‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymes, ouvrage qui a obtenu de l'Institut le prix de linguistique en 1853 et en 1858 (volume 2)Chapitre 313 sur 426 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Enfin « à feu s'attache plutôt l'idée d'un amour modéré, pur, innocent, légitime; et à flamme^ celle d'une passion Tiolente et criminelle. ^ c Corneille dit souvent un beau feu pour un amour vertueux et noble. » Volt.

De ses/eux innocenu J'ai trahi le mystère. Rac Il ÙMi d'un premier /«» la pureté fidèle Pour aspirer à cet hoiyiear Oii votre bonté nous appelle. Mol.

€ Déjà Rallumaient dans son âme ces feux ardents et purs , que la sagesse , la beauté , l'esprit et un mérite universel ont coutume de foire naître. » Fléch. — < Pourquoi ce reste de commerce? Pourquoi cette dangereuse complaisance, restes malheureux d'une flamme mal éteinte ? » Boss.

Le ciel mit dans mon sein jan9 Jlammâ funeste.

Rac.

Toi que brûle en secret uaejlammâ Infidèle. Volt.

Cette tklalejiamme Dans les bras de Gassandre a dévoré mon âme, Ii>. Je ne m'attendais pas qa^unejlamme coupable Ddt ajouter ce comble i l'hoq^eor qui m'accable.

c Les mariages clandestins exposent des cœurs innocents à brûler d'una flamme adultère. » J. J.^

Ah ! quel étrange amour 1 et que les belles Ames Sont bien loin de brûler de ces ierTWtteiJiammes/ Les sens n'ont point de part à toutes leurs ardeurs, Et ce beauyïu» ne veut marier que les coeurs ; Comme une chose indigne, il laisse U le reste : C'est un /e» pur et net comme le feu céleste. (Àrmande dans les Femmes savantes). Mol.

FINIR, CESSER,— DISCONTINUER. Faire en sorte qu'une action s'arrête, ne se poursuive pas ou ne se prolonge pas davantage ; ou bien , dans le sens neutre, en parlant d'une action, s'arrêter , ne pas se poursuivre ou se prolonger davantage.

On finit ce qu'on a commencé. Finir suppose un travail, une opération, en un mot. une action qui forme un tout, dans laquelle on distingue un commencement, une suite et une dernière partie ou une /i». Cesser, latin cessare, fréquentatif de céder e, céder, se dit de toute action ordinairement forte ou vive dont on se désiste , dont on se relâche. On dit proprement à une personne, finissex vos discours (Rbon.) , et cessez vos cris (Acad!). 11 faut attendre que la digestion soit finie pour manger de nouveau; il faut attendre que la pluie ou la grande chaleur ait cessé ou soit cessée pour se mettre en route. Le jour finit de bonne heure en hiver; la fièvre cesse quand on prend du quinquina. On dira d'une armée, qu'elle finit un siège , une campagne de telle manière , et que , dans un combat , elle cessa le feu à telle heure du jour. Vous finissez un couplet que vous chantez ou que vous composez , une page d'écri^ ture, un livre que vous avez entrepris de lire ; vous cessez des poursuites, des hostilités, des persécutions , d'ardentes recherches. On finit de faire ce qu'on achève ; on cesse de faire ce qu'on laisse là, après s'y être livré avec feu, avec passion.

«t Les conjurés avaient presque tous fini malheureusement leur vie. » Montbsq. « C'est le 32 atril qu'un yieux fou commença une tragédie

finie hier. » Volt. « M. Racine est présentemest tout occupé à finir sa pièce. » Boil. « Après avoir achevé mon récit , que je finis par la chambre que j'avais louée, on vint avertir qu^on avait servi. » Las, « Apelle trouvait à Protogène ce défaut, de ne pouvoir quitter le pinceau et finir ses ouvrages. » Roll. — c Le soufre s'évapore peu i peu, et l'on ne cesse le feu que quand il se s'élève plus de vapeurs sulfureuses. » Buff. « La mort a cessé ses ravages. » Vauv. « Démétrius cessa les hostilités. • Gonu. « Le sénat ordonna i Antiochus de cesser la guerre qu'il faisait. » lo. c Le peuple et le pape devenaient ennemis, et les dissensions ne cessaient plus. » Id.

