‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymes, ouvrage qui a obtenu de l'Institut le prix de linguistique en 1853 et en 1858 (volume 2)Chapitre 330 sur 426 · IMPERFECTION. DÉFAUT, (FAUTE. DÉFECTUO · texte numérisé non relu

IMPERFECTION. DÉFAUT, (FAUTE. DÉFECTUO

rompu. c Louis le Débonnaire était un pr>nce qui avait toutes sortes de défauts dans l'écrit, avec peu de vices dans le cœur. • Montesq. « César avait tant de grandes qualités, sans pas un dé-

SITE), VICE. (RIDICULE). Ces mots désignent ; faut, quoiqu'il eût bien des vices, qu'il eût été

quelque chose, de répréhensible, qui empêche bien difficile que, quelque armée qu'il eût com-

d'èlre bien. mandée , il n*eût été vainqueur '. » In.

Vimperfeetion diffère d'abord du défaut, en ce qu'elle se trouve dans des choses ou des per- ^ . Labruyére a comparé, ainsi que MoDiesqnies ,

sonnes très-bonnes du reste, au lieu que le dé- l»r »PP«rt * Tespril humain seulement le d^/oiU et

faut peut se trouver dans ce qu'il y a de plus ; »« «Ve. auiquels il a joim le ndœ*U. Il dit : «Les

' *^ , . - .. . y,;,^ ^f.«««* 1*. wcr/ partent d'une déjiravauon da cœor . les ^ç/âat*,

commun : les imperfections d un diamant, les ^.^ ^^ ^^ lempéraSem; le ridicuU, d'un é^/àmi

défauU d un outil. Ce qui est imparfait n est pas ^.^p^^ „ or, la définition du où» est exacte : Je ^

fini, achevé, accompli, laisse quelque chose à gtidans leemor, qui est la partie de l'âme 1& plus

désirer pour être un modèle ; ce qui est défec' inUme et la seule qu'on conçoit comme pourant se

tueii« est en défaut , défaille , languit , éprouve conserver pure ou se pervertir. Mais le d^/Mf c'est

SYNONYMES À RADICAUX DIVERS

A défaut M rapportent fouie «t iéfeeiuonté ^ dont la racioe est la même, pUlere, Ikillir, rnan* quer. Ces trois mots signifient une mauvaise qualité dans des eboses ordinaires , usuelles , ei qui ne tient pas au Ibnd de ces eboses, à leur nature.

La fouie est le défetut de quelqu'un qui fout, qui fait Taetion de/otUtr. On &it des fautes t on a des défaut» i des fouie» arrirent, échappent, et des dé fout» sont < Je Dûs encore bien des faute» , j'ai encore bien des défoui», » Dodeff. « Colbert fit de grandes faute»; il eut des dé foui». » D'Al. c Sophie , restée estimable jusque dans le crime , sera d'autant plus fidèle, plus soigneuse et moins fiëre; elle n'aura commis une fouie que pour se guérir d'un jiéfaut. > J. J. « L'occasion s'offrit d'indiquer quelques-unes de ses grandes qualités : il se hâta de relever ses défaut». Nous voulûmes lui parler de ses succès; il nous parla de ses foMie», • Baetb. « Nos ennemis croient que nous avons commis des fouie» que nous n'avons point commises, ou nous attribuent des défàuU que nous n'avons pas. » Nie. « Ne craignez point de parler des foute» qui vous auront échappé devant l'enfant, et des défaut» qui sont visibles en vous, s FÉii. — Toutefois, les fouie» se considèrent bien aussi objectivement, dans les choses, auquel cas ell^ ressemblent le plus aux défoui». Mais ce ne sont que des défaut» partiels ou accidentels, c Mme de Sévigné a écrit qu'on se dégoûterait de Racine comme du café; mais il ne faut pas toujours attribuer à un défaut de goût une faute de goût. » Suard. Outre cela, foute garde toujours un certain rapport à l'auteur : non-seulement un livre failli/ est moins généralement mauvais qu'on livre défeetueus, mais encore il rappelle le tort , l'inhabileté ou la négligence de celui qui i*a composé.

La défeauoeité n'est qu'une espèce de défout , quelque chose qui tient du défaut j un petit défaut, c Le ridicule charge et grossit les défaut» des hommes; il contente peu l'esprit d'un philosophe, plus touché de la peinture d'une seule vertu que de toutes ces petites défectuo»Ué» dont les esprits faibles sont si avides. » Yadv. • Il n'y a aucuns microscopes dans les verres desquels il n'y ait quelques taches, quelques bulles, quelques fils, et d'autres défeciuotUé» qu'il faut connaître exactemei|t. » Buff. « Dans la Henriade , les défechêotitét sont légères et en petit nombre.» Lab. « Ce qui est trop fréquent dans l'auteur (Yoltairs), c'est un certain degré d'inattention qui, dans ce qu'il a de plus soigné, laisse tou jours quelques défeetuoeité» qu'on aurait fait dis

point un nce de tempérament, c*esl tout ce qui nous manque de droit, de juste, de régulier, de normal, d'où résulte quelque inconvénient pour nous ou pour les autres. La méchanceté, par exemple, est un vice, et la sottise nn dé/jut. Quant au ridicule ^ c'est le caractère social du défaut , comme l'odieux est celui du vifie, « La tragédie nous offre les malheurs produits par les vices des hommes, la comédie les rûb'-

- cales attachés à leurs défauts, 9 D'Al. — Le vice , le

- défaut fX le ridicule fondent répréhensibie, le vice ' aux yeux de la morale , le défaut aux yeux de la raison, et le ridicule aux yeux du monde.

! paraître sans peine. » In. Défectuoeité considérable (AcAo.) est une contradiction dans les termes. — La défectuoeité peut être aussi un défaut en puissance , qui ne se développe que plus tard. Le, défectuoeité d'un principe (Boss.). « Les influences de la nourriture pourront produire dans les par* ties organiques (du cheval) des germes de défec^ tuotiiét , qui se manifesteront ensuite dans la seconde génération , où la progéniture a non-seulement ses propres défaut», c'est-à-dire ceux qui lui viennent de son accroissement, mais encore les vice» qui lui viennent de la seconde souche. » BuFF. — Ou bien enfin la défectuoeitéesX un dé^ faut extérieur, superficiel , peu profond, ime petite difformité. « Avoir une défectuoeité dans la taille. > ACAD. « Le bec-ouvert (un oiseau) a une de ces singuhtrités ou défectuoeité» que nous avons déjà remarquées sur un petit nombre d'êtres...» Le nom de bec-ouvert marque cette difformité. > Buff. « On a pu*désirer des rédactions de la morale plus parfaites , des méthodes plus exactes; mais il est faux qu'on ait jamais attribué ces défectuosités de composition à l'instabilité de la morale. » Lab.

