DEUXIÈME PARTIE
ou par mollesse. « Il faut quitter tout ressentiment.... Voudrais-tu m^abandonner, Scapin, dans la cruelle extrémité où se yoit mon amour? » Mol. « Nous sommes assurés qu*après aroir été si favorable à ses enfants ingrats, Jésus-Christ ne nous abandonnera jamais qu'après que nous l'aurons abandonné y et que sa grâce ne nous quitte jamais la première. » Boss. « S*il y en a qui m'ont abandonné comme des ingrats et des misérables, tu m'as quitté, comme j'ai quitté moi-même, en honnête homme qui croit avoir raison. » Ham.
Je quittai mon pays, yabandonnai mon père. Rac.
On quitte une religion , quand on cesse de la professer; on Vabandonne^ quand on la quitte
par laisser-aller, par indifiereoce; on y rewmf quand on la quitte formellement, e!i le dtc^irant, et quoi qu'il en coûte ou qu'il en don coûter.
Tout homme qui Ta Tirre dans la retn^. quitte le monde. On abanâonne le monde p: négligence , faute de prendre intérêt à ce qci s; passe. Il faut à une jeune fille du courage pe-z renoncer au monde et aller s'ensevelir dans = cloître.
Les apôtres quittèrent tout pour sniTre Jéss- Ghrist. Ils abandonnèrent tout pour se eonsacrs: entièrement au soin de propager la toi. lis renoncèrent à tout pour le seul bien véntahie, le salut, la félicité étemelle.
RAGE, SANG; — FAMILLE, MAISON; * LI- GNÉE. Espèce ou classe particulière à laquelle on appartient par la naissance : race royale, sang royal, famille royale, maison royale, lignée d'un roi ou des rois.
Race est le terme commun et le plus général. Il se dit des animaux comme des hommes, en mal comme en bien ; et même il ne suppose pas toujours aux individus, auxquels il s'applique , communauté de naissance ou d'origine : c'est en se fondant sur une ressemblance de profession , d'inclinations ou d'habitudes qu'on dit de certains hommes , race d'usuriers , race de fripons , race de pédants , race de vipères. — De plus , le mot race , de radtce , racine , a particulièrement rapport à la souche ou au chef : race capétienne, dérivant de Hugues Capet ; race mérovingienne , descendant de Mérovée; race des Héraclides, issus d'Hercule. — Enfin la race est essentiellement bonne ou mauvaise , c'est-à-dire qu'on en considère surtout les qualités naturelles, transmises par la génération.
Sang ne diffère guère de race y que parce que étant un terme figuré il s'emploie surtout dans le style noble, et, par suite, pour exprimer une race grande , distinguée , excellente. ■ Ménélas dit à Télémaque : par tous vos discours vous faites bien sentir la noblesse du sang dont tous sortez. » FÉN.
S'il en est temps encore, épargnes votre race. Respectez votre sang,
(Phèdre à Thésée). Rag.
Il (Mardochée) descend comme moi Du sang infortuné de notre premier roi..,. Plein d'une juste horreur pour un Amalécite, Jlaee que notre Dieu de sa bouche a maudite , Il n'a devant Aman pu fléchir les genoux.
^ (Esther). Id.
— Bon chien chasse de race y se prend plutôt en mauvaise qu'en bonne part; bon sang ne peut mentir, au contraire.
La famille et la maison sont des races d'hommes qui ont même naissance ou même origine , mais qu'on n'envisage point spécialement par rapport à la source ou au fondateur. Ajoutez que la famille et la maison sont sociales , et non pas
naturelles. Quand on est de race royale oa h sang royal, on a telles qualités ou tels instincts: quand on est de la famiUt ou de la maian royale , on se trouve classé par sa naissance daiif telles de ces petites sociétés on de ces sociètri élémentaires , dont se compose la grande société appelée nation. Ma race ou mon sang fiait connaître ce que je suis, ce que je vaux; ma familU ou ma maison indique avec quels hommes m naissance m'a plus étroitement lié. La vaJ^^ vient de la race^ est dans le sang; ea troa^t dans ss, famille ou dans sa maison des exemples de valeur.
