‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymes, ouvrage qui a obtenu de l'Institut le prix de linguistique en 1853 et en 1858 (volume 2)Chapitre 255 sur 426 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

faisaient autant de combaU fort éloignés Ton de Fautro. » Roll.

Ensuite , combat est un substantif verbal, car il a ayec le yerbe conibaUre un rapport très-prochain et facile à sentir. Aussi est-il plus propre que bataille à marquer le fait ou Taction. La hataille est comme un objet; on la donne, on la livre , on la dispute , on la présente ; on l'accepte ou on la refuse ; on la gagne ou on la perd. Elle se considère aussi, comme les objets, par rapport à l'espace ou au lieu : le champ de bataille ; placer tel corps au centre de la bataille. Mais le eùtnbat est un événement; il se considère plutôt par rapport à la durée de l'action et à la manière dont on s*y comporte. « CcmbaU soutenus , batailles gagnées. » Flâch. « La veine fit donner le signal du combat et gagna la bataille, » Boss. « Il va se présenter à T ennemi , et leur offre la bataille. Les ennemis s'avancent contre lui et engagent le combat, » Roll. On conimeùce , on finit , on fait cesser , on rétablit ou on reprend le combat, « Animer des troupes au combat, > Volt. Combat à outrance , long , vif, opiniâtre. Au fort du combat; le combat s'étant échauffé. « Condé savait conserver son sang-froid dans la chaleur du combat. » Bourd. « L'émotion que donne l'ardeur du combat. » FlAch. «A Pultava, après deux heures de combat y les Suédois furent partout enfoncés. » Volt.

C'est aussi par ce dernier caractère que Yaction dififère de la bataille et ressemble au combat. On engage V action ou le combat ^ une action ou un combat. Un jour d'action ou de combat. Vaction ou le combat dure plus ou moins.

Mais le mot d'action est général et indéterminé. II convient proprement quand on ne veut pas ou qu'on ne peut pas exprimer si l'affaire est générale ou partielle, si c'est une bataille ou un combat y ou même une escarmouche, un coup de main , ou toute autre opération de guerre. Fénelon écrit à son neveu , qui se trouvait dans un régiment près de Cambrai , de venir passer quelque temps auprès de lui , « s'il n'y avait pas d'apparence à une action, » « M. le vidame est à quatre pas de l'armée pour se trouver à une action^ si par nudheur on s'y engageait. » In. Un jour de combat^ c'est le jour où un combat a lieu; un jour d'action est plus général, c'est le jour où l'armée n'est pas inactive , ne reste pas en repos , quelles que soient d'ailleurs ses opérations , ou bataille, ou combat, ou escarmouche, ou sortie , ou attaques de toutes sortes. « Le duc de Vendôme était d'une grande mollesse , mais un jour d'action y il réparait tout par sa présence d'esprit et par ses lumières. • Volt.

D'ailleurs, action exprime l'action d'une manière plus pure , plus indépendante du résultat. « Par cette disposition , le dessein d'Ëpaminondas était de ne point hasarder le succès du combat par ce qu'il avait de plus faible , et de commencer Vaaion par son aile gauche , où était l'élite de ses troupes. > Roll. « Vaction fut des plus vives, et dura au moins dix heures. Mais enfin la fureur et le désespoir des Juifs, qui voyaient que leur salut dépendait de leur succès de ce combat , l'em-

portèrent sur la valeur et sur l'expérience des Romains. > In.

Il semble enfin que Vaction doit se considérer avant ou au commencement , et le eofnbat pendant. « Arsinoé ne se contenta pas d*exhorter ies soldats avant l'action; elle ne quitta point son mari pendant le fort même du combat. » Roll. c Le consul ayant passé le Séris , Yaction s'engagea. Le combat fut opiniâtre. » Gohb.

bAtIR, CONSTRUIRE,— ÉDIFIER. Ces mots expriment une action de l'industrie humaine , consistant à former par l'assemblage de certains matériaux une maison, un pont, une digue ou autre ouvrage semblable.

