‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymes, ouvrage qui a obtenu de l'Institut le prix de linguistique en 1853 et en 1858 (volume 2)Chapitre 153 sur 426 · COSMOGONIE, COSMOGRAPHIE, COSMOLOGIE · texte numérisé non relu

COSMOGONIE, COSMOGRAPHIE, COSMOLOGIE

Le radical commun de ces trois mots consiste dans leur première partie , laquelle vient du grec xoa l&o;, univers ou monde : ils expriment des sciences de l'univers ou du monde. Leur diftérence

PKEMIÈR£ PARTIE

tient à leurs terminaisons composées , toutes trois également dérivées du grec.

Gonie , qui termine le premier mot est fait de YCv»<i0at, devenir, naître; graphie, désinence du second , a pour racine ^pàçeiv , décrire ; logie, qui se trouve à la fin du troisième , tire son origine de Xoyoç , discours , raisonnement , science. De sorte que eosmogonxe indique la science de la formation de l'univers ; cosmographie , la science qui décrit Tunivers , qui enseigne la construction , la figure , la disposition et le rapport de toutes les parties qui le composent; et cosmologie ^ la science par excellence , ou la science rai sonnée de l'univers , c'eet-à-Klire une science générale qui , sans entrer dans les détails , comme la cosmographie , tâche de découvrir une partie des lois par lesquelles Tunivers est gouverné.

Ijl cosmogonie est conjecturale : elle fait des hypothèses sur la naissance et l'étal primordial du monde. La cosmographie est purement historique et descriptive : elle expose^ dans toutes ses parties et ses relations , l'état actuel de l'univers tout formé; espace de physique générale, qui tient, d'une part, à l'astronomie, de l'autre, à la géographie. La cosmohgie est inductive et rationnelle ; plus spéculative , plus métaphysique que la cosmographie , qui se borne à l'observation , elle s'occupe surtout des rapports nécessaires, des lois -, elle montre l'analogie et l'union qu'ont entre elles les parties de l'univers , et son utilité principale consiste à nous élever par les lois générales de la nature à la connaissance de son auteur.

TERMINA.ISON IS£.

Femte , feùuist.

La terminaison ise , d'origine toute française , est familière , et se prend d^ordinaire en mauvaise part pour exprimer un défaut, ainsi qu'on peut le voir par les mots , balourdise , bêtise , sottise , couardise, fainéantise, friandise, paillardise. C'est pourquoi les noms en ise ont quelques synonymes en erie. Parmi les substantifs peu nombreux qu'elle termine , plusieurs sont tombés ou tombent en désuétude, comme hantise et chalanfOse; et quand un substantif en ise est synonyme d'un substantif autrement terminé, si l'un des deux cesse d'avoir cours , c'est plutôt le substantif en ise. Or, le substantif en ise qui vieillit, et par cela même qu'il vieillit, a un air de bonhomie , de naïveté et de familiarité étranger à son synonyme.

Tel est, en effet, le caractère distinctif de feitUise par rapport à feinte. Charron a parfaitement observé cette différence. Il dit ^uelqae part : « Des faits et dits internes , pensées , opinions , créances (ou la feinte est bien grande , et qui eufin se décourre) sourdent les externes. » Et ailleurs : « Les petits déguisements, faire la petite bouche , les figures et feintises , qui sentent à la pudeur et modestie , vont fort bien aux femmes, sont là au siège d'honneur.'» Saint-Simon a aussi employé feintise avec la nuance qui lui est assignée ici. « Le cardinal Albano eut vraiment

peine et sans feinHsÉ d'accepter le pontificat. »- Cette même remarque trouve son application i l'égard des mots simplei$9 et timplicité* (Voy. pag. 1».)

TERMINAISONS ISE ET ËRIB.

Cafardisâ , cafarderie» Lourdise , louràerie.

Ce qull y a de comninn entre ces dent lenninaisons , c'est d'être familières et d'inéiqoer des défauts ou des actes qui en émanent, ilais knr différence vient de ce que primitivement erte désigne un métier , une profession, une habitude, la répétition des mêmes actes, tandis qu'aucun nom de métier ne se termine en i$e. En générai, erie marquera plutôt le déAiut et tce l'acte ipïi eau dérive. Mais supposons que fcmt deux marquent en même temps ou le défaut eu l'acte. Tout nom en erie, exprimant un défaut, fait entendre qu'on se livre habituellement aux actes provoqués par ce défaut; ce que ne sup^se en aucune sorte oa nom en ise significatif du même ûétsMt. Tont acte vicieux , dont le nom se termine en erîe, est liabituel; et le même nom terminé en ise n'emporte pas cette idée.

GAFARDISE, GAFARDERIE. Ces deux moU se disent en parlant du cafard , de sa manière d'être ou de «a manière d'agir.

Cafardkt sTentend pKitôt de sa manière d'agir, d'un acte particulier ; et cafarderie , de sa manière d'être , de son défaut. L'asage a presque rqeté cafcprdise , par la raison toute simple que ufarderie convient aussi bien pour marquer l'acte que le défaut. Tous deux néanmoins méritent d'être conservés; car, si cafardtrie peut exprimerai! acte particulier de cafaixi, il le fait avec une nuance étrangère & cafardise , et qu'on n'a pas toujours l'intention de faire entendre : il représente la personne comme commettant fréquemment ou comme étant dans l'habitude de commettre des actes semblables.

LOURDISE, LOURDERIE.Ces deux mots, beaucoup moins usités que leur synonyme èa^ourdtse, signifient une faute grossière contre le bon sens , contre la civilité ou la bienséance.

On fait une lourdise en passant , et des laurden>5 continuelles; la lourdise est causée par l'irréflexion , et la totirdme vient de ce qu'on est un lourdaud, a La lourdise de sa réponse fiit inexprimable. » S. S. La comtesse d^Escarimgnat., dax^ la pièce de Molière qui porte ce titre, relèvn les Umrderies de son valet Criquet.

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