IMPÉRIBUX, ABSOLU. Qui aime à ordonner»

à faire la loi > à exercer sur les autres beaucoup de pouvoir.

L'homme impérieuti tient plus aux apparences, a le goût de la domination, prétend qu'on lui cède , qu'on plie devant lui : on dit des manières trop impérieuses et trop dominantes (Booan.), un homme altier et impérieux (Boss., Volt.» RoLL., CoRD.), hautein et impérieux (Roll.), une femme impérieuse et vaine (Marîi.), une autorité superbe et impérieuse (Boss.). « Dieu venant à la c£éation de l'homma tient un nouveau langage. Ce n'est plus cette parole impérieuse et dominante; c'est une parole douce. > In. cPamphile ne s'entretient pas avec les gens qu'il rencontre , si l'on en croit sa gravité et l'élévation de sa voix, il les reçoit, leur donne audience, les congédie : il a des termes tout à la fois civils et hautains, une honnêteté tmp^rteiite et qu'il emploie sans discernement. » Labr. « Si j'avais le ton moins impérieux que mon père , je l'avaif tout aussi résolu. » J. J.

L'accueil impérieux d'une cour arrogante. Volt. Mais l'homme aJnolu tient plus à la réalité, à l'obéissance effective , exige que ses volontés soient suivies à la rigueur : on dit des résolutions aheolue» et sans réplique (BoanD.) , une volonté ob»olue et irrésistible (Marm.)- « Lesdiguières était o!bsolu dans sa faimille : il voulut si fermement ce mariage , qu'il fallut bien que Créquy y consentit. » S. S. « Mailly , mU dans l'Église malgré lui par un père et une mère violents et absolus dans leur famille, fit de nécessite vertu. » ID. « Antiope pleura ne voulant point y aller; mais il fallut exécuter l'ordre obsolu de son père, s FÉK.

Contre im père ahsolu que veux-tu que je fasse?

Mol-

Impérieux s'emploie plutôt en parlant de la forme , de l'air , des manières , du ton , du langage , et absolu en parlant du fond , des volontés suivies d'un homme. L'un dénote de l'orgueil,

^MCXIIIMC.MnnEi

de lafftwlè , 'fartqqexhtte qtti M«le «vw yhis ^ vifQofrié , i^ai-Mt plus fiMunt «t cho^M da- 'fûiitage ; t'autus dénote ée k «Anuité^ ddb la foidear , 4e l%i0egBiMlilé4aiii et otfaplèn.

L'èottine 4iftfolii ««st •fiai vAaulstUe : im ae lui êohtppe point en éludant on /par «ne d^érencefiassegère; il faut à son ^avd pModfe^iai f arli , "OU «e «èvoHor ouMfftoment ou jee iwigBBr avec dooilité. Par oanoéquent laWaiti iMwffiat aar «mptfrieu* .* la diotature «haz its IWmaias avait une autorité im^Mmu et «^oiue (Aoll.) ; besoin impérieux (Acao.), nécassiié ateoiiM (IIOL. , J* J.); un motif «ft impérieux, le denûr est absolu. L'homme imipérieÊtx ou oe qui est impérieux Test de fait , par aocidest , par acoès , il se montra tel , il lui arrinre d'ètta tel ; l'homme chsoîu ou ce qui >e6t abêoêu \j*si4AêoiumMS , on soi , essentiellement ,«eooat«&mant.

Bn général) U fbnmeest pl«tdt impérieute, Jalouse de oommnâor; l'honraie eot plutôt ofrtfoitt, il veut gouvecii^r. Quaod ie oontraice ^ lieu dans un ménafe, e>st un véritablaienffor'- •emont. 4^ns les fiemtmee eavaeetee, on «t 4e Chrysale , qui se permet quelquefois d'être émpériettx , tandis qae Phxlaminte est «Asoins :

C'est elle qui goof ene ; «et , é.imaûonJibÊùlm ,

Elle dicte pour loi ce qu'elle a résolu. -Mm».

Agir oa>viÊàfaermfférétmÊmeUyC§ektùg!9 sen- •tir son pousotr , tmsier ies geas avee rfaauliur \ vouloir aieoliimsai um chose , c'eat U vouloir d'4ioe -manière deime , -déterminée , en despote.

Du reste , impériem est d'uae appHoalioa plus étendue. Jl sert à qualifier non^settlement 'tout ee par quoi on affeetede l'empire, flomme.la ▼oix , le regard , l'asoiieil, etc. , mais^noore , au moins dans le style poétique, dy ohosee auxquelles on peut attribuer figuiàneatuià oartain air de domination.

ia Leire est donc vae riviéve

iAifoeant un pays faTorii é des cieox ,

Donee quand il lui plaît, quand il luLplslt si flére

Qu'A peine arrèUï-l-on son cours impérieux. Lar. Voltaire dit des Anglais , dans la Henriade :

ifCur flotte impérieuse f asscr vissant Neptune,

Des bouts de Tunivers appelle la fortune. Absolu ne convient qu'à l'égard de la yolonté et de ce qui s'y rapporte directement ou en émane : pouvoir absolu , ordres absolus.

UIPERT15ENT , INSOLENT. Qui se porte à des hardiesses contraires aux bienséances, aux égards, au respect.

Jmper(i«enr regarde plutôt le sujet qui est assez osé, assez impudent pour se permettre telle chose : il ne lui appartient pas (non p«ra'nei) de parler ou d'agir ainsi. « C'est un bon impertinent que votre Molière , avec ses comédies ; et je le trouve bien plaisant d'aller jouer d'honnêtes gens comme les médecins I c'est bien à lui à faire de se mêler de contrôler la médecine! » Mol. « Paix , impertinent que vous êtes ; ne savez-vous pas bien que l'astrologie est une affaire d'Ëtat, et qu'il ne faut point toucher à cette corde-là? Vous vous émancipez trop. » In.

