‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymes, ouvrage qui a obtenu de l'Institut le prix de linguistique en 1853 et en 1858 (volume 2)Chapitre 317 sur 426 · FOURVOYER (SE), S'ÉGARER, SB PEID&E · texte numérisé non relu

FOURVOYER (SE), S'ÉGARER, SB PEID&E

Manquer le chemin, au propre et au figuré.

Se fourvoyer ne se dit que dans le style familier; cela, seul suffit pour en faire un mot à part. Il se trouve dans Mme de Sévigné, dans Moljère , dans Regnard, dans Destouches, dans Beaomarchaii et dans la PuceUe de Voltaire. C'est, en parlant des animaux, le terme qui convient le mieux. c Les piqueurs doivent se séparer aussi et rompre les chiens qui se sont /ourcoyéi ,poiir les ramener et les rallier à ceux qui chassent le cerf de meute. » Buff.

Ce loup rencontre un dogue ansal ^Rûssani qD« beau y

Gras, poli, qui ^éiùl Jburvoyé par mégarde. Liv. Au figuré, se fourvoyer signifie commettre uLe bévue, une erreur groisière ou plaisante, ou grossière et plaisante. « Mais prenez garde, aro cati vous vous fourvoyer. » Bbàuh.

Viens, ma chère Sophie, embrasse mol. Ta mire

Est une extravagante; et je veux, en bon frère.

Redresser aqjoord'boi son esprity^nnvf^. Dcsr. « On ne fut pas obligé , chez les Juifs, de croire les chroniques comme on fut obligé de croire le Déeatogue, C'est là que se sont fourvoyés tant de braves conmientateurs ; ils n'ont pas distingué Dieu qui parle , et l'homme qui raconte. » Volt. « Je soupçonne notre ami Tronchin de «'être fourvoyé en lui appliquant un cautte pour le fortifier. » In.

Hélas! Colette I hélas 1 Qn*nn seul faux pas entraîne de ftox pas f De Iknte en faute on se fourvoie, on gliue; On se raccroche, ou tombe au précipice.

(U PnuU). Id.

S'égarer et se perdre, usités dans tous les genres du style , diffèrent du moins au plus. S'égarer, c'est donner à cAté , se détourner ou s'écarter du bon chemin; mais peut-être s'y reconnaît-on encore et sait- on comment rentrer dans la bonne voie , ou peut-être arrivera- t-on néanmoins , quoique d'une manière détournée et plus lente. Se perdre , c'est s'égarer sans retour et sans espérance, au point de perdre la tramontane , d'être désorienté, de ne savoir plus où. on est ni que faire pour sortir d'embarras. « Je m'éfforai a bien que Je perdis réellement plusieurs fois ma route.... Je me plus si fort en ce lieu et j'y fis tant de tours , que je me perdis enfin tout i foit.* J. J. « Dans le monde, si l'on ne se perd, aa moins on s'égare souvent. * FLécu. « Si vous aviez gagé pour l'affirmative, vous tiendriez votre argent, sinon pour perdu, au moins pour bieû égaré, » Malh. « Il s'efforce d'ouvrir les yeux i cet ami qui se dérange , qui s'égare , qui se perd,* Rouan. « N'envisagez point l'avenir , car on <^ égare et on s'y perd quand on le regarde. > Fis- On s'égare par distraction dans les rues d'une ville qu'on connaît assez bien ; on se perd dans un labyrinthe. L'homme le plus sage s'égare quelquefois; s'il se perd, il n'a plus de titre à la

SYNONYMES A RADICAUX DIVERS

sagesse. ^ C'est le mâme rapport qui existe éviilemment entre les verbes actifs égarer et perdre. Daos V Ingrat de Destouches, Dorante dit à Passai n en parlant de Géronte :

Mais U fkut que cet homme ait /errfa la raison. A quoi Pasquin répond :

Elle est bien i^ar^.

FRACAS, TUMULTE, VACARME. L'idée de bruit fait par quelqu'un est commune à ces trois mots.

