‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymes, ouvrage qui a obtenu de l'Institut le prix de linguistique en 1853 et en 1858 (volume 2)Chapitre 249 sur 426 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

aecrait, l'augmentation se trouve dans l'objet lui-même dont Ténergie est .portée à un plus haut degré. Le premier appelle l'attention sur des parties ajoutées; le second présente l'idée d'une seule chose qu'on fait pousser, croître, qu'on fortifie , à laquelle on donne plus de vigueur ou de puissance. On augmente ses richesses en en ajoutant de nouvelles à celles qu'on possède déjà; on les aecroit en faisant fructifier celles qu'on possède déjà et qui sont comme un germe On augmente ses jouissances en les multipliant ; on les accroît en les rendant plus vives sans les rendre plus nombreuses. On augmente sa gloire quand on y en ajoute une nouvelle , et on Vaccrott quand on la développe. • Cette année , on nomma pour la première fois six préteurs à cause de Vaugmentation des provinces et de Vaccroissement de l'empire. » Roll.

En second lieu , augmenter exprimant particulièrement ce qu'on ajoute en poids, en valeur, .en mesure, en nombre et en toutes sortes de quantités est ordinairement accompagné d'autres mots qui complètent sa signification et déterminent formellement de combien est l'addition. Àccroitre a par lui-même un sens complet. Dire qu'un homme a accru son bien , c'est dire qu'il s'est enrichi, et l'esprit satisfait n'en demande pas davantage ; on dira bien qu'il a accru son patrimoine de beaucoup ou de moitié , mais jamais on n'y met une plus grande précision. Au contraire , il faut se servir d'augmenter toutes les fois qu'on veut exprimer mathématiquement de combien est la quantité ajoutée. On augmente un régiment de deux bataillons; Tarquin augmenta les sénateurs jusqu'au nombre de trois cents (Boss.)> On change la valeur d'une fraction en augmentant ou en diminuant ses deux termes d'un même nombre. Par ce dernier exemple on voit qu'augmenter est seule de mise en arithmétique. Annibal en passant par les Gaules avait accru . son armée , c'est-^-dire qu'il l'avait fortifiée , rendue plus puissante ; c'était bien par Taddition de nouveaux soldats , mais ce n'est point cela que l'on veut faire ressortir, autrement il faudrait employer auqrMfnXffty surtout s'il s'agissait de • déterminer le nombre des soldats qui vinrent se joindre à ceux d'Annibal.

kcxxoitre vient de croitre^ qui primitivement ne s'est dit que du corps humain comme on le voit encore dans le mot esccroxnanœ , et qui dérive du grec xpiaç , chair, kctiroitrz doit donc toi]Ûours marquer i)ne augmentation lente et progressive. « On a vu ses biens accrue naturellement par un si long ministère et par une prévoyante économie. » Boss. « Le vaudeville passe de bouche en bouche et ^accroii en marchant. » BoiL. < Cet amour s'est longtemps accrt» dans le silence. Ce n'est point un secret de deux jours.» Rac. « Mes ans se sont accrut. » Id.

Axigmeniefr se dit bien de la nature morte et simplement numérable; oMroUrz se dit mieux de ce qui est doué de vie , de vigueur, de tout ce qui a en soi un principe de développement, de tout ce qu'on peut se représenter comme capable de grandir, d'arriver à un état florissant, à un degré plus ou moins élevé, et comme susceptible

d'être nourri , vivifié , activé. Aussi accrofrrr> s'emploie particulièrement bien au figuré en parlant de la puissance , de la gloire , de la réputation, de l'autorité et en général de toutes lei passions. Voltaire dit quelque part « qu'il a augmenté des trois quarts le village de Femey ; > et il écrit à l'impératrice de Russie : & Votre empire est dans la vigueur de son accroisnment. 9

2* Agrandir^ étendre.

