‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymes, ouvrage qui a obtenu de l'Institut le prix de linguistique en 1853 et en 1858 (volume 2)Chapitre 254 sur 426 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

quand ils vettlent parler de ce <iai est inaccessible à la raison humaine. > Agad.

Bredouiller diffère beaucoup des deux mots précédents. Qui balbutie ou bégaye, hésite; qui bredouille y n'hésite et ne s'arrête jamais, parle précipitamment, avec une grande promptitude, une grande volubilité. C'est un dé&ut tout autre. Les bâillements et les étemuments sont d'un comique facile et vulgaire , comme les bégaiemenU , les bredouillements , et autres charges semblables.» Lab. «Voilà Théodecte entré : il rit, il crie, il éclate.... Il ne s'apaise et U ne revient de ce grand fracas que pour bredouiller des vanités et des sottises.... Il mange, il boit, il conte, il plaisante , il interrompt tout à la fois. » Labiu — Le bègue parle trop lentement, et ne fait entendre que des sons décousus et saccadés; le bredouilleur parle trop vite , et ne fait entendre que des sons confus et indistincts.

BARBARIE, CRUAUTÉ, FÉROCITÉ, INHUMA- NITÉ. Ces mots , ainsi que les adjectifs qui y correspondent, servent à qualifier les personnes et les actions des personnes qui en traitent d'autres, non pas avec douceur, mais, au contraire, avec une excessive dureté.

La barbarie est d'un siècle, d'un peuple ou d'un homme barbare, c'est-à-dire ignorant, grossier, brutal, qui n'a point été poli par l'éducation. « Comment tant de peuples ont-ils passé tour à tour de la politesse à la barbarie P » Volt. Les Grecs dans l'antiquité, et les Italiens au moyen âge , appelaient barbares tous les étrangers , parce qu'ils se croyaient supérieurs à eux dans les arts et la civilisation. La barbarie est indépendante du caractère des individus : elle tient à l'état des mœurs. Cette expression ne s'applique point aux animaux parce que, n'étant pas susceptibles d'instruction et de lumières , ils ne peuvent recevoir une qualification qui les supposerait capables de s'éclairer et de se perfectionner. Par une horrible barbarie , les premiers peuples immolaient aux dieux des victimes humaines , et des sauvages mangeaient la chair de leurs prisonniers. « Le duel est une coutume barbare.^ Boss. , Mass. t Les combats des gladiateurs étaient un spectacle barbare. » Boss. « Quelle horrible barbarie que de voir un peuple (les Lacédémonîens) qui se joue de la vie d'un autre (les Ilotes). 9 FÉN . c N'était-^ pas (chez les Lacédémoniens) une brutalité et une barbarie dans des pères et des mères de voir de sang-froid couler le sang de leurs enfants, et de les voir même souvent expirer sous les coups de verge ? » Roll. a Sans les lois de la guerre , la guerre ne serait plus qu'un brigandage inhumain, qu'une suite perpétuelle de trahisons, d'assassinats, d'abominations et de barbaries. » Boss. « Les Portugais crurent obtenir la clémence de Dieu en faisant brûler des Juifs et d'autres hommes dans ce qu'ils appellent un auto-da-fâ , acte de foi , que les autres nations regardent comme un acte de barbarie. » Volt.

La cruauté est d'un tyran , c'est-à-dire d'un homme qui se plaît à verser le sang (cruor) , qui est sanguinaire. « Les Juifs étaient cruels et sanguinaires. » Boss. c II n'y 9 guère eu de prince si