La famille peut n'avoir ni fea ni lien, on bien peut-être habite-t-elle une cabane. La maiso» est une famiUe qui a pignon sur me , un chei soi grand, considérable, c'est psr amséquea: une famille noble ou illustre, ou quelque chose de plus étendu que la famiUe. c Claudins fut la tige de la famille des Claudes, qui se disiiugm entre les plus illustres maisons de Rome.» Rou. c Q. Pompéius est le premier de son nom et ds sa famille qui se soit élevé aux grandes charges. La maison des Pompées, qui bientôt deviecJn si puissante , n'est pas d'une plus andeiuie noblesse. » In. Chez les Romains, « le nom marqu? la maison dont on descend , et le suroom ce qui convient à une famille particulière ou à une branche de cette maison.... Tite Live a dît que la maison des Potitiens était divisée en dûius famtUes. » In. « Les prêtres étaient de la famiik d'Aaron.... Les rois de Juda étaient de la mai&s. de David. » Rac. « Dès que la Suède avait adas des distinctions de rang, de grade et dlionnear entre les familles, il devenait avantageux pour eUt qu'il y eût une maison privilégiée qui portât la couronne. » Gom>. *. — D'ailleurs , famiik désigix
I . Si on en croit l'Académie, le mot de maisom w s'emploie point en parlant des grandes races de l'aatiquilé grecque ou latine , et on leur donne par exceplion le nom At familles. C'est là une asserUcs que rien ne Justifie et qui est démentie par rostf p- « Alexandre ne crojait pas travailler pour ses cip:taincs, ni ruiner sa maison par ses cooquéieL * Boas. « Yespaslen se moqoa publiquement de ces
SYNONYMES k RADICAUX DIVERS.
» membres > le contenu; et maison, le conmant, ce par quoi la famille paraît ou brille las ou moins. Une famille est nombreuse, eureuse , honnête : une maison est grande , Dcienne, souverainç, auguste. Les familles épuisent, les mîiûons tombent. « Ne leur im« rimez>70U8 pas, Seigneur, ces caractères de lalheur et de désolation qui vont tarir la source es familles <t qui amènent les disgrâces édamtes, la décadence et Textinction entière, des taisons? » Mass. La ruine d'une famille excite otre compassion pour ceux qui en sont les viemes. La ruine d'une maison tous représente la bute d*un grand édifice , ou l'extinction d'une rande lumière. « La médisance flétrit des faxilles et humilie des maisons, > Bouro. Qu'un ersonnage vienne à mourir, sa famille le pleure, i maison est en deuil. Sous la tyrannie des rente, « chaque maison était en deuil, chaque imille pleurait la perte de quelque parent. » lOLL. Une bonne famiUe se fait estimer par ses lœurs , sa politesse ou son union ; une bonne laison se distingue par l'éclat du nom, des itres, des emplois ou des exploits. « M. de La loignon naquit d'une des plus nobles et des lus anciennes maisons du Nivernais, qui a souinu dans le parlement la gloire qu'elle avait cquise dans les armées.,.. Mais ne louons de sa aissance que ce qu'il en loua lui-même , et di- Dns qu'il sortait d'une famiUe , où l'on ne smble naître que pour exercer la justice et la harité; où la vertu se communique avec le mg, s'entretient par les bons conseils et s'excite ir les grands exemples. » Fléch.
Lignée , ce qui est en ligne , ce qui forme une le , une série , a cela de particulier qu'il marque L filiation, la descendance, les enfants. Une »ce, une famille, une maison est ancieuDe; on leurt sans lignée, ou sans laisser de lignée. La
ce , la famille et la maison se compose plutôt es ancêtres , et la lignée n'est autre chose que i post^té, mais la postérité formant une laine , susceptible de se rompre ou de se connuer. « La naissance du prince de Galles causa 3 la joie en Angleterre, par la satisfaction de )ir continuer une lignée dont ils pussent touurs menacer leurs rois. » S. S. — Outre cela,
lignée, comme la branche, est presque touurs relative ou opposée à d'autres. « Dans la gnée où s*est conservée la connaissance de leu , on conservait aussi par écrit des mémoires !s anciens temps. » Boss. « Le landgrave , connt de la lignée des princes que lui avait donnés
première femme , ne recherchait dans la sonde, que lui accordaient les réformateurs, l'un moyen d'assouvir sa convoitise. » In. RAPIÉCER, RAPIÉGETER, RAPETASSER. Rac- •mmoder un vêtement en y mettant des pièces. Rapiécer exprime cette idée simplement. Aa-
iiyparunereiusse généalogie, voulaient faire remonr sa maison jusqu'à Hercule. » Rou.. « Galba dit à son : Si je vous adoptais , il nous serait honorable , moi d^admettre dans m^ famille un descendant de »Tnpée et de Grassus; à vous, d'ajouter à votre no- 3sse celle des maisons Lulatienne et SulpUienne. > J.
