DEUXIÈME PARTIE
quelque chose qui paraît y répugner, et le soutient également. « L'eau, si fluide, si incapable de toute résistance , et néanvioins si forte pour porter. » Fén. <c Les assemblées continuent trois fois la semaine, et néanmoins les choses vont assez lentement. » Boss. a Quoique le titre d'allié des Romains fftt une espèce de servitude , il était néanmoins très-recherché. » Hortbsq. « H ajoute qu'il y a des auteurs graves qui affirment que c'était la droite, qu'il croit néanmoins être fondé à soutenir que c'était la gauche. > Labb.
Toutefois , toutes fois , fait entendre que parmi toutes les fois , les cas , les circonstances où une chose arrive , il s'en trouve , il peut s'en trouver où elle n'arrive pas. Il ne renverse pas non plus ce qui a été dit, il en convient; mais il y fait une exception ; au lieu de poser, comme néan^ moins , une assertion^n flace d'une autre et de maintenir celle-là comme celle-ci , il pose une règle et exprime quelque chose qui en sort, a Tout pays est bon pour mourir, excepté toutefois celui-ci, quand on laisse* quelque chose après soi. 3> J. J. « Quoique ce ne soit pas la coutume de payer auparavant , toutefois , de peur que je ne l'ouMie, voici.... y Mol. « Ordinairement en ce qui regarde les dispositions intérieures il ne faut regarder que la personne; toiUtfois , par l'inUuence de rintérieur sur L'extérieur, on peut aufisi «iroir quèiqu* égard au bien commun. » Boss. < Quoique je propose ces livres comme exemples de la puissance mutuelle des imaginations , je ne prétends pas toalefois les oondamner en toutes choses. » Mal.
GBAUL, YIAMDE. Partie molle ei muaouJaire de la substance animale, servant ou pouvant servir d'aliment.
Toute la difler ence entre ces dBux mats tient à Tétymologie du second. La vtaïuU est c« qui est propre à la vie , ce qu'on doit prendre pour l'entretenir; en sorte que ce mot emporte toiqours une idée de nourriture. Mais cette idée n'est pas aussi essentiellement con^rise dans la signification du mot chavr; ce qu'on considère surtout dans celui-ci, c'est, non pas Fuaage qu'on peut faire de la^chose , mais cette chose màme comme entrant dans la constitution physique de tel animaL Voilà de belles chat», peut être l'éloge d'une jolie femme; voilà 4le belles viandef, est celui d'un bon morceau de bœuf, de veau ou de mouton. « Ma chaiar est vraiment mattdey dit J. G. » Boss. c Pour l'épouse d'un Dieu (l'Eglise), il n'y avait que la chair d'un Dieu qui pût être une xiiande sortable. » Bouro. « Ce n'est point une figure que le sacrement de l'Euchaiisti» : cette thair véritable est véritablement via/nda, » FiN.
Cette différence se conserve , môme alon que les deux mots expriment quelque chose que. l'on mange. La chair se rapporte à l*aniB[iaI qui la. fournit : chair ^ et non viande, de poulet, jde perdrix , de lièvre. Mais on ne voit autro chose dans la viande que sa destination : de la mandé , et nen de la ehair^ de boucherie; acheter ime livie de. viondé, c Saint Pierre mangeait indifférapinent avec les gentils convertis du porc et des chairs étottflèes; mais ensuite il ae remit à l'abstineoLce
des vianAes défendues. » Volt . Des chairs étouffées sont des chairs d'animaux qui ont été étouffés. « La choir du pécari, quoique plus sèche et moins chargée de lard que celie du cochon, n'est pas mauvaise à manger. Lorsqu'on veut manger de cette tnatule.... »Bdff. cCe surikate mangeait avec avidité la inaitde crue, et surtout la chair de poulet. » ID. « La chair du cabiai est grasse et tendre ; mais elle & plutôt le goût d'un mauvais poisson que celui d'une bonne viotid^. » In. — On qualifie la chair relativement à ranimai auquel elle appartient : elle est maigre ou grasse , longue ou courte , sèche ou chai^gëe de hid, Oxx qualifie la viande relativemeot à ce qu'éprouvent ceux qui en usent: elle est de bon ou de mauvais goût , savoureuse , succulente , grossière , indigeste.
Ou bien chair se dit absolument pour d^gner une sorte de substance alimentaire : les animaux carnivores vivent de. choir; les catholiques s'abstiensent dm àhair le vendredi et le samedi. Au lieu que viande se prend dans un sens plus déterminé pour signifier de la choir exposée, coupée ou apprêtée pour être servie à ceux qui s en npucrisent.: viafide piquée, lardée, bardée -, un j plat de viande , une table chargée de râiides. I CHANCELER, VACILLER. Ces mots expriment le défaut d'être mal assuré.
