‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymes, ouvrage qui a obtenu de l'Institut le prix de linguistique en 1853 et en 1858 (volume 2)Chapitre 267 sur 426 · CHAXGER, ÉCHANGER, TROQUER, PERMUTER · texte numérisé non relu

CHAXGER, ÉCHANGER, TROQUER, PERMUTER

Donner ou laisser une chose pour une autre, sans qu'aucune des deux soit de l'argent.

* Changer est d'abord bien distinct des trois autres verbes. Il est le seul qui signifie quelquefois une action involontaire : au sortir d'un bal, il peut arriver qu'on change son chapeau sans s'en apercevoir; à la place de mon parapluie qu'on m'a pris, j'en trouve un autre qui vaut mieux, Je ne perds pas au change. Il est le seul qui soit absolu : il ne marque pas nécessairement réciprocité d'action entre deux personnes dont chacune donne «t reçoit : je trouve mon vêtement trop chaud pour la saison , je le change. Enfin changer est de ces quatre ipots le plus général et le seul qui soit de tous les styles.

Échanger appartient au style noble, et il se dit particulièrement à l'égard du haut commerce, du commerce portant sur des objets considérables, ou du commerce envisagé théoriquement, au point de vue de l'économie politique. On échange une propriété contre une autre ; les métaux précieux servent de gages d'échange (Volt.); question du libre échange. Du reste, l'application de ce mot s'étend au delà des choses commerciales, mais c'est presque toujours en parlant de choses considérables qu'on s'en sert : échanger des prisonniers, des notes diplomatiques, des provinces, les ratifications d'an traité , etc. Voy. Changer, échanger j p. 128.

Troquer^ au contraire, n'est d'usage qu'en parlant de l'échange des denrées ou des valeurs, et encore de c^es qui sont petites ou de médiocre importance , de celles dont on trafique. Troquer ^ est un terme vulgaire et souvent familier. « La femme du patron de la barque de Stockolm était ! allée à une foire pour troquer du sel et de la fa- ' rine contre des peaux de rhennes et de petitsgris; car tout le conmierce de ce pays se fait or- | dinairement en troc. * Regn. < Les Samoyèdes | venaient apporter au marché des martres et des ;

renards noirs , qu'ils troquaient pour des clous et des morceaux de verre. » Volt. « Au siège de Paris par Henri IV , plusieurs officiers des assiégeants troquaient un aloyau pour une fille. > In. € Cet enfant troque avec joie un cornet de bonbons contre un livre. » L/^h. « J'aurais volontiers , dit Sancho, troqua cette musue contre un morceau de fromage.» Les. «Faisons un troc, Frontin; cède- moi cette fille-là, et je t'abandonne ma vieille comtesse. » In.

Quant à permuter , latin permutore , sa signification est encore plus restreinte et plus spéciales autrefois on le disait uniquement des bénéfices ecclésiastiques; c'est à présent un terme d'administration dont on se sert dans le seul cas où il est question d'un échange d'emploi.

CHARGE , — FARDEAU , FAIX. Ce qu'on porte.

La différence est assez grande entre charge d'une part, fardeau et faix de l'autre.

Charge est abstrait ; fardeau et faix sont concrets. La charge d'un homme ou d'un animal est ce qu'il porte d'ordinaire ou ce qu'il est capable de porter ou ce qu'il doit porter ; le fardeau ou le faix d'un homme ou d'un animal est ce qu'il porte effectivement et actuellement. « La charge ordinaire des lamas est de 150 livres. » Buff. « G'es\ une chose étonnante de voir quelle était la charge des .soldats romains dans la marche. » RoLL. « Porter à quelqu'un des lettres la charge d'un &ne. » Les. « T a-t-il quelque crime dont Jésus ne soit point chargé? Tout y est, la charge est complète. Que chacun vienne reconnaître la part qu'il a dans ce fardeau. > Boss. Charge signifie une qualité idéale ; fardeau et faix représentent des objets matériels; aussi dit-on trèsbien la charge d'un fardeau , comme la charge d'un poids (Buff.), d'un joug (Mal.). Boileau dit à Louis XIV :

Mais Je sais peu louer, et ma muse tremblante

Fait d'un si ^cvoA fardeau. la charge trop petanle. Au figuré , charge exprime quelque chose à faire, une obligation, un office , une dépense , et non comme une masse qui pèse sur quelqu'un.