STV. FRANC.
piéeeter, c'est rapiécer sans cesse, être toujours à mettre une multitude de petites pièces (voy. I'* partie , p. 287). Rapetasser est un mot plus vulgaire encore, plus trivial, qui signifie raptVeer grossièrement des haillons, des guenilles. Sa racine est, non pas, comme celle des deux premiers verbes, pièce, pecia (mot de la basse latinité), mais peeocia (usité autrefois dans le midi de la France), comme qui dirait piéçasse, grosse mauvaise pièce. Si ce qui est rapiéceté fait pitié, ce qui est rapetassé dégoûte. « Vous devez être las des fatras de mon ex*jésuite -, il n'y a que vos excessives bontés qui puissent combattre le dégoût que doit vous donner une œuvre tant rapetassée, » Volt. On se rappelle ces vers de Boilean dépeignant la hideuse lésine de la lieutenante criminelle :
Décrlrai-je ses bas en trente endroits percés ,
Ses souliers grimaçants vingt fois rapetassés? C'est aussi pour exprimer ce qu'il y a de plus misérable et de plus fastidieux que Pasquier (Lettres, vu, 12) se sert de rapetasser : « Nous seuls entre toutes les autres nations faisons profession de rapiécer, ou pour mieux dire, rapetasser notre éloquence de divers passages; rendant les morceaux comme un estomac cacochyme et mal affecté , ainsi que nous les avons pris. >
RAPPORT , ANALOGIE , CORRESPONDANCE , CONVENANCE; — CONCERT, ACCORD; — LIAI- SON, ALLUNCE, UNION, AFFINITÉ, CON- NEXION, CONNEXITÉ. Ces mots expriment cerque des choses sont les unes à l'égard des rutrès, ou un point de vue commun sous lequel elles sont ou peuvent être envisagées ensemble. ■
Bopport est le plus général de tous, il signifiele plus Ikible rapprochement, et même il est> propre à marquer le contraire du rapprochement; car on dit bien un rapport de différence, de disconvenance, d'opposition. Ce qui a rapport à une chose la concerne , y a trait , n'y est pasétranger, peut y être rapporté, y est relatif. Du reste, il y a des rapports de toutes sortes rde causalité , de signe , de contenance , de filiation , de dépendance, de commerce, d'amitié, etc. Chacun des mots suivants désigne un rapportparticulier.
Vanalogie est un rapport de ressemblat^ce (voy. Analogie , ressemblance , etc. , p. 339 , 340). « Mais n'y a-t-il plus aucun rapport dianalogie entre la plante et l'animal? Dans la plante l'action n'est pas visible, mais est-elle moins réelle?... Combien ne trouverais-je pas encore de caractères àiainalogie et de ressemblance entre l'animal et la plante , dans les organes de la vie? » Marm. « Quelques naturalistes ont été frappés de ces traits de ressemblance et de la grande analogie de nature qui se trouve entre ces oiseaux. » Buff. Que ^i rapport s'emj^loie bien aussi dans cette acception, il indique quelque chose de plus vague ou de moins prochain : c II n'y a rien dans les objets extérieurs qui ait la moindre analogie, le moindre rapport avec un sentiment, une idée, une pensée. » Volt. De plus , le rapport se considère en soi , et l'ana* logie relativement à l'usage scientifique que
DBOXI&M TAUTŒ
nous en faisons ^w fonser des tmaHogie* ou des inductioos. Il y a du rapporf ou un certain ropjwrt entre une chose et une autre, une chose a du rapport avec «ne autre; mais VamaXogie nous conduit (Bos8.)i nous porte à croire telle chos (In.); nous raisonnons par analogie (Volt.), nous fondons des raisoimeinents sur des analogiei (BuPF.). On dit un petit rapport , et une fausse Ofialo^s/lD.).