Ne cesseras^ia point cette rigoear moriolle? MckL.

L'aigle et le chatr-hnant leurs querelies cessèrent.

Uï. •

Quant à discontinuer^ on ne peut guère le confondre avec les deux mots précédents-, car il signifie finir ou cesser momentanément , pour reprendre ensuite, interrompre. « On leva le siège (de Véles) à la fin de la première campagne. On le leva encore après la seconde. Mais, lia troisième , on le reprit pour ne plus le discontinuer. » Gond. < La pluie a discontinué seulement quelques jours, puis elle a recommencé. >

ACAB.

FLATTEUR, ADULATEUR. Qui loue excessivement, dans des vues intéressées, afin de plaire, de gagner la faveur ou la bienveillance.

Flatteur appartient au langage commun, idulateur est le latin adulator. Tous les hommes peuvent être flatteurs ^ et on peut être flaiteur envers tous les honunes ; les adulateurs sont les flatteurs des grands, et particulièrement d» rois, les flatteurs de cour. « M. d'Alet est un courtisan adulateur. » Sév. Le verbe aduler ne s'emploie qu'en parlant des princes. « Le prince de CodU était digne de n'être pas adulé. > J. J. « Quoi ! vous adulez bassement le souverain pendant sa vie, et vous l'insultez cruellement après sa

mort 1 » DlDBROT.

Par suite, le nom d'adulateur se donne à tout ce qu'il y a de plus odieux parmi les flatteurs, au flatteur bas, vil, lâche, servile^ impudent, très-fin, ou, au contraire, grossier. C'est le mot qui exprime le défaut de la manière la plus défavorable et au plus haut degré sous quelque rapport que ce soit. « U semble que les basses flatteries ont été plus prodiguées aux méchants princes : la haine publique se cache d'ordinaire sous Vadulation. » Mass. « Rien ne ca ractérise un mauvais règne comme la flatterie portée à l'excès , et je suis étonné que Louis IIV ait été loué comme un tyran. Son successeai avait un caractère supérieur à Vadulation. > Vauv. < Les inscriptions latines de la statue de U place Vendôme sont des flatteries grossières. On y lit que Louis XIV ne prit jamais les armes qae malgré lui. Il démentit bien solennellement cette adulation au lit de la mort. » Vojlt. « Comme nulle contagion n'est si prompte que celle de la flatterie, bientôt toutes les provinces suivirent l'exemple que leur avaient montré les Asiatiques et les BiUiyniens. Par tout l'empire ce ne fureot que temples (en l'hoaneur d'Auguste).... Vadukh

SYNONYMES A RADICAUX DIVERS

lion ttsX portée encore à de plus grands excès à l'égard de ses successeurs. » Roll. « Si le /la(teur est un honune ordinaire, il ne louera en TOUS que des qualités communes. Un adulateur plus fin louera principalement en vous les qualités dans lesquelles vous croyez exceller. Un adulateur impudent et sans honte louera vos défauts et parriendra à vous étourdir sur le témoignage intérieur de TOtre conscience. > D*âl.

Flatteur est le mot simple. Adulateur est une expression de choix destinée à peindre un /Gaffeur tel aue ceux des cours, un insigne flatteur; sans compter qji^adulateur , à cause de son origine , convient surtout au style noble de la poésie et de l'éloquence.

Soil qu'il fasse au conseil courir les sénateurs ,

D'un tyran soupçonneux (Tibère) pâles adulateurs.

Bon.. '

FLEXIBLE, SOUPLE, DOCILE. Qui cède, qui oppose peu ou qui n'oppose point de résistance.

