PREMIÈRE PARTIE
charge , de porter des lois. On dit un parti oppresseur, et une puissance oppressive (Mark.}. Locomoteur se dit de ce qui opère la locomotion ^ muscles locomoteurs ; et locomotif, de ce qui a la puissance d'opérer la locomotion , faculté locomotive. Un discours Zouanj^eur loue effectivement ; un discours laudatif est propre à louer dans toutes les circonstances : aussi , y a-t-il un genre {andoit/', et non un genre louangeur. Indicateur emporte Tidée d'une indication volontaire, le doigt indicateur; indicatif, celle d'un indice naturel, les signes indicatifs d'une maladie. Un geste aj>pro&ateur approuve , et est fait à dessein dans une circonstance particulière, afin d'approuver; un geste approhotifh, la propriété de signifier l'approbation dans toutes les circonstances, qu'il la signifie ou non dans un cas particulier et pour telle ou telle personne; il ne marque pas le fait , mais le pouvoir. Ce qui est consolateur, console , et on le donne dans l'intention formelle de consoler; ce qui est consolatif a la propriété de consoler. On distinguera semblablement imitateur et imitatif, olf acteur et olfactif, etc. Mais certains exemples méritent un examen plus particulier.
PENSEUR , PENSIF. Ces deux mots sont également propres à exprimer l'état d'un homme dont l'esprit est occupé de quelque objet.
Mais le penseur penâe avec conscience , avec volonté et une intention bien formelle , celle d'arriver à la connaissance de ce qui l'occupe ; il agit , il fait effort pour arriver à cette connaissance qu'il poursuit. « L'antithèse est une figure de pensée , et ce sont les écrivains penseurs qui en ont fait l'usage le plus heureux. » Lab. L'homme pensif ne recherche rien, ne poursuit pas début; il est soumis à la nécessité , à des circonstances impérieuses, il est passif, tandis que le penseur est actif, réfléchi.
Je vous vois ioui pensif, seigneur, de ses dédains.
Mol.
«Je le laissai fort pensif et fort repentant d'une si lourde faute. » S. S.
D'ailleurs , pensif ne marque pas toujours déploiement actuel de pensée , mais apparence qu'on pense , qu'on a la propriété de penser : avoir l'air pensif , ce n'est pas nécessairement penser.
Une différence qui dérive de ce qui précède, c'est que pensif entraîne l'idée d'accident , d'éventualité , au lieu qu'un penseur est un homme qui a l'habitude de penser. Cela doit être , puisqu'on n'est pensif qu'au gré des circonstances , dont on ne peut pas disposer , qui sont variables et incertaines. Penseur est proprement un substantif et signifie que la pensée est comme la substance , l'essence , le fond , l'état constant d'une personne, c Louis Racine était l'héritier non penseur d'un père qui avait cent fois plus de goût que de philosophie. x> Volt. « J. J. Rousseau était bien plus naturellement sensible que penseur , et avait une très-vive imagination , beaucoup plus qu'une tête philosophique.» Lah. Pensif, au contraire, est un adjectif et attribue la pensée comme un accident , comme quelque chose de survenu dans le sujet.
Il suivait tout pensif le chemin de Mjcènes. Bac.
< A peine eûmes-nous avancé quelques pas , que Socrate devint tout pehsif. > In. dis s'en allaient émus et pensifs.» Mabk. cJe marchais dans les ténèbres , seul , triste , pensif, quand tout à coup un flambeau fut découvert. > Montbsq. '.