On agrandit selon les trois dimensioDs; oc étend selon une seule. Agrandir ^ c'est changer en plus ce qui est petit, donner du lai^ à ce qui est étroit, resserré, embrasser plus d'espace dans tous les sens, rendre plus vaste on plus spacieux ; étendre c'est agrandir au loin , pousser loin, reporter plus loin les limites, on étend ce qui est court, ce qui a peu de longueur. L'action d'agrandir se fait en empiétant dans toutes les directions; celle d'étendre a lieu en pointe et dans un sens unique. On agraeidit un bassin, une ouverture; on étend une allée. Un lapin agrandit son terrier sans l'étendre en lui donnant plus de capacité; il Vétend sans l'agrandiTy si ce n'est d'un seul côté, en le prolongeant. Si, tout en se renfermant dans son enceinte primitive, on donne à toutes les parties d'un château de plus grandes proportions , on Vagrandit et on ne Vétend pas. Agrandir ses Stats, c'est les arrondir, les élargir, faire qu'ils aient plus d'ampleur, de latitude , sans indication du côté par où 6n les élargit ni du point jusqu'où on les élargit; les étendre^ c'est en reculer les limites, et ce mot indique un prolongement considérable en un sens que d'ordinaire on détermine et jusqu'à des limites généralement aussi déteiminées : ûe prince étendit ses Etats du côté de l'orient jusqu'à tel pays. Il en est de même d'agrandir et d'étendre une terre, des biens, un pare, un jardin, etc.

Au figuré, on agrandit la sphère et on étend le cercle de ses connaissances. C'est ainsi qu'oc devrait toqjours parler. Toutefois l'Académie autorise agrandir le cercle et étendre la sphère de ses connaissances. Quoiqu'il en soit, agrandir h sphère ou le cercle de nos connaissances n'est pas la même chose que l'^tendr^. La première expression signifie que nos connaissances deviennent plus larges, gagnent dans tous les sens, sous tous les rapports, à tous égards; la seconde que nous voyons plus loin dans un certain sens seulement II est réservé aux philosophes et i un petit nombre d'entre eux d*a^randir le cercle ou la sphère des connaissances humaines ; les géomètres, les physiciens, les géographes ne peuvent aspirer qu'à la gloire de l'àendre.

On agrandit ses prétentions quand on les ports sur une foule de choses , dans tous les sens , à droite et à gauche; on étend des droits ou des privilèges bien déterminés en les poussant plus loin , c'est-à-dire en les faisant valoir pour ud plus grand nombre de cas également déterminée. Qn dit plutôt étendre qu'agrandir sa réputation, son commerce, sa domination, son pouvoir, parce que dans toutes ces expressions il s'agit seulement d'une augmentation d'étendue en sa

SYNONYMES À RADICAUX DIVERS

perficie, d'extension, d'expansion, de propagation.

S» Grossir j enfler.

Un homme grossit comme il croit , snccessivement, graduellement; il enfle tout d'un coup par l'effet de quelque maladie. Grossir, à l'actif, exprime de même une augmentation de volume lente et successive; enfler, une augmentation rapide , subite. Sous ce rapport grossir ressemble tout à lait à ctccroUre. Aussi ces deux mots se troavent-ils réunis dans les deux exemples suivants. L'avare met son souverain bien

A grossir un trésor qoi ne lui sert de rien.

Pliufl le voit aeeruy moins il en sait Tusage. Bon.. Hithridate dit dans Racine en parlant des Scythes:

Recueillis dans leur port , aeerus de leurs soldats ,

Mous verrons notre camp grossir i chaque pas. Au contraire , Boileau dit ailleurs de Louis XIY :

Mais du plus grand des rois la bonté sans limite

Crut voir dans ma franchise an méritf inconnu ,

Et d'abord de ses dons enfla mon revenn. Et Lafontaine au sujet d'un marchand qui traversa les mers et débita ses marchandises en un instant:

Le luxe et la folie enflèrent son trésor.

Des pluies continuelles grossissent un fleuve ; la fonte subite des neiges l'en/le. —«Les sciences des livres se sont composées et grossies peu à peu des opinions de plusieurs diverses personnes. 9 Desc. « La Meuse s'était enflée tout & coup par les grandes pluies qui survinrent. > Rac.

