‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymes, ouvrage qui a obtenu de l'Institut le prix de linguistique en 1853 et en 1858 (volume 2)Chapitre 331 sur 426 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

une oisiveU éternelle (Boss.), totale (J. J.)i Profonde (S. S.), molle (Féw.); on dit un moment de loiHr (Acad.), nn loisir laborieux (d'Ag.), studieux (Volt.)- On vit (Volt.), on 8»endort (CowD.) dans Voisiveté; on fait ceci ou cela dans sou loisir ou dans ses loisirs y dans ses instants de relâche et de liberté. « Je consacrai mes loisirs , non à l'oisiveté, encore moins à des travaux nuisibles , mais à remplir ma tète d'idées charmantes, mon cœur de sentiments délicieux. 9 J. J. « Les sciences, dit-on, naissent du loisir, mais elles garantissent de Voisiveté. 9 Id. « Ennemi de Voisiveté au milieu de son loisir. » D'Ao. c Voisiveté est Tabus du loisir. * Beaux. ^ordinaire, omvee^ se met à la suite de loisir pour marquer quelque chose de plus , et parfois pour exprimer un excès ou un abus. « On ne saurait allier les mouvements sages et mesurés de Tambition avec le loisir y Voisiveté^ et presque toujours le dérangement et les extravagances du vice. » Mass. « Hérode veut faire servir Jésus* Christ de specUcle à son loisir et A son oisiveté.» lo. « Rien n'était plus propre que l'action et le combat à détourner les esprits des soldats de ces sortes de pensées que le loisir et Voisiveté nourrissent et entretiennent. » Roll.

Le désiBuvrement consiste à être sans ouvrage , et la désoccupation à être sans occupation. Le désosuvremetU , comme le loisir, est passager, seulement il n'a rien d'agréable , et on ne le considère pas comme pouvant être utilisé : c'est un court défaut d'emploi» une vacance momentanée, c Cet ouvrage abandonné me laissa quelque temps incertain sur celui que j'y ferais succéder, et cet intervalle de désoBuvrement fut ma perte, i» J. J. « Un jour votre gouverneur, voulant vous punir, vous êta vos livres et vos cahiers. Vous ne pûtes pas vous souffrir dans le désœuvrement. » Cond. La désoccupcLtion , au contraire , est un défaut d'emploi absolu et continuel. « L'avantage que les jeunes filles tireront de leurs connaissances sera de n'être pas obligées, pour éviter l'ennui et le dégoût d'une vie désoccupée, d'en remplir le vide par le jeu et par des conversations frivoles. » Roll. « Dans les soins publics, une condition privée paraît plus propre au salut; est-on personne privée,. on croit qu'une vie désoccupée ne peut presque être innocente. « Mass. Dans une place , qui est presque une sinécure , on est souvent désœuvré; un homme désoecupé n'a point de place; ce n'est pas l'ouvrage, c'est une fonction qui lui manque. On dit bien un instant désœuvré : c Je me suis imposé tous ces travaux pour n'avoir pas un instant désœuvré et triste. » Volt. On dit surtout une vie désoccupée (Mass. , Roll. , S. S.). ^ Ensuite , le désoeuvrement regarde toutes sortes de travaux , et la désoccupation principalement ceux qui occupent , préoccupent ou absorbent l'esprit, qui demandent des soins, de la sollicitude : l'homme désœuvré ne sait que faire; le désoecupé ne sait A quoi songer, s'appliquer, s'attacher. « H. de Pomponne, après sa disgrâce, était désoecupé^ et commençait â sentir la vie et la véritable longueur des jours. » Siv.

INAITEIfTIOIf, mADVERTAlfCE, VÊGABBE.

MÉPRISE. On manque A faire une chose ou on h lait mal par inattention , par inaéverimmee^ ^ mégarde ou i^méprise.

