint personnage : la nativité de Notre-Seigneur , la nativité de la Vierge, la nativité de saint Jean-Baptiste.
notre langne. Auparavant session signifiait les \ Nativité s'est dit aussi dans le langage de l'asquelques heures, le temps de chaque jour , oùles trologie ou par allusion à cette prétendue science. membres d'un coneUe se réunissairat : « Inno- I « C'est mon étoile , disent-ils , c'est mon ascencent Vf prononça contre l'empereur Frédéric II , \ dant, c'est l'astre puissant et bénin qui a éclairé