‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymes, ouvrage qui a obtenu de l'Institut le prix de linguistique en 1853 et en 1858 (volume 2)Chapitre 203 sur 426 · TERMINAISON AN · texte numérisé non relu

TERMINAISON AN

Les mots latins terminés en anut, A, um , font en français im: trojamu, troien; prsnorianus, prétorien;— ou bien aiin: africann^, africain; publicanu^, pttblieain;^e\i bien encore an (italien ano) : romanus, romain ou roman (italien romcno). La désinence française ow, doit doac avoir, quant au fond , le même sens que nos terminaisons ain et t'en , c'est-à-dire qu'elle doit être indicative du lieu ou du pays auquel on appar Vient par son origine, ou de la profession qu'on exerce.

PERSE , 7ER8A1I. Ori^baiK de la Perse et qui y demeure.

Le premier nom s'appliqtie exclusivement aux anciens peuples de la Perse. H n'a pas de terminaison significative^ non plus que le mot latin d'où il est tiré , Persa , a? , non plus que Scyîha^x, Medus, i, qui nous ont donné Scythe et irède.

Persan ne se dît que des modernes habitants du même pays, et la raison de cette nouvelle forme du mot, quand on l'applique aux Perset de nos jours, tient sans doute à l'habitude où nous sommes de terminer de cette façon les noms des* peuples orientaux , surtout de ceux qui sont soumis à la loi de Mahomet : mahométan, musulman, ottoman, banian; et de même pour les noms d'hommes , de pays et de dignités : Soliman , 7amerlan^ Gengû-fcan, Aftaban^ Aman; «oiidan, sultan , ormon , itnan , copttan , divan; Indostan , Araean , Jipahan , Téhéran , Érivan , It&on ; auxquels on peut ajouter: turban , tUcoran , taUsman , foman, ramadan^ matdan, be%estan, fi^rban, àoliman.

Quoi qu'il en soft , l'usage exige qu'on observe cette différence à la rigueur, sous peine de n'être point entendu quand on parle de la population ou d'un individu de Perse. Dans les ùuret persanes et dans V Esprit des lois , If ontesquieu n'y manque jamais: là, il dépeint les mœurs per$a^ nés ou les mœurs des Persans et des Pereanes au xnii* siècle; ici, il rappelle, comme dans la Grandeur et décadence des Momains, l'histoire, les institutions, les coutumes des iPérsef ,À l'époque d'Alexandre et des conquêtes de &ome.

TERMINAISONS AN, lEN kt IQUE.

Persan , persien , persiqwe.

PERSAN , PSRSIEN , PERSIQCS. Us sa disent tous trois des choses de la Perse.

Hais persan désigne proprement ce qui convient a«s habiUiits actuels de la Perse : langue . modes, jalousie, persanes; contes persans.; ouvcage ^rit en persan; au lieu (jue persienM perriqm sont réservés pour les choses de l'aocienne Perse.

Daas ee dernier sens , jp^rst^n , qui vieiil du pays de la Perse, qui en est ou y a rapport, est le uMt le plus Qonunun. «Léonidas arrêta l'armée Persienne aux Thermopyles. » Boss. « Alexandre subjugua toutes les terres de la domination persienms. » lo. Clitus avait dit d'Alexandre : « Il fera bien de passer sa vie avec des Bactriens et des esclaves , qui adoreront volontiers sa ceinture Persienne et sa robe blanche. » Roll. « Les gens de pied lacédénoniens , en la journée de Platée , ne purent ouvrir la phalange persienne. » Hon- TAiGH. a II y a beaucoup de nom:* persiens , qui gardent V< à la fin , comme Arsaces et Menu. » Vauo.

Quant à persique , il sert comme dorique et t'ontgu«, à exprimer un certain ordre d'architecture, un type , un idéal , ayant tels caractères distinctifs. Que si, sans cette idée accessoire , on dit le golfe persique , c'est par une exception facile à expliquer. Les Romains avaient appelé persicus sinus le golCe de Perse; par fidélité géographique , le français a dû lui conserver cette qualification littéralement; Montesquieu pousee même l'exactitude jusqu'4 le nommer le sein persique.

TERMINAISONS AN et ISTE.

Artiscm , artiste.

ARTISAN , ARTISTE. Ils désignent tous deux un honome comme exerçant un art:

An, italien, ano y latin, anus y a, ««1, répond au français ain , qui équivaut à ien. Entre artisan et artiste la différence semblerait devoir être la même qu'entre mécanicien et machiniste. C'est cependant tout le contraire qui a lieu : artisan est une qualification moins noble qu'artiste. Cela s'explique aisément.

Artisan et a/rlisle ayant absolument même radical , doivent différer comme leurs terminaisons, et c'est un fait que la terminaison iste l'emporte en noblesse sur les désinences ain , ofi , ou ten' . Que si cette règle ne s'applique pas à mécanicien et A machiniste, c'est que leur radical, bien qu'au fond le même, dérive immédiatement, pour le premier du latin , et pour le seoood du français. Arfiian se dit en fait d'arts mécaniques, et attiste en foit d'arts libéraux, c'est-^^ire d'arts qui demandent rexercice du génie en

4. A ces dernières désinences on peut ajouter leur équivalent i/i , qui le cède aussi à iste en noblesse, a Ces hommes sont VréB-turgotins (partisans du ministre Torgot), c'est ainsi qu'on les appelle, car turgotittes les Tendrait trop fameux , cela lew domKrait l'air d'âne secte; à eux n'appstlient pas taak dfbon-

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