Ensuite , il semble quelquefois , au figuré , que ce qu'on enfle ne gagne qu'en volume apparent , et non en masse comme ce qu'on grossit; c'est parce qu'au propre on enfle un ballon ou quelque chose de semblable et qu'on grossit ce i quoi on ajoute des parties solides comme une boule de neige. Il y a du vide ou quelque chose de vain dans ce qui est enflé. Ainsi Boileau dit à un homme devenu riche : Tu verras poètes , orateurs

Dégrader leurs héros pour te mettre en leurs places,

De tes titres pompeux enfler leurs dédicaces. Et Voltaire parlant de Vincycîopédie : « Bannissez la morale triviale dont on enfle certains articles. ' Et Montesquieu : « Un prince qui vient d'acquérir de grandes richesses forme de grandes entreprises avec une puissance qui est d'accident, qui ne peut pas durer, qui n'est pas naturelle, et qui est plutôt enflée qu'agrandie. » Mais cette nuance défavorable, particulière à enfler, Labruyère ne Va point donnée à grossir lorsque, dans sa jiréface , il a parlé de certaines remarques c qui avaient grossi du double la première édition de son ouvrage. »

AUSPICES, PROTECTION, SAUVEGARDE. Sous \eiauspiees,soxis\iprotection , sous la sauvegarde de quelqu'un , on en ressent l'influence bienfaisante , préservatrice , salutaire, on est-en quelque sorte à l'abri sous son aile.

Auspices , le plus restreint de ces trois mots dans son application, caf il ne s'emploie qu'avec le mot 501», exprime l'influence la plus vague , annonce une simple faveur. Chez les Romains, avant de commencer une grande entreprise , on prenait

seaux (of^es aspieere , d'où auspex) , leur vol , leur chant ou leur manière de manger, pour savoir si on aurait les dieux pour soi ou les dieux propices; en sorte que faire une chose sous les auspices d'un homme , c'est la faire , étant favorisé de lui , lui s'y intéressant, fort de son crédit, de sa bienveillance, de ses conseils ou de sa médiation. La protection^ de pro tegere^ couvrir en avant, met à couvert d'un danger; c'est proprement un secours.

Vous faites une chose sous les auspices de quelqu'un , et grâce à lui vous venez àbout de vos desseins , vous réussissez , vous vous produisez , vous êtes accueilli , bienvenu, c C'est sous les auspices de cet homme respectable que tu vas entrer dans le monde ; c'est à l'appui de son crédit, c'est guidé par son expérience que tu vas tenter de venger le mérite oublié des rigueurs de U fortune. » J. J. « Cet ouvrage (de circonvallation autour de Jérusalem) fût achevé en trois jours, non sans quelque vertu plus qu'humaine. Aussi Josèphe remarque que je ne sais quelle ardeur céleste saisit tout à coup l'esprit des soldats ; de sorte qu'entreprenant ce grand œuvre sous les auspices de Dieu, ils en imitèrent la promptitude. » Boss. « L'amour me guidait, et l'on vient toujours àbout de ce que l'on entreprend sous ses atupices. » Dbst. — Vous vous mettez sous la pro(ec<t on de quelqu'un, et, défendu par lui, avec son assistance , vous êtes en sûreté. « Quoique je vive en toute sûreté dans ce pays sous la protection du roi.... » J. J. « Je jouis maintenant, dit l'Ëglise , d'une pleine paix sous la protection de vos prinses. > Boss. « Le sénat pria Pompée de prendre la défense de la république , si l'on pouvait appeler de ce nom un gouvernement qui demandait la protection d'un de ses citoyens. » IfOIVTBSQ.

Le commerce fleurit sous les auspices d'un gouvernement sage et modéré (Volt.) ; le bon goût fait des progrès sous les auspices de quelques grands écrivains (Lah.). Hais tout le monde en Angleterre est en sûreté sous la protection des lois (Volt.) ; aujourd'hui l'indigence infirme est partout sous la protection de l'humanité t>ubUque

(Lah.).

