TERMINAISON IF
Malade^ tnaladif.
Cette désinence vient du latin ivusj dont le sens est le même : actif, ive , activus; captif, ive , captivus. hus se compose de i qui tient au radieal , et de ma qui est pour vis , car on dit également en latin , par exemple , proclivus et proclivis. Or, vis signifie puissance, propriété d'agir et quelquefois de souffrir , active ou passive ; on dit bien en latin , vis ineriix , force d'inertie ; Cicé- Ton a employé l'expression vis sentiens, propriété sensitive , et en français la terminaison if se
effets qui en émanent. En s'ajoutant à un même radical, elles forment deux adjectifs qui ont i peu près le même sens , puisqu'ils expriment tous deux la propriété de produire le même effet marqué par le radical commun. Tels sont, par exemple , actif et agissant , vif et vivant , nutritif et nourrissant, constitutif et constituant, justificatif ti justifiant , consolatif et consolant , attractif ei attirant, significatif et signifiant, intellectifei intelligent, cognitif et connaissant, etc. Ces adjectifs synonymes , pris deux à deux , ayant le même radical, expriment la propriété de produire le même effet, mais leurs terminaisons étant différentes, ils doivent la présenter sous des faces différentes. C'est effectivement ce qui a lieu.
La terminaison if vient de vis, propriété; elle est relative à la propriété naturelle d'où provient l'effet : la terminaison ant est celle du participe présent; elle est relative k l'effet marqué par le verbe auquel correspondent les deux adjectifs. L'une fait considérer la qualité en elle-même, * comme inhérente k la chose , comme faisant partie de sa nature , et c'est pourquoi les adjectifs en t/ s'emploient surtout avec les mots, puissance, faculté, propriété; l'autre la fait considérer hors de la chose , dans sa manifestation , par rapport à l'effet. En d'autres termes encore , les adjectifs en if sont à priori , et ceux en ant à posteriori , par rapport à l'effet; c'est-à-dire que les uns marquent une qualité d'où devra provenir un effet , et les autres la même qualité d'où on a vu provenir le même effet. On juge qu'un objet a la trouve à la fin d'adjectife qui marquent repos, ! qualité marquée par if, parce qu'on sait que Qpnmie oisif. En conséquence, tf désigne la pro- > c^tte qualité s'y trouve en puissance de devenir priété de 7 et ordinairement la propriété plus ou effective; on juge qu'il a celle marquée par ant,
moins intensive de faire quelque chose , propriété non essentiellement et actuellement effective. En an mot , c'est une terminaison potentielle , et le plus souvent facultative active. Quoique presque toujours elle termine des qualificatifs verbaux, et s'ajoute à un supin latin , elle est à base nominale ou adjective dans l'exemple suivant , où elle conserve néanmoins en partie sa valeur.
KALADE, HALADIF. Ils qualifient un homme |ui ne jouit pas d'une bonne santé.
Malade se dit de celui qui possède actuellement A qualité signifiée par le radical , le mal ou la nalaxiie. Le maladif n'a que des dispositions à «tte qualité ,îl ne la possède qu'en puissance ; il a n lui-même un principe actif de maladie qui ne e développe pas , mais peut se développer ; il est ujet à être malade , comme dit fort bien l'Acalémie.
TERMINAISONS IF et ANT,
ictif, agissant. Vif, vivant. Nutritif, nourrissant. Constitutif, constituant. Justificatif, justirant. Consolatif y consolant. Attractif, attirant. Significatif, signifiant. Intellectif, intelligent. Cognitif, connaissant. Perceptif, percevant. Etc.
Ces deux désinences terminent des adjectifs rerbaux, lesquels désignent, en tant qu'adjec-
parce que cette qualité s'y est déjà montrée effective. La qualité est donc connue par la cause dans un cas , et par l'effet dans l'autre.
C'est pourquoi les adjectifs en ant sont du langage commun et expriment la qualité d'une manière plus grossière , plus visible , plus commune ; tandis que les autres, sont plutôt du langage scientifique et expriment la qualité d'une manière plus didactique , plus spéculative , plus abtraite '• La médecine, par exemple, possède quantité d'adjectifs en if: confortatif, dormitif, àbstersif, détersif, purgatif, dissolutif, sédatif, etc.
ACTIF, AGISSANT. Ils expriment l'un et l'autre la propriété d'agir, la disposition à l'action.
Mais l'être actif est seulement propre à agir, quoique n'agissant pas encore , ou quoiqu'on ne le considère pas comme agissant actuellement; l'activité est en lui une qualité essentielle , une manière d'être conçue indépendamment de toute manifestation. « Ceux qui mettent dans le corps des vertus ctcHves, ou des actions véritables, n'en ont aucune idée distincte. » Boes. « Le feu
4. Une autre raiion, toute grammaticale, de cette différence de noblesse, consiste en ce que l'adjectif en ant se forme du verbe français ou (tancisé , au lieu que l'adjectif en (/' prend toujours pour base le sapin latin : nourrittant, de nourrir; nutritif, de nutrire, nutritum; de même , justifiant et justificatif, signifiant et significatif, desséchant et dessiceatif, etc.
