‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymes, ouvrage qui a obtenu de l'Institut le prix de linguistique en 1853 et en 1858 (volume 2)Chapitre 250 sur 426 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

une graye autorité, et la puissance des armes, d'un ennemi , une puissance formidable. En parlant de Tancienne Rome , on opposera bien Vautorité du sénat à la puiuance tribunitienne ou à ja puissance du peuple (Roll. , Ykbt.).

Pouvoir étant primitivement un Torbe, à la éiflérence des deux premiers mots qui sont des substantifs purs , se rapporte spécialement à Tacte, à l'exécution. Le pouvoir est quelque chose de délégué ou de communiqué par quoi se manifeste ou s'exerce l'autoril^ou là, puissance. V autorité publique ou la puissance publique se divise en plusieurs pouvotn ou en pouvoirs particuliers; les différents pouvoirs partagés et répandus se réunissent dans l'unité d'autorité ou de puissance, « L'agrandissement de l'État donne aux dépositaires de Vautorité publique plus de tentations et de moyens d'abuser de leur pouvoir, » J. J. Le souverain remet aux juges une portion de son autorité en leur conférant le pouvoir de rendre la justice en son nom (Volt.). En nous donnant la liberté de juger le prochain, nous attentons contre Vautoriié de Dieu, nous préfendons nous donner un pouvoir qu'il s'est réservé (Bourd.). « Jésus-Christ a reçu puissance sur tous les hommes : Toute puissance , dit-il , m'est donnée dansée ciel et dans la terre.... Il ne parle que du pouvoir de donner la vie, parce que c'est son pouvoir primitif, et celui qu'il veut exercer naturellement. Le pouvoir de juger et de condamner est un pouvoir dont il n'use qu'en second lieu et à regret. » Boss.

On appelle aulon't^f les dignitaires, les honmies revêtus d'un caractère qui doit les faire honorer; puissances , les nations en armes ; et pouvoirs , les différentes branches du service public. Tout est perdu si le pouvoir s'exerce ou s'administre de manière que la puissance soit diminuée ou vaincue , et Vautorité compromise ou déconsidérée.

2* Empire , domination.

L'empire et la domination , du latin imperare , commander , et de dominus , maître , sont tout relatifs à la façod dont on use de Vautorité, de la puissance ou du pouvoir; exercer une autorité impérieuse et dominante (BouaD.)i être possédé de l'esprit d'empire et de domination (In.). « De leur propre faiblesse (des. enfants), d'où vient d'abord le sentiment de leur dépendance, naît ensuite l'idée de l'emptre et de la domination, » J. S, m Les princes de la terre, disait Jésus-Ghrbt, exercent avec empire Vautorité qu'ils ont sur les peuples. > Mass. Ce qui est simplement aulorit^, puissanu ou pouvoir dans un homme ordinaire devient empire ou domination , c'est-à-dire presque toiyours quelque chose d'odieux, dans un homme enclin à la tyrannie et au despotisme.

Hais V empire regarde plutM le fond, et la domination la forme : l'empire est absolu , et la domination hautaine. Il y a plus de fermeté et de violence dans l'empire, il exige qu'on suive ses volontés à la rigueur; il y a plus de fierté dans la domination, elle veut paraître au-dessus. On traite quelqu'un avec empire (Boord., Pasc.); on se donne des airs de domination (BooRn.) , on a l'orgueil de la domination (Montesq.).

AUTOUR, A L'£I<iTOUR. Ce qui, par rapport à

une chose , est ou va autour ou il renlour Tenvironne, l'enferme comme dans un ceiclt.

Mais, pour l'ordinaire, autour est ane préposition et prend un régime, au lien qa'd Teniour est un adverbe et se dit absolument. « Le pic grimpe oufour du tronc des arbres; il niche dans les cavités qu'il a faites, et c'est du sein des arbres que sort sa progéniture, destinée à ramper à VenUmir, > BuFr.