D'ailleurs , la charge ne se rapporte pas , comme le fardeau et le faix , à l'état pénible de celui qui est dessous. C'est pourquoi on donne bien une charge à des choses inanimées, à un mur, à nh vaisseau. € Les planètes composent une roue d'un vaste diamètre dont l'essieu (le soleil) porte toute la charge. » Buff. « On peut supposer que la t,harge ordinajre de ces vaisseaux était de .•»00 hommes. » Roll. Le fardeau et le faix sont des charges qui font impression sur celui qui les porte, des charges pesantes sous lesquelles on plie. — Charge exprime aussi bien quelque chose de léger que quelque chose dç lourd. « Le cheval s'est blessé, il ne saurait porter la moindre charge. » Les. • Cet état brillant edt un engagement au travail , est une charge , est un fardeau , et un fardeau très-pesant. » BoaRD. Du reste, la c^ar^epeutse considérer sous d'autres rapports que celui de la pesanteur : une belle charge (Volt. , Les.).

Deax mulets cheminaient, l'un d'aroine duurgéy

L'antre portant l'argent de la gabelle.

Celoi-ci, glorieux d'une charge si belle ,

STM. rBARC.

instixiËm ^AitTifi :

ITdlt Tonlu ifom beaucoup «n êW« toalasé. Ut. «Fanait-il traverser un torrent, je tous portais, et f osais presser dans mes bras une si douce charge. » J. J.

TarduM et fais diffèrent aussi.

jPtffdeflii présente l'idée d'un objet unique : «le piécieaz fardeau qu'elle portait dans son sem. » AcàD. « C'est un pesant fardeau qu'une couronne. » ID. « Regarder U loi comme un /ordeott insupportable. » Boss.

P^nr mes tristes «nltois quel afliPSUzbérUaflet u «ta». *•«» «ère ^^V^Ynt^À ««.

Toudnis-Je de U terre , Inutile fardeau , jkite&dre ches mon père une obscure rleillesse t

(âchiUe.) 9.

<resttm poids Wen posant qeHm nom trop lAl tomeua 1 Yidsto no emmnl pis oeySirJ«w* dangeiwa.

Faix, du latin fascis, faisceau, fagot, amas de dioses jointes ensemble , signifie le résultet d'une aooumutation , une multiplicité de choses réunies. Nous appelons fat» ce qui s'amasse, se compli que, s'aôcroH pTOgressivement : H faix dtê années (Bon., Lap.)> des procès (Bon.), desdettes (S. S.) , des aflhtires multipliées {€om>), Sncoomhn sous le faix des affaires ouées impôts (Aca».). « Les érudits plient sous ^s fùâx (des mots et des ptnies), leur mémoire en est aoeablée pendant que leur esprit demeure vide: * Labk.

Xon corps n'est point conibé sousle/»M:dcsannées.

l'amour, dans les liéros , interrompu, treublé^ Som lo/atedes lawriers est bientôt aeciblé. Rac. tta pautra bûcheron , tont couvert de Mmée, «eus Ui/aix du flagot aussi bien que des an «émissant et courbé , marobait à pas pesante, Kt tâetaait de gagner sa ^^hanDimeenfomée. LàM. Outre cela, le faix est plutôt une «vobazge , une «Imm 4ont on «mis et dent on amis encore tasqn'à faire iléohir, jusqi^à écraser. Si to/atideau eat pesant^ Le finx est aeeab1eiit;«'iUnm quelr qurtqMfois deptier swis le flMrdeau , aneuceombe sous le ftés. « Nom ^ue«r teit par m surohmaer à éel point et de ^trawil et de ccaps, que fêlais mennoé de stccftraber bientôt sous le M. • J. J. «Ittraqu'^on^eBeède les lames <Utra- ^mL «t ^'iis suecombent «ne lois edus le fcn». il n'7 anul morem-de les laiM relever.» Bofv.«Le Ina, ^, «oumf le «bimean, ptsse sa vie stfus le fMrdeoM, a MMsi des «allesilés.... les callosités tdes babovins et àes pieamt ne pronensiiit pas de la.contraiflte des entraves ni dn fadx aeedUait d'«n ^ids élraager. « In.

CffAftm , mauâSTOi , BAV». Caosir beanotnpdeptaàstr.

VH&mer et mcktutter, qnoiqu'fls se tessem- Ment ettttoemetft, diffèrent en ce que^e qui db^rmeeM touchant, et ce qui enchmUe admirable, fin effet , on dit cHarmer, et non pas (snchan^ fêr, la donlenr, ht peine, Tenimi de quelqu'un; St, drwi autre cèté, ce qni arrive oonmiepiEr en- ShoMCsmeMe, étonne on surprend parlaprompUtude ou la facilité de l'exécution.