Vous êtes, ma mie, une ûlle suivante,

Un peu trop forte en gueule , cl fort impertinente,-

Vous TOUS mêlez sur tout de dire voire avis.

(Mme Pcrnelle à Dorine dans le Tartufe). Id.

il<oeoe«ieiMeBr«

De ireteertmiMBriid Jfwoleal , 4e «a eoJoM , Clit ou4ttdee ch -oa peot-lti^ 4e*4Ni mKrr y a dire insultant , se rapporte davantage à lafcrsoaae qui est i'àbjet de tiattaqve, fqrns ne^d rinsaUe. c U voit uahimlai^M et pareil» «ssefe«ferfBilfwitaitsnmi)MgiBt.^lIWM^A«x jms.

de Dams k inaiegn des qu*Qne «naotace , et i injure é faair. » Goap. c^pailBaEiJ^«niDeBft de I tout son pemroirA<es<eBeès4def eeelarof );jpais tout était mutile m»9tàB de «es ânes baerag, dont ée eocoèe et la vioie«e BOvôssaioBl rMealence^ et qui -goûtaient avec .aevidilè le plùôr inbumetin de ee wnger. » Reu..

Ne vous souvi0nl>il pss, monsieiir, bien neSitmeiit Qn*U «st veau UalAt eerlafai aeveu noimasd,

jHt ta ai» ûuofeMi^ «bez oaos s

L'ietfmH'iigm est ptésoflaptueiis et tiditale : -« Avoir un •lidioQle ^)r§«eil, vme impertmenU ! présomption,. qui IMt hausser las épaôles à lect j iemoade. >lfèL. LVaselsiK^egt ^r «t odicax :

« JA!basmadaPitlaMieéleit.d'uaetané«td*«De ! iweeigacs iasupportâUe etette n^rtUitiw^'tm I tiée-gSMid mépris pour son mari. » 9ém. Les I airs de la iMaité, de la fféfteotioa, «oat^aiper-

tmeact; les aiii de bawtaiir et de dédain eont

I Vdmfumemee, «ffn d^aae -sotSe ' pottt n'dtre pas volontaif»; rtncoienee , tion if^uffieuee, est touijouiB tete é Vimfmimtmce n'est souvent cobU^pê qnVnx règles , fl«Ome àoeUes qui ne coawrDeat pas la société et l'honnêteté, et elle p'eieite ^ue l'improbattoa de la mieon; Vineohme eat taujours dirigée oontre les penoBoee , doat eUe e&ulève l'indignation.

i« MnÈiiniDx,«oucinm, wiÊâmamz -

3« SHPOITÉ, JfWVSm. Trés-Tif : un homme, un caraetèfe, impétueux, fougm^M, odAdReal, emporté, ^oîeni.

Une difiërence oontidérable sépare «fdwni Jes tioie piemiers de œs mots des deax déniera : les ans se prennent également en bonne et en mauvaiee |>art , ils expriment seuloBe&ivn grand développement do force ou d'activité; ies eotics se disent plutôt en mtuvaiee part et signiisDt un déaeloppemeot de foroe ou d*actiTité ezoessif, désordonné, nuisible. Un désir impé^uetÊX est 4fès-Ttf , un désir 'Violenl est plus vif que de raison; et ainsi des autres. L'homme impétueas, fougtuux, véhément, a beaucoup de force ou d'énergie ; l'homme emporté ou i;»oleftt est rode, brutal, vindicatif, persécuteur, ou même iarooobe. Démêler dans vn homme les saillies et les t'eiptftuoftïét du naturel, et les smporlsemrtr de la "vengeance (Boobd.).

1* Impétueux , fougueux , véhément . * Impétueux, du latin impetus, élan, cfaoc, attaque vive, irruption, ^'applique à tous les êtres actifs , inanimés ou animés. Fouguewip , du latin fuga , fuite , mouvement qui consiste à eou-

SYNONTmS A -RADICAOT DIVERS,

wii

^ rîr, à se sauver avec empressement et sans rete- ' nue. est réserYé pour les^mimaux seuls. Véhé- ' ment y latin véhément^ de vis mentis ^ foroe die ^ râice, ou de quod whU menrem, ce qui trans- ^ X>o^lc l'âme, De convient qu'& l'âme et à ses manifestations par la parole. Un vent impéhma, ' un clieval fougueux, un discours véhément.

Impétueux et fougueux se ressekiblent beaucoup, et ils se distinguent de vékément de la même façon. Ils se rapportent à une action tout extérieure, ils désignent des mouvements; au lieu que véhément sert à qualifier des actes, quelque chose d'intérieur, ou bien les signes par lesquels les pensées s'expriment au dehors. Un homme impétueux ou fougueux est tel dans ses actions, dans la manière dont il se meut , s'agite, se comporte; an homme véhément est tel inté> ri écrément , par rapport aux mouvements de son Ame , ou dans ses discours. « Les mouvements , da lion sont très-impétueux, ses appétits fort I véhémente, » Buff. Quajid on manque d'impé^ tuosité ou de fatigue, on est sans ressort, mou , ou lent â agir ; quand on manque de véhémence , on est sans passions ou sans éloquence. « Le cardinal Fleury était un génie médiocre, d'aillervrssans passions, sans véhémence, mais ami de l'ordre. « Volt. — EQsuite , impéttuux et fougucnx indiquent quelque chose de court, de passager, qui s'épuise en un moment, un effort, une saillie , un accès. « Étouffer les saillies de la colère, les impétuosités de Thumeur. » Vass. a Bossuet est plus impétueux que Pascal ; il excite l'admiration par de plus fréquentes saillies. » Vjiuv. «Le sénat put se défendre, parce qu'il agissait constamment, an lieu que û populace passait sans cesse de l'extrémité de la fougue à Textrémité de la faiblesse. » M ontbsq. « Ce mouvement subit n'est qu'une saillie et une fougue passagère qui n'aura point de suite. » Roll. Sai/ougue est passagère, elle éclate à grand brait; Un insiani la fait naître , un instant U détruit.

Volt.

