DEUXIÈME PARTIE
f ATTEimON, APPMCATIOWj-- 2* HE- FLEXION , IWÈDlTAnOWi — 3* CONTENTION. Ces
• mots erpriment l'action volontaire et plus on moins forte de rintelKgence.
Hais attention et application , par leur préfixe ad,i^, vers , marquent un monvement de Tesprit yers rextéricur on le dehors. Réflexion et méditation, au contraire, désignent nn développement tout intérieur de la pensée. Les physiciens , les observateurs de toute sotte , et en général tous ceux qni étndiemt on qnV)n instruit , ont besoin d^attention on d'appItaitMm ; les métapifaysiciens, les mathémcticietts, les ttftevrs, et en général tous ceux qui , abstraits ou recueillis en eux-mêmes, s'occupent de leurs idées, calculent, raisonnent, délibërevt, ne pewent réussir qu'à force de réflexion nu de méditation. Attenta et appHcoHomixtvn supposent actuellement en rapport avec des objets , et c'est pourquoi on ne dit guère faire olteRfton mi s^appKqtier sans indiqtter à quoi-; mais on dit bien réftéchvr et tnédiêer , absolument , sans Kprésenter le sujet comme adonné ou attaché à quelque chose. Le travail de Tesprit , dans Yattention et V application , connste seulement À bien recevoir les manifestations 'd«s choses ou les «nseignements des maîtres ; dans la réflexion et la méditation , il crée , il produit des résultats , des fruits, auxquels on donne les noms mêmes des facultés d*où ils proviennent : dosages réflexions^ les méditations de Bescartes. Il feint de Tattention et de Yapplication pour comprendre; de la réftexion et de la méditation pair inventer ou composer.
1* Attention , opph'caltbn.
TtkT Vtxttention nous tendons vers l'objet; par ^ VappUeation nous sommes étendus dessus, tout du long. Vapplieation est donc ta» attention smvîe, soutenue, persévérante, ou simplement une grande trft«ntton. Ce n'est pas seulement de Vattention, mais de Vapplieation que demande l^étude. « Avec de Vattention on se corrige de ses mauvaises habitudes, aveo de VappHoation on en acquiert de bonnes. * €ord. k C«st ainsi qu'elle ae conduisait dans le monde, avec peu d'offendion pour aes intérêts propres, avec plus d'application pour les intérêts de ses amis.* UktiMt. VattemHon peut être si faible , qn>Ue ne sok pas même volontaire; bwîb on ne saurait en dire autant de VappUeation. Au jour du jugement dernier, A bous faudra penser aux vérités de r£vangile : « Prévenons le trouble de cette attention forcée pour use appHeation volontaire. >
Légère attention tAcAD.). Cost faute <IViltention qu'il n'a pas relevé cette erreur (în.). Il y a tme attention vive , mats peu dunible , qui ne saisit que le dehors , et <pii se contente de covler rapidement sur k SQXfaoe de son objet (d'Ao.). c UoXre attention est mêlée de volontaire et d'involontaire. * Bobb. «<iOnstdérer une chose ,
__ , jian pag ^vec aêtmcbsmsnt^ mais avec
affèeiiom^ on âoovera qu'il s^en distingue comme O^ûtiaêkement, Quant i la dllRrence d'affection et d'attachement, voy. Amour ^ tendresse, indmaticn, etc.,p. t88.
c'est arrêtef son esprit à la tegarder en ellemême , en peser toutes les raisons, toutes les difficultés et tous les înoonvénieett ; c'eA ce fm s'appelle attention.* In. « Il n'y a nen ^m imide nos perceptions pins daires et pi» âksiinetes que Vattenti9n.T^ Mal.— La fatigue de l'oppiâBetion (Volt.). «Après une vie entière d'étude, et une appItcafCon infatigable. » Vâsb. « Une maladie causée par trop d'application, s Gohd. «Jai des maux de tête presque continuels, ce qui me rend incapable de toute appUeaUon. » D'Aï., «Je n'ai jamais pu suppoiter rappfMOlRW du cabinet.... Cependant je suivais exactement l'hi«tDÎre et la géographie; et comme eela ne demandait point de contention d'esprit , f y fis dos progràc » J. J.
2* néflea^an , méditation.
«Lorsque la réflexion est profonde cAtongtemps fixe, elle s'appelle viéditation. -» Xash. «MMiter, c'est ré flétrir longtemps -et profondément sur un sujet. » Ceirn. IToù il suit que la méditation est à la réflexion comme rappJtcattaii à Yattention.