Mais fracas , du latin frangere, fractum, briser , rompre, ou de la préposition italienne fra et du latin quassare, secouer, agiter fortement, marque un grand bruit. Tumulte ^ en latin tumuUus, qui veut dire aussi trouble, accumulation, af« Âuence de monde , exprime le bruit confus d'une foule, d'un certain nombre de personnes. Vacarme, d'une origine incertaine, mais très-probablement vulgaire, appartient au langage commun et signifie un bruit de gens du peuple qui tempêtent ou font tapage.

« Si Alcibiade fait aux enfers autant de fracas qu^il en a fait toute sa vie sur la terre , ce ne sera plus ici le royaume du silence. » Mercure à Charon. FÉir. « M. le comte des Guérets fait tant de fracas y qu'on n'entendrait pas tonner dans la salle. » Dest. « Ces aventures (les suicides) font un fracas terrible le premier jour, et quand les biens du mort sont partagés , on n'en parle plus.» Volt.

Et voiU qa*on la chasse avec un gnxkA fracas, A cause qu'elle mtfnqae à parler Vaugelas. Mol. Il (le coq] se battait, ditril, les flancs avec ses bras,

Faisant tel brait et tel fracas Que moi, qui grâce aux dieux de courage me pique,

En ai pris la fuite de peur. Laf.

« Le maréchal de Villeroy (quand parut la Polysynodie) fit tant de manèges , de déclamations , de tintamarre , entraloa par ses violences tant de gens à n'oser ne pas crier en écho , que M. le duc d'Orléans ne voulut pas pour les Saint-Pierre résister à ce tumulte. > S. S. « Cependant tout le palais (de Pygmalion) est plein d'un tumulte affreux ; on entend partout les cris de ceux qui disent : Le roi est mort. » Fén. c La nuit de la Saint-Barthélémy, toutes les maisons des protestants furent forcées et ouvertes en même temps. L'amiral de Coligny, alarmé du tumuZ/e , sauta de son lit. » Volt, c C'est ici (à Fontainebleau , où on célébrait les noces de Louis XV) un bruit , un fracas , une presse, un tumulte épouvantable.» Id. a Au milieu de tout ce tumulte, prenez garde de n'être pas troublés. » Boss.

Quel brait confti^! quels cris ! Je croîs qu'en cette

ville Le diable a pour Jamais élu son domicile. Oh! Paris est un lieu de tumulte et d'éclat. Rxgr. < Le diable vient faire un vacarme de lutin dans la maison , et casse toutes les vitres.» Volt. « C'est la plus sotte chose du monde que de se défier d'une femme et de la tourmenter.... Cela vous fait songer à mal; et ce sont souvent les inaris qui , avec leurs vacarmes , se font eux-mênies ce qu'ils sont. » Mol.

En quoi blesse le ciel une visite honnête Pour en faire un pocttrme à nous rompre la tête?

Id.

La douceur d'une femme est tout ce qui me charme; Et ta vertu fait un vacarme Qui ne cesse de m'assommer.

(Mercure à Cléanliiis dans Amphitryon). lo. Tirez donc (les peills chiens). Quels vacarmes!

ns ont pissé partout.

(Dandin dans les Plaideurs), Rac.

Ici mal à propos votre esprit se gendarme ;

Le mal est donc bien grand pour faire un tel va^ carme? . Regîi. *

Le fracas est remarquable par sa force, sa violence, son éclat; le «umu?fe par le désordre, par le mélange d'une multitude de crijs; vacarme ne se dit que dans le discours familier ou en parlant de gens du commun.

Les personnes emportées font souvent un /Va* cas terrible , un fracas à épouvanter ou au moins à étourdir tout le monde; le repos des villes mal policées est souvent troublé par des tumultes; il y a souvent du vacarme dans les maisons de débauche et dans les petits ménages mal unis.

FRÉQUENTER, HAISTER. (PRATIQUER, COU- RIR). On fréquente , on hante les lieux ou les personnes , dans lesquels ou chez lesquelles on va souvent.

Fréquenter est le latin frequentare, qui a le même sens. Hanter paraît venir de l'allemand handeln , traiter avec quelqu'un , avoir avec quelqu'un commerce , liaison , habitude.