Cette distinction est vraie, mais insuffisante: car, d'une part, l'usage permet d'employer aussi autour comme adverbe , et , de l'autre, d rentow de est une locution pr^ositxve encore usitée, quoi qu'en dise l'Académie (1835).

Ce qui est ou va autour est ou va contre , tout près; ce qui est du va d Ventoffr^ se trouve ou se meut plus loin, à une certaine distance, aux environs. On peut dire d'une table, dans un festin , que les convives sont autour, et que les serviteurs tournent à Ventour, « N'as-tu vu personne rôder à Ventour de moi? > Rsair. — On remarque un vase et l'inscription qui est autour (Fin.); on est charmé de la beauté d'un vase et de Todenr qu'il répand à Ventour (Mass.). — « Combien Dieu a mis de défenses autour du cerveau 1 > Boss. « La terre tourne d Ventour du soleil.» P. R. — «Ces mésanges ont des marques blanches autour des yeux. » BuFF. « Cet oiseau se perche haut par le besoin de découvrir d Ventour de luL » Id.

Boileau, en parlant d'un livre qui avait été publié contre lui par Pradon, avait écrit dans les premières éditions de Tépître ti :

A PmUomr d'un castor J'en ai lu 1^ prélkce. Sur une critique de Pradon , qui prétendit qu'il fallait dire autour et non pas à Ventour , le satirique mit dans les éditions suivantes :

Jutour d'un caudebee J'en ai lu la préfkee. Il fit bien : car l'enTeloppe d'un chapeau , au lieu d*en être à quelque distance , est tout contre , y touche. Mais du fait ici rapporté on a eu tort de conclure que Pradon et Boileau condamnaient à Ventour de absolument, même dans les cas où la chose environnante est très-éloignée de Tobjet environné.

D'ailleurs, aux passages cités dans l'article ci-dessus, on pourrait en ajouter un trés-g^rand nombre où à Ventour est employé àree régUne. Voltaire a dit dans la Princesse de Jfatwrre r

Et le brave Alamir, il fait tomber à bu

Tout aUnionr de lui nés, mentons, jambes, bras. « Durant l'épiscopat de saint Sulpice , tous les déserts à Ventour de Bourges étaient peuplés de saints solitaires. > Boss. « Comme les montagnes sont à Ventour de Jérusalem , ainsi Dieu est à Ventour de son peuple pour le protéger. * lo. c Boni en voilà un (des chasseurs) qui le blesse (le sanglier). Les roilà tous d VenUmr de lui. • Mol.

Ésope raconté qu'un manant, Un jour d'hiver se promenant J Vcntomr de son héritage,... Lav.

A VmOimr de ee pin l'homme tendit ses reta. In. Qu'à Veiuow de sa femme une mouche boardoniie....

Id.

ATAZa:AGB, DESSUS, PRÉÉmMEIfCB , SVfZ

SYNONYMES À RADICAUX DIVERS

RfORITÉ. Ce par quoi on l'emporte sur un autre ou sur d'autres.

Vavanlage est quelque chose d'avantagetiz ou de fayorable , quelque chose dont on est avantagé^ un bien, une commodité, une utilité, qu'on a de plus et qui fait qu'on est ovanl. Afoir sur quelqu'un Vawintage de la fortune, de la jeunesse, de la santé. «Quand l'univers l'écraserait , l'homme serait encore plus noble que ce qui le tue, parce qu'il sait qu'il meurt; etVavantage que l'nniTers a sur lui, l'unÎTers n'en sait rien. > Pasc.

Le dessus est l'arantage qu'on obtient dans un combat ou dans une dispute. En effet , il consiste primitivement et essentiellement pour un lutteur à ne pas rester dessous , mais à se mettre dessus. Une armée a sur une autre rooanlo^e du terrain , du poste, du nombre; et, dans l'action, elle a, elle prend , elle perd ou reprend le dessus. «Gonti parait , avec lui la confiance revient aux troupes ; la valeur de la nation reprend le dessus : on le suit , rien ne résiste. > Mass.