Vinattention se considère par rapport an snjts. qui agit et en marque la disposition ou la îtryt-, au lieu que Vinadoertanee se considère objecttT^ ment , hors du sujet, comme un trait , oa coicse un défaut dans la chose qui a subi l'action du sujet Par inattention on c<»nmet une madver* tance ou des inadvertances. VinaifenHon rend la personne coupable, et Vinaéeerfamce rend la chose défectueuse : la critique doit sans cesse gourmander l'tnaCfeiiU'ofi des écrivains et relever leurs inadvertamees. « Ce qui est trop fréquent dans Voltaire, c'est un certain degré d'iiuiCf ention , qui , dans ce qu'il a de plus soigné, kisse toujours quelques défectuosités qu'on aurait fait disparaître sans peine. » Lah. Ces défectuosités sont proprement des tnadverf onces. On se plaint de VincMenJtion de quelqu'un : « Les maîtres se plaignaient de l'indocilité, de Yinattention de cet enfant. » Mabh. Mais, en parlant deoe que quelqu'un a fait par inaUenHon , on dît : c'est use inadvertance : « Dans le livre de l'Esprit , il est dit que le P. Malebranche est Fauteur de la Prémotion physique. C'est une isMdvertance. » Volt.

En général, l'inattention est relative A la caise, et Vinadvertanu A la chose ou à l'effet Par inattention, on ne traite pas les choses on les personnes comme on le doit; par tma<iverfsiice, oa ne les traite pas comme elles doivent être traitées : c'est, d'une part, un manquement blâmable , et , de l'autre , un accident ilcheux , un mal en soi ou seulement par rapport aux choses ou aux personnes qui l'éprouvent. Far Mottea- (ton nous nous laissons surprendre, nous Isdssom échapper les choses; par inadverUmee il arrive qu'on nous surprend ou que les choses nous échappent. Soyons indulgents : la plupart des inattentions sont pardonnables; ne soyons pas trop difficiles : la plupart des tiiadcerfaneef sont légères, c Ces petites négligences (dans Corneille} seraient A peine remarquables, si elles n'étaient fréquentes , et ces inattentions étaient très-pardonnables pour le temps. » Volt. « H est sans doute échappé A Montesquieu quelques tnudrertances légères, presque inévitables dans une carrière si vaste. » D'Al.

St quand les deux mots ont rapport A la cause ou au sujet, ce n'est pas précisément lamén» faute qu'ils lui attribuent. L'tiiaflefUtoA &t qu'on ne songe pas, et l'inadvertance qu'oa ne pense pas aux choses : l'inattention est d'un Légligent, et l'inadvertance d'un malavisé. At^ de l'inattention on ne prend pas la peiae de faire ; avec de l'inadvertance l'idée ne vient pis de faire : l'un accuse notre peu de soin ou d'intérêt, l'autre, notre peu d'intelligence, de uct, de sagacité.

Mégarde ne s'empbie qu'avec par, par mfgarde; et comme c'est toujours de quelque chose de mauvais ou de dangereux qu'on se garde, par mégarde (en se gardant mal , en ne prenant pzs garde) indique une inadvertance nuisible, q}û

SYNONYMES À RADICAUX DIV£RS

est ou amène la production d'un mal, un malheuT , «n un mot , et non pas une erreur simplement. « Présumez que celui qui tous a offensé ne Ta pas fait par malice , mais par inadvertance et mégarde. » Cbâbr. Philoctète laissa par mégarde tomber sur son pied une des . flèches d'Hercule (Fén.)* « I^ Egyptiens égorgèrent un Romain qui avait eu le malheur de tuer un chat par mégardê. » Volt, c Assan étant au bain , un de ses esclaves lui Jeta par mégarde une chaudière d*eau bouillante sur le corps. » lo. < Il a brisé ce vase par mégannifi; il lui est arrivé par mégarde de blesser son ami. » Acad.

La méprise est une autre sorte A'inadwrtanee : elle consiste à mal prendre , à prendre une chose au lieu d'une autre qu*on devait prendre, à faire un quiproquo. Ce mot suppose un choix ou une alternative dont on se tire mal.