perdu de débauche que Physcon, et en même temps si cruel et si sanguinaire. » Roll. c L'ardeur de Pie V à redoubler la sévérité de Tinquisition , le supplice dont il fit périr plusieurs citoyens , montrent qu'il était superstitieux , cruel et sanguinaire. » Volt. « Ainsi, cruel , tu as également répandu le sang de tes frères et oeluî de tes alliés. » (Michol à David.) Id. « Les combats des gladiateurs n'inspiraient à la populace de Rome que l'amour du sang et la cruauié. > J. J. Le cruel aime à verser le sang, on tout au moins à faire souffrir, par caractère, natareUement. c Henri VIII était cruel par son caractère. » Volt, i Le duc de Bourgogne était naturellement porté à la cruauté. » S. 3. « Impatient de satisfaire son humeur cruelle, Marius laissa tomber le masque. » Vert. Les tyrans dans Vantiquitè ^ les Juifs qui firent mourir J. C. , les penècuteurs des chrétiens, les Espagnok, lors de la découverte et de la conquête de l'Amérique, se signalèrent par des cruautés. — La cruauté tourmente de gaieté de ccSur; elle agit avec réflexion et en connaissance de cause; quelquefois, eUe invente des supplices nouveaux. On dit un raffinement de cruauté (J. J.) « Tout ce que la cruamté des tyrans a jamais su inventer. » Bourd. « J. C. instruisit Hoîse et Ëlie des cruautés inouïes qu'il devait endurer par la malice de ses envieux. > Boss. « L'exercice, le plaisir de Tenvie, c'est la cruauté. » Id.— Ce mot a particulièrement rapport à la violence des peines entre lesquelles le crwA prend par choix la plus forte; si bien qu'on dit : la cruauté de mes maux (SAv.). « J. C. & éproo? é toute la cruauté du supplice de la flagellation. > BouRD. « La eruawté du crucifiement de J. C. * Id.

La férocité est d'une bête férou (fera), c'est-àdire farouche, sauvage, ftirieuse, indomptable, se précipitant sur sa proie avec ardeur et avidité. Tous les animaux carnassiers sont féroces par cela seul. « Daniel prie , et les lions perdent toute leur férocité à ses pieds. » Bourd. « On parrient à se faire obéir des animaux sans raison, qui n'ont point encore été domptés , mais d'une obéissance forcée qui leur laisse toute leur férocité. » Mass. Ce mot s'applique par extension aux hommes pour marquer chez eux ou de leur part une barbarie ou une cruaiuté fougueuse et pleine de rage. C'est tout le contraire de la modéralvm. « Avoir l'audace d'Achille, sans en avoir la férocité. ^Tiv. cLes soldats musulpans ne furent pas tous modérés : le vulgaire en tout pays est féroce, » Volt.

AJoutei vos tareon à mon zèle intrépide.

Ange de Mahomet, ange exterminateor.

Mets XkfèrwsUi dans le fond de mon coeur, fa». « Cela montre en eux une affreuse lùreur et férocité. » Boss. « Une colère violente, et qui va jusqu'à une brutale férocité. » Roll. « Ce prince était emporté et violent jusqu'à U férosite. » Id. « Les Carthaginois avaient une sorte de férocité qui, dans le premier feu de la colère, n'écoutant ni raison ni remontrance , se portait brutalement aux derniers excès et aux dernières violences. > Id. « Quand l'homme se venge , il s'abandonne à la férocité, il ne garde dans sa vengeance nulle proportion. » Bourd. — Si la

SYNONYMES À RAOIGAUX DIVERS.

bafharie est ignorante, et la isriMWItf réfléchie, la férocité est boaiUante et emportée : c'est son caractère diatinctif. « itn peuple intrépide , grave et cruel , Teut des fêtes meurtrières et périlleuses , où brifient la Taleur et le sang-froid. Un peuple féroce et bouillant veut du sang, des combats, des passions atroces. » J. J.