PREMIÈRE PARTm
actif, ou plutôt actueHemfflit en exercice sku les matières combustibles, est le seul agent qui puisse altérer la nature de Taif. » Bupp. « Glarke n'ose pas dire qu'il ait été longtemps impossible à rêtre éternellement aeliif de déployer son action. » Volt.— L'être agistani , au contraire , n'est pas seulement propre à agir, il agit effectivement, il produit des effets qui indiquent* visiblement son activité. « Il s'est montré dans les plus grands embarras autant paisible , autant dégagé , qxC agissant et infatigable. » Boss. « Si on compare l'homme et la femme , l'homme est le plus agissant y le plus allant, celui qui voit le plus d'objets. » J. J. « La cause universelle est nécessairement agissante, puisqu'elle agit, puisque laction est son attribut. » Volt.
En disant d'un homme qu'il est actif, vous le dépeignez en lui-même comme ayant tel goût, comme ennemi du repos. « On est vif ^ actif, entreprenant , ennemi du repos. » Mass. « Qu'elles sont difficiles à guérir, ces vapeurs , quand le remède est de s'hébéter , de ne point penser, d'être dans l'inaction ! C'est un martyre pour une personne aussi vive et aussi active que vous. » Sév. — Ouand on dit d'un homme qu'il est agissant, on le représente comme menant une vie agissante, on rappelle l'idée des mouvement» qu'il se donne. « Notre maître Simon , le courtier, honmie agissant et plein de zèle, dit qu'il a fait rage pour vous. 3> Mol. oc La charité toxqours agissante sait trouver des emplois. > Boss. « Je ne manque pas d'occupation. Il faut que j'aille chez le traiteur, de là chez l'agent de change; de chez l'agent de change au logis , et puis il faudra que je revienne ici. Gela s'appelle une vie assez agissante. 7> Les.
-ich/ annonce plutôt une activité intérieure, et agissant une activité qui se produit au dehors et se manifeste par des mouvements ou des résultats apparents, ce L'inquiétude est l'impatience d'une humeur active et remuante. » Boss. « Une fbi agissante et féconde en bonnes œuvres. » In.
On dit , dans un sens particulier , d'un remède ou d'un poison, qu'il est très-actif ou très-a^wsant, c'est-à-dire très-fort, très-énergique; la différence alors est encore la même : l'activité de l'un est considérée dans l'objet sans égard à l'effet, comme étant la propriété naturelle , essentielle de l'objet; celle de l'autre est manifestée et s'estime par l'effet.
VIF , VIVANT. Qui a vie , qui n'est pas mort.
Ce qui est vif est doué de vie, ce qui est vitwit vit. Vif s'applique à une foule de choses dont on peut dire figurément qu'elles ont de la vie, un principe d'activité, de développement, mais non pas qu'elles vivent : chair vive , chaux vive , eau vive , foi vive.
En parlant des hommes , vif exprime une qualité, wane un fait; et c'est pourquoi on a raison de dire , livrer un proscrit mort ou vif, et , de ses fils cinq sont encore vivants. Vif est une épithète qui fait connaître une manière d'être du sujet qu'elle accompagne; vicani est un attribut indiquant que le sujet existe. On eet pris vif, brûlé vif, écorché vif, enterré vt/; quelqu'un est encore ou n'est plus vivant, c Les brachmanes (
font gloir« de prévenir Imir deniière faeare et de se faire brûler lout vif^ » RoLl. <é Hélas! mon frère serait encore vivant, s'il n'avait jamais en de quoi eontcnter ses désirs. » Péif«
Ensuite, vif dénota la fecuhé de contmuer & vivre, tandis que vivant est restreint au présent. Ce qui est vif n'est' pas mort, en ce sens qu'i'. renferme toutes les qualités des êtres destinés à vivre : tel est le bois vif. Ce qui est vivant n'est pas mort , en ce sens qu'il vit encore présentement, que l'événement de la mort ne l'a point encore frappé : Dieu viendra juger les vivants et les morts. On tient à prendre vif. jm ennemi dans certaines vues ultérieures, afin de le livrer à quelqu'un , afin de pouvoir lui faire subir tel ou tel sort , le mener en triomphe , le mettre à la torture , ou l'échanger contre un prisonnier considérable (Boss.) ; tous les prisonniers de guerre sont pris vivants (koll.) eu égard à ceux de leurs compagnons qui ont péri sur le champ de bataille.
NUTRITIF, NOURRISSANT. Propre à nourrir.
Nutritif est un terme de science , abstrait , et signifie, qui a la vertu de nourrir; nourrissant est un mot du langage commun dont le sens est, qui a pour effet de nourrir.