Si Mttr vient du grec ou du latin , ce qui est fort douteux, il ne conserve certainement rien de la noblesse de son origine; au lieu que conttruire , latin conitmere , est un mot qui annonce quelque chose de grand ou de distingué. On bâtit une maison , un vaisseau , un temple \ on construit une ville, une flotte , un beau temple. • Les abeilles , dans un lieu donné , tel qu'une ruche ou le creux d'un vieux arbre , bâtissent chacuDe leur cellule; mais les mouches de Cayenne conr struisent même la ruche. » Buff. « Une galère carthaginoise échoua sur les cdtes de l'Italie; les Romains se servirent de ce modèle pour en bâtir: en trois mois de temps leur flotte fut construite, équipée. » Montbsq. « Un jour, comme £ptménide bâtissait un temple qu'il avait résolu de consacrer aux nymphes , on entendit une voix du ciel qui lui cria : Dédie ce temple à Jupiter même.... Avant que de quitter Athènes , il fit construire un beau temple en l'honneur des Furies.» FÉN. « Les Ptolémées attirèrent ce trafic dans leur royaume en bâtissant Bérénice et d'autres ports sur la côte occidentale de la mer Rouge.... Le commerce de l'Orient fut la principale source des trésors incroyables que Salomon amassa , et qui servirent à construire le magnifique temple de Jérusalem. » Roll. c Servius abandonna ce terrain , pour y bâtir , â ceux qui n'avaient pas de maison , et il s'y fit lui-même construire un palais dans le plus bel endroit de l'Esquilin.» lo. Le maçon bâtit , l'architecte construit.

D'ailleurs , bâtir a particulièrement rapport i l'élévation, et construire â la structure, à i 'arrangement. On bâtit en entassant des matériaux: on construit en disposant des matériaux avec art, soit en hauteur, soit dans un autre sens. Oa bâtit un amphithéâtre ; on construit une route. Le castor bâ^it sa cabane; l'oiseau consirutt son nid. « Les vainqueurs (les Romains) bâtirent pour les vaincus ces vastes thermes, ces amphithéâtres, et construisirent ces grands chemins qu'aucune nation n'a osé depuis tenter même d'imiter.» Volt. « Le castor se peint la cabane qu'il veut Mtir, l'oiseau le nid qu'il veut cosstruire.» Cond. c Le castor bâtit sa maison et les oiseaux d'aujourd'hui construisent leurs nids , comme aux premiers jours de la création.» Lxh. « Les Romains songèrent pour la première fois à bâtir une flotte ; mais ils n'avaient point d'ouvriers qui sussent construire des bAtiments.... Leurs galères, construites grossièrement et à la hâte , n'étaient pas fort agiles ni faciles à manier. >

SYNONYMES À RADICAUX DIVERS

RoLL. «Josèphe nous parle d'un fameux édifice que Daniel avait hAti à Suze en forme de château, et qui était si admirablement eorutruit^ qu'il semblait ne yenir que d'être acberé , tant il conserrait son premier éclat. » In. —On bdHi sur, et avec plus ou moins de solidité; on construit arec plus ou moins de talent. « Quel architecte a enseigné aux oiseaux à choisir un lieu ferme, et à hdtir sur un fondement solide? Quelle sagesse a marqué à chaque espèce une manière particulière de construire les nids , où les mêmes précautions fussent observées , mais en mille fftçons différentes? > RoLL. On bâiit un système sur de bons ou de mauvais principes ; on se montre plus ou moins habile à construire une phrase ou un poème.