La véhémence, au contraire, est une vivacité constante ou persévérante, qui se soutient longtemps , jusqu'au bout. « Gavoye mourut; sa femme se condamna à une sorte de sépulture, qu'elle garda fidèlement jusqu'à son dernier jour. Une véhémence si égale et si soutenue, sans relâche ni amusement , est peut-âtre un exemple unique. » S: S. « Les jaguars ont le même naturel que les lions, la même férocité, la même véhémence de goût pour le sang. » Buff. On dit des désirs impétueux (Buff.) ou fougueux (Fér.), et des appétits véhéments (Buff.), les désirs étant quelque chose de passager, et les appétits quelque chose de constant. L'exorde ex nbrupto est impétueux; les philippiques sont véhJ mentes. «Ce sont les passions qui donnent au discours une impétuosité et une véhémence qui emportent et entraînent tout. » Roll.

Impétueux et fougueux ne sont pas non plus équivalents. V impétuosité est brusque et prompte ; la fougue, libre. Vimpétueux ne veut ni hésitation , ni lenteur ; le fougueux ne souffre ni retenue , ni résistance. Vimpétueux commence tout à coup à agir, attaque sans préparation,

subitement, à rimproviste, et va vite. « Totre fils a quelque «hose de brusque et d'tmp^toeus.»

SÉV.

AaTécil impréva de rhorrible insolttiee.

Le prélat bon du Ht impétueux s'élance. Bob.. « Les consuls faisaient la guerre avec une impé-^ tuosité extrême : on allait droit à l'ennemi , et la force décidait d'abord. » Hontesq. Le fougueux est indompté , ne connaît ni frein , ni éperon , ni rien qui puisse Tarrêter. « Bocchoris croyait que tout devait céder à ses désirs fougueux : la moindre résistance enOammait'sa colère. » Fier. « Télémaque est semblable à un coursier fou^ gueux qui bondit, que ni les rochers, ni les précipices, ni les torrents n*arrêtent. • Id. « L'homme vain s'imagine être libre à la manière d'un animal fougueux et indompté. » Boss. L'impétuosiié fait craindre qu'on ne se jette en avant sans y avoir bien réfléchi , ou qu'on n'agisse avec précipitation : « N'agissez point par impétuosité, ne faites rien qu'après une mûre délibération. » Les. L'effet de la fougue est souvent de troubler, d'aveugler, d'empêcher de voir ou d'entendre quoi que ce soit : « Les passions de cette dame n'étant pas fougueuses lui permettaient de suivre toujours ses lumières. » J. J.

2* 'Emporté, violent.

On est emporté , comme on est colère , par moment, suivant les circonstances, quand on a été irrité. «Je suis impatient, eignporté, sujet aux plus vives colères. » J. J. Violent, au contraire, marque une disposition constante» qui ne dépend pas des occasions. « Louis XI doit être peint violent, fourbe, superstitieux. » Volt. L'emportement est un feu de paille, comme on dit, il ne tarde pas A s'éteindre ; mais la violence est durar ble et permanente. On est emporta et impérieux ; m'oient et absolu (S. S.). « Un juge, connu par sa violence^ parlait avec emportement contre les Calas. 9 YoLT.

En second lieu, l'emporta s'emporte, éclate, tempête, et, par conséquent, laisse paraître tout ce qu'il a dans Itâme. « Pouvalt*on croire que Charles IX dont on connaissait le caractère em* porté, dissimulerait jusqu'à ce point (le secret de la Saint-Barthélémy)? » Conb. Le violent peut être concentré et ne rien faire voir au dehors. «Mme d'ipinay, violente, mais réfléchie, possède le secret de cacher sa fureur. » J. j. ^ oc Les emportés n'ont quelquefois que le premier feu de mauvais : les violents sont plus dangereux. Il faut se tenir sur ses gardes avec les personnes violentes; et il ne faut souvent que de la patience avec les personnes emportées. » Gir. '

Enfin, emporté a plus de rapport au sujet, & l'âtat où il a été mis , où il se trouve ; violent en a davantage aux suites qui peuvent résulter pour les autres de cette qualité du sujet : un homme emporte ne se possède plus; un homme violent est à craindre.

laiPIE, IRRÉLIGIEUX, IRGRÉDDLE. Qui a de mauvaises dispositions ou des sentiments répréhensibles à l'égard de Ideu.

Le mot tmpte a une valeur bien supérieure à celle des deux autres. Virrétigieux et l'incrédule se bornent à mal penser de la divinité : ce sont

DEUXIÈME Pil&TlE

de prétendus esprits forts, qui raisonnent contre elle , qui ont besoin d*ètre éclairés et réfutés ; a Les maximes de rirr^t^ion et de Vincrédulité. * Mass. Lïmpte traite mal la divinité , entreprend contre elle, la brave, la blasphème, méprise son culte; c'est un sacrilège, un ennemi de Dieu, c'est le contemptor divûm de Virgile; il s'agit de le réprimer, de le punir. « Avez-yous repris Yirréligion jusque dans les moindres mots par l^quels on voudrait l'insinuer? avez-vous fait sentir votre sincère indignation contre Vimpiété? » Ttv, « un se rappelle combien tous les gouvernements de la Grèce étaient ennemis de Virréligion , et que les deux ou trois sophistes qui manifestèrent une opinion contraire à Fexistence des dieux n'évitèrent le supplice que par un exil volontaire. Les Romains ne supposèrent pas que l'on pût nier l'existence de la divinité , puisque , en ordonnant des peines capitales contre le sacrilège et Vimpiétéy ils ne firent aucune mention de l'athéisme. » Lab. « Platon ne pouvait tolérer l'irr^t^ton. On s'en aperçoit au commencement de son dixième livre des Loû , où il se propose de convaincre Vimpiété comme absurde, avant de la condamner comme criminelle. > ID. — Du reste , quoique d'ordinaire Vimpiété soit la suite de l'aveuglement ou du dérèglement de l'esprit par rapport i Dieu, il se peut que l'impie croie , ait de Dieu une opinion convenable, c'est-à-dire qu'il ne soit ni irréligiiux ni incrédule, c Vimpie est un furieux qui ne pouvant arriver à Virréligion^ ni éteindre les terreurs de sa conscience, éteint en lui toute pudeur et toute décence ; qui sacrifie son Dieu , sa conscience, son salut, à la déplorable vanité de paraître incrédule. • Mass. « Ils ne sont impies que par ostentation , et souvent ils inspirent aux autres Vinerédulité à laquelle ils n'ont pu encore parvenir eux-mêmes. » lo.