Prééminence et supériorité renferment une idée d'excellence, étrangère aux deux mots qui précèdent. La prééminence et la supériorité sont des avantages qui font, non pas qu'on est mieux placé, mieux partagé, mais plus élevé. Ce sont des avantages par lesquels on prime , on brille , on se distingue. Vavantage de l'univers sur l'homme n'est ni prééminence ni supériorité y puisque l'homme est plus noble que lui.

La prééminenu a rapport au rang ; la supériorité à la valeur, à la puissance, à l'action plutdt qif à l'état. La prééminence vous donne place au-dessus des autres; la supériorité^ le droit de commander aux autres ou le pouvoir de les surpasser. La première est toute de forme et d'institution, et indépendante du sujet; la seconde, plus réelle ou plus effective, est ordinairement caractéristique du sujet même.

La prééminenu est une préséance, une distinction honorifique ou hiérarchique par laquelle vous êtes établi au-dessus des autres. « Une prééminence est nécessaire dans tous les corps. • Mal. a Le gouvernement monarchique suppose des prééminences , des rangs , et même une noblesse d'origine. La nature de l'honneur est de demander des préférences et des distinctions. » Montesq. « Le titre de grand a toujours été donné en France à plusieurs premiers officiers de la couronne, comme grand sénéchal, grand veneur, etc. On leur donna ces titres par prééminence pour les dibtinguer de ceux qui servaient sous eux.» Volt. a Au concile de Chalcédoine on décida que l'église de Constantinople était en tout égale à celle de Rome pour les honneurs.... Dans cette dispute de rang et de prééminence^ on allait directement contre les paroles de J. G. • In.

La supériorité est une qualité , une vertu , une faculté, un talent, une autorité qui vous rend plus fort ou plus puissant que les autres. Supérioriié de génie , d'esprit, de courage , de mérite, de forces (Acad.). Le caractère de supériorité empreint dans toutes ses actions, dans tous ses

sur eux, et qu'ils eussent consenti, par un aveu sincère de leur faiblesse, à quitter leurs sentiments.... » BouRD. « Remportez la victoire sur votre ennemi en le comblant de bienfaits. Peut-on voir une plus illustre supériorité? • Boss.

L'imitation de la parole ne donne au perroquet aucune prééminence , parce qu'elle ne suppose en lui aucune supériorité (Buff.), A une époque où l'empire d'Orient et celui d'Occident étaient également affaiblis et épuisés, a Constantinople, échappée aux barbares , obtenait sur Rome la prééminence , non la supériorité , que donne le bonheur sur l'infortune.» Chaibaubriand.

AVANTAGE, UTILITÉ, PROFIT. L'idée également exprimée par ces trois mots est celle d'un bien qui dépend ou qui peut résulter de certaines choses.

Avantage a cela de particulier qu'il est relatif, qu'il implique une comparaison. Vavantage nous met en avant ^ nous fait précéder les autres, nous élève au-dessus d'eux , nous donne sur eux la supériorité. « Sylla et Sertorius aimaient mieux périr que de faire quelque chose dont Mithridate pût tirer avantage. » Montesq. « Voyez par combien à^avantagés nous vous sommes supérieurs. » Volt.

Avantage peut être encore relatif, en ce sens ; qu'il fait concevoir par opposition un mal avant lequel ou au-dessus duquel est un bien dont il , s'agit : il y a avantage à se conduire ainsi , c'està-dire que se conduire ainsi convient davantage, \ est préférable à se conduire autrement , que le bien à 'attendre surpasse le mal à craindre; et c'est pour cela qu'on dit un parti avantageux plutôt qu'un parti utile ou prolUable.