Édifier , latin xdifeaire , sedem faeere , faire un temple ou un palais , est peu usité au propre; il ne se dit qu'en parlant d'ouvrages considérables , tels que temples , palais , monuments , sans être aucunement relatif à la façon. « C'était la fée Pébosile qui a^ait édi/ié ce palais. » Lbs. — On l'emploie particulièrement bien au figuré et d'une manière absolue par opposition à détruire. « Je t'ai établi, disait Dieu à son prophète, pour arracher et pour détruire , pour planter et pour édifier. » BoDHD. « Les ouvrages du grand Arnauld sont comme autant de plaidoyers où il a toujours eu en vue d'établir ou de réfuter , d'édifier ou de détruire. » D'Ao. -~ C'est aussi un terme spécial d'histoire naturelle. «Ramper ou fuir, ne rien édifier^ ne rien produire, ne rien transmettre, tel est le sort des animaux solitaires. » Bdfv. c Si les éléphants vl édifient rien, ce n'est peut-t:tre que faute d'espace et de tranquillité.... Partout où les hommes se sont habitués , le castor perd son industrie et cesse d'édifier, » In.

BATTRE, FBAPPER. Porter la main sur quelqu'un , le maltraiter.

Battre^ latin baltuere, qui se trouve dans Plante, signifie rosser , charger ou accabler de coups, c Ils lui tombèrent sur le corps, et, quand ils furent las de le' battre , ils lui dirent qu'il était mon receleur. » Lbs. Frapper, du latin alapare, souffleter, ou du grec ^«iCeiv, dont le sens est le même , veut dire donner un soufflet , un coup de la main sur la joue : « Jésus-Christ reçoit un soufflet.... U n'a qu'à prononcer une parole , et le feu du ciel descendra pour foudroyer cet audacieux qui l'a frappe. » Bourd.

Ainsi battre , c'est frapper à plusieurs reprises : dans V Amphitryon de Molière , Sosie dit à son maître:

Je riens, monsieur, subir à deux genoux Le juste cfaitiment d'une audace maudite. Frappez, boitez, charges, accableiinoi de eoupt.

Pour frapper , au contraire , un seul coup suffit. Au figure , les vagues battent le rivage (Volt.) ; c'est une action continuelle , sans cesse répétée , comme est celle de battre les murailles d'une TÎUeavec le bélier (Boss.); mais que la foudre froppe un édifice , une balle un soldat , il n'y a là nulle succession d'actes , c'est un accident qui s'opère tout d'un coup. On se sert de battre dans toutes les occasions où pour faire une chose on est obligé de frapper plusieurs fois : battre le fer ,

le tambour, du blé, du plAtre, des œufs, les murailles d'une ville assiégée , l'armée ennemie , etc.; on a les oreilles battues d'une chose, à force d'en entendre parler. On dit d'un homme qui a l'habitude de frapper sa femme, qu'il la bai: c Cette femme l'épouse , ce garçon est brutal , il est fou ; il la battra comme plâtre. » Siv.

L'idée accessoire de battre eh celle de quantité , du redoublement ou de la répétition de l'action. L'idée distincte de frapper est celle d'agression , du conunencement de l'action , celle d'entreprise ou d'attentat. Le plus fort bat le plus faible ; le plus violent frappe le premier. On est bien Z>aflu ou las de battre; on ose ou on n'ose pas frapper , on est poursuivi pour avoir frappé quelqu'un. Un lutteur ou un chien en bat un antre qui n'est pas de même force, qui a le dessous ; Burybiade lève le bâton sur Tbémistoclé et menace de le frapper , s'il ne se range à son avis. U ne faut ni battre â outrance ni frapper sans raison.

Avec battre on ne détermine jamais l'endroit du corps où sont appliqués les coups : c'est en donner de toutes sortes et n'importe où. Mais avec frapper on désigne très-bien la place précise qui reçoit l'impression : frapper â la jambe , à la tête , etc. Si vous voulez battre les ennemis , dit César à ses troupes la veille de Pharsale , frappexAes au visage.

Entre battre et frapper se trouve la différence de la multiplicité à l'unité, quand ils sont pronominaux. Se battre se dit de deux personnes ou d'un plus grand nombre, qui échangent des coups : « C'est ici le même verger où vous vous battiez avec ma cousine à coups de pêches. » J. J. Hais se frapper s'entend , pour l'ordinaire , d'une seule personne qui fait sur elle-même l'action exprimée par frapper : « Si l'enfant se frappe , il ne se cassera pas le bras. » J. J. — En un mot , se battre est un verbe réciproque ; et , ; e frapper , un verbe réfléchi.