Mais y en outre, la méditation semble pln5 créatrice que la réflexion, phe indèpendaBste de données expérimentales. Ainsi , dans une certaine acception, la réflexion n'est autre dtase que la conscience ou le sens iptime sous Tcsipire de la vokmlé , et alors «De ne crée pas pins qoe Tattefitton et l'appltoattoii : elle lecaeilk àes faits; seulement, c'est au dedans de nous. Be même, lorsqu'elle consiste, comme la méditation, non à acquérir des idées, mais à comparer, à modifier , A -combiner oelles que nous cvons , eUe est moins originale. La réflexion est la mèee de la prudence et de la sagesse. «L'espiit orné de connaissanoes utiles , et depuis longtemps exené à la réflexion , Xénophon écrivit pour rendre ta hommes meilleurs en tes éclairant. » BsàKra. « Selon tes habiles d'entre les anctena. Fart de l'éloquence consiste dans les moyens que la r^ flexion et Texpérienoe ont fait trouver pour raadre un discours propre & perBuadn* la Tenté et à en esciter l'amour. » Feu. La méàitatian est la mère dsa grandes oonoeptioas , de oaUes qtà\ dépendent plus du génie que de rexpérience»' « ta méditation a produit les Arcfaiméde , Im Newton , les Pascal : les lois, ki arts, presque toutes les grandes oonoeptions loi doivent \oué^
nuelle. » D'Al. L'homme réfléchi est moins a^| strah que le méditatif, moins retiré &a. Im-aêsut moins étranger aux réalités , moins spécudatif.
Enfin , non-fienlement la. réflexion se plutdt à quelque chose d'antérieur vers quoi e] marque un retour , -avec quoi ou sur quoi opère, mais en général elle regarde platôt I passé et la méditation l'avenir. « Le lemonl naît de la réflexion. » Boas. ¥ous réfléehissex sa ce qui a été dit ou fait; vous médite f un projet une vengeance. La méditation , au lien d'êts rétrospective , est préparatoire. « La plupait di gens qui n'apprennent point leurs discours p4 cœur ne se préparent pas asseï; Il ftoânit éta
STMONYHES À RADICAUX DIVERS.
dier son sviifiX par ime profonde inédltation , pré paier tous les mouyemeirts et donner de l'ordre à tout cela.» FéF. «Tout était si familier et si présent à Diderot , qu'il semblait toujours préparé à tout ce qu'on avait à lui dire , et ses aperçus les plus soudains étaient comme les résultats d'une longue nUdîtation. » Kash.
3* CofiteMti'ovi.
C^fiiteuiion renchérit encore sur appliccition et sur méditation : il marque une action de l'esprit y non-seulement Torte et très-forte , mais violente. D'ailleurs, ce mot tout relatif au sujet, est le seul propre à représenter l'effet , même physique , produit sur le sujet par le trop grand effort de Tintelligence. «L'ambitieux travaille beaucoup, bit de violentes contentions d'esprit et de corps , et se «oosome de veilles. » BoDRn. « L'intérêt doime de 1e santé aux faibles, et leur fiait soutenir des travaux , des veilles , des contentions d'esprit, capables de ruiner les tempéraments les plus robustes, s In. «Ce n'est point par des réflexions j>éoîbles et par une conUntion continuelle qu'on se renonce.* s Tint. « Que des plaisirs pars réparent les forces du magistrat , épuisées par un long travail , et détendent les ressorts de 3on âme , fatigués par une iDop grande contflilûm.v D'Ag.
ATramOIC , SOIR , tigiljotge , bxactituiie. Chacun de ces mots signifie le contraire de la néj^ligence, à savoir une certaine diligence, ou un iSort deTesprit afin de bien faire. Xa plupart des iffaires demandent, pour être traitées convenable- Dent. beaucoup d'attention, de toin, de vigilance »a d'esoctttude. Sans atlenlion , sans soin , sans fiçiUmee et sans exactituée on ne peut guère éussir àans ce qu'on entreprend. « L'esprit d'a^ entùm , de vtffUance , A'exactitvde , fait le carac- Lëre essentiâ du sous-principal, s Roll. On peut y ajouter Tesprit de sotn.
