IV. Reprendre y réprimander, corriger
Ces mots expriment le bl&me d'un supérieur à en inférieur, d'un maître à son élève, d'un père à son fils; blâme adressé à la personne elle-même; bldme, non plus hostile, quoique toujours plus ou moins fort, mais au contraire plein d'intérêt et de bienveillance, ayant pour but, non plus de décrier, mais d'amender, de ramener à mieux ou à bien , de relever par des conseils , de faire éviter désormais des (autes déjà commises. « Si Louis XIV avait à reprendre, à réprimander ou à corriger, c'était toujours avec un air plus ou moins de bonté, presque jamais avec sécheresse, jamais avec colère. » S. S.
Mais d'abord reprendre diffère bien de réprimander»
Reprendre, c'est ressaisir ou ramasser ce qui avait échappé, et le montrer; ou bien c'est reyoir, repasser ce qu'un autre a fait, afin d'y apercevoir et d'y faire remarquer des fautes ; c'est simplement relever. Jt^prtmander a une tout autre énergie : c'est agir pour réprip^er, c'est malmener, faire des remontrances, punir en paroles, et menacer, c'est pour ainsi dire traiter comme un petit garçon, comme un écolier. — La r^éhension est généralement plus douce et plus modérée; elle ne fait qu'indiquer la faute. «De U Tient que ceux qui sont dans la nécessité de
reprendre les autres choisissent tant de tours et de tempéraments pour éviter de les choquer.» Pasc. c Est-ce là tout ce qu'on a pu faire que de ne trouver dans tous ses ouvrages que trois lignes à reprendre?» In. «Quand on veut reprendre avec utilité, et montrer à un autre qu'il se trompe, il faut observer par quel côté il envisage la chose , car elle est vraie ordinairement de ce côté-là , et lui avouer cette vérité, mais lui découvrir le côté par où elle est fausse.... On ne se fâche pas de tout voir, mais on ne veut pas être trompé. » lo.
Non moins prudent ami que philosophe austère , Momai sut Tart discret de reprendre et de plaire.
Volt.
n nous faut en riant instruire la jeunesse , Reprendre ses défauto avec grande douceur. Mol.
«Des savants ont employé trois volumes à reprendre dans Montesquieu des fautes de détail. » In. Les choses mêmes font l'action de reprendre^ tant elle a peu de force et de violence : « Pour revenir aux auteurs que ces remarques reprennent.,.. » Vauo.— Mais la r<fpnmande éclate, élève la voix , se manifeste avec aigreur et emportement; elle part d'un homme qui se fâche et qui mortifie. Réprimander vertement (AcAn.). « Les Athéniens étaient un peuple qu'on pouvait, en flattant son oreille, r^rimander comme un enfant. » Marx. « M. de Beauvilliers tomba sur M. de Chevreuse comme un faucon , et le traita comme un régent fait un jeune écolier qui apporte un thème plein d^s plus gros solécismes, et les fait tous rematquer en le réprimat\danU » S. S. « Pontchartrain fils disait aux gens les choses les plus désagréables avec volupté, et rtfjpr»mandait durement en maître d'école. » In. « On conte qu'un empereur chinois réprimanda un jour et menaça l'historien de l'empire: Quoi, dit-il , vous avez le front d'écrire jour par jour mes fautes! etc. » Volt. « Les états généraux réprimandèrent vivement leur ambassadeur. » In. «Montrez-moi quelque évoque qui ose, comme feu M. l'évêque de Chartres , lever la tête pour réprimander fortement Terreur. » Fér. « Davison, ministre d'Elisabeth, avait obéi (en apposant les sceaux à l'ordre d'exécuter Marie Stuart), lorsque le lendemain elle lui ordonna de suspendre et le réprimanda de sa précipitation.» Gonn.
Ensuite , et en conséquence , on reprend plutôt pour des erreurs involontaires , ou pour quelque chose de léger, pour des fautes d'esprit, de langage, de prononciation; réprimander , au contraire , suppose des fautes plus graves et ne convient guère qu'à l'égard des mœurs et de la conduite.
Enfin reprendre se dit des choses apssi bien que des personnes : trouver quelque chose à reprendre j reprendre les vices, des défauts, des abus, des excès : l'action de réprimanderne porte d'ordinaire que sur les personnes : réprimander quelqu'un.