Virréligion est un système général d'tner^duliié. V incrédule manque de foi et dispute sur certains points de sa religion qu'il n'a pas encore abandonnée , fait difficulté de croire & telles ou telles particularités de la révélation, par exemple, ou aux mystères; Virtéligieux n'admet pas de religion ou de culte et quelquefois même pas de Dieu : il est déiste ou athée. Ordinairement Vinerédulité mène à Virréligion» « La curiosité a conduit peu à peu cet incrédule au libertinage et à Virréligion, » Mass. — D'ailleurs, Vinerédule élève simplement des doutes ; il a de la peine à croire : Virréligieux rejette hardiment; on professe Virréligion. Vinerédulité est timide (Fer.], et Virréligion impudente (1d.). On peut être incrédule pour soi, auquel cas on est à plaindre (Pasc.), on gémit tout le premier de son état (Boss.); on n'est guère irréligieux sans prosélytisme.

IMPOLI, GROSSIER, RUSTIQUE. Qui pèche sous le rapport des manières.

Impoli regarde toujours les manières envers les autres, leà procédés dont on use à leur égard. Grossier et rustique ont une signification plus étendue, et se disent bien des manières d'une personne considérée relativement à elle-même» iidépendamment des autres. « Socrate (pour l'ha.

billement) tenait un juste milieu entre ce qc pouvait passer pour grossièreté et rusticité , et ce qui pouvait sentir le faste et la mollesse. » FÉi. c La Grèce communiqua son goût pour la délicatesse des ouvrages de l'art à ce peuple (romak; qui, jusque-là, avait été grossier et rustique mt cet article. » Roll.

Lorsque les trois mots sont pris dans Tacception particulière àUmpoli , expriment an délaiit social , impoli est plus faible que les deux autreâ. Il se rapporte plutôt à la forme qu'au fond, il marque quelque chose d'extérieur plutôt qu'on vice de caractère; c'est pourquoi d'Alembert a dit de lui-même qu'il ne lui arrivait jamais d'être tmpoK, parce qu'il n'était ni grossier ni dur. D'ailleurs, Vimpoli n'a qu'un défaut négatif, il est incivil , il n'a pas de belles mamères , il ne sait pas vivre, il ne plaît pas-, au lieu que le grossier et le rustique sont positivement désagréables, ont des manières choquantes ou qui offensent.

Quant à grossier et à rustique^ ils ne difièrent pas moins l'un de l'autre. On est grossier partout, on n'est rustique qu'à la campagne. «Cette (atuité de quelques femmes de la ville est quelque chcse de pire que la grossièreté des femmes du peuple, et que la rusticité des villageoises. > Labe. La grossièreté suppose une éducation mauvaise, raanquée, mal entendue ou incomplète; la rusticité exchxX toute éducation. Au temps de Corneille , la nation était composée de petiis-maltres grossiers et de pédants plus grossiers encore (Volt.) ; il n'y a pas de petits-maîtres rusdqites ni de pédants rustiques ^ les gens qui virent aux champs sont Incultes. Par conséquent^ nutique dit plus que (^roxmr. « Combattre dans les jeunes gens une grossièreté féroce et rustique. » Roll. <t ha. grossièreté , la rusticité, la brutalité peuvent être les vices d'un homme d'esprit. » Labr. On le voit par ces deux exemples, la rusticif^ touche de plus près à la férocité et à la brutalité.

Ainsi, Vimpolitesse i moins générale et moins essentielle que la grossièreté et la rusticité, peut, quant au degré , n'aller pas jusqu'à être grossière; et la grossièreté, à son tour, est au-dessous de la rusticité, c'est un défaut moins grave, c C'est un plus grand défaut d'être grossier que d'être simplement impoli; et c'en est encore un plus grand d'être rustique. L'tmpoU manque de belles manières, il ne plaft pas; le grotsier en a de désagréables , il déplaît; le rustique en i de choquantes , il rebute. * Gib.

!• IMPÔT, IMPOSITION; — 2«» TRIBUT, €05- TRIBUTION; — 3« SUBSIDE, SDBVERTIOH; - 4* TAXE ; — 5* TAILLE. Termes de finances significatifs de ce qui est prélevé ou recueilli par le fisc pour les besoins de l'Ëtat.

Vimpôt et l'impo^fion se mettent toujours sur les sujets , sur les membres de l'Ëtat. Le tribut et la contriMih'ofi sont proprement payés par des tributaires, habitants d'un pays étranger oa ennemi , qui a été soumis ou vaincu.

Lorsque ces quatre mots, impôt, imposition, tribut et contribution se rapportent aux citoyens seuls , marquent ce que payent à l'État ceux qui

en font partie , une différence assez importante encore subsiste entre Vimpôt et i* imposition^ d'une part, le tribut et la contribution^, de l'autre. Vimpôt ou Vimposition , c'est ce qui est mposé, posé ou mis sur, une charge; le tribut ou la contribution, de tribuerey donner, attribuer, est une rétribution ou une redevance. Vimpôt est pins ou moins onéreux ; on Taggraye, on Tallége, on en décharge ; les tributs ou les contributions produisent plus ou motns, fournissent à l'État plus ou moins de revenu. < Le papier timbré est un impôt singulièrement onéreux aux pauvres.... Celui sur les bestiaux me paratt beaucoup meilleur.... Hais il peut être onéreux aux contribuables en ce qu'il faut le payer en argent, et le produit des contributions de cette espèce est trop sujet à être dévoyé de sa destination. » J. J. On dit particulièrement bien un tmpdl sur, et un frtbiit en nature ou en argent; établir Vimpôt, un tmpdf ou 'une imposition, et payer ou lever le tribut, un tribut ou une contribution, «On peut mettre des impôts sur les personnes, sur les terres ou sur les marchandises.... Pierre I" voulant lever ses tributs en argent , fit un règlement très-sage. * Mortbsq. Les impôts et impositions pèsent sur les citoyens; les tributs et contribua tions enrichissent le trésor public, procurent à FEtat des ressources. Un impôt considérable est accablant; un tribut considérable est d'un grand rapport. L'Assemblée constituante , voulant écarter d'abord du système qu'elle se proposait d'introduire en matière de finances l'idée odieuse de poids ou de fardeau , commença par déclarer qu'elle remplacerait les anciennes impositions par des contributions plus équitables et mieux réparties. Le fait est que depuis lors le mot de contribution est devenu bien plus usité que celui d'imposition : contributions directes , contribua tions indirectes, etc.