Flexible se dit proprement des plantes, souple des animaux, et docile de Thomme. L'osier est flexible; le corps de l'animal, ou ce qui en vient, comme le cuir, est souple; un élève est doet^. Branche longue et flexible, animal soupU et agile, enfant docile et obébsant : c'est ainsi qu'on parle et qu'on doit parler , à la rigueur. Si on qualifie quelquefois de souple une plante, c'est quand et en tant qu'on la considère comme un animal , comme un serpent qui court et s'étend de côté et d'autre. La grotte de Calypso « était tapissée d'une jeune vigne qui étendait ses branches souples également de tous côtés. » FéN. Et . d'autre part , il est évident qu'on n'attribue de la doctltl^ i un animal, que parce qu'on l'assimile à l'homme.

Mais la difficulté devient plus grande lorsque flexible et souple, prenant l'acception figurée, s'emploient comme docile pour signifier une disposition des personnes à se prêter aux impulsions d'autres personnes ; et c'est alors surtout que ces trois mots demandent à être nettement distingués.

D'abord , flexible et toupie , outre que ce sont dans ce sens des expressions métaphoriques, se rapportent à la volonté , et non pas , comme docile , à l'intelligence. L'esprit flexible ou souple cède aux volontés , aux vœux , aux désirs des autres, est complaisant ou point opiniâtre; au lieu que l'esprit docile cède à la voix d'un maître qui l'instruit , écoute les leçons ou les conseils. Voltaire dit de Corneille , travaillant i la Comédie des Tuileries^ de Richelieu : « Corneille , plus docile à son génie que souple aux volontés d'un premier ministre, crut devoir changer quelque chose dans le troisième acte qui lui fut confié, b Un enfant flexible est d'un caractère à se laisser aisément influencer, incliner d*un côté et d'an autre , ainsi qu'une plante ; un enfant docile a un esprit tel qu'il écoute ou apprend sans peine ce qu'on lui dit. Horace accorde au jeune homme de la flexibilité pour le vice , en même temps qu'il lui refuse de la docilité :

Ceraus in vitium Jlecti , monitcrihu* asper,

des serviteurs flexibles ou souples; nous devons tous être dociles à la parole divine et à la voix de la conscience.

Flexible et souple diffèrent l'un de l'autre en conséquence de leur application au propre. Flexible est passif : une personne flexible cède comme le peut faire une plante, en fléchissant. en pliant , en se laissant faire. Mais souple est actif; une personne souple agit en se pliant, à la manière d'un animal, en se mouvant, en se tournant en tous sens. La flexibilité est une capacité ; la souplesse , un talent. Trop de flexibilité est faiblesse ; trop de souplesse , manège ou ruse. L'homme flexible est doux, accommodant, facile, il ne veut pas choquer ; l'homme souple est prévenant, insinuant, flatteur, il se fait tout à tous pour gagner les gens dont il a besoin. L'esprit flexible est propre à divers genres d'étude; l'esprit souple l'est à la négociation et à l'intrigue.

FOI, CRÉANCE, CROTANCE, OPINION. Assentiment ou acquiescement de l'esprit à quelque chose qu'il tient pour vru.

Foi , du mot latin fldes\ confiance , signifie une persuasion fondée uniquement sur le témoignage , une soumission de l'esprit inspirée par la confiance. On a foi , ou on ajoute foi à ce qui émane d'une autorité qu'on regarde comme incapable de se tromper %t de tromper. « Si c'est l'autorité qui fait que l'esprit embrasse ce qui lui est proposé , c'est ce qu'on appelle foi. » P. R. « La /ot est une habitude de croire une chose par l'autorité de quelqu'un qui nous la dit. > Boss. c C'est une erreur de s'imaginer qu'il faille toujours examiner avant que de croire.... On croit d'abord ce que r£glise propose , et la foi précède ou plutôt exclut l'examen. » Id.