Lsl sauvegarde y la garde qui sauve ou pour sauver , est . une protection supposant un grand danger et accordée par qui peut accorder une garde ^ par le souverain ou par une autorité quelconque. On laisse en mourant sa femme sous la protection d'un parent (J. J.); les législateurs ont mis sous la sauvegarde publique et sous l'abri de l'autorité souveraine ce qui n'avait jusque-là d'autre sanction que l'équité naturelle et la force individuelle (Lab.). — En outre, au lieu que la protection est quelque chose d'abstrait , le service rendu, la sauvegarde est quelque chose de concret , l'objet qui protège, qui garde ou garantit, qui sert à rendre le service , un abri tutélaire , une sorte de bouclier ou de rempart. Nous implorons la protection d'une personne que nous regardons comme pouvant être notre sauvegarde. A Rome, chaque patricien prenait en sa protec' tion quelques plébéiens, qui, dans des circon-

les auspices, c'est-à-dire qu'on consultait les oi- | stances périlleuses, devenaient sa sauvegarde.

3r78 DEUXIÊHB

<c Ils voyaient la traDq]aiIlit& et la repos dont jouissaient plusieurs nationA,. 1 Tàbri et comme sous la satuoedflrde de la j^otecltan romaine, s RoLL. Sous la sauvegarde^ comme (jai dirait anus le bouclier ou sous L'égide.

AUSTÈRE MytBX , BI60GBBUX, RUrûB^ DUR.

Ces mots serrent à qualifier un^hommequi manque de douceur dans le. caractère et dans les actions, ou qui ne plaisanta pas, coDuna on dit femiJièrament.

Austère ,4nu<enttr«^<mi0i6<, d'otSuv, dessicher , signifie, à la lettce,. sec, sans agrémenta. U regarde les mceurs ou la manière de vivre , et mai>qoe le retranchement des aises et des pLaisira, la privation de tout ce qui peut flatter nos pendumts ; il donne une idée de sobriété et d'abstinence. Le contraire de Yaustdrité^o^esi la délicatesse , lasensualité , ce sont desmœursefTëminéea c Vatutère pudeur. » Bac. « Vaustérité de la vie chrétienne. » Maas» « Vaustérité des mœurs républicaines. > HosTBSQ. , Volt. « La haine de l'austère Gaton contre le voluptueux César. » Lab. c Un naturel austère^ une vie pénible , ont apparemment endurci le héron. » Buff. c Tom'ours en contraste avec les moeurs publiques , la philosophie des stoïciens affichait la morale la plus auetère. » Coirn, « Lycurgue était dar et austère , Selon était doux et même voluptueux. > In. « Les saints ont banni les pUisipi par les austérités. » Nie « Ella était fort pâle ; ce que je ne manquai pas d'attribuer k Vaustérité du célibat. > Lu. La Piété dit dans la prologue d'Ssther :

ProlUMS ameleon de-tpectades ItivoleSy

EÛyez de mes plaisixss la sainte austérité. Bac. c La pénitence sfimpoae des privations rigoureuses, et si eUe use encore des choses présentes, e'estmoins pour flatter ses sens que pour les punir par Tusage sobre et austère qu'eue en fait. > Mass. « Molière a donné un tour gracieux au vice , avec une austérité ridicule et odieuse à la Tertu. » FÂH. « Dans les prisons, il était permis de traita les chrétiena délicatement, ou du moinaon rtUchait quelque chose de Vaustérité ordinaire.» Boss. «La règle est austère^ c'est-i-dire qu'elle retranche de nos penchants. » Kovtkso* « Tempérer Vaustérité de la vertu , et rendre ses leçons aimables. •» J. J. « La religion de Mahomet n'est pas sensuelle ; elle esttrès-avst^re : elle impose le jeûne et Taum^ae, elle défend les jeux de hasard, Itisage du vin et de la chair de porc» Volt. —Du reste, on n'est paa seulement austère pour soimême. « La manière austère dontHarpagon vitavec sesenfants pourrait autoriser des choses étranges j» (Valère dans V Avare), Mol. « Eucharis disait à Télèmaque : Vous vivez sous un rude maître ; rien ne peut adoucir son austérité; il est ennemi dé tous les plaisirs.» Fin. « Philoclès est sec et austère ; mais son oMstérité vaut mieux qgae la flatterie pamicieuse de vos conseillers. • Id. «Si je veux être austère et sec avec mon disciple, je perdrai sa confiance ; si je veux être complaisant , £acile , etc. • J. J. La facilité , la complaiaance , Ut flatterie sont en effet les qualités opposées i Vaustérité considérée par rapport aux autres.