Noos troOTODS délicieac ee qui no«s énorme. « Toutes les créatwee soumettent llionme par leur force ou le cfc«fmene par leurs douceurs. »

Pasc. «rime touchée de Dieu éprouve on tnmble qui traverse le repos qu'elle trouTait dans les choses iqui faisaient ses délices. Bile ne peut plus goûter avec tranquillité les objeU qui la charmaient. ■» I». « Dieu change le cœnr de l'homme par une douceur céleste qtfil y répand.... Trouvant sa plus grande joie dans te Dieu qui le tharmey U s'y porte infaUliblement de lui-même. » In. « Une fiUe surtout le ch&rma \ par sa voix mélodieuse et par les grâces qnî l'ae- I compagnaient. » Volt. « Le moqueur (oieeani) t^hamM , comme le rossignol , par les accents flatteurs de son ramage. » Bwf.

Nouseommes émerveillés de ce qui nous tncfianle. Les hoimnes de génie nous enchoMfeKl par leurs chefs-d'oBUvre. « En récitant aux Grecs les neuf UvTes de son histoire , Hérodote les eachanfa par la nouveauté de cette entreprise, par le charme de sa diction, et surtont par les faiites.* Volt. «Quand nous lûmes les ouvrages des Toscans , nous fûmes aussi «ncfcanl^ qne nous Tétions quand nous lisions les beaux morceaux de MiKon, d'Addison, de Drfden et de Pope. » to. ; « Le monde moral est celui qui nous éblouit et ^ nous tnchanie, » Boss. « Il fut surpris, ou plutôt | enchaitU de ma vue. » Las. « Je découvre beaucoup de talent au travers des défauts de nos comédiennes. Je vous dirai même que je stfis «fr chanU de l'actrice qui a fait la suivante dans les intermèdes. » In.

CTiarmer exprime une impresaloii du douce», qui affecte la sensibilité, f nebonJer noarque aae impression de surprise , qui dépend d'une aflwéciation de la raison. Le plaisir causé par ee qui chêimB est un agrément; le plaisir causé par ce qui tnchsmte est plus sérieux et Téfléchi. € Dès que pararent ces conversations de Bélisaiie afvc Justiuien, tout Constantinople en fat dmrmé. La qtrinxitae «enversation surtout emàianta les esprits raisonnables. » Volt. « Tétais ciborm^ de la figure d'Alcime, enchanté de son langage, idolfttiu de ses vertus/» M Aaïf .

Entra thamufr et eaeftaater, d^aae part, et rotnr de l'autre , U différence est oaUe de Timmobilité au mouvement. Ce qui chûwm^ ou enckanlt rend ébahi, interdit, seopéCût, coofoivément au sens propre de ces mots qui veulent dire assoupir, empêcher l'action d'une pensonue ou l'effet naturel d'une diose. Ce qi^ vuçtl , au contraire, fait agir, emporte, enlève, iaii vemr i soi. « Le gem« sublime r&tit et tiausporte. • RoLL. c Xopte de la perfection infiona de Disu, rftme se laisse eotmfner par une telle beauté, a Boas, fipicure distingue deux aortes de plaiaw, les uns qui consistent dans le repes , et les autres qu'il appelle ag^ : aux premiers se rapportent choinner et eiwlwwt^r , aux autres r«eftr. Ulîttè tat«re et les beaoxHuts à l'envi eftermeieiU 4 eneltonfatMles àthénie»; les efaents de Tp^ rwUsaieiU les Spai^tiates. JSn spectacle ckmt^ ou eneÏMMti», il «o bww i frapper; ua daof-* rovif , 11 exeite tes mouvemeMa de «as et \ provoquer à l'a«ien. « Il vivait entouré d'à toujours dhurm^ de le voir , et to^jeun — ^' rentendre. > MburasQ. On chanM et on i les sens, capables ^euiemeàt de

STNONWCS JL RADlGAtJX DIY&RS.

ia%

inais on ravit VAme ou le cœur, on leis fait bon* dîTi tressaillir^ ou on les entraîne.

Je TOUS adore, et tous n'aime&y Kon cœur en est ravi, mes senp en soQt charmés.

Mol.

Ce qm tkarme on enchante est magique, merveiliem , ftit impression ; ce qui ravit est fort.

GSEYAL, OOCRSIER, R0S8B. Animal qu'on . emploie à porter et à tirer comme T&ne , mais qui est plus grand, qui a les oreilles plus petites, et qai hennit au lieu de braire.

Cheval Tient du latin cahalltu , dheral de liagage ou de fatigue. C'est le nom commun de Tespèce, le mot de fhistoire naturelle, celui dont on se sert continuellement , et qui ne ré- Teille aucune idée accessoire particulière.

Coursier , qui fait des courses , dont Toffice est de courir , représente le même animal , non plus comme utile et conmie prenant part à nos traraux pénibles , mais dans sa fonction la plus noble , comme emporté et brillant dans U carrière, conmie partageant aTec nous la gloire des joutes et des combats. Aussi courtier signifîe-t-il un cheval grand, beau, superbe, et se troure-t-il ordinairement accon^agné dfépithètes gui ne peurent oonTexûr qu'au roi des animaux domestiques.