Corriger <, cum regere, régir, réformer, rendre correct ou droit, a aussi sa nuance toute particulière. Elle consiste en ce que corriger a principalement rapport à l'effet. L'amendement n'est que sous-entendu dans reprendre et dans répriman*
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jDEraifiliB PARTIE :
cfer; la personne qui reprend ou ((ui féprtmande Ta seulenent en yne. Vais rkmàideBMfil forme l*idée essentiene Ae corriger; si bien que e^ui qui eorrige opère l'aiaendements eoit effeotivement, de &it , floit en fonmiseant les moyens de le prodoire. « Il y ft comme deux prineipes au dedans de nous; Fun se trompe , i*aatre corr^e ; Tun ^a de traTNV par sa pente , Taatre le redresse. » Fiik c Si les nobles levaient les tributs, il n'y aurait point de tribimal supérieur qui les eofft^iedt. » MouTBSQ. a L'emploi de la comédie est de cùrriger lesTices.» Mol. à proprement parler, on reprMMl et on répritnande afin de eorriffer. « Bst*«e ainsi que Ton instruit , que l'on reprend, que Ton corrige ? V Lab. « Apprendre aux jeunes gens ayec quel sentiment religieux un ftU doit receroir à tout ftge les réprimandes et les corrections d'un père, quand même il y a trop de rigueur. » Haiw. » L'orgueil a plus de part que la bonté aux r»^ montrancee que nous faisone k ceux qui oommot* tent des fitutes , et nous ne les reprenons pas tant pour les corriger, que pour leur persuader que nous «1 sommes exempts. » Lârogh. Oq essaye, on entreprend da corriger , mais non pas de reprendre ou de réprùntinder ; o'est «no tâoke à laquelle OB tcaTaiUe , et non uho aeiion qui s*6* p«iso en un seul coup.
Ifton , k sagess» même
N'en viendrait pae à bout, perdrait sens et raiaon
▲.vouloir comgar uno'tellft aalBoni. Mob.
• Le zèle prudent n'entreprend pas d'iBstrutre et âB corriger ce qu'il devrait se oontentev d'édifier.» ICaos. « Vous êtes supérieure; personne ne peut entreprendre de vous corriger. « Boeni^.
WLEMURR, HAIE. Lésions ou maux du corps que la chirurgie a pour but do guérir.
Blessure est un substantif verbal , qui exprime le résultat de raetion de bkeeer; pkrie, plaget. nhixfiy est un substantif pur qui ne rappelle Faction d'aucun verbe. De là tout» la différence entre lesdeux mots.
La blessure se prend' quelquefois pour un fkit el a un certain rapport au temps. « L'instant de la l^esure de Charles XII fut oelui de sa mort. » Volt. « Le maréchal de Joyeuse, blessé à la . caisse , retourne au combat après sa kleuure» • BoiL. « Plutarque dit que la blessure ou la mort d'un général ne doit pas âtro simplement un accident ) mais un moyeu qui contribue au succès , et qui inikoe dans la victoire et le salut de Tar* mée. 9 RoLL. -^ La plaie, au contraire, est toujours considérée eoinme une chose qui est telle ou telle , mais qui ne peut en aucune façon être prise pour un événement.
La blessure est toujours un effet, la suite d'un coup , elle a une cause extérieuro. La pluie peut provenir d'une cause intérieure, de la malignité des liumeura, par exemple : un tiieère n'est point du tout une hleseure , mais une plaie. • Le pauvre Lazare était tout couvert d'ulcères, et n'avait pas de quoi guérir ses plaies, j^Boord.
fians les cas (et ce sont les plus nombreux) où la plaie, comme la bksewfo, vient du dehors, aile se conçois, non pas au moment du coup, comme la blessure, mais postérieurement. Vous "-ocovoz uae blessure^ une blessure plus ou raoius
profonde , vous là sentai plus our mdns ; Va ua% jaillit do TOtm pUio, lo oKirargion la aonèo, en rapproche 'les lèvres, la guérit. « Dèa quo le poltron voit apporter au camp qiiriq«'uB tovt eoMglant d*utto }Ae$9ur9 qu'il a reçue, il aocouii vers lui et étanobe le sang qui ooaledeeapisae.« Labii. « Si je meurs dos Mesjvret que je Tiens de recevoir, je aouhaite que les vôtres ne vous empêchent pas de profiter de ma mort.... Le chirurgien visita nos plaies qu'il trouva très-dsmgereuses. » Les. — Le mot plaie est si peu relatif aa coup et Ace qui y tmiche immédiatement, que dansxine acception accessoire il sàgaiBa cicatrice. marque du mal après sa guériaon. « Jésus-Cfanst ressuscité porte encore les cicatrices des Mcsnirer qu'il a reçues. Quoique cesplâûs ne conviennent guère , ce semhle , à la bienheureuse immortalité, il se fait un plaisir de les conserver. > BOTiin. Arrivés dans l'Inde , les soldais d'Alexandre refusent de le suivre au delA en lui disant : c Voyez ces visages hâves et ces corps tout converts de plaiu et de cicatrices. » Roix. « Bappelez co grand et premier concile où les Pères qui le oompoooievt étaÂeul. pomaryinWffi cbaoïn par quelques mombreo mwtiléa ou pariée cicatrices qui leur étaient restées des Auvare da la persécution; ils semblaient tenir de leurs pimei le droit de s'^seetr dam cette aesenbiée générale de toute l'Ë^^ise. « Libb.