Ce qui ehantslle court des chances , est en danger de choir y penche comme sll allait tomber; ce qui vacitte va deçà et delà, d'un côté et puis d'un autre , comme va mn petit ramena , une baguette, haalïum, ou une chose changeante, variable ,, qui vague {vagatur) petitement ou à plnsieuis reprisea.
L'objet qui chanceOé n'est pas fermfi; celui qui vaciUe n'est pas fixe. Le premier aurait besoin d'être soutenu ou raffermi; le second d'être dé terminé ou assujetti. Celui-ci est trop mobile, celui-là trop^ faible.
Le corps de l'ivrogne ehancette , car û menace de tomber; sa langue vcuiUe^ car elle s'agite irrégulièrement , elle balbutie. Dans la vieillesse , dit BuJOfon, les jambes sont chaii«e2aiuef , et la. tète vckcillê : les jambes sont chancelantes ou sur le point de manquer; la. tête vacUle, elle ^roure un branlement , une sorte d'oscillation.
L'esprit qui ne sait pas se tenir dans le parti qu'il a pina„ ehancette ; ceLuî qui balance entre plusieurs partis > sana s'arrêter à aucun , vaeiUe. Qui d^oncelle cède on. mollit; qui vaexUe flotte. C'est plutât la Yolontà <puû chonceUe^ paros qu'elle est susceptible de fonce ou. de làifalesse; c'est pluiftt U raison qui v<uille^ parce qu.'eUe peut être incertaine , en. sapiens enirei drreises optniona^ L'Ame, faible, chancelle , l'eapiit sceptique vacille. Au moment d'assassiner Pftchua, Oreate snt ehoiicelep son eourago C^^i^^h dans l'Hifloire des variaiions , Bossue! reprocho aii& pnitestaatadfr n'avoir qu'une loi f7aciUaaia.
On dit un trêoa. chonorioiif , une fitrterBaee chancelante;, ce jout comme des édifiGea4imtl& solidité peut*aa démentir. Mais oa dit une main ott une lueur iia«iUante ^c'est-à-dfre qni tremble , qui Créait, comme un xnseaa agité par la Tem.
Le témoin qui chancelle dans sa déposition , bé-
SYNONYMES À RADICAUX DIVERS
site , est peu a£6nnaiif ; celui qui vacUle dit tantôt une chose tantôt une autre.
Une démarche ou une mémoire chancelante maaque de force , est défaillante , caduque , menace raine. Une démarche ou une mémoire vaeillanle est seulement vague et incertaine. Un tribun militaire fort âgé s'excusa d'accepter de nouveau la même charge en disant aux Romains : « Les forces de mon corps sont tout à fait exténuées : je ne puis presque plus Caire usage de la rue et de l'ouïe; ma mémoire chancelle, la vigueur de mon esprit est usée, » Rou.. Le chancelier Michel LeteÛier « conjurait ses enfants de Tavertir de bonne heure quand iU verraient sa mémoire wicilUr ou son jugement s'aflkiblir , afin que par un reste de force il pût garantir le public et sa propre canscisDce des maux dont les menaçait l'infirmité de son âge. » Rose.
GHANCIR» MOISDt. Ces mots expriment tous deux un changement à la surface de certains corps, qui tendent â se corrompre en fermentant.
Chaneir est peu usité en comparaison de son synonyniie, et il paraît avoir une signification moins étendue et moins forte.
D'une part, il ne se dit que des choses qui se mangent ; au lieu que moisir s'^plique aussi à d'autres matières : tout se moisit dans les lieux humides (Acaa.}; laisser moinr des titres dans leur coin (J. J.); Boile&u dit, en parlant d'un poème intitulé Moise :
Le MoïSe commeoce i nuûir par les hoids.
D'autre part , chandr annonce une ootruption moins prochaine : ce qui chanât commence seulement à momr. Du pain chagici est u peu plus que rassb, il est temps de le manger; du pain moiù n'est plus mangeable. Des confitures chandes hianchissent (eanàucuni ) > se couvrent d'une pellicule blanchâtre, indice d'une disposition à la moisissyure ; des confitures fM»e$ sont gâtées on bien près de l'être , comme l'indique le verbe latin mu/cete ou muùueare , d'où moiitr tire son OTîgiw^
GHANCEANT» YAMAIILE , INGQNSTAirr ; — LÉ- GER, YOLA«£; — YER&ATILE. Qui se dément; ' qui ne reste pas le même, dans le même état ou fixé au même obiet; qui tendA^tce autrement ou à avoir autre chose.