BÉATIFICATION^ GANONISATION , actes émanés de l'autorité pontificale , par lesquels le pape déclare que l'âme d'une personne défunte jouit du bonheur étemel, et détermine l'espèce de culte qui peut lui être rendu.

La Malt/lcaftofi est une sorte de préliminaire à la canonisation , un privilège accordé ordinairement à un ordre religieux, qui se trouve ainsi autorisé à rendre au personnage dont il s'agit des honneurs provisoires en quelque sorte et limités. Elle n'a été introduite que pour satisfaire l'empressement de ceux qui n'auraient pas voulu attendre la fin des longues procédures que néces* site la canonisation,

La canonisation a une valeur définitive , absolue : le pape y parle, non en personne privée, mais en juge , ex cathedra, après un examen juridique approfondi. Ce n'est plus seulement une permission donnée à quelques particuliers par dérogation aux lois communes de l'Eglise ; c'est une décision générale qui s'adresse â tous les fidèles et signale à leur vénération la mémoire d'un pieux personnage, dont le nom se trouve dorénavant inséré dans le catalogue invariable des saints de TBglise , dans le xav4^.

BEUXIÊiyS PARTIE

Une héatifeatUm «t ua fait particulier et (Tîn- 1 térieuT en quelque sorte; vn^canonUaiion est un éTénement qui intéresse tous h» eathaliqvies et qu'on célèbre avec solannité. « Cette cérémonie est une eanonisatûm d'un Borgia, jésuite : toute la musique de l'Opéfa y fait rage; il y a des lumières jusque 'daas la rue Saix^intoiiie ; on s'y tue. » Séy. Saint-SÎBQon raconte que revenant de son aiBl)assade en Espagne , il dîna chez des reli* gûeusee du bourg d'Agreda , où avait vécu et était morte la Êimeuse Marie d'Agxéda^ déjà béatifiée, et que la gent quiétUte tt enfia mmefiimr depuis, à toute peîAe, à Taj^ui de la conatiAution Uni-

Un décret d'Alexandre YII, de l'année 1668, défiend expressément d'étendre aux héaUfUi les honneurs rendus aus ctmoniêés. U faut un induit dur pape pour éciger des- ajotels en. leur nom , pour exposer leurs images ou leurs reliques dans une église; mais jamais il ne fut parnns de lea porter en procession.

Gomme ké^ifiêr n'a pas la rigueur de oonofiùer, il se dit biisn dans le leagage commun, pour signifier l'action d'un particulier q^i attribuai quelqu'un une place dans le séjour des bienheureux. < Au temps des dragonnades , le monarque ne doutait pas de la sincérité de cette Coule de conversions qu'on lui annonçait de toutes parts; les convertisseurs avaient grand soin de l'en peiv suader, et de le béoLtifier par avance. » S.S,.«c On voit comme le moine Jacques Clément fut béatifié, comme on mît son portrait sur l'autel, comme on r invoqua. » Volt. Cawmiter s'emplxkie aiMsi quelquefois en ee sens; mais c'est pour renchérir &urbîfati^ef. «Sainte Geneviève n'était pas encore en possession de cette gloire immortelle dont elle jouit, que la voix publique la mit au rang des sainte, la béaUfia et la eanênisa, 9 Bourd. c Jésua-Chmt a béa^fié et canonisa la pau^vreté. » In. ,

BEAU, JOLI. Ces deux mots se disent de choses dont la vue nous plaît par elle-même , indépendamment de toute idée d'utilité.

Hais le beau est dans les choses une perfection , et le joli un simple agrément : on admire l'un, on goûte l'autre. Différence extrêmement importante, puisqu'elle revient à celle de Vadmirable à VagréabUi.