L'idée accessoire de VinhumatUté^ c*est qu'on ne se laisse pas émouvoir. Non pas que rtniiicmotn soit, comme le barbare , incapable de compassion et d'attendrissement, foute d'éducation; mais il réprime ou repousse tout sentiment d'humanité ou de tendresse. On a de Vinhumanùé envers les pauvres (Mass.). Le mauvais riche de l'Évangile est un riche inhumain (Boss.). Les enfants exposés sont les malheureux fruits de VinhumaniU de leurs parents (Mass.). Bourdaloue traite d'inlmiiiatiu les parents qui confinaient lexirs enCsnts malgré eux dans les cloîtres. Joseph ne reproche point à ses frères leur inhumanité (BouBD.). Philoctéte dans l'île de Lemnos est la victime d'une horrible inhumanUé, (Fin.), c Vinhumamité de Pharaon envers les Israélites était iooufe. • Boss. «Il y a de la bassesse et de V inhumanité d'insulter à l'infortune des malheureux , et de vouloir écraser ceux qu'on trouve déjà abattus sous ses pieds. » Roll. — Ou bien , d'une manière plus générale , Vinhumaniié est un crime de lèse-humanité, consiste à manquer à ce qui est dû à l'homme. « On en est venu jusqu'à immoler son semblable , par une inhumanité dont saint Athanase allègue beaucoup d'exemples , et U serait aisé de montrée cet usage barbare parmi presque tous les peuples de l'univers. «Boss. «Le vainqueur, devenu plus fier et plus inhumain, ne laissa aux MessénieDS pour ressource que l'es^ clavagre ou ia fuite. » Coud. « Spartacus exhorta ses camarades de sacrifier leur vis plutôt pour la défense de la liberté que pour servir de spectacle à l'inhumanité de leurs patrons. » Virt. « L'on a soin de nourrir les chevaux et les bœufs pour en tirer tout le service qu'ils peuvent rendre ; au lieu que ces riches inhumains refusaient souvent à leurs esclaves les besoins de la vie les plus nécessaires et les plus indispensables , sans parler des coups et des mauvais traitements dont ils les accablaient. > Roll. c Dans les lois de tous les peuples y le refus des derniers devoirs aux morts est une inhumanité punissable. » Volt. Sur ces deux vers de YOreste de Voltaire :

Nous venons lui porter des Douvelles heureuses.

'Elles sont donc pour nous inhumaines , affreuses, Laharpe foit la remarque suivante : « Quoique des nouvelles puissent être cruelles, elles ne sauraient être inhumaines; inhumaines ne se dit des choses que quand elles blessent l'humanité : un traitement inhumain , un supplice inhumain , etc. »

BARRE, BATfDB, LISIÈRE. L'idée commune à ces trois mots est celle d'une chose qui a beaucoup de longueur , avec peu de largeur et d'épaisseur.

Mais la 5arr« manque surtout de largeur. On tire une barre, c'est-à-dire un trait de plume sur un mot ou sous un mot pour l'effacer ou pour le souligner. «Je commencerai par tracer un homme comme les laquais les tracent contre les murs;

une barre pour chaque bras, une barre pour chaque jambe, et des doigts plus gros que le bras. » J. J. Du reste , la barre peut avoir quelque épaisseur, et, d^tns ce cas, elle est capable de faire résistance, à la manière des barreaux ou d'une barrière. « Une barre de bon fer a nonseulement plus de durée pour un long avenir, mais encore quatre ou cinq fois plus de force et de résistance actuelle qu'une pareille barre de mauvais fer. » Buff. « Cet homme est roide comme une barre de fer. » Acad.

La bande manque surtout d'épaisseur. Bile est toute en superficie, et peut avoir quelque largeur. Un long morceau de fer arrondi ou carré est une barre de fer; mais s'il est aplati, mince, beaucoup plus large qu'épais , c'est une bande, « Si on destine le fer qui vient d'être forgé à être fendu dans sa longueur pour en faire des clous et autres menus ouvrages , il faut que les bandes n'aient que de cinq à huit lignes d'épaisseur sur vingt-cinq à trente de largeur, a Buff. Les bandes sont comme des lames , des rubans , de larges barref ou de larges raies. • Il a vu dans cette pierre les mêmes lames, les mêmes taches et bandes de quartz que dans le basalte noir antique. » Buff. « Ce quartz forme comme une bande ou ruban de quatre doigts de large. » In. « On trouve dans un basalte antique, brun ou noir&tre, des bandes ou larges raies de granit rouge. » In.

