‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymes, ouvrage qui a obtenu de l'Institut le prix de linguistique en 1853 et en 1858 (volume 2)Chapitre 311 sur 426 · BOIL · texte numérisé non relu

BOIL

Un esprit est fécond en rêveries (Boil.), fécond en impostures (In.); il les tire toutes de lui. même. Une famille est féconde en grands hommes (AcAD.); ils sortent de son sein. Mais un temps (Rac.) ou un règne (Mass.) est feriik en miracles ; la vertu de produire ces miracles n'est ni dans le temps ni dans le règne, qui ne fait que les porter, que les présenter. Il en est de mêîne d'un discours fertile en bons mots (Boil.];

Dans les expressions, imagination ou veine féconde ou fertile; esprit ou homme fécond ou fertile en ressources , en expédients : fécond marque plus d'originalité , et il exprime plutôt la capacité que son développement actuel. On a l'imaginative féconde, et l'ûmagination fertile. On cherche un homme d'une grande fécondité d'esprit; ofu rapporte ce qu'a dit ou fait un homme d*ane grande fertilité d'esprit. « Cherchons un homme en qui la subtilité de la main égale la fécondité du génie. J'ai parmi les hommes de ma maison un homme de ce caractère. U s'est signalé ^i mille tours de souplesse, qui lui auraient attiré plus d'une fois le dernier supplice, à, charmé de la nouveauté de ses inventions et de la fertilité de son esprit , je ne lui eusse fait gr&ce. > Les.

Enfin, comme fécond signifie la vertu productive, il a plus de rapport à l'avenir. Le mamage donne aux terres de la fécondité pour plusieurs années (Buff.). « Rendez féconde en saints , ^ mon Dieu, une nation qui autrefois en a tai4 donné à votre Eglise. » Mass. Fertile, au ccntraire, désignant la production effective, est d'ordinaire relatif au présent ou au passé, s On apercevait les moissons dorées qui couvraieivl ces fertiles campagnes. » Fén. .

L'Église était sXon fertile en grands courageJL

Boik.

FEINDRE, FAIRE SEMBLANT, SIMUlW;- DISSIMULER. Faire en sorte qu'on ait sur ce qui nous regarde une fausse croyance.

Une même différence sépare les trois premiers verbes du dernier : c'est celle qui a été déjà marquée entre Mmuler et dissimuler , dans la r* partie, p. 137. La simulaXion ou la feinte fait croire à ce qui n'est pas : elle suppose 03 controuve. La dissimvlation empêche de croire À ce qui est : elle cache ou supprime. Vous feignex une maladie ou des sentiments pour faire croire que vous les avez : vous les dissimuUx pour faire croire que vous ne les avez pas. « Le plénipotentiaice sait feindre le caractère le plus confoime

SYNONYMES k RADICAUX DIVERS.

3UZ vues qu'il a, et paraître tel qu'il a intérêt qae les autres croient qu'il est en effet.... Une autre fois il dissimule ce qui ne doit pas être su. » Labr.-k II n'y a pas de déguisement qui puisse longtemps feindre l'amour où il n'est pas, et le cacher > où il est. «Labogh. — On feint par ruse ou par artifice : c'était l'art d'Ulysse et du don Juan de Holière« c'est celui des imposteurs , des calomniateurs études hypocrites. On dissimule par prudence , par réserve ou par politique : la pudeur commande à toutes les femmes de dissimuler; Tibère et Louis XI sont fameux par leur profonde dissimulation. — Pour réussir à feindre, il faut de TinTention et un esprit fécond en ressources; pour être capable de dissimuler ^ û ne faut que de la discrétion et de l'empire sur soi-même.

Peindre , faire semblant^ simuler. — Faire en sorte qu'on ait sur ce qui nous regarde une fausse croyance, en faisant accroire, en controuyant , en faisant paraître ce qui n'est pas , et non en cachant ce qui est.

Feindre, de fingere, faire, former, imaginer, donne l'idée d'un travail de l'esprit; c'est un terme abstrait. On feint de croire une chose, d'être d'un autre pays que le sien , ou autre chose semblable. « Lorsque les hommes veulent persécuter la vertu , ils feignent de croire qu'elle est fausse. V LiROGH. a Ceux mêmes qui ne sont pas dans ce doute croient qu'il leur est glorieux de feindre d'y être. » Pasg. « Il feignit que le vin dont il faisait un usage ordinaire lui était nuisible, et il se fit apporter des vins de Rhodes et de Lesbos. » Labr. « Ulysse feignit d'être de l'île de Crële. » 7 es. « On feignit d'avoir oublié son affaire.» J. J. «On feignit que Sextius allait en cette ville de Numidie pour en amener des vivres. » ROLL.