Fréquenter se dit proprement des lieux, des lieux qu'on visite de temps en temps, et dans tous les cas il est plus noble. Fréquenter les sacrements (AcAO.) ou les autels (Bouan.]* « Les Hollandais fréquentent les mers du nord pour la pêche de la baleine. s.Buff. « Un auteur dramatique doit consulter ceux qui fréquentent assidûr ment les spectacles. 9 Volt. Au contraire, on hanle plutôt les personnes, les personnes avec lesquelles on vit, et ce mot est toujours, sinon pris en mauvaise part , au moins familier, ou exprimant une manière d'être avec les gens familière. Suivant l'Académie, hanter, c'est visiter souvent et familièrement , et hantise ne se prend guère qu'en mauvaise part. Hanter mauvaise compagnie (Rbgh. , Ham.), les sots (Volt.), les vauriens (In.). « Moi , que j'aille chercher un pareil homme I que je le voiel que je le hanle t Rousseau vous a-t-il donc paru facile en liaison au point d'aller chercher la fréquentation des méchants? » J. J. — « Les oiseaux appelés chevaliers fréquentent les bords des étangs et des rivières. » BoFF. c Bélon dit que les deux espèces , le héron blanc et le héron gris , se hantent et sont amies jusqu'à partager quelquefois la même aire pour y élever en- commun leurs petits. » In.

Outre cela, fréquenter marque simplement la fréquence des visites d'une seule personne ou le grand nombre de personnes qui visitent un lieu; il n'emporte pas comme hanter l'idée de ce qu'on devient, des qualités qu'on contracte dans les lieux ou auprès des personnes. Dis-moi qui tu hantes, et je te dirai qui tu es. On a hanté les foires, quand, à force de vivre dans le monde, on en connaît et on en emploie toutes les supercheries et toutes lef ruses. «Se frotter au pilier , c'est prendre les mauvaises habitudes de ceux qu'on hante. » Acad.

DEmÈMC PAtm :

Qn TOUS voit souvent diez les personnes que vous fréquente^. Tartufe veut fuir la femme d'Orgon. Orgoa s'y oppose :

Non, en dépit de tous vous \k fréquenter et ^ Et je yeux qu'à toute heure arec elle on tous voie.

Moi..

c II n'y a pas un Pourceaugnac à Limoges qna je ne connaisse ; je ne friqvLeMais qu'eux dans le temps que j'y étais, et j'avais l'honneur de vous voir presque tous les jours. » Id. c J'ai/r^quetit^ des hommes de toute espèce, des grands, des petits, des libertins, des philosophes; qu'ils déclarent en public ce qu'ils pensent de moi. » J. J. Mais vous prenez les défauts, les manières de penser et d'agir des personnes que vous hoMtéX, < Vous êtes fou , mon mari, avec toutes vos fantaisies; et cela vous est venu depuis que vous vous mêlez de hanter la noblesse. » Mme Jourdain dans le Bourgeois gentilhomme. "ilOL, Isabelle pourrait perdre dans ces hantises les semenee» d'honneur qu'avec vous elle a prises.

a Vous dites à Mme du Chfttelet qu'elle n'a commencé sa rébellion qu'après avoir hanté les malintentionnés leibnitziens. » Volt. — Celui qui fféqwmie les églises peut y aller pour des motifs étrangers à la religion, et n'avoir rien d'un homm» d'église. « Mon père (usurier et hypocrite) fréquetb' • tA«f les églises et portait un rosair» de quinze dizaimee.s Les. « Les filles de Minée, pour ne peint perdre de temps, ne fréquentaient jamais l'église; » Volt. Celui qui hanie les églises est un dévoli;

Je le soupçonne encor d*ètre un peu Hbortin ;

Je* ne xemarque point qu'il hamte les églises '.

FRITOU, FUTILE. £plliièlB8 applicables ans cbeses qui manquent de valeur, da considéfa-» tion , d'importonce , et ensuite aux penomes <|«i font cas ou s'occupent de pareilles choses.