Sa main lor kt dkavmug leisuit ietter'let vènes : Ses eoperbes aomrsiars qu'on voyaitaatrefo&Sy Fkins d*ime aideor si aoUe obéir i sa Toti, Jd'erii JQQBM mainliouil....

(Pé^tf , récU de Théramène.) RAfi.

Tantôt Iiire Tolcr un char aur le tirage ^ TanUVt, savant dans Vartpar Neptune Inventé « Bciidxe docUe an fnin un cowsUr indompté. In. > Louis Xn fit son entrée dans Gènes , monjié sur un cowfier tout noir, anné de toutes pièces. » • BOBB. Dane cette pompe des Perses « Tenait d'abord' nn char consacré à Jupiter, tr^tné par des thèvaux blancs, et suivi dTun coursier d'une grandeur extraordinaire qu'ils appelaient te d»eval du soleî}. » Roll. « Semblable à un cottrHer fougueux qui bondit dans les vastes prairies. » Fis. «Alors l'imagination s'échauffe, Tenthousiasme agit-, ^est un coursier qui s'emporte dans sa carrière. » Yolt. « Déjà George , le Kars de CAngleterre , était descendu du haut de Tempyrée , ment6 sur le cot*rfter immortel derant qui les plus fiers chevaux du Limousin fuient.... » In. lîoMe a. été pris de l'allemand Bess^ qui , dans G^tte langue ,a la signification de notue mot ooiirs(er, nais que nous avons dégradé par une sorte de dérision. C'est ainsi que de tond , BuéhiMerr, XappieTf nd^les en allemand 3 d'eu nous les aTons tirés, oous aroos lait des mois qui expriment quelque ebose de peu de prix eu quelque chose de liâMB : iondei , bovquèi, hève^ 'fifière. Le fiât est que r^sse , dans la lai^e fnofaise, désip gne on maurvaîs (Aeval. « Yeudriez-veus qu'on toftt tons les ànevauat d'une ville, parce qu'il y a quelques rosses qui ruent et qui servent mal? » VofcT. s U y A des peuples à qui l'on a crevé les deiK yeux ccNoune aux vieilles roifei ^ qui Ton Ihit tmcner la meule. » lo. < En Fiasce les d^* tm» de poste ne sentent la ganle que sur les épaoles du postiUon.... En payant grassement les guides , je crus suppléer i la mine et ftu propos;

ce fut encore pis. Ils me prirent pour un piedplat. Dès lors je n'eus plus que des reeter, et Je ' derins le Jouet des postillons. » J. 1. < On veit bien que tous arec été engendré de deux TÎeiUes roff cf : TOUS ares des eaJières sur les yeux i j fourrer le poing. » Rmn.

Dans se cinquième satire , Boil^im a tiès^ben-

reusement opposé «otiinfisr «t roete comme tadi*

quant, l'un ce '^'ii y a de pins nelepé, Ifauire ce

qu'il y adeplusTil en fattdeshsnciisf

EnlM tant d'anlmMix qui seni eeax qu'es •esHmef

On rsU cas d'un eomrmtr iqai, fier-et plein de «si

Fait psraltreen eeorant sa boeiUante vigueoi;

^>ui jamais ne se lasse, et qui dans liftarriére

S'est couvert mille fois d'vne noble poussière.

i Mais la postérité d'Alfana et de Bayard,

Quand ce n'est qu'une roM», est vendue «al

Sans retpeet des aiew dont elle est detcendoe.

Et va porter la nalle du Hier la chsime.

Courtier aie dit particulièrement bien dans la

poésie noble , tandis qwe rosse m sa plaoe légilûne

dans le plaisant ou le comique.

CHOISiE, OTTEE, iLOUE, PEiFËESE, A11I8E WNn , ADOPm , TEDBE. Se déterminer en faveur d^me chose plut6t qu'en ûneiir de tottte autre.

C'est l'idée pvrement et simplement expnnée pardboiftr; chacun des autres mots la présente modifiée d'une certaine façon.

