JOAS
n loue, il bénit Dieu.
eu veut-il qu'à toute heure on prie ^ on le contempler Rac.
1 ne peut paa to^Sours travailler, prier, lire.
je ne roagis pas de moitDieu« Je ne rougis
pas de le craindre, de l'honorer et de le prier. » Rouan. « Il passe les nuits à prier. » Agad. — Quand ^er s'emploie relativement, et que la prière est faite à un être quelconque. Dieu , un saint ou un homme, de qui on sollicite une chose qu'on regarde comme une grâce, prier, alors véritablement synonyme des verb^ suivants, est à leur égard le mot simple, celui qui exprime l'idée générale, abstraction Usité de tout accessoire.
2* Supplier^ conjurer.
Supplier et conjurer ont pour accessoire de se rapporter à la manière : supplier, c'est prier d'une manière humble, soumise, respectueuse; et conjurer, prier d'une manière pressante, instamment. «
Supplier, de sub plieore, plier au-dessous, se prosterner, marque une posture de tuppliant, d'homme qui s'abaisse , qui se jette à terre ou aux genoux. « Quand il s'agit de confesser sa faute, de faire satisfaction, de tupplier, la voix devient douce, timide, soumise. » Roll. En parlant aux rois ou des rois, aux grands ou des grands, c'est le mot propre, c Votre Majesté a toujours daigné nous entendre par elle-même; et nous ne craignons pas de lui déplaire, en la tuppliant à genoux, comme nous liaisons, que notre jugement parte de son trône. » Boea. « Le peuple même , dans un jour d'assemblée , se jetant à leurs genoux (de Pompée et de Crassus), les supplia de vouloir bien se réconcilier. > Vbrt. «Nous nous jetons, sire, aux pieds de Votre Majesté ; nous la supplions de nous faire jouir de ces privilèges. » Volt, c Dans les derniers états généraux , la nation «upplid Louis XIII d'abolir les restes honteux de l'esclavage. » In. Autrefois les requêtes commençaient par : « Supplie humblement un tel.... » Acad. — Toutefois à l'égard de Dieu et des saints on se contente ordinairement du mot de prisr, soit parce que leur supériorité est tellement incontestable qu'il est inutile de la faire sentir par nos expressions, soit parce que primitivement prier est un terme consacré pour signifier un acte de culte. Il ne faudrait pas croire , du reste , sur la foi de Vaugelas, que ce fût une faute de dire supplier Dieu, au lieu da le prier. « Remuez, Seigneur, remuez nos consciences. Votre prophète vous suppliait de ne le point reprendre dans votre fureur, et de ne le punir point dans votre courroux. » BpURU.
Conjurer, c*est prier avec force , en jurant , en &isant intervenir les choses saintes, par ce qu'il y a de plus sacré. « Un prédicateur a beau déclamer, un confesseur a beau conjurer, exhorter, menacer...; on ne se réveille plus.» Bouan. «Cette mère avait prié un solitaire de venir à Anttocbe et de se charger du soin de son fils. Elle l'en conjura d'une manière si vive et si touchante, qu'il ne crut pas pouvoir s'en défendre.» Roll. Dans les Fourheriet de Scapin, Scapin dit à Octave : « J'ai fait de grands serments de ne me mêler plus du monde; mais si vous m'en priez bien fort, peutf^tre.... » A quoi ' Octave repond : c Ah l s'il ne tient qu'à te prier bien fort pour ^tenir ton aide» je te conjure da
teui nmi emor d^^randte la naéaite ie no^
tr« barque. * Mol. « Gontnina-les dfentrer ne veut dire autre choee^ aiiMa, pries ^ e9»j%rex prassaz, obtenez. » Volt. « J'a?aia eent Ibis remontnè, prié, pressé, compuri^ et toujours inatiiement. » J. i. « Je Pai prié^ pnsas, senjwrif bo«idé, baisé , je lui ai pris les deux maîus, je me serais mise à genoux s'il m*eûl laissé faire : il ne m'a pas même écoutée* » In.
S* Invoquer, tmptorer.