Frivole, frivolme:, de frime (d'où notn^ mot flriable) , mettre eu miettes, en poussière, an<-

4. Pratiquer signifie exclusivement hanter une peiBonne, mat» non pat de manièm è en pnndre quelque chose, à lui devenir sembhdUe ; c'est être en aller souvent ches elle, et par suite la connaltse, comme on connaît une chose par la^pratique ou une chose dont on use. « J'ai asMt pratiqué cet hoounelà , pour savoir de quoi il est capable. » Acad. « Babouc pratiifua plusieurs mages, et vit des âmes célestes, s Volt, k Plu» je />rafi^# ce Jeune homoae, et plus Je le reconnais prodent et discret. « fD. « Il cenveoÉit an cindinal de Rets de peindre les pqfasci*pam personnages de son temps qu'il aveii tous jw»tiqué*. 9 lo. c Les Romains^ en s'entretenant avec les Gaulois à qui le commerce avait donné lieu de pratiquer plus familièrement les Germains, apprirent des choses terribles louchant les ennemis- qu'ils allaient chercher. » Rou.. — Connr marque le geat et i'empréssésMnt. a Ah ! que ees tanows sw* paraissent Jolies 1 Je ne m'étonne paa si les gose de ^ttalilé les sourent. » Las.

Crois-tu qu'un Juge n'ait qu'i taire bonne chère ^ Qu'A battre le pavé comme un us de galanu Courir le bal la nuit, et le jour les brelans? Rac. Les gouverneurs, qui mènent la Jeunesse en voyage, «pms curieux de leur amusement que de son instruotien, lui font passer son temps è »mrir des bibliothèques, et i visiter des antiquaires. » J. J.

nonce- une ehoss petite, une minutie. FutSe, futUiSt de funésrey répandre, a été dit d'abord des vases qui ne peiifent retenir ou qui laisse^ échapper la liqueur, et par extension de tout ce qui est vide ou vain* Par oonaéquent les objets friwles sont des bagatelles, et les objets futiles des riens; les premiers ne sont bons que pour l'amusement et le badinage ; les autres sont impropres à tout, d'une inutilité absolue. On dit des amusements (Acai).), des bagatelles (Lab.: frivoles^ et de /Vittles chicanes (Lab.), d'absurdei futilités (Volt.); la frivolité des plaisirs (Mark.), et la fuHUté de la scolastiqne(LAH.).

Une objection frivole est sans raison soflSsaiite, sans fondement solide; une objection fiuile est sans raison , sans aucun fondement. Un discours frivole se rapporte à des choses peu graves , d*un intérêt minime; un* dieoonrs /utile est vide de sens.

Des ouvrages frMks sont médiocres. « H est devenu si facile d'écrire des choses médiocres, qu'on a été inotidé de livres /Heoles , et, ce qui encore est bien pis, de livres sérieux inutiles. » Volt. Des ouvrages fïitiles sont détestables. « L'art d'écrire est devenu souvent un vil métier dans lequel' des libraires payent des mensonges et des fitil'Hét à tant Jk feuîHe. c Volt. -

Il peut y avoir de l'esprit et de l'agiément dans ce qui est /Heoir. « Les Mémoires de Grammont sont de tous les livres frivoles le plus agréable et le plu» ingénieux, b Ijol Laharpe dit en pariant des contes de fées : c Ptusieurs coTlections font voir combien Ton a été fôcond dans ces bagatelles , et que quelquefois des personnes, d'esprit et da mérite n'ont pas dédaigné de s'y exercer : on peut mettre de l'art et du goût jusque dans, ces frieotix^ poériles*. » « Toiture, né avse un génie fricoU et facile, fut le premier qui brilla, dans cette ansore de la littérature française;. S'il était venu après les^g^ands hommes qui ont illustré le sîèck de Louis XLV , il aurait été obligé d'avoir plus que de Tesprit. » Volt. Maia il n'y a rien que d'extravagant dans ce qui est fuUle^ Voltaire traite de eidicules et méprisables les quereUea du jansénisme et du molinîsme , et il ajoute :. « Plus les esptils seront convaincus de la futilité et de Textiavagance de ces disputes , plus l'Ëtat sera tranquille. » « Le fond de toutes les matières que je tnôte, quelque raisonnable qu'il puisse être en soi, se trouve presque entièrement absorbé par les fvXiUtés et les extravagances dont X*ai toniouis soin de l'habiller. » J. J.