La créance, la croyance etl'oiH'fitOfi, au contraire, sont une persuasion déterminée par l'examen de la chose à croire et le plus ou moins de vérité ou de vraisemblance qu'on lui trouve ; elles supposent l'exercice de la raison individuelle qu'exclut la foi. La foi est soumise, aveugle, inébranlable ou chancelante; la créance, la croyance et Vopinion sont raisonnées , et plus ou moins raisonnables ou déraisonnables. On emploie surtout le mot foi en parlant des mystères de notre religion et des vérités révélées, qui doivent être crues sur parole et non discutées; on s'en sert aussi quand il s'agit de ce que croit le peuple sans examen et par une molle déférence, et de ce que croient les enfants encore incapables de voir et de juger par eux-mêmes. — Outre cela , foi, uniquement relatif à l'adhésion plus ou moins ferme de l'esprit , ne se prend pas, comme ses synonymes, pour la chose même qui en est le sujet; on ne dira point, à propos de ce que certains hommes croient : c'est une foi, mais une créance, une croyance ou une opinion ancienne, nouvelle, plus ou moins répandue.

Créance et croyance sont formés tous deux du verbe croire. Du .temps de Vaugelas et de Corneille , on prononçait toujours créance, quoiqu'on écrivit aussi croyance. Ces granunairiens ont prétendu que croyance ne se prononçant déjà plus.

A un ministre absolu comme Richelieu, il fallait devait finir bientôt par ne plus s'écrire. Ils se sont

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froncés; Ctéanee et tfoyanee tmt ilé maisteDus l'un et l'autre , mais -chaonn stee des imances qui lui sont propres.

Créance est plus éloî^Dé du yerJse ero^, dont il ne rappelle pas l'action; il est tout objeetif. Il s'emploie bien dans des locutions générales et absolues sans indication de personne, ^de temps ou de degré. Donner, ôter ou refiiser cr^noe; un bruit trouve er^anee. Croyance, au contraire, est subjectif, relatif, et propre à marquer des actions de croire particulières : on donne erécmce à quelque chose (Bofis.); on donne sa croyance (Boss. , EiN.), trop ou pas assez de oroyance (Boss.). On dira bien, dans Tordre des idées et en -général : La créance de l'Eglise est invariable; et dans Tordre des faits ou sur un certain article : L'Église n'a -point changé de croyance (Boss.)- Un homme d'une créance légère on &cile habituellement et par caractère, se montre dans l'occasion d'une croyance légère ou facile. — La créance se qualifie en ;ndson de la natuve des choses crues : aUe est Traie (Boss.) , orthodoxe (Bottrd.) , fauase (Boss.) ou erronée (lo.). La croyance donne plutôt Tidée de la manifestation d'an fah : libertinage de mœurs et de orayonee (Bourd.); articles à la croyance et à Tobserratiion desquels on est obligé (Boss.). -~ Rigoureusement il faut dire, en matière de créance (Bourd.), et en i&it de eroyemce; être digne de>er^nce , et>mèther croyance.

Cr^nce, étant -objectif, ee prend bien passivement pour le crédit eu la t[uaUlé d'être cru , au lieu que croyance stetend toujours dans le sens acttf. Conserver de la cf^ance dans tous les partis (Boas.) ; des faussaives cherdbent i donner créance à leur imposture (In.); ôtcr toute ci^nce aux calomniû^ de quelqu'un (Masb.),

Créance signifie une croyance constante , qui n'est pas bornée à tel temps et à tel Heu; et croyance, ime eréanee accidentelle, d'un moment, dains un cas particulier. La créance fait qu'on croit en quelqu'un, et la croyance qu'on eroit à quelqu'un ou à quelque chose. Digne de créance ou d'être cru, marque une qualité essentielle, permanente; dîigne de croyance, ou qu'on le croie , une qualité de fait , qui ne s'étend pas au delà du présent. — * Quelle créance dois- je donner aux mystères? Une créance si absolue que pour cela je dois démentir tous mes sens. • Bousn.