V Impôt , imposition.

Impôt et imposition ont été distingués l'un de l'autre dans là !'• partie, p.. 26. L'impd* se considère en soi , et Vimposition par rapport à son établissement. < Vimpôt le meilleur est une taxe proportionnelle sur les terres. Cette imposition paraîtrait demander une opération préliminaire , un cadastre général. » J. J. « La capitation est le plus pernicieux impôt , et on sent l'injustice inévitable de son imposition à proportion des facultés de chacun toujours ignorées. » S. S. c Le travail de Galonné touchait aux grands moyens d'accroître la somme de Vimpôu Mais les notables étaient du nombre de ceux qu'allaient frapper les nouvelles impositions, » Mârm. Un impôt est lourd ou léger ; une imposition, juste ou arbitraire. Ou bien encore Vimpôt est général et pèse sur la masse; au lieu que Vimposition est particulière et pèse sur les individus ou sur une classe.

2*» Tribut , contribution.

Tribut et contribution sont également, Tun général, l'autrfe particulier. S'agit-il d'abord de ce qui est payé à une puissance étrangère, tribut est général en ce sens qu'il exprime quelque chose de permanent, et contribution est particulier comme signifiant quelque chose de

passager, de donné une seule fois; une nation paye un tribut à une autre dont elle est dépendante; un général d'année met à contribution le pays qu'il traverse ou exige une contribution d'une ville qu'il a prise d'assaut. Que s'il est question de ce qui est donné par des sujets à leur souverain, tribut est général en tant qu'il fait considérer la chose en gros, en masse,. collectivement, et contribution est particulier en tant qu'il indique la chose distributivement , comme le résultat d'un concours, de divers contingents ou qu'il désigne ces contingents mêmes, a Les cultivateurs, qui avaient payé auparavant (avant Charles VII) des tailles à leurs seigneurs dont ils avaient été serfs , payèrent ce tribut au roi seul dont ils furent sujets. » Volt. A quoi on peut ajouter que chacun paya sa contribution, la part qu'il devait. Un prince lève un tribut sur son peuple parle moyen de percepteurs de contribtuions. « Il est juste que le prince ait de quoi soutenir la majesté de l'empire et de quoi faire respecter sa personne et son autorité. Ce sont là les deux principales raisons qui ont donné lieu à l'établissement des tributs.... Chaque particulier doit se tenir fort heureux d'acheter par une légère contribution le repos et la tranquillité de la vie. » Roll.

3* Subside, subvention.

Subside et subvention annoncent, non pas des charges, non pas des revenus ou des sources de revenus , mais des secours. L'un est pris du latin subsidium , corps de réserve, renfort, secours, et l'autre de subvenir, venir au secours ou secourir. Le subside et la subvention sont des contributions auxiliaires et supplémentaires provenant des sujets, dans l'occasion , dans une nécessité pressante, dans un danger où l'État a besoin d'assistance, principalement quand il s'agit de faire face*aux dépenses d'une guerre. « En se soumettant, à force de sang et de subsides, de nouveaux sujets , les rois perdent souvent l'amour de leurs sujets propres. » Hass. i Je ne puis entendre la régale de cette sorte. Le concile de Leptines ne regarde qu'une subvention accordée dans de grandes guerres , & peu' près de la nature de celles qu'on accorda dans les guerres des huguenots. > Boss. — Un autre caractère bien distinctif du subside et de la subvention , c'est qu'ils sont volontaires, c'est-à-dire non pas imposés par le souverain, mais seulement demandés par lui et accordés par les sujets : ce ne sont pas des dettes, mais des dons, et, comme on disait autrefois , des dons gratuits. « Si le parlement refuse des subsides, Jacques et son fils, Charles I**, mettront des impôts de leur seule autorité. » CoHD. « Une pareille contribution , si elle est réglée par la nation même , se nomme subside ou don gratuit; et on la nomme impôt , si elle est imposée par le gouvernement. > Id.

Entre subside, ei subvention la différence paraît tenir à ce que le premier reproduit un mot latin, subsidium , et que le second est seulement formé d'un verbe latin ou français, subvenire, subvenir. En conséquence , subside est plus noble et se dit bien, par exemple, des secours d'argent qu'un prince donne à un autre prince dont il est rallié et non pas le tributaire. « La république [athè-

DEUXJ&ttS P.UIT1&

bmbm) était {»iass8nlA «ajqiMment par les asb- Miûn qu'eUe tirait de aes alliés. » Coud, abside m tnrave dans ki i7«nrtade, et subvtniion y sende déplacé :

Taaéis «pie , ton le Joag de ces iDaHrcs tTidet, ?akis pressait k'Élat di» ISidesA des jtc&KiViM....

Bnaute , et toujours par la mèma raisoii , la tubtide est plus eonsidérable que la aiidvcsifton. « Le easutl de eette aaiiée (no&) donna trente et un nillioWv le elergô aoeorda six millions de fu6* Met, et «ne subvetOit» annuelle de treiae cent mille livres pendant dix ans, laquelle, jointe à Tabouisment de la capitation du clergé, fournit , tous les cinq ans , un don de vingl-oinq à vingt-six milltonsw » Hàmic. Saint-Simon assure que, de son temps, le roi d'Angleterre avait une grande supériorité sur sa nation, « moyennant les substdrt ionnenses qu'il avait tirée de noua. » 8t Coodillac dit que, an moyen ftge^ « des vaaeaux prétendaient pouvoir se racheter de leur serviee , en payant quelque légère mbvetUion. w VTmBS.