Avec de TcUtenrion (d'od tendere , tendre vers , s'appliquer à) , on pense , ou on a l'esprit à ce qu'on fait, on prend gar^e à ce qu! arrive ; on n'est pas distrait, étourdi, léger, malavisé. Avec du sotn (de senium , vieillesse , sévérité , ennuis , peines , soucis) , on songe et on a cœur à ce qu'on fait , ou s'en soucie. Avec de la vigilance (de vigilare , rôlla' , ne pas dormir) , on ne s'endort pas , on a Les yeux sans cesse ouverts , on est continuellement SUT ses gardes et précautionné. Avec de ['exactitude (d'es agere, agir ou faire d'après, toixt à fait, paifair^ , on n'omet rien , on lait tout i point, d'une manière fidèle, complète , juste , légiilière.
Il faut de roltentton pour bien entendre ou ûen voir, pour découvrir ou remarquer, pour iviter des fiiutes de langage. Il faut du soin pour xflîr , pour finir, pour perfectionner, pour cultiver et faire fructifier. Il faut de la vigilance pour flhre pas surpris , pour être ou mettre en sûreté , i l'abri, ponr conserver ou préserver.* n faut de 'esaetiiude pour bien exécuter, pour bien rapnrter, pour obéir ou se coitformer comme fl lut à des ordres, à une loi ou à des convenions.
Un ebserrateur est proprement attenitif; un oufier, 90%gnem;jm iguûe, vigiUmt; un ministre,
un historien , un témoin , jsd. cononissionnaire , excut,
n faut être oHenHf à la prièw, aux lefons , à tout ce qui exige de la pFésenoe d'esprit , eu à 'Ce qui demande qu'on y ast égard , qu'on en tienne compte. Il faut êtfe toignewc de tout ce qw mérite qu'on s'en mette en peine , qu'on ^en ooeupe sérieusement. Il faut être vigxlan% à la vue 'et dans la eràinte du danger. Il faut être txaet à ses devoirs, A ses promesses , à un rendës-vou.
AitetUion semble être plutêt le terme général, arec un rapport particulier à la spéaiilation , aux choses & connaître. Le soin est tine attention à faire , attention mêlée ^l'intérêt , ^e goQt , «t d'un peu d'inquiétude ou de peine. La ^Hanee est une attention continuelle «t relatife À des dioses ou & des personnes qui nous sont confiées , dont nous avons la garde. Vegaetitudeeet ime attention à ne pas s'écarter du «vrai, du Juste, de Verépe ou des ordres , de la règle -ou de oe-qulaété réglé.
« Avec quelle eaatHhÊâe un convalesoent obéit à toutes les ordonnances diu médecin lavée quelle attention il prend garde aux temps , aux heures , aux manières , à tout -ee qui lui e9t marquée * BooiO). Avec quel «otn il entretient ce commencement de santé! et aT«o quelle vigiUmoe û se tient constamment «n garde contre oe qui avait causé -sa maladie 1
1* ATT^NiJBii, piOiTÉMani*, — 0* pom,
BROYHl , TIHTU1UBII. Réduire de foroe un corps en très-petites parties ou en molécules.
Atténuer , rendre ténu , et pulvémer, taettre en poudre , expriment l'effet d'tme opération de la nature. Ftïer, broyer et IrtHtwr désignent, eni contraire , des abtions de Tindustrie humaine qn , par là , modifient les substances eni^antses daaseins et ses besoins.
i* Atténuer, Tpuhérieer. -
Atténuer 96 dît exchisivement en parlant ém fluides , soit qu'ils produisent , soit qu'ils -éprauvent l'atf^mMih'on, le phénomène qui «bout un corps en particules. •* Les élémente du fer et des autres minéraux donnent de la dureté aux matières liquéfiées ou ad^ti^ par Team. • BuFF. « Le fer entre dans la composition des êtres vivants, et lorsqu'il est suffisamment atté^ nué par des acides convenables , il se volatilise et acquiert une tendance & végéter, pour ainsi dire. » In. « Les exhalaisons , les vapeurs , dont nous sommes continuellement environnés, ferment un ciel bleu dans un temps serein , quand elles sont assez hautes et assez attémuéeê pour ne nous envoyer que des rayons bleus. « Volt. « Le vent emporte ces exhalaisons, les sépare; celles s'atténuent , elles deviennent salutaires , de mortelles qu'elles étaient. » In. Bn médecine , en appelle atténuante les remèdes qui semblent augmenter la fluidité des humeurs.
Pulvériser n'est usité que par rapport «ux corps solides. « Cette substence tirée des pyrites est cassante , presque friable, «t se puie^Hee aisément. V Burr. « rai pris cefalun pour une espèce de pierre calcaire , friable , pulvérisée par »le temps. » ToLT. « Je viens de voir, dans la Gaxetie de France, un article du tonnerre qui a pulvérisé une femme. » in.