Opter signifie choisir y étsiit coaUfaint de se décider, étant placé dans vne alteenatii» e& il ftnit néeessaîreMent soirre tel parti ou tel antse. Aussi ce Terbe se trouTe presque tei|onrs ansp failoir. Dans le eftotv la liberté est entière; dans rojpltfon., elle est limitée, on fo«s affseiscàsMr ceci «u eela, froskonoes*ve«s, il n'y a pas de milieu. One jeene fiHe est toHl A lait maftieasa d'eUe-mâme .quand on in laisse eMttriiinépovK; c'est tonte antoe ehoee «pand «lie n'a que Fop- $im , elle esteblé^éede se dooiier è l'unies deiiK ou trois psétandants qu'en lui désigne. Uneenr didat à la dépntalien choisit le d^aris«MBt on les départemento^ent il brigue les suffrages; s'il est élu dans phuieurs, il faut qu^ apte. « Lefth sur le peint de se eépamr d'Abwdiem et maître de Aaisir de la droite «eu de la gauche, leva les yeux avant ique d'opter,, rit à l'enlour une oeer trée lèrtile et laissa à Abraham selles q^i lui parursat moins délicieuses. » Mass. YoilA le vrai sens d'opfer, diotcir entre la droite onlagattcfae , entre le oui eu le «m , entre telle chose ou telle autre, entre partir ou rester, etc. Quand on a A thoisir^ on hésite quelquefois; quand en a A opter, quelqueibis on balanse. « Faut-il efler (entre les grands et le peuple)? H ne balance pas, je TOUX être peuple. • Lasb. « Qu'on est à plailndre , quand on se troure en certaines situations où il faut op^ entre sa fortune et saconsciencei Il est rare alors qu'on ne s'a&iblissepas. «Hass. « Les Achéens se trouraient dans une ^ituatiofi où ils ne pouraient ériter un ineonréttient que pour tomber dans un autre. H n'y arait pas d^ mlUeu : il ikllait aroir tes Romains pour amis ou pour ennemis; il fallait opter. X'alliance des Romains ftit acceptée. » Cord. t On donnait aux fitoliens Voptton , ou de s'itbandonner à la discrétion du sénat, o« de payer au -peuple ^

DEUXIËHE PARTIE ;

mille talents. • Roix. c Vous touliez briller , et ?ous vouliez être aimée : ce sont des choses incompatibles, n faut opter. » J. J. « Forcé de combattre la nature on les institutions sociales, il faut opter entre faire un homme ou un citoyen; car on ne peut faire k la fois Tun et l'autre. » Id. Presque toujours Voption est un choix assigné ou prescrit entre deux choses ; toutefois le nombre de ces choses peut être plus grand , mais il est fixé , on ne peut absolument pas porter ses vues sur d'autres, c Dieu imputa à David le dénombrement du peuple; et sans autre miséricorde que de lui^nner Top f ton de son supplice, il lui ordonna a^hoisir entre la famine, la guerre ou la peste. » Boss. — Ensuite , opter représente plutôt une action à faire , et choisir une action se faisant; le premier la position, le second la conduite. L'option est plus ou moins avantageuse suivant la valeur des choses entre lesquelles elle permet de délibérer; le choix est plus ou moins bon suivant qu'on y emploie plus ou moins de discernement. Lorsqu'on a à opter j il faut bien ehoiiir, c Slien dit que la lionne porte deux mois ; d'autres disent qu'elle porte six mois; s'il fallait opter entre ces deux opinions , je serais de la dei^ nière^ car le lion est un animal de grande taille.» BuFF. Je f^rots de la dernière^ c'est-à-dire je éhoitirai* la dernière, c Me trouvant dans la né^ eessité d'opfer entre deux objets (l'histoire des oiseaux et celle des minéraux), j'ai préféré le dernier conmie m'étant plus familier, quoique plus difBoile. » In.

Élire signifie l'action collective d'un corps ou d'une société qui par la voie des suffrages choisit un homme pour ocouper une place ou remplir une fonction. « Jusque vers le milieu du xi« siècle , les empereurs allemands furent en possession de choisir eux-mêmes les papes ou de les faire élire dans des conciles tenus en Allemagne.» CoND. c La révolution eut un autre effet; avant ce temps, le maire (du palais) était le maire du roi : il devint le maire du royaume ; le roi le choisissait,.,. Mais depuis la nation fut en possession à^élire. » Mohtbsq. — Du reste , élire ne suppose pas nécessairement, comme choisir, l'appréciation ni même la connaissance du sujet. On dit bien ^Itre au sort. Avec le suffrage universel, tous les Français élisent leurs représentants; combien peu les choisissent ! a Les syndics sont des magistrats annuels que le peuple élit ou choi- Ht. . J. J.