InvoqxMT et implorer ont pour aoeassoiM de se rapporter à l'okjet. Ansa, à la diflërence de leurs synonymes précédents , prennant-ils bien le mot qui exprime cet objet pour complément direct : in«oqvar, taiplorsr le secours de Dieu ou de quelqu'un. Ils supposent d'ailleurs une situation critique qui exige qu'on nous fieane en aide; et pai^là leur signification se trouTe étroitement déterminée. Nous prioas, nous ewppUone ott eomjwronM quelqu'un de lîsire toutes sortes de cboses, de nous laisser tranquilles ou en repos, par exemple; quand nous l'tiivoqMOfU ou que sous rtmpioroiis, o'ast toujours afin qu'il nous assiste, afin qu'il use de sa puissance en notre byeur.
Ifioogiter, tnvoMnif , c'est appeler à son secours ; tmptorer , m plorore , pleurer à ou rers , ou se tourner vers quelqu'un en pleurant, c'est appeler à son secours en chercbant à touisber, étant dans uns position ééplorahU ou digne de pitié. Bourdaloue reproche aux chrétiens d'invoqiur les saints pour des biens iemporris, pour être plus heureux et plus opulents; et quand nous «acofttofis une loi ou le droit commun, c'est sans supplication et sans nous trouTeren général dans une position à verser des larmes. Hais des prisonniers qu'on égorge tmpZorsfii la pitié et la bonne foi de leurs assassins<Bo8a.); on tmptore la clémence, la miséricorde. — On invoqiu en priant simplement, quelquefois même sans prier, auquel cas c'est un droit qu'on revendique; on implore toi^ours en priant, et même en suppliant. « J'oserai donc non tmplofer la protection des princesses, mais tnDoq^er leur justice. » BxAnic. c L'homme est naturellement obligé d'invoquer et d'tmptorer continuellement le secours divin. > D'Ao.
Dus cet esile saint elle uwom à genoux
La faTeur de ses dieux, qu'elle implora pour tous.
Voit.
PRIER à dîner, INVITER & dîner, (PRIER de dSner). Faire l'offre d'un dîner.
Dans l'expression prier à dtoer , prier ne signifie plus, comme primitiTement, demander une grâce ou demander quelque chose comme une grftce, arec soumission et humblement; c'est un terme de pure civilité qui , par l'abus qu'on a fait des mots prier et prière , a fini par marquer de la familiarité et du sans-fàçon. « On fait dire à Jésus, qu'il ne faut pas prier ses amis à dtner quand ils sont riches. > Volt. « Retiré chez lui, Babouc envoya chercher des livres nouveaux pour adoucir son chagrin, et il pria quelques lettrés à dîner pour se réjouir. Il en vint deux Ibis plus qu'il n'en avait Jefflandé. » Id. c Sylla ordonna qu'un hôte donnerait à diaque soldat
BEraifin BAim :
logé clicxluiqmtiadiagiMi|a)wr,tt.
lui donnerait A seupei à ki eliunuse^ qu'il voudrait prier, > Roll. Xœ de Senp* ^ au am'et de son ami CorbiasUi, kl «pritpr disputaient plusieurs sociétés, ui([BeiDe&; ^' égayar leurs repu : ^Untkm plBs.,1 quelquefois le matin je ne aie troauis ic paasage quand il va à Tus des tnis oaipl dinars où il est toos ks joan pn^, je ^j reconnaîtrais plus. >
IwoiUr^ latio taeitare, iQ|i|Bse, laeoDtnia de la considération et de laeércmoDie. tPlulip; de Macédoine se prépare à céléker àÊ^, a?^ une magnificence incrojable^lfi noces de Cled pAtre sa fille. Il y avait vKèm touies les pei sonnes les plus coasidénbles dt U Grèce. RoLi*. « L'empereur Othon n roulait réfper. ] entre donc dans Rome; il y ticiu à dber ii principaux sénateurs et les {tanisaos du easJ on dit qu'il les fit tous égoiger. > Volt. tUn Christiem II invita à soi^ier dans scb pèj deux évéques, tout ie séoat, etgnatreTlcg^H torze seigneurs.... Tous les conmes {are: sas sacrés. » Id. — c Socrate dit i AnstG^ Seriez-vous d*bumeur à renir vm\ souper éi Agatbon, quoique voas ne soyez point pri;?. Homère feint que Ménélas vint an festin d'I^ menmon sans être intiU, » Bàc
D*autre part, taviter , comme od peut leToii pi les deux derniers exemples de Voltaire, tâssi propre à désigner une sunœaTre oannartiSg pour faire venir, pour attirer. « Un aotR jai^ s'y prenant mieux, enga^t une îieiOe m dienue de ses anues à m'vmter k scaper c^ elle où il ne manquait pas de se troarer. i Lbs.
