‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymes, ouvrage qui a obtenu de l'Institut le prix de linguistique en 1853 et en 1858 (volume 2)Chapitre 27 sur 426 · m* part., lectx · texte numérisé non relu

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2. Laharpe fait à ce sujet une remarciue d'une vérité Irappante. Quiatilien, dit-il, regarde la pn^ priété des termes comme essentielle au discours; aassi est-ce à ses yeux un devoir plutôt qu'un mérite. Aujourd'hui , si c'est un deroir , ce devoir est si rarement rempli, qu'on peut sans scrupule en fiire un mérite. B y a si peade gens qui aient cru devoir étudier leur langue , qifilne faut pas s^toaner ai, parmi ceux qni écrÊveDt,il en est tant à qui la propiiélé.dw fermes eet une seienoei peu près étrangère. Ce qu'on lit le plus, ce sont les jouraauK; et les joumauz sont ftdta^ sMif les exceptions , par des hommes qui ignorent le plus sauvent la valeur des mots dont ils ae servent, par des hommes qui savent fort peu, et qui n'ont ni la volonté ni même le teinps d'en apprendre davantage. ^ Augustm Thierry, parmi les causes de la décadence évidente de notre langue assigne aussi Le néologisme , l'impropriété des mots y ainsi que le défaut de naturel et de clarté dans le style. Une négligence d'éorivain qui consiste À eodiplosrar. un mot auJiBBid'Im ■Btva,4tti.eii sanblssyao-

INTRODOCTION, LXIU

d^énéré soas ce rapport, il ne s*ensuivrait pas que le synonymiste recueillit vainement les fruits deleur sagaâté pour aider les écrivains contemporains et futurs dans la même appréciation. Avant rétablissement de l'usage et pour qu'il s'établit, il a Miu qu'on eût le sentiment spontané et obscur des différences qui cxis« tenl entre les mots synonymes ; mais ce serait folie de nous en tenir à ce moyen peu sûr de Jès découvrir, maintenant que l'usage se trouve fondé. C'est de lui qu'il &ut emprunter toutes faites des distinctions auxquelles on n'arriverait par soi-même qu'en tâtonnant et à Taide d'une pénétration de plus en plus rare. Ce gni a été et dû être afiEcdre de sentiment pour nos maîtres dans l'art de la parole doit être pour nous affaire de réflexion. Mais ce qui n'a été donné qu'à l'élite d'entre ^x d'apercevoir d'abord sans règles, sans étude et comme par divination, sera désormais aperçu parles esprits les plus vulgaires avec une clarté et une certitude toutes scientifiques, pourvu que les synonymistes ne restent pas trop aulessous de leur tâche*.

Par ses distinctions, le synonymiste contribue à diminuer les disputes qui s'opposent aux progrte de nos connaissances et apportent le trouble dans la société. Les mots les plus vagues, les plus susceptibles d'être regardés comme équivalents sont ceux qui représentent des idées abstraites et morales, parce qu'à ceUes-d ne correspondent point d'objets dont la seule inspection puisse prévenir on dissiper Tèquivoque ; ce sont précisément aussi ceux dont nous nous servons le plus souvent dans nos discours ordinaires, où ils produisent ou entretiennent des conVe^lalions sans fin. Gomme ils manquent de précision et de netteté, ils sont pris en sens divers, de sorte que, plus on parle, moins on est d'accord. Parmi les philosophes, Locke est celui qui a le mieux senti ce vice et s'est le plus attaché à en comhattre la cause ; c^est le but principal qu'il se propose dans son Essai sur Ventendement humainy dont le troisième livre tout entier roule sur les mots. Hais \e remède qu'il indique étant présenté dans une théorie toute métaphysique, et mêlé à des considérations générales qui l'enveloppent, n'est pas assez prochain, assez direct pour pouvoir s'appliquer aisément à chaque occasion. Il n'y a que les livres des synonymistes qui déterminent en particulier la valeur propre de tels termes, spécialement employés dans telle science ou dans telle conversation, de manière à la dégager de toute méprise provenant de ce que ces termes y auraient une valeur incertaine ou mal entendue. Sous ce rapport» ils rendent un grand service, eu égard à la gravité et à la fréquence du mal. U

sym», est pour les lâagms, snmnt notre grand historien, ce qu'est l'insecte an cœur de l'arbre. ^MêMBB «^ttnîonaétésontenne et développée par M.D.Nisard, littérateur phiksophe, le plus ardent défenaenr da lion sens et de la justesse dans les prodootioDS littéraires. U croit également à la décadence an moins momentanée de notre langue, et il en doone également pour preuve principale rabos des synonymes dont on se met peu en peine de distinguer la valeur propre.

1. « Rwr la propriété ce n'est pas assez d'être bien doué: il faut savoir la langue , et avoir pesé

dms tes éerils dee modélae oe que Tilent les mots dont nous nous serrirons & notre tour. H but

qnsia BôeBce les pUi€e dans notre iiéBMcre avec le titre qu'ils ont seçu des hoaames de génie , les*

^ttùHmt des mots une naonnaie à effigie dont la yaLsar est déterminée..- Faut-il donc •être savant

pogr parler ou pour écrire avec justesse? Sans doute. » D. Nisard.

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