La même discioctioa sVippHque as flgorê.
iNètsitre annonce un mai reçu, dent oq a ét6 firappé, un ooop, une atteinte quelconque.
J*d rsTu t'ennemt (Hippolyte) que j'aviis UeiçA;
l§a bUâture trop vive auaeitét a saigné.
c Ces inj[ustice8 atroces de mes persécomnn sont toujours des &Iesstffeff récentes. » Toit. Hais plais désigne plutôt un mal dont la cause est au dedans mâme du sujet qui l'éprouve. « Le désordre des flnanoes est la plaie de cet empire.r ACAD. « La révocation de l'édit de Nantes a été regardée coBune une grande p2at> dans Tfilat. >
Ou bien bleesvre représente lo mal par rapport au fait de sa pioduetien; et plaie le signiflo à une distance plus ou moins grande de ce fait , en luvraême , pendaot qu'il dure ou qu'on le traite. « C'était la maxime de la daopilice que la raillerie ne convient pas à ceux qui sont élevés. que les traits qui partent (fen haut font des blessures plus profondes. Que s'il lui était édmppe une parole sévère contre ses domestiques, quel soin ne prenait-elle pas d'adoucir et de guérir U pZata qu'elle avait faite ? » Fléch.
BLUBTTB, ÉTINGEILE. Parcelle de feu.
La Uuotie éblouie; elle esrt trompeuse et vaine, c'est une lueur qui se dissipe bifflitdt , une flam* mèehe légitivo et inutile. L'^iaeelfe a phis tâe réalité-; on appelle de ce nom le reste ov le pvincipo dtm féu qui peut être grand ou cousidé^ ; rable : c'est Vétincelêe qui, jaillissant d'un cail-' lou frappé par lo briquet, ou conservée soos hi cendre, sert A allumer le bois du foyer et quel-' quefois un incendie. Aussi , au figuré , la bluettêl renchérit sur ï'étineelle sous le rappoit de la re*l titesse ou de la frivolité. Une Muette d'espriti
SYNOimnSS k lUDlCAtJl DIVERS.
n*est qa'no fttt follet, ime ombre ot comme un simula^e d'esprit; une éfvneeUe d^esprit est quelque chose de moins superficiel, suppose un tomds d'esprit. Le gfoie jette des étinulles (Sabh.); il ne jette pas de hluittei.
Mon motus briUiAf^ ciuolque sans itintelte^
Le eeid Bonee en tout genres exceHe. J. B. Roms. « U n'est pas vrai , dit Laharpe à propos de ces deox Ters, qu'Horace soit sans étineelle: il en a de pltis d'une sorte, s'il est vrai qa*on doive en* tendre par ce mor des traits saillants : ses odes sanoat en sont pleines. Ce rers de Rousseau semblerait dire que les étincelles sont un défout; msia Jamais ce mot n'a été pris en mauvaise part, s ShutUy au contraire, se prend assez sourrent en mauvaise part. « A pràsent que nous mvona mis à découvert Tintention secrète de PonteneBe, il ne faut qu'un coup d'œil pour faire èvBnouir ses Utietfet métaphysiques. » Lab.
Ia Muette ne se rattache à rien; le mot Muette ect absolu. C'est pourquoi on nomme ttluette, au figuré, et non àmeetle, une sorte d'ouvrage d'espift « S'il m'échappe d'autres Muettes litté^ rafr«s, vous les aurez comme la Jfére toupàble, * BxaffM. « Cette petite comédie n'est qu'une Mtieife. > AcAD. Boileau parie des hlïêeites folles de Benserade. VéHiMeUêy au contraire, ne se conçoit qu'en rapport avec quelque chose dont elle est détachée, soit qu'elle en vienne, soit qu'elle doive le pmduire. « Gilbert eut certatoement de la verve poétique , et même en laissa éehapfer des Mnêdlêt dmks quelques-unes de ses edes. » Lah. c Je reconnais en toi le digne ami de l'homme juste ; il me semble voir dans tes yeux une étincelle de son âme. » Mark. « Ce n'étaient plus que de p&les étineeUes d'un feu xocraraot. * In. « Vûb petite étinoAU peut causer un grand încendieL » Acab. C'est improprement que Régnier a (fit :
De la fin d*une ameur rautte natt plus parfldte ,
Comme on Tolt un grand feu nattte d'une hluéUé.