Préférer signifie choisir spéculativement, dans la sphère idéale , là où l'on n'a pas ou bien où il ne s'agit pas de vues pratiques. Le choix a pour but l'usage ou l'emploi qu'on veut faire de la chose; la préférence ne fait que marquer le cas qu'on fait de la chose et le rang qu'on lui assigne. Chez un marchand de tableaux , je choisis celui-ci ou celui-là pour le placer dans mon cabinet; dans un musée, en présence de tableaux sur lesquels je puis seulement dire mon opinion, je préfère celui-ci à celui-là. On choisit un emplacernent; on préfère un paysage à un autre. « On choisit l'étofTe , on préfère le marchand ; on choisit l'étofTe pour l'acheter et l'emporter; on préfère le j marchaind pour aller acheter chez lui, parce

' qu'on lui donne sa confiance. » Com. On ehottic une chose lorsqu'on veut la prendre* ; on la préfère à une autre, lorsqu'on ne fait que juger de ses qualités. Nous choisissons ce que nous tnmvous de plus utile ; nous préférons ce que novs estimons supérieur. Un imitateur de Racine le choisit pour modèle; un simple critique le pr^fère à Corneille ou à Sophocle. Le choix est bon ou mauvais , la préférence est juste ou injuste : le choix est bon ou mauvais , selon que l'objet répond ou ne répond pas à ce que nous nous proposons d'ei\ Îiire-,\B. préférence est juste ou injuste, selon que l'objet, relatiFement aux autres, a été mis à la place qu'il doit avoir, ou bien trop haut ou trop bas. Le choix est un acte de la volonté ou de la liberté après une dèUbération sur l'aptitude des choses à servir nos desseins-, la préférence est un acte de la faculté Juàkiaire après une comparaison tendant à découvnr les mérites respectifs des choses en soi. — En second lieu, on choisit une chose, simplement; on pr^ fère une chose à une autre. Choisir suppose bien aussi des choses ou des personnes laissa , écartées , négligées , mais il ne les montre pas aussi explicitement. Vous dites qu'on a choisi un tel général , lorsque vous ne le considérea point au milieu de ses concurrents; si vous voulez exprimer qu'il l'a emporté sur eux , si vous voulez le représenter triomphant, vous dites qu'on l'ipi^ féré. « Pedro parait : votre promesse vous engage à le choisir pour votre gendre.... Vous devez me le préférer , sans avo^r égard à mon rang , sans avoir pitié de ma situation cruelle. » Les.

Aimer mieiix , quant au sens , ressemble plus à préférer qu'à aucun autre de ces verbes. Hais d'ordinaire on préfère par raison , et toujours oo aime mieux par goût. Quoique je ne puisse rien alléguer pour préférer Cicéron i Démosthène^ néanmoins je Yaime mieux (Lab.).

Adopter, signifie choisir une chose qui est à un autre ou dont un autre est l'auteur, la \m emprunter et la faire sienne. Adopter un système (Dkst.), les manières de penser de quelqu'un (J. J.); adopter le langage du monde contre la vertu , sans ses mœurs (Mass.) ; les Chinois devraient adopter notre alphabet (Volt.); les Grecs adoptèrent les lettres des Phéniciens (Id.). « li a fallu soixante ans pour faire adopter en France ce que Newton avait démontré. > In. « Saint Augustin n'a pas employé pour établir cette vérité d'autres preuves que celles que r£glise a formellement adoptées. > Boss.

L'Amérique à genoux adoptera nos mœurs. Tca.r.

Trier signifie choisir physiquement , tirer (fmhere , d'où peut-être trier) une chose ou des cho-

4 . Suivant l'Académie , prendre , dans vue de acs nombreuses acceptions, veut dire choisir . Mût pr«»dre indique plutôt Teffet du t^ix , ce à quoi aboutit le travail du discernement. Après avoir plus on moins longtemps choisi , un acheteur fiait par dire : «r Je ne veux pas de ces étoffes, je prends Celle- ci. > Ou bien «rendre , c'est choisir d'abord, sans examen ou aaj» beaucoup^'examen. «Ghes les Romains on èlTidia tontes les sectes de philosophes à la hâte; les cIt^ constances ne laissaient pas le loisir d'examiner. Chacun prit une secte, et personne ne choisis, •

COITD.

3TN0imiES A EADIGAUX DIVERS.