Prier de diner équivaut à prier à Hur, sa une légère différence qui a été indiquée dans I^parlie, p. 62.
PRINOPE , ÉlAnaiT. us findpet et ^I^ento d^une chose sont ce gui la lait toe , I causes on les fondements de loa existence.
Mais prtfictptf, latin pfis«çi«»>ntlana estpra? avant, aune aignificatioa plus ««wb il exprime tout ce qui préeiiste à un objet et donne l'être. ÉiémmU, du latia fl|«««<«M ment, nourriture, substance, dtegoeseaiew ce qui constitue l'objet, la matière qm^c^ pose. Le principe peut être abstrait; Uks« est concret. ,. , .,^^,
Outre les atomes, c'est-à^re l»^ Epicura admet encore un autre pruwj».^^ le vide , « mais U ne le considère pas «nsf ^ principe de composition des corps. » m.i^ ment est toujou» m principe de cojd^ des corps. De môme Aristote «wd^ T^ prifictpea des choses Ml^ir^"®» «^ "t^a ^^on; à propos de quoi Feaelon^^.^ «marque^/Aflstoleneoom-dè^^^^^^ tion comme un principe de ^^^^^ corps, mais comme un princi[^ eiie production. . tUment de V^^f\':^ ^s.U chaleur est le pn-sc.pj^etB^
deUvie. Dieuestiin/^«^*^j^^;^fl.
ment des choses. . La PW"^lX> pUqua les principef des choses ^^^l^.
^priétés des corps; gui tourt de la^
SYNONYMES 1 AADICAUX DIVERS.
» éîémetUt^ des métaux, des mloéraux, des >rres» des plantes et des animaux. » Mol. Dans
systèmes de certains philosophes grecs, le :, auquel ils donnent le nom et le rôle de iu , est moins un prtiictpe qu'un élément , dit [idillac, en propres termes , car ce n'est tours qu'une matière très-subtile dont les parties >duisent toutes choses par leurs transformais et leurs combinaisons. L'homme a deux nctpesy Dieu et la terre; en tant qu'âme, il
en Dieu , comme dans son seul principe et sa lie cause ; tout le reste est tiré des éléments: ' tout le reste est terrestre et corporel (Boss.). « Albert le Gcand enseignait les prindpet du lud » du froid , du sec et de l'humide. » Volt. iristote tient que tous les corps terrestres sont nposés de quatre éléments ;, la terre, l'eau, ir et le feu. » Fân.
PRIIf OPES, ÉLÉMENTS, --RUDIMENTS. Nons sur une science ou un art.
Les prindpet sont des règles , des préceptes , elque chose de général qui s'adresse à des esits qui réfléchissent et raisonnent, c Personne i connu mieux que Dumarsais la métaphysile de la grammaire ; personne n'a plus approidi les principes des langues. » Volt. « Quittez i recueils modernes, et étudiez fort sérieument toute la suite et tous Us principes de la ligion dans ses sources. » Fin. Les éléments, i contraire, sont quelque chose de simple, de Qsible , de matériel , en quelque sorte , qui est m. pour les commençants. On enseigne à des imestiques les éléments du salut (Boubd.), à » enfants, qu'on catéchise ^ les éléments de
religion (Boss*^ Roll.). « Nous sommes eo- »re dans les préludes de notre science:; ne soulitOQs pas de demeurer d«M ees premiers éwiemts. » Bois. « Igaorait-eUe les piemiers ^nenU de^ la zeligion qu'on enseigne aux plus itits en&nts dès qu'ils savent parler? » Pài. — Mes réponses dérivent immédiaitement des preiers prineipes de la ittJtioe et des prtmiers éléments du bon sens. » J. J.. « Pour oe qui regarde irt oratoire, les principe» géséraux, ks pcetiers élémenU sont en tout temps et en ions eux les mêmes. > I<àH* c Les Grecs et les IU>< lains donnaient un temps considérable et ujie splication particulière à l'étude de lew propre mgue, au lieu qu'il est Uès-rare que nous éprenions la nôtre par prtnctpet.... Chez les Rotains, l'unique emploi des ^rrommalûles ou tUnUeu/ts était d'enseigner ans enfants les pemien élémênU de la langue greeque <ni lane. » BoLL. c La même année parurent les ultliaetde Justinien; c'est un livre qui co»ent les élémenU et les pritMipsc du dtfoit roaain. » In.