A l'idée d*avantage correspond nécessairement l'idée d'inconvénient et celle de supériorité sur l'inconvénient ou les inconvénients. « Quelques pertes légères, mêlées avec des gains considérables , n'empêchent pas que le traie ne soit regardé comme Vrès-avantageux. » Roll. On fait à quelqu'un des propositions ou des conditions avantageuses , c'est-à-dire qui lui offrent plus de bien que de mal , qui lui promettent plus de suites heureuses que de fâcheuses.

Mais ce qui distingue encore plus avantage , c'est l'étendue et la noblesse de sa signification. Il désigne toutes sortes de biens, particulièrement ceux qui consistent à être avant , c'est-àdire dans une prééminence , dans quelque chose de grand , de considérable , d'honorable , de glorieux. Vofôantage est le genre dont V utilité et le profit représentent des espèces, et des espèces d'une nature intéressée, c'est-à-diré presque toujours' peu relevée. « Nous avons cet admirable avantage de connaître que la mort est une peine du péché. » Pasc. Il n'y a rien d'admirable dans ïutUité et le profit. Un panégyrique doit avoir pour effet d'être avantageux à la personne qu'il célèbre , et utile ou profitable aux personnes qui l'entendent. « Ne perdez pas le fruit de cette vérité , qui , tout avantageute qu'elle est au saint dont je fais l'éloge , "sera encore plus utile et plus édifiante pour vous. » Boord. « Le pané-

discours (In.). « Si les pharisiens avaient de gyriste d'un faible académicien doit réunir avec bonne foi reconnu la supériorité du Fils de Dieu ; choix et présenter sous un point de vue avanta-

3St

DEBSlIaœ TAJITR :

geux ce qu'il peat 7 BToir àt bon et d'uftie -dans les oorra^s de celui qu'il est oUigé de louer. > D' Al. C'est un a9aKtage que vous procure ce qm TOUS foit honneur ; c'e^ de YuHHté ou du profit que tous retirez de ce qui tous fournit du fnût, des ressources, des moyens de bien-être.

VÈilHé et pro^t , de leur côté , diffèrent sensiblement l'un de l'autre. L'uftZiV, du latin ii<t, seserrir, natt du service qu'on tire des choses. Onappelle uHlew qui sert à quelque cbose(ÂCAi).), inutile ce qui ne sert à rien (Acad.). Un meuble a son utilité. « La yache (dans ce pays des Indes) deviendra sacrée, attendu sa rareté et son ntilité, » Volt. « Vutilité de ces définitions et leur usage est d'éclaircir et d'abréger le discours, s Pasc. « Un peuple peut aisément souffrir qu'on exige de lui de nouveaux tributs ; il ne sait pas s'il ne retirera point quelque utilité de l'emploi qu'on fera de l'argent qu'on lui demande. » HoNTESQ. « La botanique est fort utile à la médecine. » Roll.

Le profit est lucratif; il natt du gain , de ce qui revient d'un commerce , d^lne entreprise , d'une industrie, d'une exploitation. Xepro/lt de l'usure (BouTU).), un profit usuraire (Cond.); le profit de l'extraction des mines de l'Amérique (Buff.). a Ensuite desquelles (paroles) on peut prendre du profit (de son argent) sans craindre qu'il soit usuraire. 9 Pasc. « Les corsaires égyptiens nous regardèrent comme des esclaves dont les Phéniciens trafiquaient; et ils ne songèrent qu'au profit d'une telle prise. » Tin. « Pourquoi n*y a-t-il pas des pensions attachées à l'encourage meirt de Tagriculture? Cet argent retonmerart de même à i'fitat, mais avec plus te prafHi* Volt. « Les Français ont dépensé des sommes immenses povr entretenir aux Indes xme compagnie qui n'a jamais rien payé aux actionnaires et aux créanciers du profit de son négoce, s Id. c IjCs frais des mines d'or et d'argent d'Italie en auraient absorbé tout le profit.» Roll.