£t ne craignez-vous point qu'à mon tour Je m'irrita Que vous connaissiez mal quel est votre mérite. Ou feigniez de ne pas savoir Qael est aur moi voire absolu pouvoir?

(L'Amour à Psyché) . Mol.

Faire semblant, au contraire , c'est faire mine, se donner une apparence , et par conséquent ce mot est tout concret , tout relatif aux manières» à l'extérieur, à la montre. On fait semblant de dormir, . le renard fait quelquefois semblant d'être mort. ;a On a prétendu que Dieu et les deux anges qui /inrent chez Abraham ne mangèrent point , mais 'Srent semblant de manger. » Volt, c Voici cette ijeconde lettre dont il fit semblant d'être irrité I^nisqu'à la fureur. » J. J. Nabopharzan dit à Télétfiaque dans les enfers : a On mit hier avec pompe mes cendres dans une urne d'or; on pleura; on f arracha les cheveux; on fit semblant de vouloir je jeter dans les flammes de mon bûcher pour mourir avec moi. » Fiic. «Démodocus se met à Chanter. Il commence au moment que les Grecs Burent le feu à leurs tentes, et firent semblant At se retirer sur leurs vaisseaux. » In. ^ Deu pelits libertins ^ qui ipangeaieni des cerises ,

[4. A la place de cacher, son synonyme dissimuler Knviendrait tout auasi bien«

STH. FBAaç

Vinrent contre Harpagème , à diverses reprises , Riant, chantant, faisant sembUuU de badiner.

Lav.

— Pour amener une personne à vouloir ce que nous voulons, nous feignons de l'aimer, d'entrer dans ses sentiments ; nous faisons semblant de l'aimer en lui prodiguant des démonstrations d'amitié. — L'hypocrite feint d'être religieux, et fait semblant d'être dévot.'— Vous entrez dans une maison où les gens se trouvant à table vous prient de dîner ; mais voulant refuser l'invitation , vous feignex d'avoir dîné avant de venir, c'est une fiction , une fable , un expédient que votre esprit vous suggère; des acteurs, assis autour d'une table sur la scène , font semblant de manger, c'est un simulacre ou un jeu. — Feindre, étant plus relatif à l'esprit , à sa finesse , à ses intentions fallacieuses, se dit bien absolument pour signifier un vice ou une habitude de l'esprit : savoir feindre , avoir l'art de feindre. Mais faire semblant ne marque jamais qu'une expression ou une action extérieure passagère , accidentelle, et ne se dit que dans des cas particuliers : il a fait semblant de m'applaudir , d'être gai , etc.

Simuler vient de similis, semblable , de même que faire semblant. Il a tout à fait le même sens dans le langage ordinaire; seulement il s'emploie dans des cas où il est impossible, selon l'usage, de mettre faire semblant, c'est-à-dire au participe passé , et à l'infinitif devant un sub* stantif pour complément direct. Dévotion , récon* ciliation , paix , indignation simulée ; mépris , changement simulé. Simuler un. combat ou une attaque.

FÉLICITER, CONGRATULER. Témoigner à quelqu'un qu'on prend part à la joie qui lui est causée par quelque événement heureux.

De ces deux mots , eofigratuler , latin congratulari, est le seul qui ait été d'abord usité; c'est le seul qui se trouve dans Nicod. Féliciter a commencé à se dire au temps de Vaugelas seulement, et , malgré la répugnance de la cour , qui le tenait pour barbare , il a fini par être l'expression ordinairement et presque uniquement employée. Ainsi s'est réalisée la prédiction de Balzac , qui avait entrepris d'accréditer ce mot en sollicitant pour lui les suffrages , et qui avait écrit dans une de ses lettres : a Si le mot féliciter n'est pas français, il le sera l'année qui vient; et M. de Vaugelas m'a promis de lui être favorable. » < Il a pris la place de congratuler, dit Voltaire, parce qu'il est d'une prononciation plus douce et plus sonore. » C'est aussi parce qu'il signifie exactement la même chose; autrement, il se serait établi sans exclure son synonyme.