BOtTKft, CLOCHEll. Ifarcher mal, d'une manière inégale et défectueuse.
Botter est le mot ordinaire , et on ne s'en sert qu'au propre; clochBr est un terme familier, tant au proipfB où il est très-peu usité, que dans le style figuré où il est le seul en usage. Cela suffit pour guider sûrement dans l'emploi de l'un et de IT&utre.
Au pfropre, on dira toujours botter, c Je con* nais une femme qui marche assez bien , mais qui tnite dès qu'on la regarde. » tf ontesq. Si on y a substitué quelqpiefois ehcher, c'a 6té dans le style âuuilier on en plaisantant.
La route mal sûre De J'ine sainl Ikisail ^heher l'allure.
{La PucetU,) TotT.
« Celui qui a vu Drusille monter au ciel vous dira qu'il a vu Claude y monter aussi tout clochant, s J. J. Rousseau , traduction de l'^pocolokimofû de Sénèque»
Qoandtreis fittee passaat , Fane dii : c'est gnmà'hoate Qa'U faiUe voir ainsi clodur ce jeune fils, TandiB que ce nigaud, comme un éT6que assis. Fait le veau sur son ftne , et pense être bien sage. {Le ntautkrf tonjih et Vâne.) Laf.
Au figuré , cldeJler est seul de mise , et il garde son caractère de femiliarlté. « H ne faut pas être si prompt à condamner la conduite des autres , et ceux qui veulent gloser doivent bien regarder chea: eux s'il n'y a rien qui cloche, > Hol. Le noeud d'hymen Teut être respecté.
Si par malheur quelque atteinte un peu forte Le fait elccher d*un ou d'autre côté , Comportec-TOQS de manière et de aorte Que ce seeret ne soit point éventé. Lav.
« C'tôt ainsi que ce mètre (le ven de trois pieds et demi) a de l'effet quand il est redoublé et continu; il prend alors un caractère; mais il cloche^ il est boiteux, dès qu'il est seul à côté d'un autre, s Lah.
Si toutefois ott veut trouver une différence essentielle entre des mots déjà si distincts, on s'apercevra que boiter dit moins que cîocher. En effet, on peut boiter un peu, d'une façon presque Imperceptible. < Je crois qu'il boitait un peu. » X. J. Mais pour clocher il faut incliner d'un c4té, puis d'un autre, aller deçà et delà, sensiblement, comme une cloche, en un mot il faut boiter bas.
Quand Je vois revenir des fémmet sai U me semble de voir un cbeva) de louage : Lorsqu'on le ramène au logia , Cest un grand hasard ail ne cloché f fit , s'il ne boité pas tout bas , Pour le moins on trouve y en ce cas , A coup sûr, quelque ter qui loche. Ram.
BONHEUR, CHANCE. Termes relatifs aux événements ou aux circonstances qui font la prospérité ou la disgr&ce.
Bonheur se prend toujours en bonne part, annonce toujours quelque chose de favorable. Mais la chance peut être heureuse ou malheureuse : conter sa chance, c'est conter sa mésaventure.
D'un autre côté , bonheur est plus général et regarde presque tous les accidents de la vie; cluince n'a de rapport qu'à ceux qui dépendent du hasard seul, et à la production desquels nous ne pouvons en rien contribuer. Notre bonheur, comme notre sort, n'est pas entièrement soustrait à notre influence , mais nous ne pouvons rien sur la chance, non plus que sur le hasard ; on ne se rend point chanceux , on Test ou on ne Test pas.
BONHHUR. PLAISIR , BIEN-ÊTRE , BÊATlttJDS , PROSPÉRITÉ, FÉLICITÉ. Situation avantageuse, état où on est agréablement ou commodément. L'homme étant sensible , ne désire rien tant que le bonheur, le pîaieir^ le Mm-^lre, la béatitude^ la prospérité, la félicité.
Bonheur est pour 6ofme heure , bona horc^ Êora a signifié en htln le moment de la naisssance, lequel, suivant les astrologues, décidait du sort de toute la vie. En conséquence, le bonheur dépend de la destinée : on a du bonheur, parce (pi'on est né dans un bon moment, sous une bonne étoile. Avoir du bonheur, c'est avoir bonne* chance , être favorisé du destin ; on dit de quelqu'un que son bonheur, c'est-à-dire son bon sort ou son bon génie, l'abandonne. «Le bonheur n'était autrefois qu'une heure fortunée. » Volt. « Fortune se dit de hi divinité païenne qui était censée fidre à son gré le bonheur et le nulheuri