lA sévérité suppeee, non plus des plaisirs qu'on interdit, maiadea iautesou des délaïUs qu'on cou-

PAaxai

damne, c L'aiisl^ril^, dit Vauvenarguas, est une haine des plaisirs; et la sévérité, des vices. > Des vices, ainsi que de toutes les mauvaises qnaBtés et de toutes les mauvaises actions. La séûéÊiié se rapporta, non plus à. la manière de vivre ou.de faire vivre les autres , mais à. la manière de juger, et ellaa pour contraire rindulgence. SéK>irû vient du latin severus^. de même Camille que «erw, vrai, et signifie étymologiquement qui voit les choses au vrai , sans rien qui les paUie. Un juge (AcAn. , Bac) , un tribunal (Bobs.) séfâre , un directeur ou un casuiste sévère (PascJ; on jetga* ment (Acau. , Rac , 1. J.), une sentence (7. /.) , uaa doctdne (Bouao. ^Bosb.) ,«ieGntiqna(AcM>.) sévères. « U y a plus de sévériti que de justioe-. » Vaitv. «Le vieillard indulgent ou sévère.» Barth.

Rome Iniiesa-toélle induJgente wisi^hm?. Iao.

Mefcl que je lui proaonae vm anèk li jMni 1».

Mais la sévérité ne me va point de tout;

L'indulgence à jamais doit être mon partage. Volt. Boni une fiiute est quelquefois utÔe; Ce faux pas-li t'adoucira la bile;.

Ta seras moins sévèn, Ib«

« Prendre dans ses jugements le parti de la sévérité. » Bourd. Une grande sévérité de discipline (Id.). « Après cette sévérité (condamnatioa des poètes) , comxnent pourriez-vous faire grâce aux rhéteurs? » Fân. — L*homme asastère dana ses mœurs vit austèrement, n'a pour lui-méma ancune molle complaisance; l'homme sévère dxoA ses mœurs se juge s^^emeal , condamne , sa reproche et chercha & corriger ses moindres défauts. Une femme austère vit dana ks ennuis da veuvage (Rbon.) , par exemple ; une femme sii^re a des principes de rertu tels qu'elle ne permet et ne se permet auoun. propos d'amour, ni ancuoe familiarité.

Écoute; quand l'himen anra joint nos deuxpeaax. Je prétends qu'on soit sourde itous les dasBoisearâ.

Je veux une feaune sévère. Mol

— Bn termes d^ beaux-arta, ce qui est austère peut être grave et noble ; mais il n'a rien de gracieux. « On trouve dans Thucydide une mélodie austère y imposante, pleine de noblesse, mais la plupart du temps dénuée d'aménité. » Barth.»c Ces belles sciences ne sont pas si austères y qu'elles se refusent aux grâces du discours. » P. A. Ce qui e&i sévère est vrai, exact, correct, chAtié; on en a condamné et exclus sans rémission tout ce qui n'aurait servi qu'à l'ornement. TeQe est notre poésie (Volt.).

La rigueur touche de près A la sévérité: elle consiste également A ne point excuser ou ]panioaner des défauts, des fautes ou des crimea. La loi de rigueur et la loi de grâce. Mais la sévérité cmr damne, et la rigueur punit. L'une est opposée A l'indulgence, qui laisse passer, ferme le» yeox, ne trouve pas mauvais ou explique par des motSs plausibles; et l'autre, A la clémence, qui ait grâce ou adoucit la peine. « La sévérité dés ministres de la loi , et la rigueur des châtiments. > J. J. On dit la sévérité des ministres de la loi, parce qu'ils se bornent A juger ; mais , dana Jih*lie^ Abner, qui a pour fonction de faire exécuter des ordres et des sentences , s'appelle loi-mème

Des vengeances des rois ministre ngm$rmue. lUc

sTNoimns k Kàmckm divers.