Vous donnes one main pour l'autre par méprise.

Bbov.

C'est par méprise que Mucius Seévola tua un officier de Porsenna au lieu de Poisenna lui-même; c'est aussi par méprise que ,. dans YÀvare de Molière, Harpagon applique à sa cassette ce que Valère dit de sa filLe. • L'auteur du Speeiaele de la naJture est tombé dans une méprise : il dit que la lumière vient en sept minutes des étoiles, selon Newton; il a pris les étoiles pour le soleil. > Volt.

V INCAPACITÉ, mSUFnSANCE, INAPTITUDE; — 2* INflABILETÉ; KALHABILBTÉ , -- d« MAL- ADBESSB, GAUGHEBIE. (IBIPÈBITIE). Défauts qui rendent impropres à certaines choses.

Mais, d'une part, ïineapatité^ Vinsuffisance et Vinaiptitude se considèrent plutOt a prtort, avant l'action. Vinhàbileté, la malhahUeté^ la mai^ adresse et la gaïuherief au contraire, s'attribuent à un honune qui agit, qui exécute , et marquent la manière peu heureuse dont il s'en tire. Incapable ou inepte, on n'a pas de dispositions ; t'nlMh bile ou maladroit, on n'a pas de saccès. Il y a dans un sujet de Yincapaeité, de Vinsuffisance ou de Yinaptitude; un agent montre de Vinhobiïeté, de la malhàbileté^ de la maladresse, de la gaucherie. On ne dit pas une conduite pleine &*incapaciié y d'insuffisance^ ou d'inaptitude, comme on dit une conduite pleine d'inhabileté, de malhabileté, de maladresse, de gaucherie,

V Incapacité, insuffisance, inaptitude, Vittcapacité et Vinguffisanee sont plus générales

qae Vinaplitude, Celles-là excluent les moyens pour quoi que ce soit, et celle-ci le talent particulier de faire une certaine chose. « Si J'eusse eu le talent d'emprunter et de m'endetter, je me serais aisément tiré d'affaire ; mais c'est à quoi mon inaptitude égalait ma répugnance. » J. J. eJe sentais mon inaptitude k m'ezprimer impromptu. 3» In. Le même écrivain dit du gourmand : « Son Ame est toute dans son palais , il n'est fait que pour manger : dans sa stupide incapacité, il n'est qu'à tsd>le à sa place , il ne sait juger que des plats. »

De leur côté, Vincapadté et Vinsuffisance diffèrent, non plus par retendue, mais parle degré.

Vincapadté rend impuissant; Vinsuffisance ^

8TB. FRAMÇ.

! faible. Vincapadté constitue la nullité ou à peu près, c II est à croire que Louis XIV aura aussi bien reconnu Vincapadté àe M. de ChamiUart que les faiblesses de M. de Pomponne. » Volt. « S'il s'engage dans un emploi avec une ineapodté absolue, comment pourra-t-il s'y sauver?» BouRD. Usis insuffisance ne marque guère qu'une grande médiocrité. « Un amour aveugle pour vos enfants vous fait coopérer à leur choix malgré leur insuffisance et la disproportion qui se rencontre entre leur faiblesse et les ministères qu'ils prétendent exercer. » Booan. c Un grand fonds de médiocrité et ù'insuffisanee, » Mass.

2* Inhabileié, malhabileié.

VinhabileîéeX làmalhahikié onXéXé distinguées l'une de l'autre dans la I« partie , p. I4T.

Pour ne les point confondre avec la matodretie et la gaucherie, il est à remarquer qu'elles ont rapport à de longues séries d'actes, à tout un art, et non à un acte particulier, à une opération, à un coup de main. On taxe un général ou un ouvrier d'inhabileté ou de malhabileté ^ en ayant égard à la manière dont ils agissent toujours; on les accuse de maladresse ou de gaucherie, d'avoir fait une maladresse ou une gaucherie , dans une certaine circonstance. De plus, Vinhabileté et la màlhabileté ne regardent guère que les fonctions de l'esprit; au lieu que la maladresse et la gaucherie sont plutôt une inhabileté ou malhàbilâé de main , c'est-à-dire qu'elles se disent plutôt des mouvements ou des exercices du corps.

