‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymes, ouvrage qui a obtenu de l'Institut le prix de linguistique en 1853 et en 1858 (volume 2)Chapitre 268 sur 426 · CITER , ALLÉGUER, RAPPORTER , PRODOUK · texte numérisé non relu

CITER , ALLÉGUER, RAPPORTER , PRODOUK

lientionner ou liaire connaStre» à propos de ce qu'on dit , un écrit, un passage, un exemple , oa autre chose semblable.

Ctter est purement indicatif, et o/Z^^wr est probant. Vous cite» une chose en disant où el/e se trouve, en donnant son adresse, pour ainsi dire ; vous a}lég»e% une chose comme une h» qui milite en votre faveur. Une bonne cttatûm est réelle et exacte; une bonne oU^dofieii est décisive. Vous ciu% faussement ce qui n'existe pas ou ce qui est tout autrement que vous ne le dites; vous €LlléguéX à tort ce qui ne peut rien faire pour votre cause.

Pour être irréprochable , un érudit doit citer (et non pas alléguer) le chapitre et U page où il puise chacun des passages qu'il recueille. « On accuse Maldonat de n'avoir pas lu dans U souioe tout ce grand nombre d'écrivains qu'il civt.-» Boss. c Qu'y avait-il à faire là-dessus , sinon ds citer la page ? » PaIsc. « On etie, on commente, on critique , on néglige , on oublie , mais surtont on méprise communément un auteur qui n'est qu'auteur. > Volt. De plusieurs passades qui bû sont favorables, un controversiste ou ua dialecticien habile n'aZi^yuera que ceux qui ont le plus de force de conviction. « Il y a de certaines gens, qui , pour iàire voir qu'on a tort de ne pis les estimer, ne manquent jamais d^alUgwr l'exemple de personnes de qualité qui font cas d'eux. » PaSC.«c Pour prouver ce qull avance, il n'4 rien eu i nous allégtier que 1» communion des petits enfants. » Boss. « Les juges sont obligés de juger selon ce qui est aUégué et prouvé. •

ACAO.

Je pourrais X*alUguer, pour affaiblfr mon crime.

De mon père sur moi le pouvoir légitime. Volt.

On et te quelquefois pour faire une allusion, pour s'amuser ou montrer son savoir; on alliffue toujours pour ou contre ce qui a été dit ou ÂViUicé^ Et si parfois on ctle également i Tappoi d'uae as. sertion ou pour la combattre , ce n'est pas celte circonstance qui frappe dans ce verbe coname dans l'autre. -- D'ailleurs, on cite plutêt pour établir , pour s'autoriser , au lieu qu'on aUègm plutôt pour se défendre, s'excuser ou se justifier. Vous ctiejT. quand vous voulez conârmer votre thèse , quand vous écrivex une histoire ou un traité dogmatique ; vous aUégiux quand vous repoussez une attaque , quand vous réfiitei des objections ou que vous essayer de vous Itver d'un reproche.

ilapporfer, c'est apporter de nouveau, àUr ou alléguer après d'autres. « Si je ne rapporte point les passages qui ont été tant de fois ciUs en cette matière, on me le pardonnera facilement. * Boss. Hais la différence qui sépare le plus ordinairement ce mot des deux premiers,' c'est qu'A exprime une exposition, et non une simple men-

SYNONYiKES À RADICAUX DIVERS.

tioo, 0» «»l# tl' on aW(j»e «a «ataoe; oa s* roppMrf» pas «& «itoar. Ctl«r tl aàlégvif^ va exemple,* c'est dire qiL'il existe eè en géoéral s'oD pc4vftiieir; I» foppoHMr^ c'est le meftlfe sous les yeux. « Il y a des msveeMZ trèa-ék)* que»!» qui ns persuadent riett; il sefsit iniiftUe d*eu rapporter des exemples. « D*Àl. On devnit forear les faiieun de oertains ItbeUes ealomiiienx A ropp^riff to«t «a long les passâtes qufibse comenlent de cîlsr ou d'«Mdtoiisr.

iVsdtttre, SMtUt an jow» «'est itter on oK^ ^uer f oelque ehoso de sesMi, eowoQftdes Isttrss (RB6if. , Bbauv.)) on l»iea quelque ebese qu'on a gardé en lésene jusquo-li. « Nous en avons ¥a le décret exprès rai^peritf par IL Jurien. Et si un seul décret ne suffit pas , le ministre en a une infinité d'autres à nous produirs^ Boss. « ll.Burnet a favorisé 1^ tolérance universelle; et nous produiroM bieatdt d'autres preuves incontestables de son seuttaent. » Ip. « Il tient ses réponses secrètes jusqu'à ce qu'on lui ait accordé de les prodmin. > In. -^ C'est toii^ours quelque cbose de nouysau qu'on prodtMt; ce qu'on eUe, ce qu'on Mè^uê et oe qu'on rapports peut être quelque cAose d'aacisn et de connu qu'on rappelle.

CIVIUSS, FOUGfc, ]H>U. On appelé ainsi un peuple parvenu à un cerUia degré de pejtfoc* tionnement.

