TERMINAISONS ON KT MENT
Juron , jurement.
''juron, jurement. Affirmation qu'on fttit d'une chose en prenant mal à propos à témoin ou Dieu ou ce qu'on regarde comme saint , comme divin.
Juron , par sa terminaison diminutive , indique un jurement contenu en peu de mots et qu'on emploie à chaque instant : Ventre-Saint-Gris ! était le juron de Henri lY. « Le mot de juron , dit Girard , dont nous empruntons ici les distinctions en les expliquant, tient de l'habitude dans la façon de parler.» —Le jurement n'est pas bref et ha bituel comme le juron; il tire plus à conséquence et n'a lieu que lorsqu'on s'emporte, lorsqu'on veut, non pas seulement donner au discours un air assuré et prévenir la défiance , mais confirmer expressément la vérité d'un témoignage.
Ensuite , jurement , traduction du mot latin , jwramentum, est plus noble, plus relevé que jiiron. Ce dernier , avec sa désinence toute française , commune et populaire , appartient au style familier. Destouches et Lafontaine l'ont mis dans la bouche de paysans grossiers parlant patois. Je n'entendons jamais cesyurorw-li cheusnous. Dm.
Jurement n'est au-dessous d'aucun écrit m d'aucun sujet. « S. Pierre renia son maître avec juremenUy» Boss. « Que de jurements dans le jeu 1 » Pasc. c Autrefois l'irréligion , les jurements , les
PREMIËRB PARTIE
Wasphèmes régnaient à la cour. » Bourd. « Ami , point de jurements , dit le bénin quaker. » Volt.
TBRMINAISCW3 ON rr lOW.
Cmtrefapm^ oonlrefaaim.
En s*ajoutant à un même radical verbal , ces deux terminaisons donnent naissance à des substantifs féminins abstraits dont la valeur est à peu près, mais non pas tout à fait la même. Ceux que termine ton conservent rigoureusement le même sens que les mots latins auxquels ils correspondent , c'est-à-dire qu'ils signifient l'action de faire ce qui est marqué par le verbe radical : ainsi exhalation marque l'action d'exhaler; et inclination , l'action d'incliner. Ceux , au contraire , qui sont terminés par on , terminaison toute française , ont éprouvé pour le sens une légère altération, comme ils en ont éprouvé une pour la forme : ils signifient moins l'action même que son résultat ou son effet. Ainsi VexJiafmson est le produit de Vexhalation, et Vinclinaison est l'état d'une chose inclinée. Quoique moins grande , la différence est la même entre les deux mots suivants, que nous allons distinguer en prenant Roubaud pour guide.
CONTREFAÇON , CONTHEFACTION. Ils désignent l'imitation d'un ouvrage , d'un livre , d'une marchandise dont la fabrication est réservée.
Hais l'un se rapporte plus à l'ouvrage et aux qualités qu'il a reçues , l'autre à l'agent et à son mode d'agir. Ainsi, vous direz plutôt contrefaçon, quand il s'agira de marquer le mérite de l'ouvrage , sa fabrication , la main-d'œuvre ; et contrefaction , quand vous voudrez parler du mérite de l'ouvrier, de sa faute, de son délit.
Le public se plaint ordinairement de la contrefaçon d'une marchandise , parce qu'il n'a égard qu'à la malfaçon, à la mauvaise qualité de la chose. « Quelques amis zélés ont imprimé cette pièce {la Mère coupable), uniquement pour prévenir l'abus d'une contrefaçon infidèle , furtive et prise à la volée pendant les représentations. » Bbaum. — Les auteurs et les libraires se plaignent plutôt de la contrefaction d'un livre , parce quils regardent l'atteinte portée à leur propriété par le contrefacteur. « Par ce moyen , la contrefaction , si elle a lieu , ne nuira point au libraire d'Amsterdam. » J. J.
L'objectivité de contrefaçon va jusqu'à signifier quelquefois l'ouvrage même qui est contrefait : ce livre est une contrefaçon; et la subjectivité de contrefaction se montre avec non moins d'évidence , quand ce mot nous sert à marquer l'action d'imiter dans des vues coupables l'écriture ou la signature de quelqu'un.
TERMINAISONS OiT bt ÉB.
Yallon^vaUée.
VALLON , VALLÉE. Espace renfermé entre des montagnes.
« Vallon , dit Girard , semble signifier un espace plus resserré , et mllée semble en marquer un plus étendu. » C'est en effet ce qui résulte, non-seulement du genre , mais encore des termi-
naisons des doux mots : celle de vaUon est diminutive , tandis que celle de vallée exprime une grande compréhensko. Dans le sacré vallon h Fable établit la demeure des Muses ; daas la vallée de Josaphat doit se faire le jugement rrnÎTersel.
a Une grande vallée est comme un tronc qai jette des branches par d'autres vallées , lesquelles jettent des rameaux par d'autres petits tMlbms. > BuFF. « Ces déblais ont formé les petites couches de terre qui recouvrent actuellement le fond et les coteaux de ces vallons. Ce même eSét a eu lieu dans les grandes vallées. > In. Le vallon fêt étroit (RotL. , Marm. , S. S.) , petit (Roll.) , agréable (FÉN.); on se promène dans un béas valhn orné de fleurs (In.). Mais la vallée est grande (Les.) , spacieuse (Laf.) , profonde (Fin. ,^oll.) ; Voltaire parle des vallées des Alpes , et des pro fondes et immenses vaMées qui sont sons les eaux de l'Océan.
Si la poésie pastorale et la poésie légère em ploient de préférence le mot vallon , ce n'est pas qu'il soit plus noble en lui-même, c'est que le vallon y comme le bosquet (petit bois), permet, par son peu d'étendue , qu'on le pare, qu'on lui donne une disposition champêtre et gnctevae.