‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymes, ouvrage qui a obtenu de l'Institut le prix de linguistique en 1853 et en 1858 (volume 2)Chapitre 379 sur 426 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

femme? » Habit. « Dans le plaidoyer de Cicéron pour Muréna les qualiiéi da coeur se font admirer encore plus que les tatetUt de l'esprit. » RoLL. « H. le Prince avait hérité des grandeurs, des lumières du prince de Condé , des rares talenti de son esprit, et de ses qualités héroïques. *

BOURD.

Les quàlitéê penTent avoir été apportées en naissant ou contractées par Thabitude; les talenti sont plutôt des dons de la nature. « Que la nature nous ait doués des plus htllw qualités , ces qualités naturelles sont des talents , mais il les &ttt cultiver. > Bourd. « Dans le chien, les talents naturels se réunissent aux qualités acquiees. » BuFF. «Le chien de berger est de tous les chiens celai qui a le moins de qualités acquises et le plus de talents naturels. « In.

QUAND , LORSQUE , COmtE. iydverbes de temps.

Entre qusMd et lonque la diflirence est bien dmi^e et bien évidente. Quand est général, vague, hypothétique, relatif à un fait possible on idéal. En effet il s'emploie seul toutes les fois qn'il y a doute : Quand viendress-vous? A quand û partie T Je ne sais quand je pourrai sortir; j'irai vous trouver , mais je ne puis dire quand; quand on découvrirait votre démarche, on ne pourrait la blftmer. « C'est presque toujours la faute de celui qui aime, de ne pas connaître quand on cesse de l'aimer. » Laroch. « On ne peut rien apprendre qui nous instruise quand comment, de quelle manière, et pourquoi les anges ont été créés. » Volt. Au contraire , lorsque est précis, positif, historique, relatif à un fait réel : lorsque Alexandre pénétra dans l'Inde (AcAD.) ; lorsque le siège de l'empire fût établi en Orient (Mo:ïtesq.) ; lorsque Auguste eut conquis l'Egypte (lo.); lorsque je fus un insUnt votre voisin (J. J.) ; lorsque Saûl fut déclaré roi (Volt.). '-^ Quand f quando^ annonce un temps ou un £ût en question , quelconque , indéterminé , incertain; et lorsque^ alors que, à l'heure que, un temps ou un fait particulier, fixe, positif, assuré. Si vous venez, apportez-moi telle chose quand vous viendrez; puisque vous devez venir, apportez«moi telle chose lorsque vous viendrez.

Dans les propositions générales où il est question , non de ce qui est arrivé , mais de ce qui peut avoir lieu ou de ce qui a lieu parfois, où on parle d'une manière absolue, indépendamment des cas ou des événements particulijrs, quand est le seul mot qui convienne. « La première chose qui s'oflre à l'homme quand il se regarde , c'est son corps. » Pasc. « Quand on se porte bien, on ne comprend pas comment on pourrait faire si on était malade. » In. « Qttand nous voulons voir, il faut ouvrir les yeux. » Boss. « Quand on veut se prévaloir de la décision d'un législateur, il faut que cette décision soit précise et claire. » Volt. « Quand nous sonmoes Las d'aimer, nous sommes bien aises qu'on nous devienne infidèle. » Laroch. Mais dans las propositions particulières, où il s'agit de ce qui s'est effectivement passé , où l'on raconte , c'est lorsque qui doit être préféré. « Les anciens n*avaient41s pas sv^jet de dire que tous lea oorpa corruptibles

étaient renfermés dans la sphère du ciel et ' i lune, lorsque , durant le cours de ton! de nik. ils n'avaient point encore remarqué de ccr^ntions ni de générations hors de cet espace? lia ne devons-nous pas assurer le contraire, lami toute la terre a vu sensiblemeot des coai-a s'enaammer , et disparaître bien loin aud^i cette sphère ? » Pasc. « Êiéchias ne se rendit» moins célèbre lorsqu'il assembla les lériies fi^ les obliger à purifier le temple. » Boss. • Il pînn certain que lorsque Arbace rérolta les Kâie contre Sardanapal-% il ne fit que les LTrucUr. i In. « Tous ces contes furent écrits duis des ^ tas , et entièrement ignorés de Feafire poaaiD. Lorsque ensuite les moines furent e^!». ih augmentèrent prodigieusement le mtsn de ces rêveries. » Volt. « Les Romains reçurent dîc lear ville les dieux des autres pays; ma s m^ les étrangers vinrent eux-mêmes les Rtabl?. 3 les répritna d'abord. » Mortesq.