La lisière est une bande , mais une bande considérée par rapport à un objet qu'elle termine. La bande peut n'avoir fait partie d'aucune pièce , ou elle a été prise dans une pièce ; la lisière est tougours prise effectivement ou mentalement sur les extrémités d'une pièce ou d'un tout, et non pas dans cette pièce ou dans ce tout. Une bande de toile , la lisière d'un bois ; une bande de drap , la lisière d'un drap.

Une barre de fer ou de bois ; une bande de papier ou de cuir; la lisière d'une étoffe ou d'une province.

BAS, VIL,— ABJECT. Peu élevé.

Bas et vil diffèrent d'abord sensiblement l'un de l'autre.

Bas y qui est au-dessous, dans la partie inférieure, a rapport à la place, et «tl, latin vilis, du grec çxvXo:, chétif, misérable, insignifiant; frivole, est relatif à l'opinion. On est bof et rampant, vil et méprisable. On dit un bas étage , un bas emploi, c'est-à-dire qui est au dernier degré, et un vil métal, un vil animal, une vile créature, c'est-à-dire qui est de nul prix. L'objet bo* n'est rien moins que supérieur et excellent; l'objet vil n'est rien moins que précieux, de grande valeur, on en fait peu de cas '.

L'homme bas descend, déroge à sa dignité; l'homme vil est dans le décri ou doit y être. Ap-

I . Quand il est question de prix , vil est le mot propre et par conséquent le plus signiflcatif : ce qui est à vil prix est à un prix chéUf, mUérable, presque nul. « Combien de pécheurs , aussi sacrilèges que Judas, Tendent comme lui à un vil prix le sang du juste? 9 BouRD. « Maiarin achetait à vil prix de vieux billets décriés, et se faisait payer la somme entière.» Volt. «Ce déserteur fut condamné à être vendu au plus vil prix, comme éUnl de moindre valeur que le

D£¥XIfi]iE PART»

piquée à un courtisan, l'épiUiète de ha» lut jbsigne un rang, le dernier, donne mie idée de son abaissement, de ses petitesses , de ses platitudes ; celle de vil est une expression de dééam qui le flétrit. Une profession est haue^ qui est abandonnée an petit ou au ha» peuple; vile^ s'il s'y attache quelque idée d*infainie. Un stotiiBeBt bas est sassi loin d'un grand homme , qu'un sentiment t/ti d*nn homme d'honneur.

Tout Tice est hm, puisque tout Yioe dégrade. On appelle vils ceux qui , c<Kmne la lâcheté et «n sordide on honteux intérêt, aurilissent^ désbeno- Knt, font perdre la considération. Des parasites las et flatteurs (FéN.); de viU oombattants (Boit.). « Faire quelque chose par des vues basses et chamelles , par de vils intérâts. » BooiU). Ce qui esrt bas est d'une nature peu relevée; ce qui est vU ne mérite ou n'oMient aucune estime.

Abject , du latîn «bjeeliit , jeté à bas on loin de soi , arec une sorte de brusquerie et de yiolenoe rejeté avec dédain , est le superlatif de viL Si on considère peu ce qui est vti, on a de ratenrion pour ce qui est albjeci^ on le rejette, on le re pousse , on le r^rouve , on le rebute. Aussi 4ibjeei se met-il d'ordinaire apciès vU: vUei abject, m Cette âme, selon le monde, si^ vile et si abjet^ , ne laisse pas , dans l'idée de Dieu, d'être d'un prir infini. » Bouni). « Tout «st bon à i'ava* lice , depuis la matière la plus précieuse jusqu'à la phts vile et la plus abjtcU, > Boss. « Touit est tterveilleui dans le corps humain , jusqu'aux organes mêmes desfonotions lespius viles et les plus ébjectês qu'on ne nomme pas.» Fin. «il paraît que les espèces les plusiTt^M , les plus abjectes , les plus petites à nos yeux , sont les plus abondautes en individus. •» Buff. « Pierre le Cruel est l'être le pins vH , le plus tAject^ le plus indigne de la scène. » Làh.

KA86BS5B, ABAfB0BIRRr. Ces mot» sign^ent par rapport à la condition et à l'âme U3à déCuit d'élévation.