3* Maladresse, gaucherie.

Quant à la maladresse et à la gaucherie , celleci est plus lourde, plus grossière, plus pommée. Aussi le mot gaucherie est-il familier.

D'ailleurs, la gaucherie regarde plutôt la forme, et la maladresse, le fond. La maladresse fait manquer le but. « Diogène vit un jour un maladroit qui allait tirer; il courut aussitôt se mettre la tête devant le but, de peur d'être frappé. » FÉw . c On veut que Rufin , pour ruiner Stilicon, ait imaginé d'appeler les barbares. Cette conduite eût été bien maladroite. » Cond. c Quand on connaît le défaut d'un homme à qui on veut plaire, il faut être bien maladroit pour n'y pas réussir. » Les. Mais la gaucherie lait qu'on agit sans grâce. « La démarche gauche de l'oie et son allure de mauvaise grâce nous font appliquer son nom aux gens sots et niais. » Buff. c Je ne vois rien de plus gau^ che, de plus maussade qu'un homme qui ne sait que se battre. » Mark. « Vous m'aviez vanté votre fille comme une personne admirable par ses grâces, par ses talents et par son esprit.... Et moi , je vous la donne pour la plus gauche , la plus ignorante et la plus imbécile de toutes les créatures*. » Dbst.

4 . A tonte cette série de mots on peut ajouter encore impéritie qui paraît avoir beaucoup de ressemblance avec inhabileté et malhahiUté. C'est le latin imperitiag et, comme celui-ci se trouve seul de sa famille dans notre langue, il n'y a jamais été complètement naturalisé. On le dît en parlant des anciens Romains, en termes d'école, et dans le langage de la science ou bien encore en badinant. Rollin observe que Crassus bl&malt, non les écoles de rhéteurs,

DEUXl£HC PARTIE :

mCENDIE, EMMASEMEM. Deslruction par le feu d'ol^U coisidérablea, comme dM nieUoDS, de«.toiéte , de» viUee , des paye entiew. ^4nttndi$ Tient du latin incwéêrBy nllumer; emtfwemeMl, du itBXtqm embrottr, «aire d'une ck«se un bnsior ou U meltre en braise, A la rigueur, Ttneendte précède rembriw«m««t puisqu'il feot qu'une eboee ait été ulUuDQée «rant de pwwoir être réduite en braUe eu en oharbona ardmtf. L'tnwudte eetdcmc tout ce qui ee paeee arant que le feu, n'ayant plut rien à envahir, pénètre du» leur suèstance les objeU qu'il a atteints , y reste attaché et ks coneume : Tem^rostment est précisément et uniquement la cornbtttftMQ de OUI o)]jeti. « Un mcgndk ne se termine jamais qu'à Vmèr^iment de quelques mniiO&B. » Fin. « Un tneeMlte qui s'alluma autour de la place publique en plusieurs endroiU tout à la fois, pendant la nuit, interrompit ces discoun. L'eni&ratmefrt dura une nuit et un jour entier, et consuma un grand nombre d'édifices, s ROLL.