Une personne frivole n'a pas le go4f du sérieux, ne s'occupe que de petites choses, de plaisirs, de jeux, n'estime et n'ainaa que ce qui est léger. Tel était, suivant Saint-Simon, Conlanges, « un deeesesprits faciles, gsis» agréables, qui ne produisent que de jolies bagatelles ; léger , frivole , à qui rien ne coûtait que la contrainte et l'étude. » « C'est i l'amusemeitt qu'il faut toujours revenir...» Si la nature ne nous avait &its un peu frivoles, nous serions très-malheoreux*» Volt. Hab une personne fiuiis est ineple, incapable/ott occupée de cbesestont oiseusesb C'était, à en croire Saint-Simon, le caractère de Dangeau,

SYNONYMES A^ RAKCAUX DIVERS.

sprit KOrdesMH» eu. raèdioc»,. très-ftOile, 5-mcapable en tout gmre, <|ui no se repaissait i de yent. » « Des complaisants de Louis XIV plus fayorisé, le maréchal' de Villeroy, fiit )mme de sa cour le plus bas et le plus futile, »

BM.

rOIR, ÉYITEa, ÉLUIkEIl. S'éloigner de quele mal, de quelque chose qui est oa qu'on juge heux.

Éluder est parfiiitemeiYt dhtinct des deux aus mets y et doit d'abord être mis hors de ques- D. Il signifie s'échapper adroitement et comme se jouant (racine Utdu», jeu). Or, cette idée détour subtil, d'expédient, de stratagème, lui toute particulière. PhiJoctète ayait juré de ne découvrir les cendres d'Hercule; il élude son ment , en frappant du pied là terre à l'endroit elles étaient (Peu.). « le renard sait creuser terrier ayec deux issues, pour éluder les ses du chasseur. 9 Id. « Gdmme la partie 3t pas égale, il &ut user de stratagème, et der adroitement le malheur' qui me cherche. » m Juan). Sol. «Songez à chercher dans yotre ; quelque nouveau détour pourvous tirer de le affaire, à trouver quelque belle ruse pour der ici les gens et paraître innocente. » orge Dandin à Angélique). Xd. c L'amour seul éluder Tartiflce dû labyrinthe. » Mowtesq. .65 Romains éludèrent la science des pilotes ' rinvention d'une certaine machine. » Id. A conseil éluda les représentations de la bour- 3isie par des réponses dont l'adresse ne peut irer le ridicule. » J. J. « A. quoi reconnaîirezis un sophiste? A l'adresse, à l'astuce avec [uelle il éludera une bonne raison; au tour te , subtil et prompt qu*il fera pour esquiver 1 e objection solide. » IfAini. On étude, en i tre, des embarras (Pàsc.), des difÏÏcnltés (Id.) , ; lois (lo. , IToNTBSQ.) , une autorité (Boss.) , | e punition (KdUTESQ.) , une proposition (J. J.)i payement (EkJUHD.) , un raisonnement (Fén.J, bienfait ûfféTt{T, l.), par des prétextes (Id.) , j excuses (Ib.), des défaites (Pasc.), des chîles [Id., Bourd.); et quand il s'agit de quesns, on les élude aussi, en les détournant lsc.) , ou par un cercle sans fin (Fî&n .). Aeslent fiir et étiter.