lA face, du gtae vd&c^ ordra, rang, dii|iosî* t»», rôle, a rapport à la quotité et au tariX: c'est la somme due au fisc . d'après le rtglement d'imposition. Autant que possible, l'imposicion doit Mre légère , U emiiribuêion aisée à payer ou k lever, et la taxe proportionnelle. Si voue vous trouves tn^ imposé, adressea-vous à qui de droit pour faire modifier votre ta4^ Mais la fuse peut être aussi une espèce particulière d'tfii|NMilsofi, savoir celle que l'autorité Irappo ou âût tomber sur certaines penonnes et quelquefois sur oertaines choses. L'idée d'autorité est tellement piédominante dans ee mot qu'il marque souvent, en lait d'impdt , quelque chose d'infligé. « Blettez des UJUBee, des amendes et même, s'il, le faut, d'autres peines rigoureuses sur ceux qui néglige^ root leurs champs. » Vin. « Les triumvirs imposèrent une taxe exorbitante sur les fenmMs et sur les filles des proscrits. » Volt. « Ce qui valut plus d'argent au pape Jean XXII , ce fut la ta«e apostoUque des péchés. > In. « On stipula qu'on payerait sur-le-champ cinquante mille génovines en attendant les taxes qu'il plairait au vainqueur d'imposer. j> Id. Une imposition sur les chiens , ayant pour but d'en diminuer le nombre parce qu'il ofire des dangers, est proprement une taxe, &'' Taille*

Taille est inusité dans notre système actuel des finances. C'est désormais un terme historique ou d'érudition. Il se disait autrefois d'une certaine imposition de deniers qu'on levait sur toutes les personnes qui étaient taillables , c'est-à-dire qui n'étaient pas nobles ou ecclésiastiques ou qui ne jouissaient pas de quelque exemption. « Ce mot de taille venait de l'usage des collecteurs de marquer sur une petite taille de bois ce que les contribuables avaient donné : rien n'était pi as rare que d'écrire chez le commun peuple, a Volt IHPUDENT, RFFR0NT1È, ÉHONTÉ. Qui ne rougit pas.

Impudent y in on non pudene ^ qui n'a pas de pudeur, est un terme abstrait, applicable surtout

à une personne qui paiie : oa est impvdffaf &;. paroles. Effronté , qui n'a pas de front (pour nagir) exprime la même idée d'une vx^wh^ ceaerète, et se dit surtout d'une persoaiiA qui m craint pas de se présenter et ea général d'agir d'une £âçon inoonvenante : on est efframU àio» ses procédés ou dans sa conduite. Mepteur tapudent, cynique egnmté. « Un autre poète, eicore pbu Uche et plus xmpuéant, appelait Pxtéstlas , dans ses vers , Tinventcur des beaex a;i5 et le père des peuples. » Fâh. « Les cyniques étaient des gens effromtée^ qui n'avaient honte de rien, non pas même des chosee les pins udk" mes. Ils no connaissaient micane hienséenee, et n'avaient aucun égard pour penoane.» In. — « Le berger Tiroiaest un impertinent, et Uhergère Philis une tmpudeiUe de porter delà sorte devant son père. » Eol.. « Je conaaiasaia Vonwv pour un e^onl^ pillard. > J. J.

Pourquoi ne m'aimer pas, «*«i»«-M> VmymdmÉ»? dit , dans Vtcùle det femmee, Amolphe à Agnès, qui vient de lui avouer naïvement son aversîon. Une s^oiU^e est une femme qui se conduit mal : « Un jeune homme arec ma IUIaT Ahl Vt^m^ téel » «ûL.

Lorsque les deux mots sont empkycs cçtle» ment pour qualifier les personnes, soit quanta leurs discours, soit quant à leurs irtioni,cjJhM^' renchérit sur tiapudenl. « Gléon avait une bar. diesse dans ses discours poussée jusqu'à Viaçucfeece et Veffnnterie. » Rou.. « On ne doutea pas que c'est une impudence et une effroxmit abominable que. de se faire récompenser (par je plaisir) dans le temps qu'on mérite comme pécheur d'être puni. » Mal. c Nul de ceux cpû n'écoutent ne voudrait avoir part à ce honteaz privil^ d'insensibilité, et, pour user des termes propres, d'impudence et d'eghmierie, s BouRD. c On n'a jamais débité des mensonges avec une impudence aussi elfroiaée. » Yolt. c Saumery eut plusieurs entants, dont l'aîné, fort bien fkit, audacieux et impudent à revenant..., avait épousé une fille de Besmanx , pies impertinente et plus effronlée encore que lui > S. S.

0 le mensonge homUe, et l'i

Tu m'oses soaienir que Sosie esi toe aom?...

Mille coups de bâton doivent êira le prix D'une pareille effronterie,

(Mercure dans jimjAîtrjoii\, Vol.

Éhonti ou déhonté (voy. I" partie, p. 1») est un mot assez rare en comparaison des deoi autres. Il a pourtant en propre une idée précieuse k distinguer. Vehonté n'a plus de ^onTe, a toute iioiUebue;cene sont pas les bienséances qu'il brave, c'est l'honneur même; il ne manque pas seulement de modestie, de timidité ou de respect , il manque ^e tout sentiment honnête oa vertueux. Moralistes austères et estimés de leurs contemporains , les philosophes cyniques étaient des hommes effrontés , et non pas des hommes éhontés'. Mais Labarpe, poussant la critique de la philosophie de Diderot jusqu'à l'invective, dit : c Suivez la marche du sophiste ëhont^. • Marmontel flétrit en ces termes l'infâme tolérance d'un mari par rapport à des désordres qui le dés-

SYNONYSEfift À ItADICÀUX i^lVËRS.