Le mot tfieendte «st «plioatif et descriptif : il exprime un fiEdt par rapport 4 sa cause, à son commencement, à ses progrès, 4 sa durée. EwibramMfit marque plutôt reflet, U consomption par le féu, indépendamment des circonstances qui dépeignent une aotion. U spectacle, les flanoMS , lee eiroonstances d'un tncendte; un éut d'em&roswiKia. L'tncendte s'allume , éclate , s'accroît, se communique, aTanoe, gagne, s'étMid, dévore; on l'évite, on y échappe, on le souflle, on r«itietient; c'est un courant de feu, il porte et lance de toutes parte les fiammes, et Ub pompes à incendie sont desUnées 4 en arrêter le progrès. Vembngetnen^ est grand , général, universelp total, affreux; la lueur de Vembrasement; c'est plutôt un objet qu'un agent, qu'un fléau dAvastateur. « Ces brûlots, portés au pont de bois , causèrent en divers endroits un grand t mbvwemefU. Les Sabins, qui virent la flamme de tous côtés, coururent au pont pour arrêter rtn- Mudie. » RoLL. « Comme il y a plusieurs charbons de terre qui sont extrêmement pyriteux. les emhraceinento spontanés sont assez fréquents dans leurs mines ; on en a plusieurs exemples, et l'on a vainement tenté d'arrêUr le progrès de cet tfwcudie souterrain, dont l'effet peu violent n'est pasaeeompagné de fortes explosions. » Buff. — EmbrësemeM spontané est sensiblement préférable à inctnàie sponîané, parce que l'trrcCTidte se. nppoxte toujours à une oause. Vaugelas allait

mais Vimpéritie des maîtres. « Celte loi { romriney était dressée avec beaucoup à'impéritie, » RotL. . « Les pontifes, qui étaient chargés de maintenir cet ordre (dans le calendrier) , soit par impérUUy soit par négligence, avaient tout brouillé. » In. « Les lois romaines voulaienl que les médecins pussent être punis pour leur négligence ou pour leur impérUie. m MonnsQ. « Qu'on raconte à un jeune rhétoricien une aveniure qui l'intéresse et qu'on VdbUgc i la retracer, cet exercice peut hii être uUle; mais les grands procédés de l'éloquence peut-on les proposer é l'im/»*ritie d'un écolier? » Marm. Le docteur Sangrado se plaint que la vie des hommes soit de son temps « en proie à la témérité, & U présomption et à VimpérUie.ji

même jusqu'à prétendre , mus c'était une engtration , qu'ûKendie signifiait toujoun im feu ois 4 dessein, et embrcueawfU, un feu acôde&lE!, allumé par hasard.

Dans les exemples qui suivent, menait b&que visiblement le foit, et embrotemeiU \é&. m Quand Dieu walutprésffvsr Lotdermii»

ment de Sodonw , Lot ne vouVat pas demever u milieu de rtnosndse, il ne demaada pv ^oe fiin le gauttUt miiaBulausement à» Uam. > BouRD. On aUume un tnesniù, on m\ gov^ d'un emWaeement, « Oot imaék (cas disKOsions et ces vengeances qui 0Dté6iaté)ii'ist leiia que d'une étincelte; mab cesipurciia vaut que voM deviez l'éteindn dès a nsnaee, et que vous êtes coupable de ïeekmmvA ^«e cette étincelle a causé.» Boitbd. tCosnelebnùt de l'tncendte arrivé 4 Miedes se rèpia&iiàaiaU ville, cette femme se mit dtns l'e^tiÀq»eet embmaemcnt devait être rouinge de dan Gaillem. * Lm8^

On ae rappelle, en rweate «tettiffli»

ineenêke eomnoe vfmnt eu liea: oi dcpImeD moraliste des efnbrêtmenU taamm^f^ plus ou lODins ftmestes-«OBpik»eJOBiotf des mauvais princes , ooimBeoii«««watû«i inondations , d«s ineenéim et de f^ia- » ^«f ton paxla des pestes, des twHmnt»»

terre , des enibrasemenU , des délaps, qw ont déeoléleglobe.»In.