CoÊÊtme est très^propre à éclaircir et i ccl*mer au besoin la distinction ci-dessos étalJe car, sans être synonyme de quand, il l'est da lorsque , dont il possède i un degré sa^émî It caractère^distinctif , étant encore plus préds ou plus déterminé que lui. Vous diiei en gèiéiil : quand on entre, c'est-à-dire, si ooeQtre.tcate les fois qu'on entre, à l'église, on doit être respectueux; ou, en parlant de IMiiude, de li conduite ordinaire d'une personne : Tvawf ait entre à l'église, elle est respectneose. liis dans une occasion particulière on dira : lan^ cette personne entra dans l'église, elletémcipi beaucoup de respect. Que si on leut matîtier plus rigoureusement encore qu'an momeDtŒàne de l'entrée d'une personne dans l'église, triètènement eut lieu, on se servira de eomw ; cotmt elle entrait dans l'église, je l'abordai. le pedlni glissa, ou autre chose semblible. « Pampadour fut arrêté à huit heures, coaw il «leTa» S. S. « Akée, qui éUil auprès de Pisislrale, i sonUnt comme il allait tomber. » Fis. « C«k je fermais la lettre que je tous ai ecnte, je te visité par M. N. » Pasc. « Commt on lenaBB au supplice,... • Boss. « Cmm nous psrUûK pour nous en retourner,... • /. J-

QUERELLER , GRONDER, - GOCWWDH, TANCER. Maltraiter de paroles.

QueréUer marque plus de bruit que gmûif^ annonce de l'aigreur : qui querelU ecla e, wpète; qui^roademurmure, faitunbnnJswrl Peadnt ces mou répoux gnmJc i jjirt "«• MagdeleiDe est ea un .coy^ww «w»; çlSrelU Pierre, el l"i du : Mail. ««ai. Tu ne seras qu'un misérable gueux ^ Toute U vie! ,.

^ On qiiereHe en public, o^J^^^^!^ baie disait qu'un homme ^^^'^^^^^^

ser sa femme ni la quereUer ^'J^l^L, ge».. Fin. Mais on irronde dans liotunite

Deees9visfté(^

Qui Jamais «os r«^ «»'*"'""'"* ^^ïoT

T«t qaekjowP crt J«««»^ ^'^^ *"'" HB».

Vont «les avec nol loiyoun prèieà r*^'

SYNONYMES k JiKùlCAUX DIVERS.

Je parais tonte sotte alors qu'on me querelle.

Reor.

- Le quereUdur est un emporté; Je ^ond^ur, un rognon.

Voir on prince emporté.^*

Qui, dans les soins Jaloux où son âme se noie*

QuerdU éf^alement mon chagrin et ma Joie. Ifoi.. ans le Dùtrait de Regnard , Mme Grognac ronde sans cesse sa fille et ses valeta. — En un ms , quereller enchérit sur gronder , puisqu'on uerelle à voix haute, Tivement, en lôisant des laintes, en poussant des erls, et qu'on gronde demi<Toix, entre ses dents : « Tiens, ma Julie, rofuie-moi , qtierelle'mo\ , hats-moi ; je souffrirai }ut , mais je n'en continuerai pas moins à te dire e que je pense. » J. J.

On querelle tout le monde , tout le monde ponant être l'objet de notre humeur et de notre épit : « L'abbé d'Andigné nous conta tout ce ue je Tiens d'écrire ; ce ne fut pas sans le queeller avec dépit, d'avoir brûlé de si précieux lémotres. » S. S. On ne gronde que les personnes ontre lesquelles on ne crie pas fort , les amis , les arents, et, ce qui fait qu'on les gronde, c'est intérêt qu'on leur porte plutôt que l'euTie de isputer, do décharger aa bile : « Quand nos mis nous manquent , il faut les grœtder. » . J.

On querelle qui peut se défendre, répondre, ntrer en querelle ou en diseuasion, aoit par son ang, soit parce qu'on ne lui impute que des 9rts imaginaires ou très-faibles. C'est ainsi que , e sachant plus à qui s'en prendre d'une chose, n querelle le sort (Mol.); c'est ainsi qu'en queelie les malheureux pour se dtspanaer de les •laindre (Vadv.). Au eontnûre, en a toujours roit de gronder^ sott parée qu'en a Tautorité, I supériorité , soit parce qn'on se fonde sur des Tîefs incontestables ou de eenaéquence. Un aari , un père , grondent k l'eccasion de (àutes ommises, dont ils espèrent préTCOir le retour.