Mrant : « Qnni. à ce btiii cfticvl d'éohaDge de Gompeantion tntre Ut infidélités, qaéU st , même jMirHi U» hoBune» les phu corrom" s , les maris assez dékatUé* pour avouer qu'ils ceasentent? » Lo même écrivain doaae «n nnple de l'emploi qu'on peut fa» e de ce mot à t abaadoDiié : « SI Ton disait $&'»& homme dionoré, msie impudent^ lève un StùsAdéhonU itre Uk reAommé», parlenit-oa «&e laagoe angère? »

1* IN Acnony ufAcnynÉs ikbrtik ; - 2* aE-*

rsm, UMfiiR.fiÉSOKUYKBIlBllS.DésOGCD- TIOX. Sut passif Y éca d'ûQ êtes qai n'exerce os dérveloppe aucmie fotce*

L'a'Micttes, Yinaitiifiié et l'insrtis loat q|i'oB git point; l'eictMltf, le Iew»r« le d^Mmoramsnl la désoetupaHmi^ Idnt qi^OA se travaille point. as r«sMe(tOR,rtfNist»vtVeSUfierti(^oa reste imr >bile ^ dans l'Wstcsif', JeiotMfvle désctuwrêVMnt la d^<oeaipaltsii« oo se fempUt pas ds t&cbe

de foDstioB. Les aaimaui et les objets phy [ues peaveot étm quaUfiée à-ifmcUft ou d'ûier ; ; mais les épithètes dioisify de dismwri^ de tocmfé ae iear coavioDaeat point, car U va as dire que co ne sont pas des artisans, des iricants, dos ouvriers , des auteurs. Un peuple !2«lc/' végète y a Tair mort; un peaple oisif on tœwré est sans indostrie , quoique peut-ôtre s-remaant, très-ag;ité. Les Spartiates , uniqueait sdennés à la profession des armos, et X exercices violeats, n'étaient rien moins i'inûctiffi mais, comme ils n'exerçaient ni le QiiDtrce ni aocun art, ils vivaient oisifs ou tœvwirét. Un liomme qui ne fait que se promer^ sans travaiUsr d'esprit, ost oisif ou dés- *9r4 , nais U ne reste pas dans Vinaaion. ,-inUskskis qm'il liuidrait agir, c'est-à-dire, 1 piijrjique, aUar, s'avancer, sa mouvoir» déve- )per SIS forces, en bien, au fignré^ se remuer, mciiToir, entreprendre, (kire des démarches

eiezeer son esprit, rtfUKtfda, l'inacttinV et neTt€é sont des dé&nts , quelque chose de attable; dans toute société bien organisée, le devrait y avoir ni oisiveté ni dés^euvremsnt^ travail est la loi commune.

l' ïmactùm , iftacfml^, inertie, Étlit opposé à etioo, lû mouvement, an développement, à xereice, à la progression. L'tnoctioa est passagère et ordinairement oc- Àoimée par un obstacle, par quelque chose axtérieur. « Tant et de tels obstacles tenaient

et Mme la duchesse d'Orléans dans une tnocm glacée (par rapport au mariage projeté d'une

iears filles). » S. S. « Quelque légères qu'on lilJe supposer les incommodités particulières à femme , comme elles sont toujours pour elle

tion alieu par accident; Vinaclvoité est un défaut constant et qui tfent i la nature.

Inertie indique un état, non pas plus durable, plus persévérant q\)!inaetiv%té, mais pins absola; il exprime une inaciiviié totale , essentielle , telle qu'est celle des objets inanimés, celle d'une bûche, d'une pierre ou d'une borae. L'êtee tV a£tif n'use pas de la puissance dont il est doué; 1 être inerte n'est doué ou semble n'être doué d'aucune puissance. « Être plongé dans une profonde inertie, » Acad. «Ce qui fait des imitateurs un troupeau d'esclaves, c'est Yinertie de leur esprit, et cette basse timidité qui ce saî( qu'o- I béîr et suivre. » Mark, c On doit attribuer à quelque cause physique cette incroyable inertie (des oiseaux appelés fous) qui produit l'abandon de soi-même. » Bufp. — D'ailleurs , le mot tnertie a seul rapport .à la difficulté de mettre en mouvement l'objet inerte, c II me fallait des amis dont l'impulsion surmontât mon tnertîe. > J. J. « DiWcile à manier, bien loin de se prêter 1 tous lesmouvements de l'âme, la langue latine avait une tnerft>, qui ne pouvait se vaincre que peu à peu et après des efforts redoublés. » Cojtd. « On a quelquefois dans son auditoire une extrême inertie à vaîncre. » Maric .

2? Oisiveté^ loisir, — désœuvrement, dùocen^ potion. État d'un homme qui ne travaille point, qui n'applique pas ses facultés, ses soins et son temps & produine ou à former quelque chose.

Dans roi«tïef^et le loisir on ne fait rien, ou on ftit des riens; dans le désoeuvremem et la désoccupation on n'a rien à faire, on chôme. On jouît de Voisiveté et du loisir. « Cette vie paraît remplie, et n'est en effet qu'un loisir déTicieux et \ine élégante oisiveté. » D'Ao, « Je sentais vivement le besoin du repos; je soupirais plus que jamais après cette aimable oisiveté, après cette douce quiétude d'esprit et de corps que j'avais tant convoitée. » J. j. Le désœuvrement et la désoccupation sont plutôt des états pénibles où la temps nous dure. Voltaire écrit au duc de Ricbolleu, qui avait été malade ; « A quoi donc avezvous passé le temps dans ced^4fa?ut>r*mcftlsi triste et si étranger pour vous ?» « On croit , à l'air de désosworement et de langueur dont frappent au premier coup d'œil la plupart des villes de province , que les habitants , plongés dans une stupide inaction, n'y font que végéter. » J. J. L'oisivété est la m ère de tous les vices, parce que d'ordinaire on s'y complaît par paresse; le désœuvrement n'engendre que l'ennui, et on ne désire rien tant que d*en sortir. Les gens oisifs sont odieux comme consommant sans rien produire; les gens désœuvrés méritent quelquefois d'être plaints, ou ils sont seulement redoutée

intervalle d'tnactton, c'est une raison sufA* j comme importuns par ceux qui ont de l'i ite pour l'exclure de U primauté. » J. J. ! ou de l'occupation. La vie de V oisif est d

hcctirtï^, au contraire, est permanente etcatéristique dn sujet auquel on l'attribue, ^tte continuelle anarchie des Ëtats de l' Allègue servait d'excuse à Vinaclivité de Tempeor, Charles IV. » Voit. « Dans le feu même de tioa, quelle ebctivilé (de la part de Cyrus), iUe ardeur , quelle présence d'esprit pour iner des ordres à propos ! » RoLt. '^ L'^rtac-

ouvrage douce et inutile; celle du désœuvré est vide\ sans emploi et ennuyée.

Omvéf^et loisir diflèrent sensiblement, quoiqu'ils viennent tous deux du latin ottum. L'omveté est un repos absolu, et par conséquent vicieux; le Zofrir est un repos d'un moment, et un repos disponible, c'est-à-dire dont on peut disposer pour faire d'excellentes choses. On dit

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