ses du milieu d'autres , les en séparer. Et non-seulement ce mot ne se dit que des objets physic|ues , et non des choses morales , abstraites , ou des personnes , mais encore l'opération qu'il marque exige peu d'intelligence et de sagacité. « Une génisse n'a pas besoin d'étudier la botanique pour apprendre à trier son foin. » J. J. « Tous les ans il fant trier dans le troupeau (de brebis) les bétes qui commencent à TÎeiUir, et qu'on Teut engraisser. » Buff. Par extension, trier ^ en général , se prend dans un sens défayorable. « Sur un grand champ couyert d'une moisson fertile , mes ennemis yont triant ayeo soin quelques mauvaises plantes , pour accuser celui qui l'a semé , d'être un empoisonneur. > J. J. « Comment rassembler tous leurs libelles? Qui peut aller trier tous ces lambeaux , toutes ces guenilles , chez les fripiers de Genève ou dans le fumier du jrercure de Neufchdiel? » In. « N'ont-ils pas assez , ces grands , des mille et un feuillistes , faiseurs de bulletins, afficheurs, pour y trier les plus mau- Yais, en choisir un bien l&che et dénigrer qui les offusque f 9 BsAUM. On voit par ce dernier exemple que l'action de trier s'applique aussi à des personnes , mais c*est toujours à des personnes sur lesquelles on appelle le dédain. Saint-Simon dit au sujet de gens sans probité , qui avaient été nommés pour asseoir un nouvel impôt : « Ce fut à ces gens si bien triés à digérer l'affaire. » CBOTX, ÈLECnON. Détermination et nomination d'une personne pour une place , un emploi , une dignité.

Le choix se tait par un seul homme, V élection par plusieurs , par un corps, une société ou une assemblée , à la majorité des suffrages : le choix des ministres, d*un général, d'un ambassadeur; Véleetion d'un député, d'un maire, d'un académicien, c Élection ne peut être employé pour ckois. Élection d'un empereur, d'un pape, suppose plusieurs suffrages. » Volt. 11. de Cormenin s'est plaint autrefois dans un de ses écrits de ce que trop de fonctions , en France , dépendent du choix, et pas assez de Vélection. — De cette première différence s'ensuit une seconde, qui a été signalée par le P. Bouhours. Quand on dit le choix d'un tel, cela peut s'entendre dans le sens actif, le choix qu'un tel a fait : Le roi se repentit de son cyioîs. C'est que le choix peut être fait par un seul homme. Mais comme Vélection résulte d'un concours de voix , Vélection d'un tel se dit toujours dans une signification passive , et a rapport au sujet qui souffre ou a souffert l'action exprimée par élire : tel roi de Pologne fit telle chose le jour de son élection ou après son élection.

D'autre part , choix est le terme général , et on s'en sert aussi quand il est question d'une action collective ou faite à plusieurs. Mais alors même ce mot diffère d'élection et ne doit pas partout hii être indifféremment substitué.

Choim est un substantif pur; élection ^ un substantif verbal. Le choix est une chose et se qualifie comme tel : il est bon ou mauvais, louable ou indigne. Vélection est un fait et reçoit des épithètes en conséquence : elle est calme ou i tumultueuse ,' régulière ou irrégulière. On peut

voir dans l'histoire de VAcadémie combien Louis XIY était attentif à conserver la liberté des élections, et empressé à approuver les bons choix (D'Al.)- Le choix, ainsi qu'un objet, peut tomber sur quelqu'un; et l'^lec^a, ainsi qu'un événement, approche, est retardée, on y procède ou on y assiste. « Après la prise de Constantinople par les croisés , ils procédèrent à Vélection d'un eippereur; le choix tomba sur Baudouin, comte de Flandre. » Conu. Le choix se considère Men à priori ou en droit; l'^^eclioti est toujours présentée en fait, comme effective. « Selon M. Jurieu, c'est au troupeau qu'appartient le choix du pasteur.... Mais si, anciennement, le pevple prteent concourait à Vélection, elle n'était faite néuunoins que par les évèques et le clergé en présence du peuple. » Fiir.

CHOQUER , HEDRm. Donner contre.

Heurter^ c'est choquer fortement, violenunent; la rudesse du mot lui-même l'indique assez. Ce qui choque donne un coup; ce qui heurte donne un grand coup. On choque les verres à table. « Il y a en Perse des œufs qui se vendent trois ou quatre écus la pièce , et que les Persans s'amusent à choquer les uns contre les autres par manière de jeu. > BoFF. En heurtant des verres ou des œufs les uns contre les autres , on les casse.

Quand un corps en choque un autre, il en résulte un petit bruit, une petite secousse, ou une simple communication de mouvement. «Un corps choqué détruit dans le corps choquant autant de mouvement que le corps choquanf lui en communique. > Conn. « Rien de plus évident , dit-on , que la communication du mouvement par l'impulsion; il suffit qu'un corps en choque un autre pour que cet effet suive. » Buff. Mais quand un corps en heurte un autre ou heurte contre un autre , il le brise ou il se brise, ou tout au moins le coup est plus rude, c Holà , porteurs. Je pense que ces marauds-lA ont dessein de me briser à force de heurter contre les murailles et les pavés. » Mol.

L'on me kâurte d*un ais dont je suis tout froissé.... \ BoOi.