Bassesse est tm substantif pur , abausemem un mibstai^if verbal. La bcwflBiseestun état; Vabaissèment , un état qui résulte d'une actiaiL On est ^ans la bassesse^ on s'eat mis ou on a été mis dans YabaiHement. À bassesse est attachée une idée de permanence, à dbaissemetii l*idée de •quelque chose d'accidentel. On dit bien la bas- Messe naturelle de l'homme , et, en pariant d'un homme , la bassesse de sa naissance ou de son origine ; mais on appelle ak^ùsemciit l'état auquel il arrive à un homme de desoendre velontairenrait ou malgré lui.

« Ce «erait ne pas oonnaître la haeeesse nalu< relie de l'homme^ » Bovhd. « Qnsl arvcugleanesit potir un homme qui, dans son origine^ est la hassesee même, de roaloir se faire grand* * £d.

phiB vil de toQt les esclaves. » Koix. Bat prix dit moins , désigne un prix siBpl«meBl modèle , peu haut, aa-dessofui de rordinalre. Ce qcfi est à m/ prix est pour rien ; ce qui est à bat prix est à bon marché. « Zenon sliabillaji tov^ours d*niie étoffe très-légère et du plus htu prix qu'il la pouvait trouver. » Féir, «Les choses communes étaient i trois fois meilleur marché i Ispahan que parmi nous. Ce bas prix est la démonstration de l'abondance. » ¥our.

« Quand noas axivna ceniidèrè In grandeur infinie da Dieu, et^ d'avtre paît, notve propre baesesae et notre néant » Is. c H semble q» cette pauvreté serait un moyen peu sAt poor relever la btmsease de Botro natnra. » Bois, c L'âme tremUante et confuse de sa aaterelle bassesse.,,. » Id. c Que rfime doit êtie pénétrée de sa beasesse et de son néantl » La. « Ces circonstanoes découvrent toute la btuteese de nos penchaots. « Mass. « La raligien ooirige roigeeil de l'homme , en lui faisant sentir aa misère et si èomsate. > In. « Sme soitir de la hattmtrr de soa était, Laure (fille pnbliqu^ y manlraiâ une sorte de dignité. » J. J. « C'est par orgueil que nous somanea polis : nene nous senlens flattée d'avoir des manières qui pnouvent qae nées ne somoies pas dans la hausses y et que neus n'avons pas vécu wec cette aorte de gens qnel'en a abandonnés dans tous les ftges^» Koirnao.— < Bansquelqne état d'oèwseaient qu'il ait plu à la fortone de me placer. » J. I. « Après rakatssenwfil des CaitfaagincHS, Borne n'eut presque plus que 4e petites guerres. » If OKSiao- « Avant Ycàbaûsesmî de la puiaBanced'Sspa0De , les catholiquesétaieDt beaucoup plus flnrfts que les protestants. » Id. « La politique de « mânistw n'aurait peur objet que Vabaùeement des grands. » Vbbt. • kpçstnea-nous quel malheur a pn vou réduiie à cet étrange tdmseeeumt. » Makm. < Les obeincaufl^ que Marie avait soufiferts sur le terre. * lUas. « C'est avec raison qu'on manifestait an dehors, par la posture dn coips, r«faatsseaiefil de Tesprit s Boas. < Les têtes humiliées par nn àbaissemcÊi volontaire seront exaltées avec J. C. * 1j>. « Regarder les grands avec des sentiments intérieura de crainte, de req^ect et d'eàsuaffliettf. » P. R.

Bassesse est absolu : £1 se prend tom'onrs en mauvaise part , comme ezprîmaniune disposition ou une uanièm d'agir esseotiellemeait vicieuse, moralement TépréhensiblB, ou bien oonmae désignant ua état dans lequel on ne jeait d'aucune considération. jÉ&eùfemsfii est relatif : il se prend en bonne eu en moins m&mraise pan, comms indiquant tm eeU d'bumiUté ou une buimliation passagère qu'en sonflte màittoiienient pesÊt-èUt . ou bien <comme représentant une siaspàe dimamation de consèdénatioii, de orédit ou de fortune. On œnsnre la hast «est ou les bmeaies des flatteurs ; on loue les aba«s«»aiitr de In ipie religiense^ et en s'^dlbree de chéiâr, à l'emnple de J. C. et ses disciples, r^aûremenl et les souffrances. Un homme placé au dernier degré de l'échetle sodale, né dans la lie du peeple^ est dans h basseese^ un homme ou une nation dent la prospérité ou la puissance a été àbmùeée., a reçu quelque atteiste, même légéta, est dans TaMisement.