Pois-je i de tels discours donner quelque ^tr^yamne?

Goair.

Oféant» exprime la croyance de tout un peuple : un historien mérite la créance publique (Volt.). (Voyance désigne la créance de quelqu'un en particulier; c'est pourquoi ce mot touche de plus ' près i opinion , et s'emploie d'(»dinaire avec les adjectifs possessife : Je doute d'une chose, à moins que je ne voie qu'elle mérite ma croyance (Fén.). •— U en est de même quand ces deia Èiots se •prennent •matériellement pour les dioses mêmes auxquelles on croit. Crt^ceee dit 'de ce qui eet •cru par tout un peuple ou toute une 'religion , et se rapporte plutôt à^n ensemble de doctrines : la errance chrétienne (Bourd.); la créance commune de tous les fidèles (Bose., Bounn.h une religion qui soutient sa er^nce par desbouneeux (Volt.) ; ]& créante du polythéieme (In.).

I Vous ne eomaîseez psslaloi que nous siâvons;

Elle p«it être horrible aux entrée naAioBS;

Ia créance t les mosurs^ le devoir, touttUlère.

Jb.

Mais croyance aîgni&e sealemeat ce qvi ^bx cra par un homme ou quelques heames..^ Penoone (sous Elisabeth d'iingleterse) joe ûit persécuté, ni même recherché pour sa cr^yonee. » ¥oli. a Chaque société chrétienne qui e'^eva afués ié- §us eut une croyance particoli^-^ lo. C'était la croyance de piesque .tout Tempire de {Ihariemagne , que le Saint-Esprit procédait du Pèn et dn Fils (ID.). Et'Ce mot«onvient platôt qoênd Q est question d'une seule doctdne : la croyance de la métempsycose (Volt.)> Ift crofisnce d'un paradis et d'un enfer (lo.).

L'opûiton est une croyanse tonte penonneUe , provisoire, conjecturale, qu'on admet faute de mieux. Aussi ce tenne, bûmîdn domûne religieux, où on ne trouve rien ^ue de^dogmatMiae et d'arrêté , ne se dit-il qu'en matière de sesnoe et de politique. U marque moins Uaoquiescement de Tespnt qu'nn certain rapport à la vérilé: c'est ce qui iait qu'on ne peut pas diie, digne d*ep£man, comme on dit, digne de foiy decréonee et de iCfoyance. « L'acquiescement de Tesprit accompagné de deuteest ce qu'on nomme epinaon.* P. R. « La lumière ^ui luit dans TeptmonestuM lumière douteuse ^i n'apporte jamais m padast discernement. » Boss. Dans sa tragédie d^Kelàne, Euripide choque ouvertement U ûPéOÊkce commune de toute la Grèce. Il suppose qu'flélène s'a jamais mis le pied dans Troie, «t qu'apiès Tembrasement de cette ville Ifénélas trouva sa femne en Egypte , d'où elle n'était point sortie : tout cela fondé sur une opûMon qui niSétail nçfm que parmi les Egyptiens. » Rac.

■FOIS (A LA), VmaaUR, Vmmr^c d'anln ou les uns avec les juitres.

 la fois marque proprement «imuHanéatè , et est opposé àsucceaeivemem. « RciDe s'êtaitagiandie parœ qu'MIe n'avait eu que des gnerres successives , chaque notiontie Tattaqnant ^pie quand l'autre avait été ruinée. Rome fut détruite parce que toutes les nations l'attaquàrent à la fois, » MoRTBSQ. ^ Ensemble indique union on réunion , et est opposé là séparément, c Ces deux Atats, qu'il fallait connaître «enfem^fo pour voir toute la vérité , -étant connus séparément conduisefat nécessairement à 2*un de ces deux vices : à TorgueH ou à la paresse. » Pasc. Ne vaut^lpacmieux, dit quelque part Lafentaine,

QiL*on ne puisse saisir tous les plaisin mtsenék^

Et que pour en goûter les donoeors purescieot

11 faille les avoir cbacon séparément?