« Le Seigneur sera une pierre de scandale et une pierre d'achoppement, et un grand nombre de ces peuples heurteront celte pierre , y tomberont , y seront brisés. » Pasc. On heurte contre un écueil (BouRD.). Un vaisseau heurte contre un rocher; c'est une trop lourde masse pour qu'on puisse dire qu'il le Owque. De même , on ne choque pas à une porte , on y heurte; il faut frapper fort pour être entendu.

« Des troupes qui se choquent préludent au

combat ou le commencent; lorsqu'elles se heur^

Unt, le combat est rude et violent au premier,

abord. Vous choquex par mégarde votre voisin ;

[ un crocheteur qui va brutalement vous heurte. »

ROOB.

Au figuré, môme différence. Une chose nous choque l'oreille ou la vue ; elle ne nous la heurte ' pas : pour une impression purement désagréable ' heurter serait un mot trop fort. Il suffit de la ' plus légère offense, du plus léger déplaisir pour [ choquer une personne ; pour la heurter , il faut U traiter avec plus de rudesse, la blesser griève-

DE^UËn PAIT» ;

jpat^ VL est Dîe&'difBdle du d« A«4«^ personne ; msis en peut a« moias ne hfMÊrt$r poreozme. Uae sÎBQfpIe affsctMion <ho(q[iie; régoUme heurte.

« i^vee de la finesse, des tournures, des adou^ cisseisents, vous ehoqtiex celui que tous ne voulez pat Imifitfr, Vous été» ehe^ d'une eensure détournés; une apostrophe personnelle tous heuffe. liO malin roua thê^fu adroitement; le ^^brUtal T0U8 hmtrU grossièrement. » Roub.

On ûh^Hp» et on hetirto la raison, le sens coinran, le bon aens, les opinions reçues, le %Cftt pulille, l'amouT«propre, la rraisem^ ' blanoe , ete. On tes choffuê par des aoti<ms ou des discours ^i y son^nt soit peu contraires; on les heurte lorsqu'on les efcogtie de Aront, ouvertement, sans ménagement, sans égard. —«Les opinions qu'on produit dans la physique s«aii- Ment devoir Mre convaincues de faasseté dès qu'elles choq^nt tant soi^ peu les opinion» reçues, » PAsa « On n'a jamais hturié le sens commun plus effrontément. » Volt.

Choqitett en parlant des personnes, se dit plutôt au figuré, et Tieurt^r au propre; thoffuer est le seul qui s'emploie bien, au "figuré, avec le pronom personnel : se chômer d'une chose , se chùqvMT de tout. Tout cela est conforme à la dif- ' firence de» deux mots , dont l'un a une significa* tion modérée, faible, l'autre une signification forte, rigoureuse, physique.

CIEL, PARÀDIft. Ces deux mots, employés figurément, désifnent dans le style religieux le I Ueu où vont les &mes des justes au sortir de cette vie.

Le ciel est opposé à la terre, au-dessus de laquelle il s'étend , en forme de voûte; le paradis est opposé à l'enfer, où, comme on sait, les damnés souffrent toutes sortes de tourments. Par conséquent le ciel est quelque chose d'élevé , le séjour propre de la gloire, le lieu où Dieu rtside, où les saints le voient face à face, le contemplent et l'adorent; et le paradi» est quelque chose de délicieux , le séjour propre de la béatitude, le lieu où les bienheureux goûtent des plaisirs ineffables , comme en goûtait Adam dans le pairadii^ c'est-à-dire dans le jardin où Dieu le mit aussitdt qu'il l'eut créé.

Le mot eiél signifie d'abord la principale demeure de Dieu , et emporte ensuite l'idée de réunion à Dieu, de participation à ses grandeurs. « Les vases de boue, entre les mains de l'Ouvrier souverain, deviennent bientôt des vases de gloire et de magnificence ; et tout chrétien est né grand , parce qu'il est né pour le dtl, » Mass. Le mot pQ/radU donne l'idée du bonheur céleste , de jouissances incomparables. «Le moindre petit plaiisir qui s'offre à ma portée mo^tente plus que toutes les joies du paradis, > J. J. Dans le eUl^ on est avec Dieu; dans le porodif, on est au combl« de la félicité.

Qui gagn« le dél sortira d'ici-bas en vainqueur, glorieux et triomphant ; qui gagne le paraélif jouira après la mort de la récompense qu'il aura méritée en vivant saintement ou par ses bonnes œuvres.

Ciel indique le lieu , un lieu supérieur ou placé en haut : les mauvais anges furent précipités du

etel; on connaît les. paroles ^u» le confesseur de Louis XVI lui adiessa sur l'échafaud : « Fils de saint Louis, montez au ciel. > Paradis marqog un état on est relatif à Tétat : être en parudù , c'est être dans une extoftme joie , ou dans une situation qui semble ne rien laisser à désirer de ce qui peut rendre heureux.

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