La qualité de ce qui est nutritif se eonsidèie dans la chose qui en est dtniée , comme lui étant inhérente y comme une puissance , indépendamment de toute manifestation. Buffon suppose qu'il y a dans la nature une matière qui sert à la natrition et au développement de tout ce qui vit et végète; il l'appelle matière nttftntwe. « L'avidité avec laquelle la plupart des animaux recherchent et avalent l'ambre gris semble indiquer que ce bitume contient une grande quantité de matière gélatineuse et nutritive. » Bdff. — La qualité de ce qui est nourrissant est , non pas virtuelle , mais actuelle, effective, déployée et connue par le développement : on juge que tel pain, tel fruit, tel végétal ou légume , tel lait , tel fromage est nourrissant en voyant l'effet qu'il a produit dans ceux qui en ont usé. « Le manœuvre anglais boit d'une bière aussi nourrissante que dégoûtante, qui l'engraisse.» Volt.
On pourrait faire voir qu'un aliment nouveau est nutritif et nourrissant : nutritif, en disant connaître , avant toute expérience , ses propriétés chimiques et médicinales; nourrissant, en montrant ou en citant des personnes qui se trouvent fort bien d'en prendre.
CONSTITOTÏF, CONSTITUANT. Qui ala propriété de constituer.
La chose constitutive a la propriété de constituer, car elle est essentielle à la constitution: la chose constituante a la propriété de constituer, car elle constitue. Sans ses parties constitutives, un objet ne pourrait pas être; sans ses parties constituantes, il ne serait pas. Constitutif est pour l'idée; il se dit de l'objet idéal, possible, abstrait : la divisibilité est une propriété constitutive && l'étendue, c'est-à-dire que l'étendue ne serait pas possible ou concevable sans la divisibilité. Constituant est pour le fait; il se dit des objets réels : les parties constitwmtes dont un corps est composé (Volt^.
SYNONYMES 01» OMT LE MÊME RADICAL
JPSnnCUlXF» JCSnnàRT. Qui a le pooTOir de justifier.
jMsHfiiaHf, qui a teee de JBstificatkm , qui sert à justifier, qui est tel qu'il doit justifier : on meta la fin d'uA Une les pièces juiHficÊtitMt , pour couYaincre, s'il y a lieu , ceux qui par hasard mettraient en doote ce qui est cootenn dans ce Une. JittfiîfSaiil ne s'emploie que dans les deux expressions, grâce ou foi pÊtHfHawùj c'est-à-dire qui a le pouroir de Justifier , parce qu'elle juetifie ^tellement
CmsoiATIF, OMnCkUIir. Qui a la propriété de coDsokr,
Des paroles comsoialieei ^^Uent toute VattentioB sur la terta, sar le charme des paroles qui consolent; des paroles oensotonlet font penser à reflet, & la joiequ'eUes répandent. Une nouvelle cofiseUltee, à priori, aJ^straction faite d'expéneneesantérienTes, dieit consoler; une nouTelle tonsoloMê, à es juger par le passé, console, car déjà dans d'autres cireoBstanees on Ta vue produire cet eSèU
ATlBACnF, ATrnuUfft. Qui a la propriété d'a^ tirw,
ÀUraeHftst porement didactique et ne se dit qu'en physique des oorps qui ont la propriété naturelle d'en attirer d'autres. Attirant ne se dit qu'au figuré des personnes adroites par calcul, par habitude , pliàdi que par na(nre ; d'ailleurs , le mot est toujours relatif à l'efiel , et non point à la nature , à l'essence.
SiGNlFiCATlv, sl6RlfUlff. Propre à aigniâer, qui signifie bien.
Une expression iigmfoMve signifie bien, eu égard à la rertu qui est en elle, c'est-à-dire d'une manière forte, éneigique. Une expression ségmfUmtê sigaiSa bien, eu égard à l'eflet, à la chose sigm'fiëe : elle la signifie comme il faut.
I5TELLECTIF et DnTELLlGEirr, C06N1T1F et OOmXlSèàm, PEBCaSPTff et PERCETANT. On dit focnlté imtdleetice, eoffuUive et perceptive, c'est-à-dire ftcuhé considérée comme vertu du sajet inteUigent , connaissant et 'peTcex>anit , comme une force qui lui est naturelle et du nombre de celles qui le constituent, quand on considère cette force uniquement en soi , abstraction faite des résultats. Mais quand on Tout distinguer rime par les propriétés que certains efiets ont forcé de reconnaître en elle , quand ou yeut la distinguer de la matière , on lui donne le nom de sujet intsUigenI, confuuff ont , percevant. Gomme intelligent est relatif aux effets, aux résultats, qui sont choses appréciables, on dit qu'un homme est plus ou moins iintiÛigent^ mais non plus ou moins inteUtetif.
On distinguera de même les synonymes interrogatif et tnterroflfant , répressif ei réprimant, négatif et ntanU (une proportion copulative iiiaale, P. R.), instructif et inslruiiaiil ( toute religion qui ne rend pas raison de ce que Dieu est caché , n'est pas ifMinlifonle (Pasc.) > corrosif et corrodant , dessiuatif et deméehcmt, esKitatif ei excitant , diM9oWti( et âiuolwmit^ détobstmetif et désobstruant, corroberatif et corroborant, eonfortottf et confMrtanI, ogghKUnatif^ agglutinant.