3n t^tit en se tournant vers* le côté opposé , et omxtûX arec vitesse : nous fuirons proprement DX qui nous poorsuivenf , de peur d'être pris r eux. On évite en se détournant, en passant côté (e cid, hors dh chemin*) : nons MUms }prement le» écueiis, de peinr de donner con- , de les rencontrer. Oa fàii ce qu'on* hait; éHte ce qu'on crahit. Ota/^tf par aversion, ' peur, par hurvenr, et e»- mot supposa un 1 présent, certain^ connn; on ébUe parélôtinent et par prudence un mal à venh*, posle ou probable , un inconvénient ou nn mau^' s etfet lointaciiL qu'on piféivoit. On fait le nit parcequ'on-tttf l'aimer pas; onl'^^parca 'oa en redoute les- suites- pour sa santé. On- * UDT personne- qo^dn hait? cménit uneper^ nie de qui* ov craint qneli|ue* chose de dés^ ^ie. Jamais^ nn militaire ne ddît fkir le Dbat; quand l'ennemi' est ià, recuite sendr

une honte; mais, il y a souvent sagesse, louable GÎFConspection à. évOer le combat. On fuit un monstre; il effraye : on éisit^ les effets de sa rage; on les apprébeade. Une femme, dans Molière ,. dit d'ua jakniz qu'elle traite de monstre:

Fa^mtp-en promptemeM l'atteinte envenimée Evitotu^ les efl!et« de sa rage animée. Il s'agit d'un danger simslement A craindre dans ce vers de Boilewi :.

Quoi que voue écriviez, èvUn labaaeise.

Mais Juaie signale à BritamiicuB un, péril éri^ dent, quand elle lui dit :.

Retivez-voess seigneer, e\ftêyie% on cotinoux Que ma persévérasee aUuBM contre veoi.

Néron; est, imté« Ric.

D'ailleurs,, fwist marque plus de zélé et d'empressement de la-pafft du sujet; celui-ci ne se détourne pas seulement du kaL, mais il s'en éloigne en courant, suivant la fonce du mot. « Le divin Sauveur évi^ autant qu'il est possible, et fuit jusqu'à l'ombre de la vengeance. » Bourd. Éviter exprime si peu l'action, l'ardeur, les démarches du sujet, qu!il: signifie quelquefois simplement le fait d'échapper au mal, le succès, tandis que fuir désigne seulement l'effort pour y échapper. « Éviter le danger , c'est n'y pas tomber ; fuir le danger ^ c'est ne pas s'y exposer. » Gia. c II est impossible aux hommes iX' éviter l'erreur et la douleur qu'ils fuieni , s'ils ne se donnent sans réserve A Diea seuL » Pasc. « Il faut savoir éviter les mauvais exemples sans faire semblant de les fuir, » Marii. « Un voyage n'est pas plutôt fini qu'il en entreprend un autre* Ainsi , se fSiyant toujours lui-même , il ne peut s'éviter, il porte toujours avec lui son inconstance» 9 Rbgo» « Lea ienne& évitent lee loups en fuyant. • Id.

FURIES» EU1GÈNIDE& Divinités vengeresses du crime.

. Furies est latin, Furiœ ; et Zuménides, grec , £0(J£viSe;. Le premier de ces mots appartient plutôt à la mythologie et à l'histoire romaines ; le second , à la mythologie et à l'histoire grecques. Il y avait, dit-on^ dans le Latium , un bois consacré aux Furies; et plusieurs villes grecques,, entre autres Athènes, avaient des chapelles et des forêts dédiées aux Euméhides. « te sommeil ne lait entendre aux vainqueurs de Pompée que le sifflement des serpents des furies.,.. Oreste , Panthée , Agave n'étaient pas plus effrayés de l'aspect des Èuménides vengeresses.... César se sent en songe comme déchiré par les fouets vengeurs des fiuries, » Màrii.

Furies est devenu chez nous un nom conunun, et relatif A la pratique, c'est-i-dire représentant les divinités dont il s'agit à l'œuvre,, comme furieuses ou. en fureur, comme présentement occupées à tourmenter les coupables. « Les remords du crime me suivaient partout; c'étaient comme des furies attachées à mes côtés, qui me poursuivaient et ne me permettaient pas d'être un moment tranquille. » Mass. « Marins se vantait qu'il avait trouvé le eeccet d'attacher à Métellua un remords et une/îûne vengeresse, qui lui redemanderait le sang innocent de son hôte et de

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