^^^nnr ftft^He les êècMomr fr la tMrifi;

^''^^ititrvdâiis la eDodiifte et rapplication ce

?,^^^ représente connne ime simple dîspo-

/J^dinsh loi on dois l'esprit du inge. «tes

jage^ ^n goOt «Mnr ont traité Isr fM^tmi^ve

ifSKL— ((Qfili^ne rî^priKM^. * Toit.

dL- cbUmbi envers toos j envers moi wtf séPên^

U OD odl wpiiniia' ta fli%Bpoaee la fol In.

< l^ss préceptes da mahométisme sont eitrêtaie^

nuE3tiMw; Ib ordonnent la i^t» ri^rMM ab-

stfiito-jom. »to. La $49éinM m (kit eniaifre paF tai

ner-^Me, et la nfiietir par rezemple. « Ce notait

poD^BflMrliiAïAW de» menaces-, par la Wjjrveiir

des ^châtiments qve saint Benett se faisait obéir. »

Boa-^n Oi dit nn ngaiA et on visage wMires,

Bif^MixmpasrJgownmr.— Enfoite, ISLrigmgmrétsnt

kc^mnfièianX de la sdiAKftf , la pveodère enolié-

ritr^BD la seconde. « Cka lesRomains V les peines

^ ,^»6inliiig» les praniife» peivoDDes d« TÉtat

tejiM^t «Ms dotées; telles qa'os infli|paitaQX

^unBanesd*aiiaag infliriear étaient plarsA;^-

res ^ enfin selles qni o* eoneetnatent qno les eon-

litm^^Bos lasses Asent les pins rigiMrsiue». » Mon-

ri9«. « Cette loi est la pins t^èrê et k; plus

rig^mPêÊ» ie Isates,» ^asb; • Voae> état trop a^»

zbm et tsip rif oww». » WÉm, « lluil Hi se non*-

tttt^sépéweetnfswiwsi Fdgafd de «es éoeAiers.»

L»^ « ia Pievidense prépare auirtebee na|vge-

mev^t sA^f et HgoNrras. » BoviBk Vmt de a^^

nttf et de rif nwr centrasoi-méDW (Ba.). — it^u-

mMpenltnfli ^stari^amtèf^^Vmmtériêé

la plus rigrareviiL » Boon». • Darâi no modéra

ponit la ripitwr doses mislMf^*9 Idw— Ce mot

▼a Insqa'lmarçierBiême nn excès. « Noos eza^

gèroai en paroles la sainteté du christianîsme;

no^u sommes n^owmuB dans nos décisions. j>

Botrso. «Quelqsâhnns détruisaient Tusage de la

pénitence pu* nn excès de sévérité. L'Église mo-

céia lenrriQvear. » In. — Migueur fient» dit-on ,

'^^ grec ftyo;, lh)id , et signifle co qui rend roide

*« froid oa (Tcffroi, ee qui glace et frappe de

(ff da latin ruéRt^ bmt , ftpre au toucher , 1^ n'est pas poli , désigne un manque de douceur ^i2s les mauères, dans la fagon dont oa traite

^«BTîdiBs les forCu» il' en a Ta rudeuê, Kac.

n est brnsqae , impolL ^ M )ea s'étonner de cet air de rudesse ^^•MiBi|ioiiiieialBoarrisaiispelitessei Baair. * ^^«IX était nMfe de son naturel, et fl com- ^^«Ç«itéepo5sqiie!qtte temps* à parler sèchement ^ Il reiae aéie. > Bo9ff. < Il me rebtrta rude-