La cerre^perulafiee est vn reppofl de eorré* ktion ou de réciprocité, rapport en vertu duquel deux choses sent placées Tis-à-f is Tune de Tautie, ou agissent et réagissent ftltemativement , comme deux personnes qui parlent ensemble, c Le rapport de cause à effet étant le fendement essentiel de toute la communieatten qu*on peut concevoir entre Dieu et la créature , tout oe qu'on supposeta que Dieu ne fait pas demeurera éternellement sans aucune correspwnéanee avec lui.... Il fkut étlAlir la. correrpoedoeee entre la chose connue et la chose connaissente; sans quoi elles sereet à i'égaid Tune de Vautre comme n'étant point du tout. » Boss. « On trouve sur le visage une infinité de nerfs et da muscles , dont on ne reconnaît peint d'autre «sage, que d'en tirer en divers sens toutes les parties et d'y peindre les passions, par la secrète corretpondance de leurs mouvements avec les meuvenents intériears. t» Id. « Qe corps rond a use supei^ie qui correspond à d'«uties corps voisins; et comme toute cette supei^ie change di situation et de <orr«cf>ofUicMCs aux corps voi sias, on peut conclure par là que.... » FAw
cm vq^port de «qiigovts el de coaccr-
dance, un rapport «Dtre eboses qui joueci ensemble pour ainsi dire , qui coopëiefit ol conspirent à un même effet : oq agit de cewseil . on rame d'accord (Ac&D.^. Mais le eoncers le troove entre les parties d'un même tout en eatoe choses de la même sorte; tandis que reecerJ comporte des dissonanoee et a lien entre de choses de aaton différente. < Ce osncer< des voix de femoMs n'est pas non plus saas doaceor. Je suieconvaineai qae de tontes les haimonies il a^ en e point d'aeesi agréable qne le efcaat à l'unissen, et qae, s^l noua flaut 4ss a€eordM, c'est paroe que nous avons le goAt dépraré. » J. J. Cki dira donc avec Bossuet : k l«s armées grecques étaient si bienooamaaadéeBfCisieonpies aux ordres de leurs génétavx, qtion cfti cru que les soldats n'avaient tous qn'une mène Âme, tut en voyait de cenesrt dans leurs muvements. > I^autre part, nsoorrf doit a^employer dans des phraees telles que oellB»ci. « Des dis sonanees dans la musique coneourwt à rnecotd toul. » M OKTISQ. « Par lui (le régeotj, cet ascofd si désirable, mais si difficile, de le et de l'autorité , ee trente benspnssmai pli. • D*Ae. « Qael admirable accsrd da denx choses aussi inoompatibles , ee itndble, que le sont tant de défianee d'une paît, et éa rentre tant de oonfiance et de force! » Bouan.^.
Xtfljfen, oiltanss, union, af/kmté^ ssancmsn et tammiU expriment un rappnrt ée jenetiee, rapport pbu on moins étroit, en Terln deque] dee ehoses tieansnt las uses aua antsm if vk
c Secondons la loi chrétienne par une pleine ! manière plus ou noins forte , pina «m «eias in* ceprsspendaaee. » Dovro. Il y a corrsspondenes \ séparable.
entra les angles saillants et las angles rentrants ' ieaûon marque le feoffe, et a la eigniiantisn de deex montagnes voisines (Buer.); il y a eor- ' le pbisdtendue. Outre «ela, il est relatif à Je maroffmadance de sentiments (PAn.) entre deux nière* « Les rapports des effets aux ceuese dent personnes qui s'aiment l'une loutre , qui se dms n'aperoevons pas la Itoiam.... > J. J. « Par pagrent mutuellement de retour. « Les deux ranatomie .comparée , on troave entre V^omsne dues , s'^tant unis par ces témoignages d'amitié et la fenune des différences gèncnks i|û. ^aiûe-
mutuelle, vécurent dans uae étroits sorvespon danse. » Boss.
La eonocnanss est un sappert entre choses qui se coevienneat, qui «oat bien enssmble, qui
s'Adaptent bien l'une avec Pautre , rapport d'où dans laeienne : elle est étnblie entre des sèoaes résulte quelque chose 'de ctmMenahU^ de régulier, ! diflfaentos, opposées, disparates. «Ooelleafitmee
sent ne point tenir an sexe; ^es y tiennent pourtant , mais par des liatsons que n^n^sftmiBiK hors d'état d'apercevoir. » In.