D'ailleurs , Vutilité est dans les objets quelque chose d'immédiat, au lieu que le profit ^ àepro- /Icere, avancer, faire des progrès, suppose un travail pour le faire arriver avec plus ou moins de peine. Ce qui est utile sert , au lieu de nuire ; ce qui est profitable pourra amener quelque bien moyennant des efforts, de l'application ou des réflexions. J. B. Rousseau loue un auteur qui sait «rendre l'attrayant utile et profitable. » La lecture de l'Évangile est utile; la représentation du Tartufe peut être profitable (Mol.). « L'adversité sans doute est un grand maître ; mais ce maître fait payer cher ses leçons , et souvent le profit qu'on en retire ne vaut pas le prix qu'elles ont coûté. » J. J.

A la fin d'un article sur ces trois mots , l'abbé Girard dit en parlant de son livre des Synonymes: « 7e souhaite que cet ouvrage soit utile au lecteur ; qu'il fasse le profit du libraire , et qu'il me procure Vawmtage de l'estime publique. •

!• AVARE , ATTACHÉ , IRTÉRfiSfiÉ; — S^SOR- IHDB, CRASSEUX, LADRET VD^IN; — 3* G«- COB, MESQUIN, TAQUIN. — Tous ces adjectifs servent à qualifier un homme qui a la passion de l'argent ou des richesses.

1* Aeore ^itUadhê^ intérasé: Ces trois ppemien mots font considérer sous diverses faces leviœ dont il est question : ik en marquent les espèces , à la difiérenca des mots soivanls qui en expriment les degrés.

Avare correspond à anairicê , qui est lenom propre de cette passion. Far conséquent, il en désigne les deux caractères principaux , qui sont de n'aimer pas i dépenser et de cherâfaer à amasser sans cesse. Au eontraire, aêtaehé et intérené n'en représentent chacun qu'une partie ou on cdté , savoir , attaché la crainte de diminuer oe qu'on a,, et iniéretsé le désir de raugmenler. L'homme attaoké est parcimonieux, épargnant; l'homme tiri^eti^ est âpre au gûn et «vide de profit.

Hais , eomme attaché est très-nia, ainâ employé et entendu , encore le remplace et se trouve dans le mtee rapport que lui avec intéreesé. L'homme avare ne dépense pas volontiers, soit pour lui-même, sort pour les autres, il est, comme on dit dans le style Ikmilier, tenace; l'homme tnl^rei»^ n'est point satisfait de ce qu'il a. Autant celui-là met de soin à conserver, autant celui-^ en met i acquérir. Vaeare est serré , se concentre ordtnairement sur ce qu'il tient sous sa main , et il se peut qu'il n'ai^itionne rien de plus; l'homme iniérené, sa contraire, peut être libéral ou même prodigue, mais pour Im la grande affaire est de gagner. — c Celui qui n'ose toucher à son argent, qui n'en est que le triste gardien , et semble ne se réserver aucun droit que cehii de le regarder, est proprement celui qu'on appelle ai^re. » Boss. « Speusippe parut intéressé, ayant exigé tme récompense de ses disciples , contre la contome et les principes de Platon, v Roll. — « Les hommes ne haïssent celui qu'ils appellent oeare que paire qu'il n'y a rien & gagner avec lui. » Volt. « Je ne parlerai plus à mon oncle de réngnation , parce que j'ai peur qu'il ne me croie intéressé; cependant il doit bien s%nagîner que je ne sais pas venu de si loin pour ne rien gagner. » Ric.

3* Sordide^ crasseux, ladre, nilain. Extrêmement, honteusement, odieusement avare.

Sordide, lafin sordiduM, de lonler, tndure, est de tous ces mots le plus générd. lise dit nonseulement des -personnes, mais encore et plus particulièremeoft des choses : avarice ou épargne sordide; les attachements JortKder de Tavarice (Ua,ss.). a quoi il faut jouter qu'il est le seul qui ait rapport à l'acquisition et qui signifie trèsintéressi; aussi dit-on gain fordtde , sonlide intérêt, ne pas perdre une occasion jordide de gsm (Mass.).

