‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymes, ouvrage qui a obtenu de l'Institut le prix de linguistique en 1853 et en 1858 (volume 2)Chapitre 33 sur 426 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

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ViTodiéf vieacitét;tetubreste, tendresses; Jxmté^ bontés; bassesse, bassesses; etc. Air^ fwrs, Inforhmêy infortwnes; malheur, malhewrs; chagrin , cAagrifw. Ibttfie , mtnef ; détail , détails; etc. Le wééritCy les mérOes; la richesse^ les rtcftefSM. L'approche , les approche». La noce , les noces. Vimp&tj la taiUe, la dime; les tmpdt», les tailles , les dlmer. Le jo^ , les «o^ef ; Vhomme , les hommes.

Le singulier exprime l'anité , le pluriel la pluralité ou la yariété. Telle est la règle sous sa forme la plus générale; mais on n*en comprendrait ni le sens ni la portée , si on ne la suivait dans des applications qui l'expliquent et la justifient.

Supposons d*abord qu'il s'agisse de substantifs qui signifient des sentiments de Tâme , comme la vioacisé, la tendresse, la bonl^, la bassesse, la charité, la doveewr, le mépris, la soumission, la fierté, la riguew, etc. On demande quelle différence existe entre ces sentiments exprimés par le fiiogulier, et ces mêmes sentiments exprimés par le pluriel. Dire que le singulier représente chacun d'eux comme un , et le pluriel comme multiple ou Tarie , c'est donner une réponse vraie an fond , mais obscure. Tâchons donc de l'éclairdr.

Le singulier montre chacun de ces sentiments coeoneun ,c'est-à-direcomme étant une disposition de rime continue ou permanente , qu'on éprouve A tel ou tel degré , mais toujours , abstraction faite

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des mouvements qu'elle fait produire à l'extérieur. Le pluriel , au contraire , les montre comme divers et multiples , c'est-à-dire , dans leurs effets , dans leurs manifestations , sous leur côté phénoménal et accidentel. Personne ne confond la vertu théologale appelée charité avec les charités , c'està-dire , avec les actes , les pratiques qui en dérivent et en sont les accidents. Il suffit d'un peu d'attention pour distinguer de même la vivacité des vivacités , la tendresse des tendresses , la bonté des bontés , la bassesse des bassesses , etc. La vtvadté, la tendresse, la bonté, la bassesse sont des affections intimes, immanentes, inhérentes au caractère dont elles forment les éléments. On ne peut les réprimer sans un grand empire sur soi-même. Les vivacités , les tendresses , les bon^ tés , les bassesses sont les réalisations de ces qualités : les vivacités sont des mouvements de vivacité, des emportements passagers; les tendresses des témoignages de tendresse , des manières empressées et caressantes; les bontés des signes extérieurs et accidentels qui annoncent de labonl^, signes qui , comme ceux de la tendreue , peuvent bien ne rien signifier du tout. Aussi , faire amitié suppose plutôt la réalité du sentiment , ou tout au moins se rapporte plus au fond que , faire des amitiés. Les bassesses sont des actes de bassesse, La faibleue est un défout; les faiblesses sont des foutes. De sorte que la différence du singulier au pluriel, c'est-à-dire de l'unité à la variété, revient à celle de l'être au phénomène.

Nos écrivains les plus spirituels en ont tiré d'heureuses o|^sitions de mots, c On dit : Bn Angleterre, on ne me /(Ml point oim^. Bst-il nécee-

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