Le beau, comme Yaémimble, frappe, étonne, transports; le joli, comme Vagréoble, séduit et amuse. Un beau génie, un beau poème , une belle tragédie ; un joli paysage ^ une jolie chanson , un joli madrigal. La vue des mers, qui neua fait concevoir l'infini , et l'aspect de la voûte inunenae ' des cieux, excitent en nous le sentiment du beau; mais une prairie émaillée de fleurs n'est que jolie. L'idée du beau comprend celles de grandeur, de régularité et de noblesse; l'idée du joli représente plutôt qiielque chose de petit, de peu relevé, mais de fin, de délicat, de charmant. Un beau château, une jolie maison de campagne; une belle femme, une jolie petite ôUe. Le même objet que nous avons appelé beau nous paraîtrait joli simplement, s'il était exécuté en petit. < Le nom de belle pensée , si on prend le mot de beau dans sa prc^ce signification, emporte ^fraudeur,

selon Aristote , quiadécidé que les petits homœ n^étaient point beaux, quelque bien faits qu'ils fussent, et qu'ils étaient seulement ;o lis. » Boce. En littérature et dans les beaux-arts , il bjox de l'ftme et une haute raison pour produire et pour apprécier le beau; il suffit d'avoir de l'espiit pour produira et pour sentir le joli. Ce qui est beau est plein de vérité, de sens, d'élévation, touche au sublime; ce qui est jolin^asA qp'élégant, brillant ou ingénieux. « VoUaixs n'est pu beau, il n'est que joli. » Mohtbsq. « Je m'insciis en faux contre la lettre où vous aesurez que j û dit que les Imaginairû* (lettres de Nicole) étaient joKet; je n'ai jamais dit ee mot, c'est une supposition. J'ai dit bâUêS et très-^Un : la joetasee de leur raisonnement emporte cette louange. » Sév. Une, belie femme se distingue par le teint , la taille, la proportion et la régulante des traita. Une;o^ femme peut n'avoir aucun de ces avan^ < tages et ne laisser pas néanmoins de plaire beau- I coup. « Je trouvai là Urne de Velbac , plutôt ;eh> I qne beUe , ayant dans la figure cette piçiaote I irrégularité, qui semble être un c^rice de la na- I ture et qui compose ce qu'on appelle un visagB J deDuitaJsie, mais bien plus séduisante encore par I son e^rit et par son caractère. > Uàmu, « Lei femmes de Perse sont plus beUos que celles de France ; mais celles de France sont plus jeHet. U est difficile de ne point aimer les premières, «t de ne se point plaire avec les secondes : les unes sont plus tendres et plus modestes , les autres sont plus gaies et plus eigouées. » Kohtbsq. I Le beau noua cause un plaisir d'estime, à oe I peut parler ainsi , plaisir plus grave que vif; nous j avons de ce qui est beau une haute idée, now I ne pouvons lui refuser nos homsiages et nos ipplaudisaements. Mais le joli nous cause an plaisir d'attrait, plaisir auqnel on est plus aensxhieca qui fait plus d'impression sur le ciBur. Quelquefois une belle personne impose, hix l'effet d'une belle statue , d'un chef-d'œuvre de l'art , on » sent comme forcé de s'incliner devant , elle enlève les éloges ; mais une jolie personne» sans être aussi bien, a je ne sais quel charme qui touche davantage notre sensibilité, nous gagne et nouà inspire une véritable passion. « Deux jeunes filks furent présentées À Philocharès, roi de Lydie, qui voulait prendre femme , ICégano et Kyrtii. Mégano était fort grande, de belle taille, ^tè traits du visage très-heaiMr et si bien pToporti<»nés qu'on n'y trouvait que reprendre; l'écrit fort doux. Avec oela, ses qualités ne touchaùeat point , faute de venus * qui donnât le sel à ces choses. Myrtis , au contraire , excellait en ce pointlà, n'ayant pas une beauLé si parfaite, mais n'ayant si petit endroit sur elle qui n'eût sa venus, Le roi choisit Myrtis , et voulut qu'on la nomm&l Aphrodisée à cause de ce charme. Uégano ea mourut de déplaisir , et on mit sur son tombeau: Si les rois ne m'ont aimée , ce n'est pas que je m fusse assez belle pour nxériter que les dieux m*ai znassent, mais je n'étais pas, dit-on, assez jo^ lie, » Laf.

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