Quelquefois môme les éléments n'ont rien de léorique , sont concretts , pour ainsi dire , xésulînt d'observations particulières. « Eu attendant i sacre, on amusa le roi (Louie XV) de l'attaque 'un petit fort dans le bout de l'avenue de Verailles, et à lui montrer ces premiers ^menU lilitaires. » S. S. Voltaire parle d^ln enfant qui n contemplant le ciel apprit par lui-môme 9s premiers éléments de rastronomie, et^ à
quelques lignes de là, il rappelle que Galilée expliqua les véritables principes de l'astronomie devant le doge et les sézvateurs de Venise sur U tour de Saint-Marc.
Les rudiments sont les éléments les plus élémentaires« ceux qui ne font que débrutir ou dégrossir : ce mot vient du latin rudis, brut, grossier , inculte , ignorant, a II a fallu beaucoup de temps pour que des hommes doués d'un ta« lent singulier , aient formé et enseigné aux au*très les premiers rudiments d'un langage imparfait et barbare. » Volt. « Ignace de Loyola n'ayant pu apprendre en Espagne les premiers rudiments de la grammaire , il alla se mettre eu sixième , dans Paris , au collège de Montaigu. » Id. « De ces rudiments informes (exclamations formées de voyelles) il y a un chemin immense pour arriver a la syntaxe, s Id. « Ce sont là. les rudiments de la philosophie, qui sont loin, je l'avoue , du génie de nos sophistes. » Lah. Les rudiments, c'est-à-dire l'a b c
PRIVÉ, APPRIVOISÉ. Ces deux mots se disent des animaux soumis au pouvoir de l'homme par opposition à ceux qui en sont indépendants.
Grammaticalement, ce sont deux participes. Néanmoins , comme dans d'autres 'acceptions , privé est un adjectif pur, et que d'ailleurs le verbe priver auquel il correspond est peu usité en comparaison d* apprivoiser , privé a une signification tout a4jective , il marque un état , une. qualité, et ne. rappelle point d'action, ^ppnvoisé, au contraire, a toujours avec le verbe d'où il dérive un rapport qui se présente nécessairement à l'esprit. L'animal privé est tel ; 1 animal apprivoisé a été rendu tel. En disant qu'un animal est privé ^ vous attirez sur ses qualités toute l'attention ; en disant qu'un animal est apprivoisé ^ vous faites allusion à son caractère antérieur, aux efforts qu'il a fallu faire pour le changer , à l'action et au talent de celui qui l'a (^angé. Un animal est plus privé qu'un autre, et mieux apprivoisé; un animal est fort privé, et très-bien apprivoisé, a Le magot ne s*apprivoise qu'avec peine et ne se prive jamais parfaitement. » Buff.
De là résulte une autre différence qui saute aux yeux et la seule qui ait été signalée par les synônymistes, c'est que les animaux privés le sont quelquefois naturellement, et que toujours les animaux apprivoisés ont été apprivoisés , domptés, réduits par l'homme. « Les cochons d'Içde sont naturellement doux et privés. » Buff. « Il n'est point d'oiseau litre dans les champs qui se montre aussi privé que la bergeronnette, qui fuit moins et moins loin, qui soit aussi confiant, qui se laisse approcher de plus près. • In. Nos bœufs, nos chevaux, nos chiens, nos canards, nos oies , nos pigeons , no^ cygnes sont des animaux privés : bien qu'ils remontent à des individus qui ont été apprivoisés , ils ne l'ont point été eux-mêmes , ils sont nés dans l'état de domesticité. Les lions et les ours apprivoisés ont été eux-mêmes apprivoisés. « Quoique l'ours paraisse doux pour son maître , et même obéissant lors* qu'il est apprti?ot«^, il faut toujours s'en défier et le traiter avec circoffspection. » Buff.