Traysflles pour la gloire , et qu'un toréiâe gnn '

Ke soh junate l*o^ d'an illustre éerivain. Rml.

Le crasseux se plaint tout à lui-même : c'est un grigou qui vît dans la cratse; il se néglige , il est mal vêtu , il porte sur lui les marques de son vice, il est erossfiw. Boileau, dans sa X* satire, a donné de ce personnage uns ezceRcnte pemture qui commence ainsi :

Hais pour bien mettn id leur eras$è en tout iob

Xe Mreet le vitoffi ivtoent aux autres. lUis

SYNONYMES À 1Lim€AUX DIVERS.

le ladre manque de sensibilité, et le vilain de noblesse. Ladre signifie primitirement lépreux^ et les hommes conrerts de lèpre sont, comme on sait , insensibles aux impressions du dèhon. Le laàn est donc l'ayare que n'émeuvent ni le spectacle de la misère ni les cris de la détresee. Dbib VÀvare de Molière, Frosine, ayant en Tain imploré l'assistance d'Harpagon , s'écrie à la fin : « Xe ladre a été ferme à toutes Jes attaques. > De mtaie , à la fin d'un drame de Saûl , par Voltaire , Bethsaibée dit de David , qui a souvent répondu par de durs refos à ses demandes d'at^^ent : c Pnisse-t-îl mourir tout A Theure, le irHain ladre , et vous laisser régner en paix f «

Le vQain n'est pas noble, généreux; -ce qvS le distingue, c'est la bassesse des actions tt des sentiments. « Les gens riches ne -sont pas tmrs généreux , et f en connais qui sont des francs vi- 2atY»;mais don Bertrand en use avec moi fort noblement. » Lbs. c Par la gémi , s'écria Sancho , que les infantes sont vilainesJ CUes vous renvoient un ècajer comme s'il leur devait enoore du reste. » Is. « Ce garçon-là est bien généreux : il ne vous ressemble pas , vous êtes un vUain , vous. » Rboh. Le défont du vilain est surtout révoltant , lorsqu'il se développe contreim bienfaiteur , lonqu'îl tourne en ingratitude : Graissez les bottes d'un vtlatn, dit le prove^e^ il dira qu'on les lui brûle.

3* Cbtdie , metqainy lo^t». Ces trois mots, à la diiTérence de ceux qui les précèdent immédiatement , sont des diminutifs et Teulent dire un peu ou petitement avare ; ils annoncenft un ridicule plutôt qu'un vice.

Hais ehiche et mesquin regardent la dépense, et ce gui les distingue l'un de l'autre , c'est que l'un est absolu j l'autre rdatif. Chiche marque le peu , et mesquin Tinsulfisance. Le ehiehe épargne trop ; le mesquin épargne trop eu ég»rd à sa fortune , & sa condition.

Ls réfsl fat petit et sans beaucoup d'apprèta : Is calant (le renard], pour toute besogne»

Anii un brouet clair; fi vivait chidumemt,

<Lnr.

«Cette rusticité de Fambassadeur bd concilia le mépris , et sa^ie mesquine , en table nulle , et en équipages pauvres et courts, Fàcheva. » S. S. On dit Tine moisson eMcfce, c'est-à-dire peu abondante , et une décoration mesquine, c'est-àdire pas assez riche pour le lieu, les choses ou les personnes.