Lors même qu'au lieu de seitpp*'*»**'®' ment à l'effet . embratmmi tfestiwlMa»* l'action, il ne la représente ni pariiR«rt«a cause , ni comme «ucceame, tenœei»»"»^ en un lieu ou en tm temps poer s^Aewfl^ d'autres. « Platon alla voir ea Sioite 1»««J^ mente du mont Btna. » FéH. ^^^"^^ signe du feu et nous feit V^^^^^î^ nieirt». » Boss. On reprochera à Uns «Y^ bmemenf du Palatînat (Volt.) si»|^^^^ tatts. Mais quand on voudra ^*P^2 barbarie -commandée par LoiTois,»»^ Voltaire : « Les flammes dent '^f^^ brûlé deux villes et vingt viUag» du ft^ n'étaient que des étInceHes eneoiap»»*'*' dernier tncmdte. » ,

la différence au figuré est 1»«*»*'^"S Une Kuerre, une révolte f^^^

pre.. Une guerre, une î*^1<«^^. ;i,-a«« qu'on représente comme s'ctantautim»^ vement, comme ayant gagné <i« P'^^'^^jJ vinee est un incendie. Voltaire ^^jJ^J^j guerre qui s'alluma en Europe apro»^ l'empereur Chartes VI : « ^''"*?^S J commencé vers le l>anttbe, etqoi «^ :

semblé ne devoir durer que peu ^« "f^ parvenu après six ans sur les eôtss de nj^ Mais s'A s'agft d'une guerre, d'ime ^\ d'un mouvement dlnsurrectioa ^^* ^njj un seul coup, ou qu'on ^V^^J^Jl^ dre , c'est un embmsevient. « Le kw»^ J"-J le massacre de Taasi fit enfla «wnr a^n entière aux armes ; et si ce ha^ro «J»^ J été la cause, d'autres étincelto «nfl^l pour allumer rem6r««w«r»VûtT. ^

I INCffllTAm, DOUTEUX, -PlOB^»*"^

SYNONYMB» A RADICAUX DIVERS.

Sur quoi il ftuit suspendre «on jugement, retenir sa croyance.

Inurîain et doKteitf diffèrent d*abord en ce que incertain est subjectif, et (ioiOeiMP objectif ; ce qui fait qu'oa 4it bien qu'Mi eet tncefim, tandis que douieuM s'applique seulement aux c^pees. « Quoi I vous xnarohes sur ce fondement dlua pe^ incertain ; vous n'appuyez dessus qu'en tremblaol, comme s'il était dmOeux et mal aflermi ! » B088. « ChaeuB, craignant de paraître incertain dans les nooTelles douteuses, ou pou joyeui dans les ikvorabfes , courait' avec une' avidité marquée au-devant de tons les. bruits. » J. J.

Ensuite montain convient mieux quand U s'agit de iatls : nouvelle (A^cad.), expérience (Volt.), tradHion <Lab.) imertainst. Doutimx est préférable en naiière d'opinions ou de disputes, là où il y a du pour et du contre : preuves doti^ tenus (YoLT.). cbroiis doutent (|p.), éqeité dtmr t0use (Mass.). U est incertain si.... (I^uff.^; il est douteux que.... (Volt.) : U estinoerlOMi si telle chose est arrivée on arrivera; il œt donteu* qne telle cause vaille mieos que teJle autre.

En/în on peut dire en général qu'incerloin regarde Tévénement des eboses , l'événement futur surtout, et denleiM; (de dMO, deux), les choses mêmes , quand elles impliquent une contestation, ou la dispute des ohoses ou sur les eboees. « Dans les guerres que nous faisons sou^ Jésu»Cbrist, Tévénement n'est pas immiain ni la Tîctoire doiKetiee. 9 Boos. « U se fait un baUacernent émOeva ratre la vérité et la volupté , et la eonnaisMince de Tune et le sentiment de l'autre font un eombat dont le succès est bien^ncertoia.» Paac. « il n'y a pas juequ'é Tezistence de ces ooqs barbus qui ne soit taesrtotne.... Les queues humaines , quoique attestées par des voyageurs et des missionnaires, sent an moins doufeM^et. t BoFT. A l'égard de ce qui est incertain^ l'esprit hésite ûiote de renseignements suffisants; à l'égard de ce qui est dovUux^ l'esprit balance, faute de raisons suffisantes qui le détarminent pour ou contre.