Au surplus, on se sert encore de congratuler; mais ce n'est plus' qu'en badinant. Ce mot a éprouvé le sort qui est réservé, au moins en France , à tout ce qui vieillit; il a pris une teinte de ridicule, et, comme les vieux habits, ceux surtout qui ont appartenu aux hommes de la haute société, ne sont plus portés à la fin que par les domestiques en livrée , ou par les acteurs qui jouent les comiques, ou par les jeunes fous qui si^e livrent aux divertissements du carnaval , congratuler a cessé de figurer dans le style sérieux, ,

eio

DEGXIÊlf E PARtm ;

et il ne con^rit&t pis» aBjo«rd<àm que daa» celui de la plaisanterie- Molière le met daiis la bouche de Sosie, Regnard dans celle de Crispin; Scarron l'emploie dans le Roman- eonUqws, et Voltaire , dans le conte intitulé Jeannoi et C^in^

Les bons écrivains da xvii* siècle et du xvux* qui l'emploient encore en matière» graves sont Labruyère, Bossue t. et RoUin.* Ilille gensà la cour» y traînent leur vie à* embrasser, serrer et «engratulwr ceux qui reçoivent, jusqu'à cer qu'ils y meurent sans rien avoir. 3>IjjiBtt.« Quand on congratulait Tite d'une conquête si glorieuse : Non, non f disait-il , ce n'est pas moi qui al dompté les- Juifs;. je n'ai fait que prèler mon boas à Dieu^ Boss. « Un jour de fête solennelle, oik la psè^ tresse, mère de Cléobis et Biton, devait aller au temple de Junon , se» bœu& tardant trop à venir, ils se mirent eux-mêmeeau joug»^ et trafr nèrent le char de leur mèoe jusqu'au temple. Toutes les mères , ravies en admiraiion', »ngratulèrent celle-ci d'avoir mis au monde de tels enfants. M RoLL. — Mais Labruyère, Bossuet et Rollin ne sont pas exempts d'arobaisme , parlent quelquefois latin en français; et ce n'est point à eux qu'il faut s'en rapporter pouD suroir si tel mot était encore ou n'était pluaen aoage de leur temps.

FERMENTATION, EFFERVESCBNCB , ÉÔ'lJLLI- TlOfî. Mouvement q^û agite le» particules d'un coiçs ou d'un mêlants., siaoa toujeuiS' Uquide , au moins humide.

Fermentation est le latin f^nriii^Alum', abrévia-^ tion de fervimentum^ du verbe fervere^ être fer* vent ou chaud. Effervescence a été formé de la préposition e , hor» de , et du même verbe. C'est pourquoi Velfervescenee , mais non pas la ftmmen" tation , fait que le oocpa dégage du 9^ en s.'agitantà la surface.-

La fermentation est ua travail intérieur, latsnt, caché, qui s'opère de luinnéme au sein des choses. Il se produit uns fermentaldon dans' un tas d'herbes humectées par la pluie (Buff;), et dans les matières propres à alimentet les vol» cans (In.). « Il y avaii dans les murailles de Rome une guerre cachée; c'était des feux comme ceux de ces volcans qui sortent sitôt que quel<|iie matière vient en augmenter la fermenta^wn-é » MoKTBSQ. Mais un chimist», dans son laboratoife et mélangeant des suiMtaiweS', vous fera voir desefferveêcmcet et e'eat servira pour von» faire dis* tinguer les corps. € Le schori ne fait point effetr^ vescience avec les acide». » Bopp. « Noue em-* ploieronsi dans l'bisloiie natureUe-des minéraux, le caractère 'de l'éferiMMéiio» aivec. la» acides... « lo.'ff Je voulus faire de l'encre de sympathie^. Je remplis une bouteille dachauxwm» d'x^rpîment et d'eau, jp la bouchai bien. Vi^fmiêi&ence oobk mença presque à l'iastant trèa-violemment; ls> bouteille me sauta^ au.visage conme une bemfae<» J. J. Une substance sa met em fermentatùm^ et non.pa» en effenvesuneet. Et quand ï^anmcênoa naU de la fermentalion'f ce qni.amve ^elque»fois, c'en, est la^maaifes4atio& par un mouvement extérieur, perceptible ou: même p«r un brait. — De plus , la fermentation- n'est pa» wukmsttt insensible, sgiaia lent» '^ Vtffmmctnm êikooatnûia^

est non - seuiement fmii^tance , mai» prompte, c Lorsque les végétaux toflâbent au fond des eaux^ leur substance ne subit qufune fermenitation lente et dont Teffet se bone à la conversion de son huile en bitume, au* lieu de perdre ses prindpss combustible» par une prompte et forte efferreÈcenee. v Bupy* — Une autre distinction trè^împortant» 'Consiste en ee que fermentation conviest à regard de» substames orgatniques, tandis que efftrvemenoe^^t dit plutôt des matières inorganiques OU' minérales, c Toute» les sui»fances yégé> taie» ott animales en fermmianion et tontes les matières minérale»- en eifferrescmee peureat produire élément de^ l'acide méphnique. • BcTFr:

hn figuré, le» deux mots se d'sent d\me certaine agitation des esprits. Mais la fermentation est sourde (âcad.), muette (S. S.); elle se borne au murmure ou à la menace (J. J.)*, c'est une simple inquiétude qui* va croissant, mais peu ou point sensible d'abord* « Les désordres inévitable» de la manière de lever les tailles occupaient d'autant plus le régent, que la fermentation devenait palpable dans le parlement ^et dans qnelques provinces. » 3. S. « A la première représentation du Devin , j'entendis s'élever dans les loges- un murmure de surprise et d'applaudissement. La fermentation croissante alla bientôt an peint d'être setisible dans toute l'assemhfée. s J. J. L'«/fbve#eeiice, au- contraire, est forte, snbite, manifeste d'abord, mais- peu dui^le. C'est un feu de paille. Sfferveseence passagère (7. J. , CoRB.); Bans un moment à*effèrt9ecenee (Acajt.). a I^s homme» qsi se laissent faciiemeat émouvoir s» calment avec la même facilité; mais un rabonnement froid et sec ne ùit point (f effervescence. *J. J; et Dan» le temps de la phis grande effervêeeenee des querelle» de la magistr&lore et du clergé. » Volt. « On le poursuit par des libelUs,. oa.le déchioar; daas cette pneiÎHgiqiise effervescence,.,, » Id.

ÉhvUitien, cemposé* Aé la préposhione « hors de, et de huUire^ boo^r, de &tt2to, bulle, signifie, comme effervescence^ un fait apparent, par lequel le liquide agité envoie quelque chose hors dii luHnême. Mais, bien que Ve/fèrvestenee ait lieu^ avee* aooemp«gnement de chaiear, elle n'a pas lira oomme^ VébuiHtion^ par rapplicafion de k. chaLevx*. L'ean qui bout sur ie feu est en ébuUition, < €e» aiMde» ne dissolvent pas le l>âmfUh, même- avec le seoours de la chaleur, à moin» qu^elle ne aoH poussée jusqu'à produire Va>uUition', 7> BcVF. — I^aâleur», le» bulles ne se fbrmaat que qvaad le liquide est fortement agité, ébuUitiom a^ fini par signifier une grande e/f#nM»M9fOf;«La*diMelvtion du cuivre par l'eaaforte sefiiit avec grand mouvement et fbrt^ ^f^veeoenee, aw Mwi que- les dissolution» du cuivre par l'atoid* vilriaAtque' ovt par l'acide marin s» font kntemèMr et sans éMlUion-. *- tftrtT. — Enfin, ce' que dégage- Vefferveieenee rfeet pst», comntei daas> VétMiUiùn^ une patrtie du liquide lui-même, réduite à^ l'étBtde v^teur, mais un gaz d'iiDe>naMiiBipartâeuiièi«. ,

ÉbiUlition ne s'emploie pas en parlant de l'esprit, ceaun» lasréeai^ataesiMot», apparanamenc parce qu'il exprime une ciidDBSlBiecr toute smc^

SYNONTKBS À RADICAUX BIYERS.

ffl»ll0. Xais il se dit en- médecine d'une énrption I 3** Fermer est moins rigoureux que clore. Pour qneieonqae qui survient par maladie à la peau et qu'une chambre soit ferm^ , il suffit que les la eouvi^ de pustules ou de boutons. « La petite portes et les fenêtres aient cessé d'être ouvertes; vérole n'éftait d'abord qu'une faible éruption, i pour qu'elle soit close' ^ il faut de plus qu'il n'y une ébvMiHon pasBagère* et sain danger. » Volt, ail aux portes et aux fenêtres aucun passage c H lui est sorti \xm ébuHhêiùn ; c'est peu^être 1» donoé à Fair et a« firoidl Le propriétaire de la rovgaole. » Dvbbff. La médecine se sert aussi du maison est obHgé de tenir le locataire clos et mot fermenttLtiom, mais pour indiquer un phéuo* . couvert, c'est^-dire bien fermé de toutes parts, mène qui se passe aa dedan» du corps, et non ! La nuit close est tout à fait fermée. On ferme un plus à la surfaice^ : Is fermetOtaHon, des humeur» port avec une chaîne'^ et par là l'eau n'est pas (ACAD.), du sang (Boss.) , de la bile (Fiw.). C'est i empêchée d'aller et de venir comme elle le serait une question si effervescence df humeurs se dh; j si le port était dtor. Quand on ferme la bouche à

ce n'eii est pae une e'ÎJ doit serdire', son impropriété le condamne.