« Que de basseeess peur parvenir! s Mass. c Les ministres flattent la passteci du mai tre , en adoucissent l'horreur , en illustrent la bente et la bassesse. » In. « Vatinios, personnage méprisable par la bassesse de son âme et par l'indi^t^ de ses mœurs. » Boll. « Ab l qaeihe haeeeesc esl la vôtre ! Ne rougtsses-vous point de mériter si peu votre naissance? » Mol.

SYNONYMES \ fiJMCMK DIVERS.

Le plus Til citoyen, dans m iassetse extrême, Afuit ciiasBé les rois , pense être rai lui-n

— « Umb^imewmni d« J. C. n'en pat nne chutes mais une oondescendsDM. » Bms. «.Adorer J. C« avec VB dbmknmmt profond d^equrit et de oerpe. > ID. « Cette ht»tff dignité de mère dB Oiea ne fiât que l'db&iaaer davantage (Mari^ ; mais cet «koftsèment fait sa gloire. » lo. c Se préparer à la cemanmioB par VtémiiêemBni dû cœur. » Hass- « Diea ne nous fait troimer notre salât (pie dans les li«iniiktians et rabaviemetift. » Id. « La nii- ^lon Doos porte à Vàkait9emmm et à l^kovilia* tien. » BcuRD. « Tiena-ttn dans un prefend •kaiseement auprèe de œUee qui partagent mon aafeonr. » Usbek as prewier evnuqne doAs les lettres i^rames (Vottoq.).

•ASfiESBK^ ABIMIiOlf. Grasid lAftoheoxi^Md»seneent , ipsre défeot d'élé?atiom.

Que la ^offerse soit pire que Yàbaksement , c*est ce qoe le préeédent article faft voir avec éyidence. Et q^aàfettwn, de son oM, dise plus qvL'tthaiaemenf , rendiérisw ^svr hti , c'est ce que dénontrent rétjrDMUlogie et les exemples. Va^ffeanm est Tétat d'une «hoee mbjetHe, c'est-àdire non pas seulement àbtLùtée ou mise pins bas, mais jetée i bas (o^ i^^tuî) , à tenre , an pins bas. Une personne qui entre dans le doDre cherche l'eibaiuêmeiU -et l'eilTeeften dans la uuâson de Dieu (Boss.). Homère aamit dû se onnftenterde mettre dans Vûifaitfement le héros de TOdyssée ; mais on ne saurait lui pardonner de l'avoir représenté dans Vahjection (Lau.).

La bastase et Vabjcetrân , qui différent Ttme et Tautre de l'abaùsement par le degré , diffèrent aussi l'un» de fantre, et même de plnsieurs manières.

1* Boitene^ qualité d'6tre bas ou de ce qui est bas , exprime quelque chose d'inhérent aux personnes et non de survenu en elles. Abjection , au contraire , du latin dbjettio , action on résultat de raction de jeter à bas (a9 jaeere) signifie un état accidentel auquel on s'est réduit ou on a été réduit. On se trouve naturellemexrt dans la basses9e par son peu de naissance , de mérite , de fortune , de condition ; on tombe dans Tdbjeetion soit volontaîreTnent, par sa faute ou de son plein gré, sent par Veffet d'une disgrâce éprouvée. Quiconque étudie Vbomme, découvre en lui beaucoup de grandeur et beaucoup de banessei^kBC.); Dieu a Toulu de certames personnes illostres une abjection volontaire et une entière abnégation des honneurs (Boss,); et , ce n'est pas dans la prospérité ni dans l'élévation , mais dans Valffjetfion et rinfortune qu'en a besoin d^ apprend» à aimer la vertu (d'Al.).