L'oUiones est dans son espèon eeonae l'e^eirtf
de bien ou de sagement ordonné. Il y a eonesnmuê entre l'arohiteeture d'un édifice et sa destination (AcAD.). c Kous voyone tant de justesse dans les mouvements de la nature,' et tant de cenosnaecsff entre ses parties, que nons ne pou- Tonsnier qu'il n'y ait de Tast. « Boss. — c La na« tnraeat pleine de oBneeniMiMr et de diseonvenanoes, de proportions et de dispioportions, selon lesquelles les choses eu s'ajustent ensemble, ou se rspeussent l'une l'autre. • Jn. c teint Clément, popr attirer les philosophes à laraligîon , cherebe toutes les eoneenonsar entre la philosophie et le idttistiaoisme. * &>. -^ Des choses ou des personnes entre leequeUes il y a come^pfidancs, se trouvent en face l'une de TanlBS eu en communication; des choses ou des poMonoes entre lesquelles U y a «onosnanee, s'asaettissent.
iSonciflvetnBasrd, pris de lajmnriqae, inpsé*
I peut-il y avoir entre rhunûlité de Jéeos-Cbhslet mon or^ieil?» Bouan. c Par la plus momtracBie a41tanoe vous Toulez jmndre ensemble , dans le même sujet, la piété et la eopidité. b In. « FSiie une oUtonssdn aaeré et du proûtoe, da fiée et de la vertu. • Agao.
L'imten est mu liaison latine, taamm cdlt de denx épmix, qui ne sont pins ^vol en qosl* que sorte. % La discipliee est comme rame de l'armée, qai en lie et «ad ensemble tontes ks parties.» Roll. « Le magistrat est un beanae tellnnent lié , teUement «ni et , ai nous eseas le dire, tellement confondu avec la Justice, qu'os dirait qui! soit devenu une même chose avec elle. » D'Ao. « L'imiofi parfaite des esprits.» Ben.
Volgm^^ en vartn deia tecminaiaon dn nott
parfait.
STNONYHES À RADICAUX DIVERS.
rt une qtialité , et par conséquent nne liaison aturelle , essentielle. On ne forme p^ une affiité comme on forme nne liaison^ une union, ne t^lianee. « Cherchons d'abord flTil y a quelue affinité naturelle entre nous. » J. J. a tfe eut-on oblige^ à rapporter toutes les paroles du LgiB , qui montrent Taffinité de ce babil inutile rec rhumeur querelleuse î » Boss. « On trouve ans les canons ces quatre mots unis ensemble : udicra, jotuUkria^ furpta, ohscœna; à cause ae oes choses se suivent s! naturellement , et u^ellea ont tant û't^finité , que tî'est une vaine Qtreprise de les vouloir séparer. » Id. a Dans le f stème de la nature , ces espèces sont plus aparentées qu'aucune autre avec différentes failles dont elles semblent constituer les degrés 'affinité, » Buff.
Cwwixionei eonneitité^ tat!n tonnetto, tonexvf , sont comme annexé, latin annexus, des aots qui n'appartiennent pas à la langue comaune. On ne s'en sert qu'en termes de métaphyîque ou de pratique pour signifier une liaison J)straite , une liaison entre des objets intellecuels. Ils ont été distingués l'un de l'autre dans a I" partie, p. IW.
1» RAMS ; — V SmiAOltBnfATBfi, SINGU- JER; — 3* ÉTRJUIGE, BIZARRE. Quî^ n'est pas rOmmun.
1* Bore se dit des objets; extraordinaire et inffulier s'appliquent aux actions et & la manière. Un livre est rare; c'est-à-dire qu'on le rouve difficilement; le style en est errtraordi'- Mire ou sUiffuîier, t'aimant, le diamant, le ristal de ncfae sont rare«; ils produisent des efets esetraordinavres ou singuliers, les hommes wres ne se rencontrent pas partout , tant s'en rat; les hommes extraordinaires ou singuliers B font remarquer par leur manière d'être^ de arler ou d'agir. Rare constate un fait, et n'emoTte aucune idée de louange ou de blAme ; exraorûinaire et singulier qualifient une manière 'être ou de faire, et la représentent comme onae ou mauvaise, admirable ou ridble. «Il lut (dans le conseil du prince) une sagesse pro* mde , chose rare pamii les hommes.... L'homme ige ne se trouve pas aisément. Mais je ne sais il n'est pas encore plus tiare et plus difficile de 'ower des hommes fidèles. » Bouhd. c il ne Dulait pas employer des remèdes rares, et qui » se trouvent presque point. » HozrrESQ. « Les oétes ne sont pas rares chez les Orientaux , où \ eoleîl, plus ardent, semble écfaaufler les ima^ Ênations. » In.