. » PiK. c Ken ne nous heurte plus rwcfe-

^^*«< qne celle doctrine. » In. « Si on s'occupait

^dosnvmeat de la chasse, on en contracterait

^^certtme fwfesse. » VoimsQ. « C'était un

f^^Bmede poIKesse et d^ne dom^etir de moeurs

*^XieIes Français seuls conserrent dans la nMtene

^*taehée au serneemerMme. »VoiT.--4)n le yoit,

*^ ridecie tient an défont d'usage ou* dfédncation ,

^)fien on la contracte parmi hs gens de mer ou

**«» tel camps;

IHe, dunu , qui ne pent Itre attendri ou ^jj^oQi, exprime un manque de pitié en mémo ^Bp8 qtfù manque de donoeur ; ce qui le dis-

tfffgne nettement éè ses synonymes. H teuclie à l'insensible, et on dit bwn une dure insensibilité (Vas9.). «Les dévots plaignent les antres d'un ton si cruel , leur justice est si rigoureuse , leur charité est si Acre, leur 2èle si amer, que llnsensibi- Kté même des gens du monde est moins barbare que lelir commisération. > J. J. «Les hommee e^ trfimement henrenx, et les hommes extrêmement maftenreux, sont également portés à la d«reft« nn'y a que la médiocrité et le mélange de la bonne et de la mauvaise fortune qui donnent de la douceoT et de la pitié. > Mowtbsq. « Quel malheureux nTespérait pas , en l'abordant (le chance^ lier Le Teffier), du secours ou de la pitîéf Qu'il était éloigné de ceux qui, joignant à la sévérité de leur professien la rwdesw d« leur humeur, affligent les pauvres de Jésus-Christ, et désespè^ reirt, par leur &wnti^ des misérables qni ne gémissent déjà que trop sous le poids db leur mauvai» fortune I » Fléch. — En parlant des choses , ce qui est mde choque; ce qui est citif (lût peine r cet ordre de la Providence m'est dwr et bien sensiMe (Sér.).— Et comme dtir ajoutée Fidée commune celle de l'insensibilité , il peut être employé comme enchérissant sur tous les autres, même sur fignureroff, « Saint Etienne fut mortrflé et aiMtére sans durera, charitable et doux sans faiblesse. »■ Bourb. « La fermeté de mon supérieur, ttoute sage qu'elle peut être, me parait rtgutur outrée et dunté. » In. « Soie tévèn sans être dur. » Las. «Il y aura pour les grands un jugement rigoureux , et, suivant le terme de l'Ëcrrture, Wjfoureua? jusqu'à la dureté. » Bouhd.

f ACTonrrÉ , puissance , pocvom ; — 2» em- PfltC, lK)]fflNATN)If. Ces mots sont pris ici dans le sens le plus étendu , quand ils se disent en parlant des souverains, des magistrats, relativement & ce qui dépend d'eux.

1* Éu^orifé, puinance, pouvoir.

L'autorité d'abord diflflfere beaucoup delà p«iftance. L'une rend vénérable, l'autre redoulsdile; l*une inspire le sentiment du respect , l'autre celui de la crainte. On délire à rcra^onf^, on cède à la puissance, « Si Jésus-Christ a établi les rois défenseurs de son Eglise, c'est pour honorer leur eufortl^ et pour consacrer leur ptit^ianee. s BosB. Vegutorifé se rapporte davantage à la dignité , et la puissance k la force. « Gélon vécut . dans f emiertt^ royale jusqu'à une extrême vieillesse , sans abuser de sa puissance, v VAn, « Louis le Débonnaire avait l'esprit ftiible, mais la nation était guerrière; fiiuiorTl^ se perdait au dedans sans que la ptKtfaticr parût diminuer an dehors.» XonnsQ. « L'oulonV ecclésiastique n'est qu^zae ffulOrtfif de persuasion; c'est la ptftffonoe de la vérité et non la puissance de la Jbrce. » fdtT. « Dans ee met d'aulon'l^ (appliqué an sénat) était ' contenue Fidée d'une puissance de raison , diU^ rente de celle du peuple qui n'est qu^ine pu/ktance de farce. C'est la distinction reconnue entre petMtoi et auctoriPu , dont le premier se dit en bien et es mal, et dont le second ne s^emplefte jamais qu'en éloge, et emporte toujonra une idée ^ respect. » Lah. On dira pkttOt VavtOfUé d'une assemblée, et la pwwiajiee d'un conqué- \ rSBt^ FtittloriU des loie, d'us père , (Fun maftre.

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