Cbaiigeaiit, variaXiU et «ncoMtont ae disent tous uob du temps. Chat^eani le représente comme, un ol4et susceptible de devenir tel ou tel , beau ou vilma^ froid eu chaud, sec ou humide; variùbh comme un agent capable de plus ou moins de forœ ou d'ardeur, comme- pouvant devenir calme ou orageux , produire du vent ou de la pluie; inconstant le désigne comme incertain ou pas sÂr , comme devant ae modifier bientôt. -* Pareillement , un esprit est dungeant quant â sa manière d'être, à ses sentiments; variabU auant à sa manière d'agir, à ses résolutions, ou a ses opinioDs; et inconstani eu égard an.peu de fond qu'on peut iaioa aur lui et au. peu da* durée de ses impressions aistuelles. Une fissune chansfanU ^i snjette i se lasser de aonétak ou de l'objet de son affection, à désirer du nouvesui Comme variable n'est pas une expression usitée, variable
n'ayant point de rapport à ce qu'on éprouve , aux choses de cœur; une femme inconstante ne s'est pas plutôt attachée qu'elle se détache , il ne faut pas s'y fier.
Léger et volage , à la différence des trois mots précédents , ne conviennent pas en matières graves. Un houune , un peuple , un esprit , un cœur léger ou volage est frivole , peu sérieux , changeant QM inconstant dans de petites choses, en fait de modes, d'amour ou d'amourette, par exemple. < Henri Yin d'Angleterre était né ja- 4oux , soupçonneux , inconstant , âpre sur l'intérêt. D'ailleurs , il était. passionné pour les fenmies, et volage dans ses amours. » Fésr. « Ces notes fixeront la langue et le goût, deux choses assez inconstantes dans ma volage patrie. » Volt. « Il y a des personnes si légères et si frivoles que....> Lasoch. c La renommée peint les Parisiennes frivoles, étourdies, volages. » X. J. •— Ces deux épithètes s'appliquent de préférence à la jeunesse et aux amants, quand ils font ou que celui qui en parle &it des affections du cœur une sorte de badinage. c Les femmes accusent les hommes d'être volages^ et les hommes disent qu'elles sont légères. » Labr.
Quant à la distinction de léger et de volage, le cœur léger ne tient pas fortement à son objet, et le cœur volage voltige d'objet en objet Un rien, un souffle en quelque sorte suffit pour dégager l'un; le goût de la variété entraîne l'autre à contracter ^vers engagements, c La femme volage esi une légère qui aime la multitude. » Cokd. Phèdre dit de Thésée :
Je Taime, non point td que l'ont vn les enfers,
Folage adorateur de mille objets divers, ^ac.
Ainsi , le défaut d'une femme changeante ou inconstante est un défaut de conséquence, sur lequel on ne plaisante pas , qu'on juge au point de vue de la morale. Hais l'attachement de la femme changeante est susceptible de lassitude ou de dégoût; celui de la femme inconstante n'est pas long ni sûr. ^ Le défkut d'une femme légère ou f2o2a#e se prend moins au sérieux et se caractérise au point de vue de la galanterie. Vais l'attachement de la femme légère n'est pas fort; ce-^ lui de la femme volage est vagabond.
7ercalt7e , versatilis, de versare , firéquentatif de vertere^ tourner, est comme le superlatif de tous les mots qui précèdent,, et surtout de variable. oc Les causes des effets du hasard sont variables et versatiles. » Buff. — On est versatile dans ses opinions , c'estrà-dire si variable qu'on ressemble à une girouette : Voltaire a été l'écrivain le plus tMfsati^e (Ljlu^. On la dit aussi du caractère, mais nen pas des affections. « Alcibiade était d'un caractère versatile. » Volt. Ce mot est tellement relatif A l'écrit (et non pas au cœur) , et lui attribue une telle mobilité, qu'il finit par signifier une sorte de talent, une habile sttiplesML «Hul n'a eu une dialectique plus adroite et plus «trtoftk que Bayle pour se charger sueceisivement de l'attaque et de la défense. » Lah. « Ce génie si souple, si pliant et ai v0rsatile ne sert qu'à avertir les sénateurs d'être sur leurs gardes. » D*Ao.
GHAIffiEUXNT, TABUtlCOr, SOTATTOlf, TI-