VEIHBR, CLOBS. Pâtre* en sortes qo» l'entrée d'une chose' soit empêchée eU' rendue impossible. '1* 0^ ferme proprement une porte ou ce qui a une porte, et par oonséqoent un objet êe peu d'étendue, comme une maison*, une boite, une avmoire, «i> seefétaine, une malle, une bourse, un tiroir, un encrier. Cl'erff, comme dôture, qu'il sert à farmer et qu'il ra/ppelle, suppose quelque chose de plue vasto, un terrain, un* jardin, un parc, une ville; us élô» est un* grand espace de terre fermé daae son oitcuit. Même- difftrenee entre le» composés : en enferme- êe» personnes et des objets encore plus petits, des habits, de l'argent, ée» épingles; mais emkm no s'emploie guère cp'en parlant d'un diamp, d'Un terrain ou d'une éten<k[e qv^on etteeint— « Chaque Germain, dit Tacite , laiwe sMoar de* sa nmison un petit ternta eu espace qui est dos et fermé. Tacite perlait exaotement. Car plusieurs lois dîes codes barbares ont des disposition» drffêrentes contre ceex qui renforsaienc cette* enceinte, et ceux qui pénétmieAV dans la mai«on même. » Montbsq. c SaraeHua- disaif «voir trouvé un- bon moyen de ne pas être arrftè par le vol sihietre des oiseaux : c^élait de teikir sar liDîèfe bien eihse et bien fermée. * Ro£L. Dans ces deux exemples , clore est relatif à tout le eosttmr de 1» chose, et fermer Test seulement à la porte.

2* Ce qui est fermé Fest dans le moment , car il est destiné à se* fermer et à s'ouvrir alternatif vettent* mais ce qui est éhs est fermé à jamais ou pour longtemps, d'une manière fixe et constante. Ou' fermé' eu poussant la porte ou en mettait i l'entffée* quelque chose de mobile; on clôt par uBt d&9mn , par quelque chose d'étabH' i demevre. iBa instinct nous porte à /^rmeret à ouvrir à elMMfue instant les yeux; la mort nous cfdt les yeux. Toae/erméji votre lettre qui dort être ouverte psr cdtal qui la Rra; mais ce qui ne doit pas étoe lu, e'est lettre dûte. Vous* fermex la

quelqu^un , il ne dft plus rien ; quand on la lui clôt y il me peut plus rien dire, il n'a plus rien k dire. Au figuré, fermer exprime un fait, et clore un acte dfautmnté. Mes nom^ ferme la liste ; le préfet a clos la liste. Tel discours a fermé la discuEsioD ; le; pvésid)ent d^ne assemblée clôt la discussion ou dédare la discussion close .

Fse, FftAttMB. Figunèment et poétiquement, ces deux mots expriment la passion de I'ïlmour.

« Le feu, surtout en poésie, signifie souvent l'amour, et en remploie plus élégamment au pluriel qu'au singulier. » Volt. Flamme, au contraire, se met plus volontiers au singulier.

Bi sfil taol qo^à mn/r»» iftisejiatnme réponde ,

Qaeveus doit imperter touUle i«ate du monde f*

Mai» J'impute htea moine «e boslteorde'ma^ifvntf A l'ahbeor de mef/eux qa'aua boartéi duvecre ime.

YoWjlanm» àisnesA «ne Aunnu» •rdinaire';

Thésée en expinuit Yient de rompie lee ncradt.

Qui fiôsaienrtout le crime etrhorreor de ros/eux,

Rac.

Ensuite, le fev est simplement chaud ^ il peut couver sous ht cendre ; au lieu que la flamme se montre, brille, et se meut ou s*agite. On dit des feux ardents (Flâch.), et une vive flamme (IfoL. , J. J.) ; un fhi nous consume (Tolt.) , nous dbnnoûs un témoignage de notre flamme (Mol.).

J'ai repoussé les trails de ma funeste /lam/ii^/

Oui, ce /eu si longtemps dans mon sein renfermé

S^est awee violence auijoefd'hui rallumé.

Malgré l'amour eaûst éoni je reisen» les eeups, Msninine j^uwÉi ne. Mua mon époux.

[Sofhonùbe), YobT.

Je noorris en secret le /eu qoj me dérove. Ib. Je n'ai point, Sophonisbe, exigé de votre âme Les dehors afféciés d'une inutile yfa/wiM. lo» I>e TosJ^ux devant mtii vous étoufQez la.fiàmme.

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