Des personnes qui agissent , des dioses qui se font d la fois agissent , se font en même temps , «t non pas Tune après l'autre eu les unes après les «utres ; des personnes qui agissent, des choses qui se font •entenOyfe agissent, se font de-conpagnie , «t non pas une i une , Tune à part de Taatre. Un père nmrie à la fois deux de •ses filles, à ia fois c'est-à-dire le m^e jour; Il ne les marie pas ensemble; il marie ensemble sa fille et un jeune homme dont 11 la sait éprise.

\A la fois esttonjoursTe3«tifau1emp9; ensemble

SYNONYilES k RADICAUX BIVERS.

«iS

f. Test prîmitî^einent à l'espaee. Deax lifies d'une . bibllotiièque tombent à la fois, c'est-à-dire au . mâme noment , .quoique peut-iÀtre â iine igrande distanoe Tim de l'autre ; deuo: livres d'uue biJblio- ^ thèque 06 tiouveat plaôés i^ncmn^k, »c'vestfà"dire Tun aiopràs de l'Autre , quoique, peut-être AU n'y < aient pas été mis À la môme époque. iDe divers * poimts du ^lobe, plusieursastrenomas, une nâme nuit , observent 4 la fois une pknàte : plusieurs persMUMs logent «nttfm&ie sous le même toit. Tel t homme ^ à ses repaa, a coutume de manger et de liie à la fois; on mange ensemble la viande et le légume mêlés dans .un môme x^oût Vous apercevez à la fois , au même instant , une loule d'objets rangés eiwemUe dans un môme endroit. On ne saurait contenter tout le mond£ à la fois; plusimirs personnes^ne peuvent aTasseoir ensemble sur une môme cbaÎM.

l»KONDBIIENi;„BAfiE^ ^ 2° APBUI, SOUTIEN , SUPPOET; — 3"» ARG-0OUTANT» PIVOT; — 4** ÉTAI, ÉTANÇON. Ce sur quoi un objet pose ou Fi^poee.

Jlais /oiMîen^At.st boce mériteat une .place à part; car ils expriment une partie de l'objet, oalle ^ui est en bas, sous les:autres,.an lieu que les mots suivants désignât quelque chose d'étranger , à l'objet, quelque :chose qu\,y est seulement joint. « La candeur de Cartbage , qui ^ ne ae soutenait que par ces, appuis extérieurs, se voyait jèbcanlée jusque dans ses fondemerUs [ aussitàt qu'ils lui étaient ûtés. » .Eoll.

C'est une différence considérable. Tout bomme étant distinct d'un antre , vous ne direz pas d'une personne qu'elle est votre fondement ou votre boss , mais vous direz bien qu-elle est votre a/p(pui , votre soutien , votre support.

Dians une acception tsés-abstraite , fondement et basj! signifient, comme l'observe du reste l'Académie, principal ajgpui ou principal ^oulien. 1* Fondement , base.

On dit plutôt fondement au pluriel , et en parlant d'un édifice ; ses fondements sont comme ses racines. Base s'emploie le i^lus souvent au singulier et en parlant d'un objet peu étendu, comme un rocher ou une colonne ; sa base est son piédestal ou comme son piédestal. « Le mage m'enferma dans une statue colossale dont la base touche aux fondements du temple. » Tolt.