f Extraordinaire et singulier diffh'ent en ce ae l'un est relatif et l'autre absolu. Ce qui est Hraordinaire est au-dessus ou va au delà de ordinaire, est au plus haut point dans son enre. Ce qui est singulier ^ de singularis, seul,
part, sans concurrence, est unique en son enre ou fait classe à part. Extraordinaire suposa la comparaison et marquo le superlatif; Wfiulier exclut Ik comparaison et signtfiesans pair, icomparable, non pareiL n y a dans l'esfraoT' inaire quelque chose de supérieur, de trèsrand, d'extrême ou d'excessif; il y a dans le mgniHeriiudiqttfr thoae d% corievx, da partica-
lier, de sans exemple. La vapeur de l'eau bouillante a une force e^raordtnatre ; la boussole a un propriété, singulière. Le génie est extraordinaire ; l'originalité est singulière. Les Patagons sont ^traordinaires par leur grandeur , les Lapons par leur petitesse; les Albinos sont, dans l'espèce humaine, des individus singulière. Les hommes extraordinaires surpassent les autres, c II me semble qu'il y a toujours des signes éclatants qui préparent à la naissance des hommes extraordinaires, » Montesq. Les hommes iingwliers ne ressemblent point aux autres, ne sont pas faits , ne pensent pas , ne vivent pas comme les autres. «Il a été un temps où ceux qui s'attachaient à l'étude étaient regardés comme des gens singuliers qui n'étaient pas faits comme les autres hommes. » Montbsq. Les héros ont été des hommes extraordinaires qui l'ont emporté sur les autres en bravoure : « Les saints ont été des hommes singuliers^ ils ont eu leurs mœurs à part. » Mass.
En général, Feartroof dtnatre se distingue par un caractère de grandeur, d'éminence, de force ou d'excès; et le singulier par quelque chose de spécial, de distinctif, de nouveau, d'inouï. Pris en bonne part, exfroordinatre donne donc l'idée de hauteur , de beauté , de supériorité , d'excellence ; et singulier annonce quelque chose de fin ou de piquant. Une beauté extraordinaire est une très-grande beauté, celle, par exemple, d'une belle femme qu'on admire ; nne beauté Wn^ gulière est celle qui consiste dans la grftce , celle d'une jolie femme qui plaît par je ne sais quoi d'original et de charmant. Nous diroiB plutôt un événement extraordinaire^ et une aven* ture singulière; un discours extraordinaire, et un singulier propos ; une conférence estraof (tinatre, et une Àngulière conversation; des exploits extraordinaires , et des tours singuliers. -^ En mauvaise part, V extraordinaire est outré; le singulier, étrange ou bixarre : l'un pèche parle degré , l'autre par l'espèce.
3* Étrange et bixarre expriment une singularité fâcheuse , blâmable ou risible , en un mot un défaut.
Étrange, ce qui convient aux étrangers, ou ce qui se fait chez eux, ce dont on fait peu de cas par conséquent, est plus général que bij^orre , qui a même étymologie que higarrure , mélange disparate de couleurs. Étrange se dit au moral et dans le sens abstrait pour qualifier ce ^ qui est (Moquant, déplacé, inconvenant, répféhenslble ou funeste. On trouve étrange , comme on trouve mauvab, que.... tJne étrange faiblesse rttoL. , Labr.), un étrange renversement (Pasc.) , a'éiranges égarements (In.). « Voilà un étrange monstre , et un égarement bien visible de l'homme. * Id. « Que d*étranges suites sont enfermées dans ce principe inhumain 1 » in. « ta manière dont Charles IX mourut fut étrange : il eut des convulsions qui causaient de l'horreur, et les pores s'étant ouverts, le sang lui sortait de toutes parts. » Boss.
Le moindre solécisme en parlant^vouS JUrifte; Jlais voos en dùies^ lO)»»^. d'étranges ^ condiUte.