- Quelquefois on querelle comme on chicane , our rien; on ne gronde guère sans «n sujet, i mince qu'il toit, sans raison au moine appaente.

Goumumder , c'est quereller ou gronder avec ureté et impérieusement , comme on fiait à l'éard d'un cheval qu'on mène rudement après avoir gourmé ou k l'aide de la gourmette. On ourffutnde, non paa seulement comme on que* elle, d'une manière vire et emportée, mais en laftre , sans ménagement , d'une manière deapeque , inflexible , impitoyable. C'est ainsi que ucien et Boileau ont gourmande les vices (Tév., oïL. ). « G<mrmandex-voa% voua -même sans itié sur la vie molle, oisive et amusée. > Fén.

C'est ainsi que Montaigne gourmande si fortelent et si cruellement la raison dénuée de la n, que.... » Pasc. « Alceste ne peut supporter is vices des hommes et les f ourmonda avec une igreur intraitable. > Lab. c II est fort impéieux, il veut gaurmander tout le monde. »

Tancer est fiunilier. H ne se dH que dans la «Dversation , ou en plaisantant, ou en parlant ie légers défauta. « On ae lasaemhla pour aller

i la vigne (vendanger).... Madame d'Orbe se charge de faire avertir et tancer les paresseux. » jr.j.

Un paysan son selgneor offensa :

L'histoire dit que c'était bagatelle; Et toutefois ce seigneur le tanea Fort rudement. * Liv.

Un Jeone enfant dans l'eau se laissa choir.... Le magisler, se tournant à ses cris , D'un ton fort grave à contre-temps s'avise De le tancer, Id.

« En chaire on ose bien tancer de petites faiblesses et des fragilités communes ; mais les passions désastreuses, les fléaux politiques, qui ose les attaquer? » Marm.

l'ai voulu prendre un peu de liberté.

Giell comme elle a tancé ma hardiesse ! Volt. QUITTER, ABANDOimER, RENONCER. Ne paa tenir davantage à une chose, cesser delà garder, de s'en occuper ou de la demander. « On n'était reçu .dans l'Ëglise qu'après avoir renoncé au monde. Entre ces deux partis on quittait celui-ci pour entrer dans celui-là : on abandonnait les maximes de l'un pour suivre celles de l'autre. » Pacc. « Les thérapeutes abandonnent leurs biens à leurs parents ou à leurs amis ; ils quittent leurs pères, leurs mères...; ils renoncent j en un mot, à tous les attachements terrestres. » Cond.

Quitter et abandonner se distinguent nettement de renoncer, 11b peuvent exprimer une action involontaire , et se rapporter à une position mauvaise aussi bien qu'à quelque chose d'avantageux. Quitter et abandonner une position, une étude, un dessein, un ouvrage, marquent le simple fait de ne plus s'y adonner , et les choses ainsi qwttéee ou aibandonnées peuvent être déplaisantes eu nuisibles. Au contraire , on renonce toujours volontairement, expressément, avec quelque peine , à quelque chose qui est cher ou qui doit l'être. Ce n'est plus seulement une séparation, c'est un sacrifice. On renonce à regret, en se fusant une sorte de violence, mais résolument, à une profession , i une étude , à un dessein , à un ouvrage qu'on aimait, ou bien qui rendait ou prcHnettait beaucoup. On renonce au plaisir, à des attachements , à des espérances. « Il n'est pas si facile qu'on pense de renoncer à la vertu : elle tourmente longtemps ceux qui Vabandonfient. » J. J. « Les jeunes Athéniens quittaient père et mère , et renonçaient à toutes leurs parties de plaisir pour s'attacher à Socrate et pour l'entendre. » RoLL. « Christine, reine de Suède, vint à Paris. On admira en elle une jeune reine, qui à vingt-sept ans avait renoncé à la souveraineté dont elle était digne , pour rivre libre et tranquille. Il est honteux aux écrivains protestants d'avoir osé dire , sans la moindre preuve , qu'elle ne quitta sa couronne que parce qu'elle ne pouvait plus la garder. » Volt.

Kals voyant de ses yeux tous les brillants haiiaery Au monde qui la quitte elle veut renoncer, El du voile pompeux d'une haute sagesse Pe ses attraits osés déguiser la faiblesse. Mol.

La diâérence entre quitter et abandonner conabta en ce qu'on quitte de toutes les manièrea, an Itan qu'(»i n'abandonne que par insouciance

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