Taçuin se rapporte à la mamère d'acquérir aussi bien qu'à la manière de dépenser. Le taquin dispute , pointillé, bataille y marclùmâe , avec une sorte d'aigreur et d'acharnement , afin d'obtenir plus ou de donner moins , afin de faire quelque petit profit ou d'avoir quelque petite diminution. Son caractère entièrement distinctiT e^ la chicane. « C'est im homme taquin qui se ferait fesser pour le moindre profit. >' Acad. « Sur le poônt de signer (le contrat de mariage), tout se rompit aTec aigreur par la manière altière dont la duchesse de Roquelaure voulut exiger que le duc de Rohan donnât plus gros à son fils. Ce dernier en fut justement très -mécontent II était foqiAin encore plus qu'aiNire; lui irt sa

femme se piquèrent, tinrent ferme su rompirent. » S. S. * AVERTIR , BOICRBR AVIfi, — INFOMUS. Faire •

connaître à quelqu'un na. événement qui Tialèresse.

EfitFB oeerfir et donner mHs ee trowaft les difiérences suivantea.

1* Àveriir, de odeeiter», loumer vers, Kudre attentif à , exprime une aotioo qui peut être faite par les choses et non pas seulement par les personnesi les infirmités de la TOtllesse nous otwr- Hssem de notre fin pvochaiM. « Bonjour, mon trfts-cher hdle; non^stomac m'^vertH de fimr (oelte lettre) a;vasitque la morale me gagne.» J.J. Hais il n'y a que les ^pemofiBea dont l'usage permette de dire qu'elles donnent avis.

2* ilverfir est une invitation à prendre gaide, et par conséquent annonce un danger. On oeerlil quelqu'un d'un complet (V«t.) , des périls auxquels il e'expese (7. J.), du danger où il est (RoLL.). « Tout lemende sait qu'au Capitule les oies oirertfrent les Romains de l'assaut que tentaient les Guttlois, et œ tut le salut de Rome. > Buvf. « Monsieur , je viens tous «verftr qu'il -ne fait pas bon ici pour vuus. « Mol. Mais les choses dont on donne etvis -sont moins essentielles 4 la personne qui reçoit l'avis , et, au lieu d'êtPs pour elle m»naçantes , -^es sont quelquefois heurouees. « Je vous donne 'Stvis , men cher ami , que je marie mademoiselle Corneille. » Volt. « Je vous êonne avi« que tout va bien (pour vous). » Mol. «Je vous donne <mis , victorieux abbé , que vous avec remporté un eeoond triomphe à l'Académie. » Meimso. « Otiand les prêtres avalent trou^ le boraf Apis, ils en donnaient avis au peuple de Memphis.» Rac.

8" Avertir, appeler Inattention «ur, inviter à se mettre sur ses 'gardes, suppose plutôt un événement futur, et signifie prévenir, « Vadame, je viens vous œerlir que la comédie sera bieirtdt prête. * Mol. « J*ai envoyé un liwe au roi , nrais en FaverltiManl bien que oe livre n'était pas fiait pour être lu^ur Im. » D'Al. a àffer- |(Sfe;^le de ses fiiutesttvaut qu'il y tombe.-» 1. 9, Mais donner om, comme donner nowaèlle , se rapporte plutôt à un événement passé. « T&die de faire donner avis à Gléante du mariage qu'on a conclu. » Mol. « Je dois tous donner avis •itae j'ai trouvé le moyen de faire recommander votre afl'aire à M. le comte de Castellane. » J. J. « Ma tante accommoda mon afiaire *, elle m^crivit aussitôt pour m'en dentier avis. » Les.

4* Avertir est particulièrement reOatif à ce que doit faire la personne «veftts; si bien qu'on dit , averHr de faire^ une cfaose. « Oe grand prince vous avertit y 'sire, en mourant, de craindre le Seigneur. » Mass. « Le père de Thémistode Fovertit de ne pas compter beaucoup sur la faveur du peuple. ■» Roll. Mais im ne fit pas donner avis d'agir dételle ou teHe manière, et eoovent l'aefi donné est sans coneéquenee pour -la uoadxiite de celui qui le reçoit.

4. h'amneieux n'est ni odieusement ni pedtement avare; il se montre avare dans les cas particnliers, il manqee à donner dans l'oGcasien. Vox* Jpars, «mprieieux,V* psrt., p. 87.

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