PrcbUmaiiqiWy du grec npo^iipa, proposition à discuter, est un mot savant ,. usité surtout en termes d'école et de spéculation. « Les gens du monde s'amusent des disputes des philosophes -, et , finissant par les mépriser, ils jugent que tout est probltfmaltgue. » Coud, c On n'examine pas si quelqua seote a vaincu : il suffit qu'on ait con- .testé tous les principes pour qu'on îes croie généralement prob/^moltqtiss. »Vauv. « Des dialogues sur certains traits d'histoire, assez problématiques pour être discutés , pourraient être un ouvrage Utile. » Mahm . « Bien des gens ne demandent pas mienz que de regarder comme prohlématique tout ;ee qui tient aux matières de goût. > Lab. « Si lie. Jurieu avait voulu parler de bonne foi, il jttoos aurait avoué qne les interprétations des protestants sur les autres endroits de l'Âpocaypse ne sont ni plus claires ni plus certaines; d'est pourquoi un an auparavant il nous les douait pour f^roWaiatiquer. » Boss. -<^ Dans le âge commun, problématique ne signifie pas Dut à fait la mêiôe chose fiyxHnmrtai» et douteux. On hésite ou on balance à croire ce qui est

Hieerloin on douleur ; on ne sait que croire sur ce qui est prohUmiatique, Ce qui est ineerlo^n OK dauletw demande une confirmation par les f^ite ou par le raisonnement; ce qui est prfkU" ^^atiq^e demande une solution. Défiez^vous deoe qui est tsoertain ou domUeux ; procuMK^vous^ pour l'affirmer ou le nier, de nouveaux ranse*gnements ou de nouvelles preuves. N!ayaat aucune opinioa sur ce qui est jHrobi^aliffw,, travaillée par l'examen , la discussion, des reober<obes, à savoir ce que vous en deves penesK. FtohUmatiaue.» dit proprement d'une queatiop (Cqiu)., n'Ao., Marm.), ou de ce qui peu^ être mis en question et regardé conune susceptible de recevoir une réponse quelconque. « Ces quear tions n'étant d'aucune eonséquenee à l'égard de la foi , sont des questions prohlémafiq^ktê sur les^ quelles l'figlise a gardé le silence et n'a rien pro- Aoneé. P BoDiio. m. 11 fat toujeum piohlévi^tiam ^ la cour si Mme de Mainteaon j^it masiée (avec Louis XIY). 9 Voti.

1* «GBBfflVCOE, B0U3B; ^ 2* HfDânEWI- MTKHI, INOBCifliail, IKRÉSOLUTION, PSR- PLSXKriL Situation d'un homme qui demenie en suspens et sans prendre de parti.

Hais dans l'tncenltdide et le doute, c'est l'en^ tendement qui hésite , qui n^prend pas de parti relativement an vrai; dans Vind^lerminottoii) rind^tiion , XtirrétéltUion et la perplwHé, of est la volonté qui ne se porte pas à agir , qui ne pcen^l pas parti relativenent à la conduite. Ladilîéreaee est profonde : dans un eas, il s'agit de croire, et on n'a pas.pour coIa des lumières ou des raiaons suffisantes; dans l'antre , il s'agit de laire , et on n'a pas pour cela des motifii assex puissants ou assez efficaces. C'est, d'une part, un état tout spéculatif, un-état d'ignorance ou d'incrédulité; et, de l'autire, un état pratique en quelque sorte , un état d'im^nobilité ou d'inaction. « Virrésolutton est une timidité à entreprendre ;r»ncertiftiMi^, une irrésolution à croire. » Vauv. Or, U est évident que , sous ce rapport, le doute ressemble à Vincertitude, Undis que la définition donnée de l'trr^A^iution convient aussi à lindéUrmituUûm, à rtMd^ctsion et à la perplexité,

!• Inc€rtiimd9, doute.