Civilisa , du latin tivQû , civil, formé de cwû, citoyen y d'où vient aussi ctmcof, ville, donne ridée de toutes les qualités d'un peuple réuni en cité ou vivant dans des villes. Be ces trois mol», G^est le plus général. Un peuple est êmUêé quand il s'est élevé pins ou moÎDs haut au-dessus de la condition animale par se» lumières, 'ses institutions, ses arts, son industrie, son commerce, ses mœurs, sa religion» quand il s'est pour ainsi dire amélioré sous tous les rapports par la eulture. < La nature humaine était plongée dans un état approchant de celui des brutes. Il a fallu beaucoup de temps pour que l'homme s'élevât au-dessus de la vie animale. Vous avez raison de Vouloir, dans l'étude de Thietoire, passer tout d'un coup aux nations qui ont été titiXiUes les premières. » Volt.

FoUcé rappelle police et ne qualifie que sous un seul rapport, celui des lois et du gouvernement. « On ne trouve aucun peuple sans religion, de ceux da. moins qui n'ont pas été absoh lument barhares, sans titiUté et sans poZics. » Boss. c On a trouvé au. Mexique et au Pérou des hommes cittlUéi^ des peuplrâ policés^ soumis à des lois, et gouvernés par des rois : ils avaient de l'industrie, des arts et une espèce de- religion; ils habitaient dans des villes eu l'ordre et la police étaient maintenus par l'autorité du souverain, a» BuFF. « Gléomène s'en va vers la Thrace chercher quelque peuple aanvage et sans lois, qu'il puisse assembler, poltser et gouverner.» FÉM. «Les Francs, au temps de Clovis, n'étaient qu'une troupe errante et tSarouche, pesque sans lois et sans police. » In. Les abeillis, les fourmis et les caston forment des républiques réellement féUcéu (Volt., F^.):

«Tout y est ordonné» distribué , réparti; Athènea

n'était pas. OMua cenditito m mena policée. »

BUFV.

PofcV qui a été poli, adoud, exprime comme la fittu de la CMTtliretieiiv « Ce n'est que panw les nations aMliêé» jusqu'à la pokUête que ko feaunes col obtenu l'égalité de cenditioB« s Boff. c Les peuples plus civiUêés et pluapo^ sortentils par là de la chair et du sang? > Bosa. Pelt indique sufteut le progrès dans les besuaHUls., la délkateese du godt, l'aménité, la deaceuc dans le oommerce, le sentim«kt des bie»* séances, • Des dieux tâenfcisants descendaient sur la terre peur poUr des pe\H>les sauvages et faire fieuiir parmi eux les sciences eà les arts, s MosTBSQ. « Il faut espérer qu'on les ciotlicera un jour. U y a tovûpurs dans cette nation de barbares deux ou trois mille personnes très-aimables, d'un goût délicat et de très-bonne compagnie qui à la fin poUrout les autres.» Volt. « Cette poh'fMs^, à laquelle je donne le nom d'élégance, était encore bien grossière^ » Coanw

Le contraire d'un peuple civilisé est un peuple encore brut, qui croupit dans l'ignorance et se soucie fort peu de rendre sa condition meilleure et de développer ses facultés. « Les Moscovites étaient moins dwlisés que les Mexicains : ils croupissaient dans Tignorance et dans le besoin de tous les arts, et dans l'insensibilité de ces* besoins qui étoufiait toute industrie.... Sans . l'abtme de son ignorance et de sa misère^ cette nation dédaignait tout commerce avec les Battions étrangères. » Yoli. — Le contraire d'un peuple police est un peuple sauvage, erraayt, une multitude épurse, indépendante. « Les Per^ sans, les Turcs, les Maures se sont polices jue* qu'à un certain point; mais les Arabes sont demeurés dans une indépendance qui suppose le mépris des lois : iU vivent comme les Tartaree^ sans règle, sans police, et presque sans société. * BuFF. ^ Le contraire d'un peuple poi» est un peuple grossier. « Dans un siècle devenu plus poli, le théâtre gardait sa première grossîAreté. » J. J. • On se fait dans les siècles polit une espèce de religion d'admirer ce qu'on admirait dans les siècles grossiers. » Yolt.

CLAIR, ÈVIBEWr, MANIFE&TE, PUIUG, NO- TOIRS. Ces mots servent à qualifier des choses telles, qu'à leur égard notre esprit n'éprouee ni embarras ni indécision.

Ce qui est clair se conçoit aisément, est intelligible, sans obscurité, sans nuage, sans équi» voque , n'a pas besoin d'éclaircissement ou d'ex<plication , pour être saisi. Idée ou expression c2aire , commentaire ou style clair. < Que les apfftres n'aient pu concevoir les choses que le fils de Dieu leur dit aujourd'hui en termes si cletn , i'eo suis surpris.... Je vous demande en quelle partie de ce discours vous trouvez de l'obscurité ; ne par ratt-il pas que tout y est fort intelligtt>le 7 H spécifie tout fort distinctement. > Boss. < J'ai un sentiment clair de ma liberté.... Toutes les langues ont des mots et des façons de parler trèsclaires et très-précises pour l'expliquer.... Nous avons une idée très-c^atre et une notion très-distincte de la liberté dont nous parlons. » In. < S l'ËgUse entreprend de s'expliquer de nouveau ,

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