1* La bacfessa, quoique aussi 'grande que Yahjection 7 n'excite pas aittant de mépris. Dans la bat- Ksse on est au plus bas degré, on rampe; dans rab;>ecion on est vil, on est un objet de dégoût et de rebut. La Inssme du langage et des sentiments fait quMls manquent de grandeur et de dignité; Vdbjection du langage et des sentiments d'une personne les rend honteux, repoussants, ignominieux , intolémbles dans l'estime des hom« mes.

BATAHXB, €OKKAT,~> ACTION. Affaire ou en* gagement de deux partis ennemis.

BaUnilk et combat ont la même racine , btOtre, BaiaiUe, en vertu de sa tenmnaison oolleetive,. signifie qu'une multitude de gens se battest; et par sa pârticale initiale eom, ensemble ou av«c, cosvftaf marque simplement que deux ou {rfusieurs personnes se battent ensemble ou l'une contre l'autre. En sotie que la MatUe est générale, et le eoiMlwt particulier. La hcOaiU» a lieu entre deux armées; elle suppose un grand déploiement de troupes, et d'oMiaaife elle est plus décisive. Il fiiut moins de combattants et d'appareil pour qu'il 7 art eomhtH ? il n'y en avait qne quelques-uns dan» le oembo» des Hoiaees, et il suffit qull 7 en ait deux dms le combat singulier.

« Le marquis de Fesquières vent qu'on ne donne à la listaille de Sénef que le nom de cornbot , parce que l'aotion ne se passa pas entre deux armées rangées, et que tous les corps n'agirent point; mats il pandt qu'on s'aocorde à nommer bataille cette jouinée si vive et si meurtrière. Le choc de trois nulle hommes rangés , dont tous les petits corps agiraient, ne serait qu'un combat. C'est toujours rhnportanoe qui décide du nom. » Volt, c Mille petits combats suivirent la bataiUe de Honcontour. » In. « Nos combats, en Europe, pamissent de légères escarmouches en eomparaison de ces bataiUes qui ont ensanglanté quelquefois l'Asie. Le sultan Mohamed marche avec quatre cent mille combattants contre Gengis qui en a sept cent mille. » In. « On a vu dans ce siècle "des batailles de près de cent mille hommes qui n'ont pas en de grandes suites. Mats , à GuUoden , une action entre onze mille hommes d'un côté et sept à huit mille de l'autre, décida du sort de trots royaumes. H n'y eut pas dans ce combat neuf cents hommes de tués parmi les rebelkss. » ID. « Il a fallu donner trois grandes batailles dans la Perse, sans parler de celles des Indes, etde quantité de oombofr particuliers.»LAF. « Il s'y fiGLisait tous les jouvs (dans ces petites lies) de légères escarmouches à la vue des deux reis , qui étaient bien aises de pressentir par ces petits combats ce qu'ils devaient espérer de la bataiUe généride. » Roll. « Les assiégés faisant des sorties conthiueUes poar ruiner les ouvrages, il se livra des oombofs j^us sanglants que des bch tailks rangées. > Coin>. « On compte qu'il a faUu livrer aux Maures 87«0 conibau pour recouvrer l'Espagne, dont ils s'étaient rendus maîtres par une seule ftatndle.» In.

Dans une bataiUe on peut quelquefois distinguer plusieurs «omMt, comme ceux de la cavalerie et de l'infcnterie. A U fin de la boltitZIe de Malplaquet, la cavalerie ennemie, qui n'avait point encore donné , fit une charge , et de battue qu'elle fut d'abord elle devint victorieuse. « Ce fut le dernier vrai cowibat de cette fatale journée. » 8. S. Dans une bata'Sle des Grecs et des Troyens, Homère décrit le combat dos dieux (Roll.). A la bolatlie navale de Solbaie, Famiral hollandais Kuyter attaqua le vaisseau amiral d'Angleterre , et ce fut à Ruyter que demeura la gloire de ce combat particulier (Volt.). « Toute cette bataille était divisée en trois parties, qui

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