Incertitude vient du latin in certus, non sdr, non instruit ou informé; et doute, de dahium, qui a pour racine dtto , deux. Doute , comme am^ bigwité (d'ambo, les deux , l'un et l'autre) implique une dualité tout à fait étrangère à l'idée de l'tncertt^de. Je suis dans ïincertUude touchant le sort d'un uni absent; je suis dans le doute touchant quelque chose qui a éiô posé, avancé , ou touchant un point du dogme , toutes les fois, en un mot, que je ne puis me tirer d'une alter- , native, d'un choix à faire entre le pour et le conj tre. Dans l'incertitude , on est dans la position I d'un homme qui ne sait pas , d'un voyageur qui I ne sait pas son chemin , d'un correspondant qui ! n'a pas reçu d'avis ; dans le doute , on est dans la I position d'un juge qui n'est pas encore en état de faire penoher la balance d'un cêté ou de l'autre. De là il suit que l'ineerlttude a plutôt lieu en fait d'événements , surtout d'événements à venir, et le doute en matière d'opinions : un avenir in-

DEUXIËUK PARTIE

certain; les sceptiques prétendent que tout est éauteuxm

Outre cela, VincerHtude est subjective et fait penser à l'état des personnes incertaines; le âouie est objectif et fait penser aux difficultés qui rendent 4es choses dauteutee, « Saint Paul , dans nnmot, fixe toutes nos incertitudes et résout tous les doutes. • Bourd. « Plus je réfiécbissais , *plus il se présenUit de doiKes; lassé de tant à' incertitudes, mes genoux fléchirent et je m'endormis. » BuFF. « Si f à l'aide de ce renseignement . on m'eût présenté quelque enfant pour le mien , le doute , si ce l'était bien en effet, si on ne lui en substituait point un autre, m*eût resserré le eceur par Yincertitude. » J. J.

2" Indétermination y indécision, irrésolution, perplexité»

Indétermination est de ces quatre mots le plus général et le plus vague : il exprime le parfait équilibre ou l'indifférence de la volonté. Du reste , on ne s'en sert guère que dans le didactique, c La volonté humaine est naturellement indéterminée ; mus elle a aussi eela de naturel, qu'elle se fixe elle-même par son propre mouvement. » Boss. « La volonté est censée indifférente et ind^erminée, pendant que le plaisir indélibéré est actuel.» Fâ». «L'âme est l'ouvrière de sa détermination; mais il j a des occasions où elle est tellement indéterminée^ qu'elle ne sait pas même de quel côté se déterminer. » Mon- TB80. « Il n'y a rien de si opposé à la liberté que l'indifférence elVindétemUnaiion. » Sàv.

Vindédsion est une indétermination provenant de la iaiblesse de l'esprit, et Virrésolution , une indétermination provenant de la faiblesse de l'flxne. On est proprement indécis dans les choses où il faut se déterminer par raison, et irrésolu dans celles où il s'agit de se déterminer par sentiment.^ Comme l'homme décisif ne doute de rien, l'homme indécis doute de tout, change d'idées à chaque instant, et ne tient constemment à aucune; et comme l'homme résolu ne craint rien. Virrésolu craint tout, passe incessamment d'une disposition sensible à une autre , flotte , est le jouet des caprices de l'humeur ou de la passion. Dans Vindécision, l'esprit ne trouve prépondérante aucune des raisons d'agir; dans V irrésolution, l'âme n'est pas assez fortement affectée pour suivre invariablement l'impulsion qu'elle a reçue. Il faut éclairer, instruire, convaincre Y indécis; il faut exciter, entraîner, persuader Virrésolu. Avec des convictions bien ! arrêtées , on n'est pas indécis; avec de l'empire I sur soi même et de la fermeté» on n'est pas tr- • résolu.

Perplexité, de perplexus, mêlé, embrouillé, embarrassé, exprime une indétermination pénible dans une conjoncture ou situation complexe, où on est partagé et comme tiré en sens divers. De cruelles perplexité* ( Bourd. , Mass., J. J.). « Dans les aiTaires du monde, chacun recherche divers conseils qui nous embarrassent souvent dans de nouvelles perplexités. » Boss. «Ce fut une nuit d'angoisse et de perplexité pour moi. » J. J. »

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