Le fondement est caché dans la terre ; 'la 'base est au-dessus de la terre et se voit : on creuse, on jette des fondements ; on jpose une boxe, 'In machine de guerre des anciens appelée tortue , et qui était mobile, avait une base (Roll.), mais non pas un fondement ou des fondements. Une montagne est ébranlée jusque dans ses fondements, 6tj3a base a tant de circonférence, est couverte d'habitations ou de verdure. Le fondement est ce sur quoi est assise la base. < Ce n'est pas assez que ila vertu soit la base de votre condiïite , si vousji'établissez cette base même sur des fondements .inébranlables. » X. J. « Ces observations sont .trop incertaines poœr qu'on puisse établir sur de pareils fondements la base d'un raisonnement solide. P Id. TJn des plus solides fondements de notre foi et de notre espérance, c'est la résurrection de Jésus-Christ; c'est sur cette ré-

surrection qu'est établie la vérité qui est la base de toute la religion , savoir que Jésus-Christ est Di«u (Boas.).

^is ee qui doit décider dans le choix de cas dans mots d'un usage .très^-fréquent au figuré, c'-ost que fondement emporte toujours l'idée dlo aoiidîté, laquelle n'eat pas «essentielle ou aussi essentielle à boae : ee que vous dites a du fon^ dément ou n'a pas de fondement; il n'y a point de fcindemetU à faire sur son amitié, a Si le fondement est solide , bâtissez dessus sans crainte ^ mc^tez-y votre appui. » Boss. « Les bases du gouvernement libre en Prance sont posées, l'édifîoe s'élève ; déjà trop affermi pour être renversé, il ae sera pas môme ébranlé dans ses fondements. 9 ^l^xM. Le fondement affermit^ la base fixe seulement, donne place, est comme la substance sur laquelle se trouvent ou autour de laquelle se réunissent les qualités. « Dieu tient les parties de la maAièra étendues et insécables, pour servir de base à toutes les productions de l'univers. »'Volt, « La tontradiction est atta^ée à l'espèce humaine, et semble faire la base de notre nature. » Id. « On condamne la mode qui fait de la Xêie des femmes la base d'un édifice à plusieurs étages.» Labr. Dans ces exemples il n'y a rien qui fasse penaer au pouvoir qu'a b chose de résister aux efforts qui tendraient à. la renverser.

D'où il suit quie fondement est propre à encliérir sur base, a la .grammaire est la base et 1^9 fondement .des autres sciences. » Labr. « Telle est la loi appelée Valefia, qu'on a toujours re» gardée comme ia base et le fondement de la libeiité publique. » V>srj. « Les anciens étaieitt persuadés que le. chœur était la base et le /bnd^ TMnt de la tragédie. » Voi^.

2' Appui, soutien , support. Ce qui est joint à une chose pour l'affermir.

L'appui se met auprès pour tenir la chose droite , pour la faire résister à l'impulsion dés corps étrangers. « Si on ne donne un appui à cet arbre, lèvent l'abattra.» Acao. Le soutien se met dessous pour empêcher la chose de tomber sur elle-même , de s'écrouler. « Les Lapons , pour dresser leurs tentes, élèvent quatre perches qui font le soutien de leur bâtiment. » 'Reon. a Les mineurs détruisent peu à peu les soutiens souterrains des remparts, jusqu'au moment oXi tout à coup le terrain s'affaisse. » Fén. Xe support est un appui ou un soutien , qui aide à poiv. ter , qui suppose quelque chose de .pesant , une fbrte charge, un fardeau. « Proportionner les hauteurs aux bases, les supports auK f&tdeaux. » Marm. Faute d'appui une chose tombe d'un .eôté ou de Faut»»; faute rde ^eoutisn, lelle s'affaisse^, faute île ffiippe<n , ^lie est «ooablée ou icoraSee.

Au tfiguf é , nïêmes différences. L'appui •empêche d'être renversé, assure la posithm; le soutien en^pôche de feihlir ou de défaillir, assure la persévérance et lesucnès,; le support eiqpôtfhe de succomber, ttasufe la constance. V^ptm -donne te force de -rester 'en »pla«e , rend lioélMsn- 'Idble; le soutien donne la force deaontmuer à «treouAagir, fait qu'on va 'toujours, jusqu'au

did

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